01/02/2018

Les Chiffres de l'année 2017

De 1 à 20 ans

2017 marque, d’une part, les 20 ans du musée Guggenheim de Bilbao, l’un des cinq musées de la fondation Solomon R. Guggenheim, situé au Pays basque espagnol et, d’autre part, l’inauguration de l’un des musées les plus attendus du monde : le Louvre d’Aby Dhabi en novembre dernier.

Un trésor de 200 millions de dollars

Leonard de Vinci faisait dejà parler de lui en tout début d’année, sa Dame à l’hermine étant l’un des joyaux de la célèbre collection Czartoryski dont l’ensemble fut acheté 200 m$ par le gouvernement polonais. Une somme modeste compte-tenue de la qualité de cette collection comprenant aussi des chefs-d’oeuvre de Rembrandt, Raphaël, Dürer, Renoir, Francois Clouet, Pierre Brueghel entre autres.

Hockney = 774 500 $

C’est le prix payé pour l’oeuvre Steps with Shadow F (Paper Pool 2) (1978) de David HOCKNEY chez Phillips le 19 janvier à Londres. Âgé de presque 80 ans, le peintre britannique enregistrait le premier résultat fort de l’année 2017 et confirmait son prestige en salle de ventes parallèlement aux grandes rétrospectives dont il vient de faire l’objet.

59,3 m$ pour un Klimt

Le 1er mars 2017, la toile Bauerngarten de Gustav KLIMT, un remarquable paysage fleuri de 110 sur 110 centimètres, a atteint 59,3 m$ réalisant une belle plus-value étant donné que la toile fut achetée 5,3 m$ en novembre 1994 dans le cadre d’une importante cession de ventes de Christie’s à Londres.

332,8m$ : un sommet pour l’art asiatique

Le 15 mars 2017 est à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire des ventes asiatiques menées par Christie’s : le rouleau des Six Dragons de CHEN Rong, artiste chinois actif au XIIIème, estimé entre 1,2 et 1,8m$ est parti pour 49m$, devenant l’oeuvre chinoise la plus chère vendue en-dehors de son pays. Le rouleau des Six Dragons marquait le point d’orgue de la semaine asiatique de New York qui s’est conclus sur un produit de ventes record pour Christie’s de 332.8m$.

289 m$ : autre record pour Christie’s

Le produit de ventes de Christie’s du 15 mai 2017 pour sa vente d’art impressionniste et moderne affiche 289 millions. La maison de François Pinault réalisait alors son meilleur résultat pour une session Impressionniste et Moderne depuis 10 ans. Elle surpasse cette année largement sa concurrente Sotheby’s (174 m$).

100 ans après Degas

Christie’s a marqué le centenaire du décès d’Edgar DEGAS en vendant à Paris 55 dessins de jeunesse provenant de la famille de l’artiste, le 23 mars 2017. Ces dessins d’atelier constituent ont révélé des études d’antiques, de nus, des portraits de famille et d’autres dessins d’après Mantegna, Rembrandt, Pérugin, Michel-Ange, Poussin ou Géricault jamais vu sur le marché auparavant.

+55 % de plus-value pour Picasso

La plus-value réalisée pour la toile Femme assise, robe bleue (1939) de Pablo PICASSO est de +55%. Achetée 29 m$ en 2012 chez Christie’s à Londres, elle a été vendue 45 m$ cinq ans plus tard de l’autre côté de l’Atlantique, par la même maison.

 

57,36 m$. Record pour Brancusi

La muse endormie de Constantin BRANCUSI, superbe bronze doré estimé entre 20 et 30 millions de dollars le 15 mai 2017 chez Christie’s à New York a fait voler en éclats les prévisions pour amener le nouveau record mondial de l’artiste à 57,36 m$ après une bataille d’enchères de près de dix minutes. Cette sculpture emblématique, valorisée 6,6 m$ il y a 20 ans, fut créée en 1909 dans une version en marbre d’après laquelle Brancusi réalisa un moulage en plâtre puis une édition de six bronzes seulement. L’oeuvre présentée le 15 mai était le sixième et dernier bronze connu de cette petite série.

