18/02/2015

ART ET MARKET...?

Giacometti, Artiste de l'année...

Giacometti a retenu la leçon de Rodin : ses hommes qui marchent dans des directions incertaines expriment une force et une fragilité troublantes. La puissance psychique de son œuvre en fait l'une des plus appréciée au monde. Il tient d'ailleurs la meilleure enchère 2014 a 90 m$.

Alberto GIACOMETTI est âgé d’une petite vingtaine d’années lorsqu’il quitte la Suisse pour Paris. Nous sommes en 1922, période artistiquement agitée où se prépare une révolution surréaliste sous la houlette d’André Breton. Il étudie auprès d'Antoine Bourdelle, découvre les cubistes, expérimente beaucoup. Puis, un premier électrochoc advient avec sa découverte des arts archaïques et traditionnels en 1926, c’est-à-dire la sculpture égyptienne, sumérienne, cycladique, africaine et océanique.

L’œuvre la plus emblématique de cette époque est une Femme-cuillère(1926-1927) de 143 cm. Il s’agit d’un objet totémique qui ne manque pas de convoquer l’art africain tant elle évoque la forme à la fois pleine et creuse d’une cuillère anthropomorphe Dan. Une seule version est passée en salles des ventes : elle se vendait l’équivalent de 1,49 m$ en 1990 (Sotheby’s NY). Elle décuplerait amplement ce résultat aujourd’hui. Si les œuvres de cette période sont rarissimes, toute les grandes ventes de prestige occidentales tentent d'offrir ses œuvres plus tardives, notamment ses silhouettes étirées et bosselées, célèbres dans le monde entier.

 

giacometti, alberto giacometti, bronzes giacometti


En 2002 déjà, Giacometti comptait parmi les 10 artistes les plus valorisés de la planète (Top10 d’Artprice). Son chiffre d’affaires progressait de près de 350 % par rapport à 2001, grâce à une vente fleuve orchestrée à Paris par Christie’s (35 bronzes offerts lors la dispersion de sa succession le 28 septembre 2002). Le plus beau coup de marteau revenait alors à La cage, première version (édition 3/8) partie au double de son estimation optimiste pour 1,5 m$.

 

la cage giacometti


Quatre ans plus tard, La Cage se vendait 2,2 m$ chez Sotheby's (édition 4/8, Londres, le 19 juin 2006). La surenchère est pourtant loin de se calmer. En 2010, Giacometti se met au niveau de Picasso avec la vente historique de L'Homme qui marche I, pour un coup de marteau équivalent à 92,5 m$ (Sotheby's Londres, le 3 février 2010). Aujourd'hui, rien ne laisse présager le moindre essoufflement de cote pour cet artiste majeur. Le cru 2014 est au contraire excellent, avec pas moins de 18 enchères millionnaires, dont les 90 m$ décrochés par Le Chariot, une oeuvre phare du XXème siècle vendue le 4 novembre 2014 par Sotheby's à New York.

 

homme qui marche giacometti


Ses œuvres minuscules en bronze ont flambé également. Durant les années de guerre, l’artiste réduit considérablement les échelles, à tel point que certaines œuvres tiennent dans une boite d’allumettes. Ses oeuvres de moins de 10 cm, que l'on pouvait acheter pour moins de 5 000 $ dans les années 90, valent aujourd'hui au moins 10 fois plus...

Le marché regorge heureusement d’estampes pour les amateurs moins fortunés. Giacometti a toujours été partisan de la diffusion de son œuvre, d'autant qu'il fut déjà bien coté de son vivant (dans les années 60). Elles représentent plus de la moitié des transactions de l'artiste et certaines lithographies numérotées sont encore accessibles pour moins de 1 000 $ aux enchères.

 Source Artprice

TOP 10 des invendus

 

Rang

Artiste

Estimation
basse

Estimation
haute

Oeuvre

Vente

1

Pablo PICASSO

59 569 840$

$89 354 760

Portrait de Angel Fernandez de Soto(1903)

2006-11-08 Christie's NEW YORK NY

2

Pablo PICASSO

31 863 757,5$

$38 236 509

Instruments de musique sur un guéridon (1914/15)

2009-02-23 Christie's Paris & Pierre Bergé PARIS

3

Claude MONET

30 000 000$

$40 000 000

Nymphéas (1906)

2010-06-23 Christie's LONDON

4

Vincent VAN GOGH

30 000 000$

$40 000 000

Le jardin d'automne, le jardin public (1888)

2001-05-07 Phillips, De Pury & Luxembourg NEW YORK NY

5

Pablo PICASSO

30 000 000$

 

