05/04/2015

Les Interrogations liées au Marché de l'Art

Bansky et Damien Hirst, locomotives britanniques de l'art contemporain, ont bouleversé le monde des enchères, atteignant des points culminants en 2008. Ces phénomènes ont incarné les excès du marché avant la chute de Lehmans-Brothers. Que sont devenues ces signatures désormais plus discrètes ?

Bansky se maintient en toute discrétion


BANKSY est l'artiste anglais qui permit au Street Art de s'imposer comme l'un des nouveaux segments profitables du marché. Après la folle ascension de ses prix et deux adjudications millionnaires en 2008 (dont un record de 1,7 m$ chez Sotheby's New York avec Keep it spotless, soit 1,87 m$ frais inclus), suivie d'une sévère correction (certaines œuvres voyaient leur prix divisé par deux, voire par trois), quelques signes indiquent un rétablissement du marché. Banksy est en effet revenu sur le devant de la scène londonienne avec des résultats emportés au-delà des espérances courant 2014.

Parmi eux, les sculptures emportent la palme des enchères, notamment celle mettant sur piédestal un heureux accroc au shopping (Happy Shopper adjugée l'équivalent de 689 000 $, au double de l'estimation 831 000 $ frais inclus, Phillips, le 10 février), ainsi que la cabine téléphoniqueSubmerged Phone Boot, frappée au seuil du million de dollars (960 000 $, soit 1,1 m$ frais inclus, Phillips, le 15 octobre 2014).

Les jeux de contrastes irrévérencieux de Bansky séduisent tout autant les grands collectionneurs, qui se montrent néanmoins plus sélectifs que par le passé, refusant de sur-payer les œuvres. En témoigne un taux d'oeuvres invendues passé de 25% a 34% aux Etats-Unis entre la période faste de 2005-2008 et les années 2009-2014. Premier signe d'embellie en 2015 : une peinture au spray représentant un policier armé, affublé d'un 'smiley' jaune souriant en guise de visage, a vu son prix quadruplé depuis 2009. Ce Smiley Copper fut en effet adjugé l'équivalent de 67 000 $ le 12 février 2015 chez Bonhams Londres. Les sociétés de ventes regonflent le marché de Bansky en instaurant une politique d'estimation plus attractive que prohibitive.


Damien Hirst ne fait plus recette

En 2008, le marché de Damien HIRST battait celui de Claude Monet et d'Alberto Giacometti ! L'artiste le plus médiatique et le plus spéculatif de l'époque emportait, cette année là, 65 coups de marteau millionnaires, générant 230 m$ de produit de ventes... Guidé par un sens aigu des affaires, il court-circuitait le marché, rentrant directement en contact avec le public et les collectionneurs, mettant en vente ses propres œuvres aux enchères. Souvenez-vous de la vacation «Beautiful inside my head forever», entièrement dédiée à l'artiste chez Sotheby’s, qui frappait un nouveau record à 9,2 m£ (17,1 m$) pour le Veau d’or dans un bain de formol (15-16 septembre 2008).


Entre 2008 et 2014, le produit de ventes annuel aux enchères de Damien Hirst est passé de 230 m$ a 18,8 m$ (il tombe de la quatrième à la 108ème place au classement mondial). Critiques et collectionneurs sont devenus rétifs, et certaines pièces imposantes se voient ravalées malgré des estimations plus basses qu'au début des années 2000 (une accumulation de mégots de cigarettes sous vitrine est restée invendue en novembre dernier malgré une estimation basse de 500 000 $. Ce type d'oeuvres valait 570 000 $ en 2005).

Quatre œuvres sont parties au-delà du million l'année dernière, mais c'est peu, très peu en regard des performances hallucinantes emportées six ans plus tôt. Tandis que les acteurs des enchères prennent du recul, Damien Hirst poursuit son travail d'auto-promotion. Il s'apprête à ouvrir une galerie personnelle dans le quartier administratif de Lambeth, afin d'y installer sa propre collection. Des œuvres de son cru et celles acquises ces dernières années, sous les signatures de Jeff Koons, Sarah Lucas,Tracey Emin, mais encore Pablo Picasso où Francis Bacon.