110,5 m$. Record pour Basquiat

Le 18 mai 2017, le collectionneur Japonais Yusaku Maezawa était à l’origine d’un véritable coup d’éclat en permettant à une œuvre de Jean-Michel BASQUIAT de passer pour la première fois le seuil des 100 millions de dollars aux enchères : Untitled (1982) partait pour 110,5 m$ chez Sotheby’s à New York. Cette toile avait été achetée 19 000 $ en 1984 et a donc été revendue 5 800 fois ce montant 33 ans plus tard, établissant un nouveau record pour le jeune grapheur issu du Bronx. Basquiat a ainsi intégré le cercle restreint des artistes vendu plus de 100 millions aux enchères.

5,5m$. Record pour Riopelle

5,5 m$ : le nouveau record absolu venu récompenser la grande toile Vent du nord de l’artiste abstrait Jean-Paul RIOPELLE le 24 mai 2017 à Toronto chez Heffel Fine Art. Ce nouveau sommet affiche trois millions de plus que le précédent, atteint en 2012 chez Christie’s Paris. Vent du nord est aussi la deuxième œuvre canadienne la plus valorisée aux enchères, après une toile de l’artiste ontarien Lawren Harris, Mountain Forms, vendue 8,3 m$ en novembre 2016 chez Heffel.

214 000 $. Record pour Combas

214 000 $ est le record mondial établi pour une toile de l’artiste français Robert COMBAS à l’occasion d’une vente aux enchères non pas en France – où se joue plus de 80% de son chiffre d’affaires – mais à Taiwan, chez Ravenel International, le 3 juin 2017. Le succès emporté par cette oeuvre de 1987 intitulée Le Roi Soleil démontre que l’artiste emblématique de la Figuration libre commence à être plébiscité en Asie.

6,8 m$. Record pour Soulages

Un nouveau record mondial pour le grand artiste abstrait français Pierre SOULAGES est enregistré le 6 juin chez Sotheby’s à Paris pour Peinture 162 x 130 cm, 14 avril 1962. Dix enchérisseurs se sont disputés cette grande toile noire et bleu, la hissant à 6,88 m$. La toile avait pourtant été ravalée l’an dernier chez Phillips Londres (le 09 février 2016) et cotait moins de 340 000 $ en 1990 (le 6 décembre 1990 chez Sotheby’s à Londres).

42,26 m$. Record pour Kandinsky

La grande vente impressionniste et moderne de Sotheby’s le 21 juin a permis d’établir un nouveau record pour le père de l’abstraction, Wassily KANDINSKYPainting with white lines, garantie pour un résultat à plus de 35 m$, s’est envolée pour plus de 42,26 m$. Ce sommet arrivait quelques minutes seulement après la vente d’une toile aux accents fauves de l’artiste, intitulée Murnaü. Paysage avec maison verte cédée plus de 26,8 m$… un record de courte durée ! Avec quatre toiles et cinq dessins vendus en juin, le produit des ventes de Wassily Kandinsky atteignait 75 m$ en un mois, faisant mieux que Pablo Picasso lui-même.

29 % d’invendus

Le taux d’invendus pour l’ensemble des 86 ventes organisées sur le sol anglais en juin. Les grandes ventes du soir de Christie’s et Sotheby’s, mais aussi celles de Phillips et Bonhams, affichent un taux inférieur à 10 %.

+5,3% de résultat

La hausse du produit des ventes aux enchères dans le monde sur le premier semestre 2017 par rapport au S1 2016, la reprise est alors de mise sur les grandes places de marché, notamment avec les performances du marché américain, dont le chiffre d’affaires affiche une progression de +28% fin juin.

 

16,7 m$ pour une toile de Mark Grotjahn

L’artiste américain Mark Grotjahn (1968) signe un record sans précédent le 17 mai 2017 : 16,7m$ pour sa toile Untitled (S III Released to France Face 43.14). A l’issue du premier semestre, ses performances aux enchères surclassent celles de David Hockney, Damien Hirst ou Jeff Koons, et il intègre le classement des 50 artistes les plus performants du marché, toutes périodes de création confondues. D’une dizaine d’années plus jeune que Jeff Koons, Mark Grotjahn a été repéré à 30 ans par la galerie Blum & Poe. Plusieurs musées importants se sont intéressés à sa peinture au début des années 2000, avant que sa cote ne s’envole aux enchères.

-43 % en Turquie

En Turquie, le marché de l’art affiche des chiffres alarmants sur les six premiers mois de l’année: le résultat de ses ventes aux enchères perd -43% comparé au premier semestre 2016. Des tensions politiques affectent également les performances des Philippines -8 % ou encore d’Israël -39 %.

+48% au Japon

Le marché de l’art contemporain Japonais opère un bond en avant conséquent, ses recettes annuelles passant de 6,7m$ à 9,98m$ entre juin 2016 et juin 2017. Le volume d’affaires affiche ainsi une forte hausse de 48%, illustrant des échanges particulièrement dynamiques en salles de ventes.

8,5 m$ pour Gauguin

Le 16 juin 2017 à Berne en Suisse, l’esquisse de Paul Gauguin intitulée Tête d’une jeune femme Tahitienne (1891/92) dépasse largement l’estimation de un million fournie par la Galerie Kornfeld, en partant pour 8,5 m$ et en signant alors la meilleure adjudication de l’année hors Etats-Unis, Chine et Angleterre.

0 % de frais acheteur

La maison Sotheby’s décide de lever complètement les frais acheteurs sur les enchères en ligne, espérant ainsi voir ce marché enfin se développer.

42 % : l’enjeu de l’art actuel

New York représente 42% du Marché de l’Art Contemporain mondial. Londres, avec 22 %, devance largement Paris (2,2 %), tandis que Berlin (0,2 %), Madrid (0,1 %), et Rome (0,01 %) prennent du retard. L’analyse d’Artprice révèle que l’art contemporain est devenu le premier moteur du marché, celui qui rythme le calendrier et concentre les plus grands enjeux.

+14% pour l’art contemporain

Le Rapport sur le Marché de l’Art Contemporain d’Artprice révèle début octobre le retour de la croissance après deux années consécutives de fléchissement, avec un résultat en hausse de +14% par rapport à l’exercice précédent.

80 % à moins de 8 000$

La grande majorité des œuvres contemporaines, 80%, changent de mains sous le seuil des 8 000 $. Le marché de l’art contemporain est donc majoritairement abordable. Les adjudications supérieures à 500 000 $ représentent quant à elles moins de 1% des transactions.

14% de femmes

Le Top 500 du marché de l’art contemporain d’Artprice analyse la part des femmes parmi les 500 signatures dominantes. Elles plafonnent à 14% si l’on prend en considération l’ensemble des artistes nés après 1945. La proportion atteint cependant 31% pour la génération des artistes nés après 1980. Une féminisation du marché de l’art est en cours mais le déséquilibre reste prégnant.

369 m$ pendant la Frieze

Le chiffre d’affaires généré par les grandes maisons de ventes au cours de la Frieze Week au début du mois d’octobre atteint 369m$. Un peu plus de 1 000 lots Fine Art ont été adjugés en six jours à Londres, pour un résultat total en hausse de +47 % par rapport à 2016. En déplaçant en octobre sa session londonienne d’Art Contemporain et d’Après-guerre pour la faire coïncider avec la Frieze, Christie’s a su profiter du rassemblement des grands collectionneurs.

 

Les 20 ans d’Artprice

Artprice fête ses 20 ans et annonce la création de trois nouveaux indices, dont l’Artprice100 : un nouvel indicateur qui se concentre uniquement sur les cent artistes qui dominent le Marché de l’Art. En pratique, l’Artprice100 écarte les valeurs les plus volatiles afin d’éliminer les phénomènes spéculatifs ainsi que les effets de mode.

450 millions : le nouveau record mondial

Les 450 m$ déboursés pour acquérir le Salvator Mundi de LEONARDO DA VINCI (1452-1519) marquent un record absolu dans la longue histoire des enchères, un record doublant largement le précédent sommet mondial. Historique, il enterre le précédent record de l’Art ancien, emporté à 76,7 m$ en 2002 pour le Massacre des Innocents de Peter Paul Rubens, et fait plus que doubler le précédent record mondial qui culminait à 179,3m$ pour Les Femmes d’Alger de Pablo Picasso, vendue en mai 2015 par Christie’s. Cette vente replace la période des Maîtres Anciens sur le devant de la scène, alors que ce segment semblait avoir perdu la préférence des collectionneurs.

Les records du 13 novembre

La vente d’art Impressionniste et Moderne de Christie’s organisée le 13 novembre 2017 s’est conclue sur une pluie de records : Contraste de formes (1913) de Fernand LÉGER (1881-1955) a atteint 70 m$, ce qui constitue le nouveau record mondial de l’artiste français, bien au-delà des 39,2 m$ atteint il y a cinq ans. Nouveau sommet également pour Édouard VUILLARD (1868-1940), avec sa subtile toile intitulée Misia et Vallotton (1899) partie pour 17,75 m$, qui enterre de près de 10m$ son précédent record ; et pour le peintre Belge René MAGRITTE (1898-1967), dont L’empire des lumières (1949) a trouvé preneur pour 20,5 m$.

Deux records en une heure

La société Sotheby’s était chargée de la dispersion d’une toile majeure de Marc CHAGALL (1887-1985), le 14 novembre 2017 : Les Amoureux, une toile restée dans la même collection privée pendant près de 90 ans, avant de changer de mains à New York pour 28,4 m$. Quelques minutes après cet impressionnant record, Sotheby’s frappait la seconde meilleure enchère de l’artiste, en vendant Le grand cirque pour 16 m$. Une soirée faste pour l’art de Chagall, honoré de deux records en moins d’une heure.

785,9 m$ la soirée

Avec un résultat global de 785,9 m$ contre une estimation basse initiale de 410 m$, la vente d’art du 15 novembre 2017 de Christie’s s’impose comme l’une des meilleures ventes aux enchères de l’histoire, grâce au Sauveur du monde de De Vinci. 34 nationalités étaient inscrites pour porter les enchères sur les lots contemporaines de la vente.

26 m$ pour Zao Wou Ki

Le nouveau record pour une peinture à l’huile chinoise récompense la toile 29/01/64 de ZAO Wou-Ki (1921-2013) qui a enflammé la vente de Christie’s Hong Kong, le 25 novembre. 29/01/64 a battu le précédent record pour une œuvre chinoise sur toile, record jusqu’alors détenu par Zeng Fanzhi.

622 lots dans la dernière vente Petiet

Les 25 et 26 novembre, la société Ader-Nordmann organisait la 50ème et dernière vente Petiet, à l’Opéra Comique de Paris. Une vente « à l’ancienne », sans internet, pour théâtraliser cet évènement parmi les plus attendus de l’automne. Point d’orgue de cette ultime vente : Ader-Nordmann proposait l’intégralité de la Suite Vollard par Pablo PICASSO (1881-1973), finalement vendue pour 1,9m€. Parmi les 622 lots offerts, les estampes de Gauguin, Degas, Matisse ou Daumier ont doublé, voire triplé, des estimations volontairement basses et attractives, tandis que certaines épreuves sont demeurées dans des gammes de prix tout à fait abordables.

Un Qi Baishi à plus de 100 millions

QI Baishi (1864-1957) est devenu le premier artiste chinois vendu plus de 100 millions de dollars. Il culmine désormais à 140,9 millions de dollars pour un ensemble de douze écrans paysagers achevés en 1925, en pleine maturité de son art. La détermination de l’acheteur pour acquérir cet ensemble de douze dessins a permis un rééquilibrage entre le marché occidental et le marché asiatique car jusqu’à présent, seuls des artistes occidentaux avaient passé un tel seuil de prix aux enchères. L’art de Qi Baishi est donc entré dans le cercle très restreint des sept artistes à avoir dépassé le seuil des 110m$ aux enchères, avec Pablo Picasso, Amedeo Modigliani, Alberto Giacometti, Francis Bacon, Edvard Munch et Jean-Michel Basquiat.

3 chinois dans le Top

Le nombre de peintres chinois dans le top 10 des artistes par produit de ventes en 2017. Il y a 20 ans, aucun nom chinois ne figurait dans ce classement.

Source ARTPRICE

16:06 Écrit par L'Art Pluriel dans 2 -- COTATIONS Marché de l'ART | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marché de l'art, ventes aux enchères |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

25/01/2013

LE GRAND DESORDRE du Marché de l'Art

Quand on constate aujourd'hui les amplitudes financières réalisées par la vente de certaines « œuvres d'art », on ne peut malheureusement que s'étonner de cette « folie pécunière » qui prévaut à l'échelle mondiale.

En effet, comment expliquer qu'un tableau de l'artiste américain Mark Rotko (1903-1970), voir l'illustration ci-dessous, dont la réalisation technique reste sujette à caution (la majorité des tableaux de Rotko sont aujourd'hui dans un très mauvais état de conservation), et qui n'a certainement pas nécessité un temps de travail exceptionnel dans sa réalisation, ait atteint le 8 mai 2012 à New York, un prix de vente de 77 500 000 dollars. 

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Et même si ce tableau représente un grand format, puisqu'il affiche une hauteur de 236,2 cm et une largeur de 206,4 cm, ce qui implique une surface de 4,87 m2, reconnaissons que le ratio au m2, à savoir 15 914 000 dollars, peut donner à penser au plus grand nombre.

Si l'on se fait l'avocat du diable, imaginons que cette composition  épurée, pour ne pas dire « ultra minimaliste », aura demandé une journée de travail de 8 heures. Le ratio horaire indique alors 9 687 500 dollars de l'heure !

Sans vouloir désacraliser l'art, il faut quand même avouer que tous ces chiffres d'une altitude vertigineuse ont de quoi « donner le tourni » à beaucoup, et notamment à tous ces artistes sincères, en devenir, et laissés pour compte par l'Establishment qui entretient dans la Finance comme dans le Milieu de l'Art, le malaise financier nauséabond actuel.

Pour établir un parallèle expressif, comparons ce tableau avec la paire de cabinets réalisée par le grand ébéniste André-Charles Boulle durant le règne de Louis XIV (voir l'illustration ci-dessous), et qui s'est vendue à Drouot Paris le 26 septembre dernier pour la somme de 2 857 800 €.

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D'aucuns pourraient dire que le prix de vente de ces deux meubles représente une belle somme d'argent, ce qui est vrai. Mais admettons, au regard de la qualité de réalisation de ces meubles exceptionnels, le temps passé par cet ébéniste, pour parvenir à un tel résultat. Plusieurs mois ont été nécessaires pour mettre les différentes essences de bois en préparation, et réaliser les infinies et minutieuses marqueteries, et autres bronzes dorés.

Le tout, dans une époque où l'électricité n'existait pas, ce qui implique que tous les gestes de travail ont été réalisés à la main, sans aucune machine électrique des temps modernes.

Le phénomène de « mode artistique » actuel s'illustre par le bureau « H » illustré ci-dessous, réalisé par l'artiste-designer Jean Prouvé (1901-1984), en taule pliée laquée noire, caisson métallique et plateau en chêne plaqué, vendu le 3 décembre dernier à Drouot Paris pour la somme de 446 112€.

 

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Abusus non tollit usum (l'abus n'enlève pas l'usage) !

La démarcation entre l'abus et l'usage ne peut plus être quantifiée du fait de tous ces excès financiers qui régissent notre monde. Dans sa grande souffrance existentialiste l'homme affiche de plus en plus des comportements irrationnels qui peuvent traduirent toutes ses particularités, son manque de confiance en lui, sa soif de reconnaissance, ou les délires de son paraître et de son image qui induisent les extravagances auxquelles nous assistons.

Dans sa retraite éternelle, que doit penser Van Gogh en voyant fonctionner ce monde actuel à la recherche de gloires éphémères ou de fortunes diverses, lui qui sa courte vie durant, souffra de la misère la plus sombre, ignorant toujours une quelconque recherche mercantile à retirer de son talent, un talent qu'il avait mis au service de son amour pour la peinture. Et bien d'autres...

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 ALAIN VERMONT

23/11/2012

Dans la grisaille de novembre, une "pluie de records"...qui nargue la crise

7 novembre 2012, chez Christie's New York

Quelques heures avant l'ouverture de cette grande vente du soir, l'indice de confiance du marché de l'art invitait certes à l'optimisme (5 points de plus et des intentions d'achat touchant plus de 70 % des votants), mais pas autant que Christie’s, qui espérait dépasser les 250 m$ de recette. Si le résultat final est en deçà de leurs espérances (179,8 m$), il est néanmoins tout à fait honnête par rapport à la cession 2010 (180,4 m$) et relègue la mauvaise expérience de 2009 (56,8 m$) au rang de mauvais souvenir.

Les 10 plus belles enchères ont récompensé Pablo PICASSO et Alberto GIACOMETTI par trois fois, Constantin BRANCUSIJoan MIRO et, bien sûr, les très attendus Claude MONET  (meilleur résultat de la vente grâce aux Nymphéas adjugés 39 m$), et Wassily KANDINSKYpour qui ce 7 novembre 2012 est le jour d'un nouveau record mondial à hauteur de 20,5 m$.

Studie für Improvisation 8 franchit en effet de peu son estimation basse mais enterre un sommet vieux de 12 ans à 19 m$ enregistré le 17 mai 1990 chez Sotheby's New York. Les prix des modernes sont revenus au plus haut : il faut remonter le temps de 22 ou 23 années pour trouver des résultats d'enchères similaires sur certaines pièces. Cela est valable sous des signatures abstraites (comme Kandinsky) mais aussi sur les maîtres modernes comme Picasso ou Henri MATISSE.


L'adjudication à 700 000 $ du sublime, mais petit, bronze d'Henri Matisse,La Tiaré (20,3 cm), est son record pour une sculpture si petite... record avec lequel flirtaient déjà les enchérisseurs en 1989, lorsqu'Henriette III, (20 cm) s'est vendue l'équivalent de 644 000 $ chez Sotheby's New York.

Signe des temps, le Top 10 de Christie's révèlent que les deux Picasso les plus chers ont été acquis par des acheteurs asiatiques :Buste de femme à 11,6 m$ et la Femme au chien à 5 ,6 m$.


Sur les neuf Picasso proposés lors de cette vente, cinq sont millionnaires, trois font partie du Top 10 et trois sont restés invendus. Que le tiers des Picasso offerts essuient des échecs de vente n'est pas anodin : les acheteurs sont sélectifs, informés, prudents et n'achètent pas à n'importe quel prix. Ils ont notamment rejeté la sculpture en bronze d'un jeune 
Coq, dont l'estimation était comprise entre 10 m$ et 15 m$. Cette retenue est compréhensible quand on sait que seules deux sculptures de Picasso sont parvenues aux 10 m$ dans l'histoire des enchères, deux sculptures qui de surcroît étaient plus grandes et plus rares sur le marché : Tête de femme, Dora Maar a été éditée à 2 exemplaires et La Grue à 4 alors que le Coq a été édité à 6 exemplaires.


Du côté de chez Sotheby's, trois toiles de Picasso n'ont pas trouvé l'écho escompté : le Plant de Tomate (1944) paraissait trop cher en 2012 dans sa fourchette d'estimation de 10 m$ à 15 m$, malgré une adjudication à 12 m$ en 2006 chez Christie's le 8 novembre 2006. En août 1944, le maître a peint à neuf reprises ce plan de tomates (au rythme de près d'une toile par jour) puis en l'espace de sept ans, le prix de ces « pommes d'amour » se voyait révisé au décuple (passant de 1,9 m$ en 1999 à 12 m$ en novembre 2006). Il arrête donc là son ascension. Qu'importe, c'est encore à Pablo Picasso que Sotheby's doit la moitié des recettes de cette grande vente du 8 novembre. Six coups de marteau (quatre pour des peintures et deux pour des dessins) ont en effet permis à la société de ventes aux enchères de dégager 72,27 m$ (hors frais) contre 70,33 m$ générés par la vente de 40 autres lots.


A défaut d'un véritable record absolu, signalons tout de même l'extraordinaire envolée d'un dessin à l'encre toujours signé Picasso et intitulé 
Le Viol (1940), qui doublait son estimation haute pour une enchère gagnante de 12 m$.