Olga Picasso (1923)

2001-05-09 Christie's NEW YORK NY

6

Francis BACON

30 00 0000$

$40 000 000

Study For Portrait Of P.L. (1962)

2013-05-14 Sotheby's NEW YORK NY

7

Vincent VAN GOGH

28 000 000$

$35 000 000

The Fields (c.1890)

2007-11-07 Sotheby's NEW YORK NY

8

George Wesley BELLOWS

25 000 000$

$35 000 000

Men of the Docks(1912)

2007-11-29 Christie's NEW YORK NY

9

Pablo PICASSO

25 000 000$

$35 000 000

La lampe (1931)

2007-11-07 Sotheby's NEW YORK NY

10

Edvard MUNCH

25 000 000$

$35 000 000

Fertility (1899/1900)

2010-05-04 Christie's NEW YORK NY


Trop de Picasso

Dans ce top 10 des invendus : 4 œuvres de Pablo Picasso ; l'une de 1903, une autre de 1914/15, une troisième de 1923 et enfin de 1931. Quatre œuvres de quatre périodes différentes donc, de l'abstrait au néoréalisme.


Picasso fut, on le sait, un artiste des plus prolifiques.

Aux enchères, son nom se montre presque omniprésent avec 3 913 lots en 2014 (dont 2 853 vendus), parmi lesquels 62 adjugés au-dessus du million de dollars. C'est dire l'enthousiasme du marché pour cet artiste. Et ses chefs-d’œuvre sont si nombreux qu'ils constituent un marché quasiment à eux-seuls. Un marché avec ses propres invendus...

Parmi les plus remarquables : Portrait d'Angel Fernandez de Soto (1903). Cette toile avait été estimée entre 40 et 60 millions de dollars par la maison Christie's chez qui elle était mise en vente le 8 novembre 2006 au 20 Rockefeller Plaza. Une soirée qui fut dans sa totalité une véritable réussite, enregistrant un record absolu en termes de produit des ventes, qui reste aujourd'hui encore le 5ème meilleur résultat en une seule séance. Au milieu des 72 lots qui s'y succédèrent : 9 toiles du maître espagnol, dont deux qui n'atteignirent pas le prix de réserve décidé par les détenteurs.


Les records

Dans ce Top 10 des invendus, deux toiles également de van Gogh, une de Francis Bacon et puis une autre d'Edvard Munch. Depuis 1990, ces trois là se relayent, avec Pablo Picasso, à la tête du record aux enchères publiques. Est-ce une coïncidence si leur nom se retrouve simultanément dans de ces deux classements ?

Ou bien faut-il y voir une limite atteinte par le marché ?


Tandis que le triptyque intitulé Three studies of Lucien Freud atteignait le prix d'adjudication exhubérant de 127 millions de dollars le 12 novembre 2013 chez Christie's New York, le 14 mai de la même année, Study For Portrait Of P.L. (1962) échoua à atteindre l'estimation basse fixée par Sotheby's NY à 30 000 000$. Si bien que l'on peut conclure que si frénésie il y a sur le marché de l'art et que celle-ci se concentre sur une poignée d'artistes, elle conserve toutefois certaines limites.


L'inattendu

Si les quatre premiers noms nous ont habitué aux prix exorbitants, le dernier de cette liste beaucoup moins. George Wesley Bellows (1882-1925) n'est pas tout à fait un inconnu dans les grandes maisons de ventes (au total 13 de ses œuvres déjà ont dépassé le million de dollars aux enchères publiques), mais son record à 25 millions de dollars, réalisé le premier décembre 1999 chez Sotheby's à New York reste exceptionnel, et n'a plus été approché depuis. Le second meilleur résultat pour l'une de ses œuvres demeure loin en dessous, à 6,9 millions de dollars. Aussi, peut-être la prestigieuse maison de ventes Christie's fut elle audacieuse lorsqu'elle évalua Men of the Docks (1912) entre 25 et 35 m$, c'est à dire en mettant l'estimation basse au niveau d'un record historique, réalisé 8 années auparavant.

Ces invendus historiques ne sont pas tous très récents. Mais ils montrent que même les plus grandes signatures, celles que l'on dit attiser le plus les pratiques spéculatives, ne rencontrent pas toujours la demande attendue.

Source Artprice

 

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 ALAIN VERMONT

 

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28/10/2010

GUILLAUMIN et Les Impressionnistes

 

S’il est un artiste que les succès de la Peinture Moderne ont oublié, celui-ci a pour nom Jean-Baptiste-Armand GUILLAUMIN. Né à Paris en 1841, ce peintre issu d’un milieu modeste occupa dans sa jeunesse un petit emploi dans l’administration des Ponts et Chaussées. Cela ne l’empêcha pas, en 1863, de fréquenter l’Académie Suisse où se retrouvaient les jeunes artistes qui rejetaient l’enseignement officiel.

Il rencontra là PISSARO et CEZANNE qui devinrent très vite ses amis. Ses loisirs l’entraînèrent alors dans la nature où il composa ses paysages en refusant sans ambiguïté le travail en atelier. Il s’appliqua alors à reproduire, sous diverses lumières, le Montmartre rural de l’époque, ou la symphonie batelière des quais de la Seine.

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Contrairement aux idées reçues qui prévalurent plus tard, GUILLAUMIN contribua à l’élaboration des principes de la nouvelle esthétique picturale, en fréquentant les « nouveaux artistes » qui se retrouvaient chaque soir au Café Guerbois, et en participant en 1874 à la première exposition des Impressionnistes chez NADAR.

Il séjourna ensuite régulièrement chez le Docteur Gachet à Auvers-sur-Oise. En 1886, il exposa à New-York lors de l’accrochage organisé par le marchand d’art Durand-Ruel. Après cela, GUILLAUMIN découvrit la France, pour peindre le département de l’Yonne. La Creuse évoqua ensuite un élément essentiel dans son œuvre. Vers 1887 il devint l’ami de Van GOGH.

 

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Il faut d’ailleurs rappeler que GUILLAUMIN représenta l’une des raisons pour lesquelles Van GOGH se brouilla un peu plus tard avec le Docteur Gachet, en quittant sa demeure, pour s’installer à l’auberge d’Auvers où il mourut. En effet, l’histoire raconte que Van GOGH avait un jour reproché à Gachet de ne pas avoir correctement accroché au mur un tableau de GUILLAUMIN.

En 1891, après avoir participé à plusieurs expositions des Impressionnistes, GUILLAUMIN gagna cent mille francs à la Loterie. L’importance de la somme, pour l’époque, lui permit alors de quitter son emploi, pour se consacrer exclusivement à la peinture.

Ses moyens financiers nouveaux l’autorisèrent dès lors à voyager à sa guise. Il perdit ainsi le contact avec ses amis MONET et PISSARRO, en allant découvrir les côtes de l’Océan, ou celles de la Méditerranée. En 1904, il séjourna même deux mois en Hollande.

 

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Dès ses débuts parisiens, GUILLAUMIN s’était distingué des Impressionnistes par l’emploi d’une matière dense, et par une coloration vive de ses tableaux, à l’exemple des « Vues de Montmartre » ou des « Péniches sur la Seine à Bercy », peints en 1871. Déjà en 1870, le « Soleil couchant à Ivry » exprimait alors son emploi des plus violentes couleurs.

Il acheva sa vie en se perdant un peu dans sa recherche d’un chromatisme intense. La production de ses dernières années d’existence, se rapprocha par sa polychromie accentuée, du style des Fauves.

 

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Il mourut à Paris le 26 juin 1927, à l’âge de quatre vingt six ans, oublié par le monde de l’art qui n’avait alors retenu que les précurseurs du Mouvement Impressionniste.

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Alain VERMONT

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

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27/03/2009

van GOGH le Géant

Vincent Willem van GOGH naquit le 30 mars 1853, à Groot-Zundert, en Hollande, où son père officiait comme pasteur. Après une enfance vécue en famille, il devint commis dans la Galerie d’Art Goupil à la Haye, où pendant deux ans, on l’employa à emballer et déballer des tableaux, et des livres. Il commença alors à entretenir une correspondance durable et précise avec son jeune frère Théo, pour lui raconter ses peines et ses joies, et pour lui donner une description rigoureuse de ses premiers tableaux et dessins.

En mai 1873, on le muta dans la succursale de Londres. Son séjour anglais ne fut qu’une suite de déceptions. Un chagrin d’amour, ainsi qu’une mésentente avec son chef hiérarchique, au sujet de sa méthode commerciale, le plongèrent dans une dépression nerveuse. Ce jeune homme grave de vingt deux ans quitta alors Londres pour découvrir Paris, en qualité d’employé de la même galerie. Son séjour parisien d’une année le vit visiter tous les musées, tandis qu’il dévorait de nombreux livres, pour recevoir les influences qui seraient plus tard décisives dans son art.

Dans sa chambre à Montmartre, il étudia la Bible, pour soulager sa conscience torturée par le sentiment de sa médiocrité. Sa sensibilité religieuse exprima alors une foi brûlante qui tourna au fanatisme.