Le marché est par contre au beau fixe pour d'autres artistes contemporains anglais, auréolés de nouveaux records courant 2014. Le plus impressionnant est celui deTracey EMIN, dont l'installation My Bed (1998) estimée 2 m$ passait les 3,7 m$ chez Christie's Londres en juillet 2014. Augmenté des frais acheteurs, My Bed s'est payé au final 4,3 m$, un record détonnant pour cette artiste chérie de la scène anglaise qui n'avait pas encore atteint le million en salles. Mais cette installation n'est pas n'importe laquelle, il s'agit de celle qui fut exposée à la Tate Gallery en 1999 lorsque l’artiste se trouva nominée pour le Prix Turner.

Par ailleurs, les artistes britanniques Cecily Brown (représentée par la galerie Gagosian), Bridget Riley (représentée par la galerie David Zwirner) comptent parmi les artistes femmes les plus cotées du monde.

 Source ARTPRICE

Nouveau, si vous souhaitez obtenir diverses informations concernant un artiste-plasticien, les expositions mondiales, ou le marché de l'art, cliquez en haut de page à droite sur ARTPRICEGratuitement vous aurez déjà accès à un grand nombre d'informations...

Pour découvrir plus d'informations concernant l'Historique de l'Art (de la préhistoire à nos jours), et toutes les techniques utilisées (supports, matériels, produits, fabricants et marques, etc...), ainsi que les réalités du Marché de l'Art International, visitez mon site : www.lartpourtous.net

Ce site dispose d'un certificat de sécurité SSL.

 ALAIN VERMONT

17:25 Écrit par L'Art Pluriel | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : marché de l'art, art market, hirst, bansky, tracey emin, cecily brown, bridget riley |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

26/03/2013

Market d'Artistes Contemporains Pluriethniques

Après Hong Kong, Sao Paulo 


La foire internationale d'Art de Sao Paulo, SP-Arte, débute le 3 avril 2013, le jour même de l’ouverture sur place de l’exposition de la galerie White Cube, The Gesture and the Sign (3 avril - 8 juin 2013). 
La londonienne White Cube est sur tous les fronts. Elle cumule à la fois un stand sur la SP-Arte et une seconde exposition dans son nouvel espace de Sao Paulo, inauguré en décembre 2012 avec l’artiste britannique Tracey Emin (2 décembre 2012 - 23 février 2013).

 

tracey-emin-hellter-fucking-skelter.jpg

Tracey Emin

Après s'être installées à Hong Kong pour certaines, les plus illustres galeries occidentales ont en effet cessé de lorgner sur le Brésil et prennent maintenant position sur place. Seront d’ailleurs présentes sur la SP-Arte des galeries aussi prestigieuses que Continua (San Gimignano, Pékin, Le Moulin), Art Concept (Paris), Yvon Lambert (Paris), David Zwirner (Zurich, Londres, New York), Thaddaeus Ropac (Vienne, Paris), Lisson (Londres) et Larry Gagosian (12 galeries dans le monde). Depuis son succès inattendu lors de la précédente foire Art Rio (septembre 2012), ce dernier pense très sérieusement à l’ouverture d’une treizième galerie à Sao Paulo.


La percée des galeries occidentales les plus puissantes à Sao Paulo est aussi un atout pour les artistes de la scène contemporaine brésilienne : Jay Joplin, directeur de la White Cube, envisage d’ailleurs d’en exposer certains à Londres. Une ouverture à l’Occident qui accentuera sans doute la vitalité de ce marché, où certains artistes contemporains commencent à atteindre des enchères millionnaires en salles de ventes, à l’instar de Beatriz Milhazes (record d’enchère en novembre 2012 avec Meu Limäo, 1,8 m$ soit 1,4 m€ chez Sotheby’s).

 

Beatriz  Milhazes 1.jpg

 Beatriz Milhazes

Art Dubaï


Le petit monde de l’art s'est recomposé à Dubaï le temps de la septième édition du salon d’art contemporain Art Dubaï (du 20 au 23 mars 2013) où étaient présentes des galeries venues de Turquie, Londres, New York, Madrid, Singapour, Milan, Berlin, Paris, Bruxelles, Jakarta, New Delhi, Hong Kong… La diversité fut le crédo de cette foire qui annoncait 75 galeries en provenance de 32 pays, venues présenter quelque 500 artistes.