A ce niveau de prix, Le Viol s'inscrit à la troisième place des meilleures adjudications de Picasso pour un dessin et à la meilleure place pour un dessin non rehaussé à la gouache. Cette oeuvre signe l'un des quatre coups de marteau à plus de 10 m$ pour Sotheby's pour cette cession tandis que Christie's en enregistrait six la veille.

Records historiques pour les ventes d'art d'après-guerre et contemporain 

Faisant fi de la sinistrose, les ventes d'automne à New York ont atteint cette année un niveau inégalé. Surpassant les ventes plus mesurées d'art moderne et impressionniste frappées une semaine auparavant, c'est une fois de plus le segment après-guerre et contemporain qui remporte haut la main la bataille. Preuve que rien n'ébranle la vitalité de ce marché refuge.

Quant à l'autre bataille, celle menée entre les leaders Christie's et Sotheby's, Christie's l'emporte haut la main en réalisant 364m$ lors de la vente du soir du 14 novembre, soit le plus beau résultat de son histoire pour une vente d'art d'après-guerre et contemporain (le record absolu étant détenu par la vacation d'art impressionniste et moderne avec 437 m$ en 2006). La veille, Sotheby's encaissait tout de même 331 m$ et signait son record de vente absolu en détrônant la vente d'art d'après-guerre et contemporain du 14 mai 2008 qui avait enregistré 320 m$ !

Le moins que l'on puisse dire est que les acheteurs se sont bien rassasiés et ce particulièrement chez Christie's qui enregistre seulement 8 % de taux d'invendus et 56 enchères millionnaires dont 10 au-dessus de 10 m$, là où Sotheby's comptabilise 16 % de taux d'invendus et 42 enchères millionnaires dont 7 frappées au-dessus de 10 m$. Bien évidement dans un tel contexte, les deux maisons signent une pluie de nouveaux records : 8 pour Christie's et 8 pour Sotheby's.

La plus haute enchère des deux vacations est emportée par la toile No. 1 Royal Red and Blue de Mark ROTHKO cédée 67 m$, soit 17 m$ de plus que son estimation haute, chez Sotheby's ! Elle reste malgré cela la deuxième plus belle enchère pour l'artiste face à Orange, Red, Yellow adjugée 77,5 m$ en mai 2012 chez Christie's New York.

Un habituel festival de stars

Face aux artistes américains, qu'ils soient issus des mouvements pop art ou de l'expressionnisme abstrait, c'est encore et toujours le même engouement. Parmi eux, notons un nouveau record de vente pour Jackson POLLOCK chez Sotheby's. De format pourtant modeste (76,5 cm x 63,5 cm), la toile Number 4 trouve preneur pour 36 m$ soit plus de 15 m$ de plus que son dernier record, Number 28 (76,5 cm x 137,4 cm), adjugé 15,7 m$ chez Christie's New York le 8 mai 2012.

Stars toujours, les œuvres d'Andy WARHOL ont encore largement arrosé les enchères, totalisant 13 lots sur les deux ventes. Et ce sans compter les 354 lots dispersés lors du premier volet du partenariat signé entre Christie's et la Fondation Warhol, le 12 novembre. Les deux vacations n'ont cependant pas réussi à frapper assez haut pour détrôner les 2 plus belles ventes de cet habitué des record, encore attribuées à Green Car Crash (Green Burning Car I) adjugé 64 m$ chez Christie's New York le 16 mai 2007 et Men in her life adjugé 56,5 m$ chez Phillips de Pury & Company New York, le 8 novembre 2010. Néanmoins, Statue of Liberty trône désormais à la 3ème place des exploits de Warhol grâce à une adjudication au-delà de tout pronostic à 39 m$ (Christie’s). Comptant parmi les œuvres cultes de l'artiste, elle a aussi la particularité d'expérimenter la future technique en 3D et d'être ainsi visible en volume grâce au port de lunettes vert et rouge.

Le mouvement minimaliste n'est pas en reste avec un retour aux sommets millionnaires pour Agnes Bernice MARTIN ou encore un record rafraîchi pour Donald JUDD à hauteur de 9 m$ pour la sculpture Untitled, 1989 (Bernstein 89-24).

Du côté des "mastodontes" de l'art contemporain la Jean-Michel BASQUIAT mania continue son chemin grâce à un nouveau chef-d'œuvre,Sans-titre, qui sort de l'ombre et s'envole au-delà du seuil de 20 m$ chez Christie's. Avec ses 23,5 m$, l'œuvre surpasse de près de 5,6 m$ son ultime meilleure vente enregistrée quelques mois plus tôt avec Untitled, adjugée 17,9 m$ chez Christie's Londres, le 27 juin 2012. 

Jeff KOONS s'affirme, lui, comme l'un des artistes vivants les plus chers au monde avec la vente d'une sculpture monumentale : cédée 30 m$, Tulips devient son nouveau meilleur résultat.

Quelques nouveaux noms dans les plus hautes sphères

Figure majeure de l'expressionnisme abstrait, Franz KLINE était assez discret aux enchères ces dernières années, la signature de sa plus belle vente remontant à l'année 2005 avec les 5,7 m$ de Crow Dancer enregistrés chez Christie's New York le 11 mai 2005. Les ventes des 13 et 14 novembre 2012 changent désormais la donne : sur les six lots proposés par les deux maisons de ventes, quatre deviennent les nouveaux records de l'artiste. L'adjudication de Untitled, huile sur toile grand format (200,7 cm x 280,4 cm), pour 36 m$ le place même sur un pied d'égalité avec le nouveau record de Pollock également frappé à 36 m$.

Encore du côté de l'expressionnisme abstrait, les toiles des années 70/80 de l'Américain Richard DIEBENKORN (1922-1993) ont aussi le vent en poupe : en trouvant preneur à 12 m$ chez Christie's, Océan Park # 48 doublait presque son record de 2011 quand Ocean Park #121 était adjugée 6,8 m$ chez Christie's New York, le 11 mai.

Artistes vivants, des envolées confirmées...

La peinture géométrique de Mark GROTJAHN (1968) continue sur sa lancée en signant une belle performance avec les 3,65 m$ deUntitled (Red Butterfly II Yellow MARK GROTJAHN P-08 752) enregistrés chez Christie's, ce résultat doublant en à peine 6 mois les 1,8 m$ frappés pour « Untitled (Yellow Butterfly III) » lors des ventes printanières chez Sotheby's New York, le 9 mai 2012.

Toujours dans la mouvance géométrique-minimaliste, Wade GUYTON, qui depuis février 2011 enregistre onze adjudications entre 250 000 $ et 560 000 $, persiste et signe un nouveau record à hauteur de 650 000 $ pour Untilted , chez Sotheby's. Véritable star aux États-Unis, Wade Guyton a, depuis 2002, troqué son pinceau contre une imprimante jet d'encre, ce qui lui a plutôt réussi. Ses motifs et lettrages aux erreurs, coulures et autres défauts d'impression sont d'ailleurs, depuis le mois d'octobre 2012, au cœur d'une exposition personnelle au Whitney Museum of American Art de New York.

Les moins...

Christie's semblait bien partie pour signer un nouveau record avec l'œuvre Bait de Robert RAUSCHENBERG dont l'estimation promettait une enchère entre 7 m$ et 10 m$. De même style et de même époque que Overdive, son record frappé 13 m$ chez Sotheby's New York en 2008, elle n'a pas réussi à trouver preneur. Il semble que les amateurs aient moins d'appétit pour celui que l'on considère comme le père du Pop Art. Rauschenberg n'a d'ailleurs signé aucune enchère millionnaire depuis 2010.

Les "offres" se sont moins emballées que ces derniers mois autour des œuvres de Gerhard RICHTER. Néanmoins pas d'inquiétude, les six lots répartis entre les deux maisons de ventes ont tous trouvé preneur dans leur fourchette d'estimation.

Ces deux ventes historiques prouvent une fois de plus que peintures de qualité, artistes établis, de préférence américains et d'après-guerre, sont les maîtres mots récidivistes capables de porter les plus beaux records mondiaux. Ces sensationnelles performances prouvent que même l'ouragan Sandy et les élections américaines ne peuvent détourner l'attention des collectionneurs toujours plus friands du segment de marché après-guerre et contemporain. 

 

Le produit mondial des ventes aux enchères 2011 : 11,5 millards de dollars

Source ARTPRICE 

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ALAIN VERMONT