 

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van GOGH à 19 ans.

 

En 1876, van GOGH quitta la capitale française, et retrouva la Hollande pour étudier durant quelques mois la théologie à Amsterdam. Après quoi, il accepta un emploi d’apprenti dans une librairie. Mais son essai d’embrasser une profession bourgeoise ne fut que de courte durée, puisque son caractère insociable le poussa à quitter son travail.

Il partit alors en Belgique, et développa sa vocation religieuse en entrant à l’Ecole Evangélique Missionnaire de Bruxelles. Trois mois plus tard, il s’installa dans le Borinage où il espérait travailler l’esprit d’un christianisme positif, parmi les familles misérables représentées par les mineurs belges. Il partagea leur vie difficile, s’occupa des malades, prit soin des malheureux, et ne s’accorda aucun jour de repos.

 

van GOGH commença alors ses premiers dessins d’après nature, en s’inspirant de MILLET. Malade, il retrouva sa famille installée à Etten, et se remit à dessiner et à peindre l’existence des mineurs. Jusqu’en 1885, il réalisa une œuvre considérable qui représentait le côté humanitaire et sensible de sa nature. Les humbles demeurèrent durant toute sa courte existence ses modèle préférés.

Il peignit alors des paysans, ou des tisserands, en grand nombre. Ses multiples portraits d’hommes rudes et moroses, comme « Les mangeurs de pommes de terre », exprimèrent alors une tristesse intense qui apparut même dans ses paysages, ou dans ses compositions florales. Ses couleurs sombres et mornes du moment ne laissaient en rien présager la lumière de ses œuvres ultérieures. Son réalisme d’alors représenta la vie rurale comme une existence noire, sans aucune perspective de bonheur à l’horizon.

 

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Le Moulin de la Galette, 1886.
Huile/toile, 61 x 50 cm.

 

En 1885, après la mort de son père, il effectua un séjour de trois mois à Anvers, durant lequel il travailla à l’Académie, ainsi qu’à l’Ecole de Dessin. Son frère Théo, devenu entre-temps directeur de la Galerie Goupil à Paris, lui assura les moyens de subvenir à ses modestes besoins. van GOGH commença alors à éclaircir sa palette, en goûtant à la gaieté de la vie flamande. Ses visites au Musée des Beaux-Arts, et sa découverte des estampes japonaises chez un marchand flamand, provoquèrent en lui un revirement décisif. Il en acheta quelques unes, et les suspendit dans sa chambre. Les coloris clairs de ces gravures sur bois le séduisirent tellement qu’il restait assis pendant des heures pour les admirer.

 

Un monde nouveau s’ouvrit à lui, plus lumineux, et dont l’intimité et la cohésion fascinèrent son esprit. Sa décision prise, il rejoignit rapidement Paris, pour retrouver son frère Théo. Sa découverte des Impressionnistes le frappa vivement. Il décida de parfaire ses connaissances et sa technique, et sur les conseils de son frère, entra à l’Atelier CORMON en juillet 1886. Là, il peignit comme un forcené, des natures mortes de fleurs, des scènes de rue et des portraits. Son coup de pinceau s’allégea, et sa palette s’éclaircit de plus en plus. Et sous la double influence des Impressionnistes et des estampes japonaises, il révolutionna son art personnel.

Il transposa à l’huile le « Pont sous la pluie » d’HIROSHIGE, en partageant les mêmes convictions que TOULOUSE-LAUTREC qu’il venait de rencontrer.

Il créa des paysages ensoleillés par des tons clairs et vibrants, et durant une vingtaine de mois, réalisa plus de deux cents tableaux, selon la technique Impressionniste qu’il expérimenta jusqu’au Pointillisme. Il rencontra alors GAUGUIN, et son vieux malaise le reprit. Fatigué de la vie parisienne, il partit pour Arles en février 1888, sur les conseils de TOULOUSE-LAUTREC qui lui avait assuré qu’il pourrait découvrir là-bas une lumière nouvelle.

 

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Bords de Seine, 1887.
Huile/toile, 32 x 46 cm.

 

van GOGH révéla alors tout son génie devant les frais paysages printaniers de la Provence. Il travailla comme un enragé, peignant même la nuit. La beauté des femmes méridionales, l’insouciance des hommes à l’heure de l’absinthe, et la splendeur de cette lumière ardente qui baignait le paysage, l’enchantèrent. Il découvrit les tournesols qui devinrent ses fleurs préférées, et qu’il déclina en plusieurs tableaux.

Les théories parisiennes de l’Impressionnisme lui apparurent dès lors comme des constructions artificielles, au regard de l’opulence imposante de la nature qui l’environnait. Il désirait fixer la vie dans son mouvement, et dans toute sa fraîcheur, comme il la percevait.

Il s’épuisa au travail, réalisant des centaines de tableaux, et de dessins exécutés à la plume de roseau. La faim le tortura souvent, et il souffrit d’hallucinations. La pensée de la mort le hanta. Il ne parvint pas à vendre ses tableaux, alors qu’à Paris, les Impressionnistes obtenaient maintenant de beaux succès.

van GOGH n’était plus des leurs, il était devenu un inconnu dont la peinture ne correspondait pas aux normes officielles du moment. Dans sa solitude, il invita alors GAUGUIN à venir le rejoindre en Arles. Mais la cohabitation s’avéra désastreuse. Leurs caractères étaient diamétralement opposés, et leurs goûts différents provoquèrent des heurts fréquents.

 

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La Seine et le Pont de Clichy, 1887.
Huile/toile, 50 x 60 cm.

 

La veille de Noël, après une violente dispute, van GOGH lança un verre à la tête de GAUGUIN qui heureusement s’en tira avec une blessure superficielle. Mais le lendemain, van GOGH qui avait suivi secrètement GAUGUIN dans sa promenade, se trancha l’oreille avec un rasoir, lorsque ce dernier se retourna pour lui faire face. van GOGH enveloppa alors son oreille coupée dans un mouchoir, et la déposa durant la nuit dans une maison close. A la suite de cet incident, GAUGUIN décida de quitter Arles.

Le 8 mai 1889, van GOGH fut interné avec son consentement à l’Institut Saint Pol de Mausole, à Saint-Rémy-de-Provence, où on lui attribua une chambre supplémentaire en guise d’atelier. Entouré de fous, il peignit plus de trente cinq tableaux, et produisit des centaines de dessins représentant les oliveraies, le fauchage des blés, ou les Alpilles.

 

Les troubles de son esprit devinrent plus fréquents, mais sa puissance créatrice demeura intacte. Sa peinture évolua alors vers le Néo-Impressionnisme, en ne reflétant plus l’éclat du soleil, et les couleurs de sa palette s’assombrirent. Son coup de pinceau moins équilibré devint plus large, et d’une audace inouïe. Il copia même les grands maîtres comme MILLET, REMBRANDT ou DELACROIX.

Son esprit demeurait altéré par sa folie étrange, et le 17 mai 1890, son frère Théo qui ne l’avait jamais abandonné, le fit transférer, sur les conseils de PISSARRO, dans la clinique du Docteur Gachet à Auvers-sur-Oise, afin que ce dernier « l’examine et l’observe à fond ». Là, l’atmosphère conviviale agit sur lui d’une manière bienfaisante. Il recommença à peindre avec enthousiasme dans les paysages alentour.

Ainsi naquirent les « Grands champs ondulés », ou des portraits comme celui du Docteur Gachet, ou de sa fille. Sa dernière composition fut un « Champ de blé aux corbeaux », ces corbeaux qui lui donnèrent l’idée d’emprunter un revolver, car il voulait, mentit-il, en abattre quelques uns. Alors, dans un moment de liberté au cours duquel on ne le surveillait pas, il se rendit dans le champ indiqué, et s’appuya contre un arbre, pour se tirer une balle dans la poitrine.

 

V G 5.jpg
Le Canal de Vigueirat au Pont de Gleize, 1888.
Huile/toile, 46 x 49 cm.

 

van GOGH rentra ensanglanté à l’auberge où il prenait maintenant pension depuis qu’il avait quitté le Docteur Gachet pour mésentente, pour agoniser durant deux jours, dans les bras de Théo arrivé rapidement sur les lieux.

Et c’est ainsi que, celui qui fut le précurseur des Fauves et des Expressionnistes, mourut le 29 juillet 1890, à l’âge de trente sept ans, après cette longue misère morale durant laquelle il ne vendit qu’un seul tableau, les Vignes Rouges.

Il demeure l’un des trois grands maîtres qui, malgré les plus dures privations, et au travers de nombreuses années de désespoir, opposa à l’Académisme figé du 19ème siècle, et avec une énergie et une opiniâtreté surhumaines, un art nouveau issu de la vie véritable, et puisé dans sa beauté profonde. Sa disparition n'entraîna pas la naissance d’artistes à même de peindre dans son esprit, et selon ses préceptes. Mais son art exerça ensuite une influence déterminante sur les Mouvements qui suivirent.

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Alain VERMONT

 

 


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