Art Dubaï veut s’imposer comme la principale foire de la région MENASA (Moyen-Orient / Afrique du nord / Asie Sud Pacifique) mais elle souhaite ne pas être une simple foire commerciale. C’est à cette fin qu’elle développe de nombreux projets annexes dont une nuit de performances, une galerie mobile, une résidence pour artistes (projet AiR), divers expositions et projets spéciaux visant à stimuler la fibre artistique de Dubaï durant la « Art week ».


Certes, Art Dubaï attire des galeries puissantes et présente donc des signatures incontournables de l’art contemporain (dont Hiroshi Sugimoto, Mona Hatoum, Bertrand Lavier, Yayoi Kusama, etc.), mais elle est aussi là pour ouvrir le champ des possibles et des connaissances, d’où un pavillon dédié cette année à l’art contemporain africain. Le pari d’une sélection d’artistes africains, continent si vaste et diversifié, n’est pas simple à prendre : des artistes camerounais, nigérians, maliens, sénégalais et autres ont été sélectionné pour leur force, à défaut de l'avoir été pour leur notoriété (sauf exceptions), le marché africain étant quasi inexistant faute d’infrastructures adéquates sur place.


Ainsi des artistes comme Karo Akpokiere ou Charles Okereke, méconnus en Occident et étrangés au marché des enchères, sont à découvrir et à suivre dans les prochaines années. Les artistes africains sont particulièrement abordables à l’heure actuelle et même un vétéran de l’art comme Ablade Glover (78 ans) n’a pas passé le seuil des 10 000 $ aux enchères tant ce marché est balbutiant.

 

Ablade Glover 1.jpg

Ablade Glover


Qui était Ganesh Pyne ?


Né à Calcutta en 1937 et décédé le 12 mars 2013, Ganesh Pyne était un grand artiste en Inde, connu pour son surréalisme poétique emprunt de folklore bengali et de mythologie locale. Son univers fantaisiste, sombre et mystique, son passage par les dessins animés pour Walt Disney (un exercice libérateur), son influence sur les artistes contemporains indiens, ont été loué par de nombreuses récompenses et expositions dans le monde, en passant par la France, l’Angleterre, l’Allemagne et les Etats-Unis.


Préférant la solitude aux bains de foule, la confidentialité aux feux de la rampe, Ganesh Pyne n’appréciait pas le jeu des enchères et refusait que ses œuvres passent en salles de ventes. Ses collectionneurs étant disséminés dans le monde entier, on trouve néanmoins des pièces mises à l’encan à Dubaï, New York , Londres, Hong Kong, et bien sûr a Calcutta et New Delhi.

 

Ganesh pyne.jpg

Ganesh Pyne

Son enchère record culmine à 170 000 $ avec The Wings, une toile cédée à Dubaï en 2006 (Christie’s, 24 mai 2006) et, malgré sa longue carrière, l’artiste affiche seulement trois autres enchères supérieures à 100 000 $. Sa volonté d’indépendance face au monde des enchères aura permis à sa cote de rester saine face à la spéculation qui fit rage sur le marché de l’art contemporain indien au début du millénaire. Ainsi, on trouve quelques œuvres en salles pour moins de 10 000 $, à l’instar de cette étrange femme à tête de mort, guidant une petite fille à travers l’obscurité, qui partait pour 6 000 $ le 12 décembre 2012 chez Christie’s New York (Untitled, 1961).

Source Artprice

Nouveau, si vous souhaitez obtenir diverses informations concernant un artiste-plasticien, les expositions mondiales, ou le marché de l'art, cliquez en haut de page à droite sur ARTPRICEGratuitement vous aurez déjà accès à un grand nombre d'informations...

Pour découvrir plus d'informations, visitez mon site : www.lartpourtous.net

Ce site dispose d'un certificat de sécurité SSL.

ALAIN VERMONT

12:35 Écrit par L'Art Pluriel | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tracey emin, beatriz milhazes, hiroshi sugimoto, ablade glover, ganesh pyne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |