25/01/2013

LE GRAND DESORDRE du Marché de l'Art

Quand on constate aujourd'hui les amplitudes financières réalisées par la vente de certaines « œuvres d'art », on ne peut malheureusement que s'étonner de cette « folie pécunière » qui prévaut à l'échelle mondiale.

En effet, comment expliquer qu'un tableau de l'artiste américain Mark Rotko (1903-1970), voir l'illustration ci-dessous, dont la réalisation technique reste sujette à caution (la majorité des tableaux de Rotko sont aujourd'hui dans un très mauvais état de conservation), et qui n'a certainement pas nécessité un temps de travail exceptionnel dans sa réalisation, ait atteint le 8 mai 2012 à New York, un prix de vente de 77 500 000 dollars. 

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Et même si ce tableau représente un grand format, puisqu'il affiche une hauteur de 236,2 cm et une largeur de 206,4 cm, ce qui implique une surface de 4,87 m2, reconnaissons que le ratio au m2, à savoir 15 914 000 dollars, peut donner à penser au plus grand nombre.

Si l'on se fait l'avocat du diable, imaginons que cette composition  épurée, pour ne pas dire « ultra minimaliste », aura demandé une journée de travail de 8 heures. Le ratio horaire indique alors 9 687 500 dollars de l'heure !

Sans vouloir désacraliser l'art, il faut quand même avouer que tous ces chiffres d'une altitude vertigineuse ont de quoi « donner le tourni » à beaucoup, et notamment à tous ces artistes sincères, en devenir, et laissés pour compte par l'Establishment qui entretient dans la Finance comme dans le Milieu de l'Art, le malaise financier nauséabond actuel.

Pour établir un parallèle expressif, comparons ce tableau avec la paire de cabinets réalisée par le grand ébéniste André-Charles Boulle durant le règne de Louis XIV (voir l'illustration ci-dessous), et qui s'est vendue à Drouot Paris le 26 septembre dernier pour la somme de 2 857 800 €.

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D'aucuns pourraient dire que le prix de vente de ces deux meubles représente une belle somme d'argent, ce qui est vrai. Mais admettons, au regard de la qualité de réalisation de ces meubles exceptionnels, le temps passé par cet ébéniste, pour parvenir à un tel résultat. Plusieurs mois ont été nécessaires pour mettre les différentes essences de bois en préparation, et réaliser les infinies et minutieuses marqueteries, et autres bronzes dorés.

Le tout, dans une époque où l'électricité n'existait pas, ce qui implique que tous les gestes de travail ont été réalisés à la main, sans aucune machine électrique des temps modernes.

Le phénomène de « mode artistique » actuel s'illustre par le bureau « H » illustré ci-dessous, réalisé par l'artiste-designer Jean Prouvé (1901-1984), en taule pliée laquée noire, caisson métallique et plateau en chêne plaqué, vendu le 3 décembre dernier à Drouot Paris pour la somme de 446 112€.

 

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Abusus non tollit usum (l'abus n'enlève pas l'usage) !

La démarcation entre l'abus et l'usage ne peut plus être quantifiée du fait de tous ces excès financiers qui régissent notre monde. Dans sa grande souffrance existentialiste l'homme affiche de plus en plus des comportements irrationnels qui peuvent traduirent toutes ses particularités, son manque de confiance en lui, sa soif de reconnaissance, ou les délires de son paraître et de son image qui induisent les extravagances auxquelles nous assistons.

Dans sa retraite éternelle, que doit penser Van Gogh en voyant fonctionner ce monde actuel à la recherche de gloires éphémères ou de fortunes diverses, lui qui sa courte vie durant, souffra de la misère la plus sombre, ignorant toujours une quelconque recherche mercantile à retirer de son talent, un talent qu'il avait mis au service de son amour pour la peinture. Et bien d'autres...

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 ALAIN VERMONT

25/01/2009

JACQUES STRAUSS, un univers de créateur.

 

 

Jacques Strauss est un artiste peintre qui a exploité toutes les techniques de la peinture et du dessin durant sa vie de créateur, avant de s’appliquer, depuis de nombreuses années, à réaliser de subtiles unions dans ses constructions abstraites et figuratives exprimant un même ensemble visuel.

 

Il reste aujourd’hui l’un des rares artistes à développer cet art si particulier de la laque, tant cette technique demeure difficile à maîtriser en fonction des températures d’exécution auxquelles elle est assujettie.

 

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Combat de Titans dans l'Espace.
Laque/toile de lin, 130 x 97 cm.

 

Dans son atelier, son alchimie réalisée avec des pigments et diverses essences et autres solvants très volatiles, comme le naphtalène, l’oblige à travailler avec un masque à filtres charbon, tant les vapeurs dégagées sont nocives pour la santé. Ses laques n’appartiennent qu`à lui, sa technique maîtrisée et ses continuelles recherches dans sa définition du résultat optique, transportent son art vers un absolu d’harmonie qui sublime la forme et la couleur.

 

Dans ses laques, Strauss exploite la couleur, la ligne et la matière à peindre pour elles-mêmes, dans un renoncement volontaire à toute référence figurative traditionnelle.

 

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Hommage d'une geisha à son empereur.
Laque/toile de lin, 130 x 97 cm.

 

Strauss demeure un spécialiste de l’Oxymore, un terme particulier issu du radical Oxymoron qui en rhétorique signifie « piquant » et « émoussé ».

Le parfait paradoxe entretenant deux termes qui paraissent incompatibles ou contradictoires.

Ce paradoxe que l’on retrouve le plus souvent dans la juxtaposition, sur la toile, des éléments abstraits et des éléments figuratifs de la composition.

 

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Les Feux de Genève.
Laque/toile de lin, 55 x 46 cm.

 

 

Réalisées sans un réel relief de matière, et éthérées dans la divination de leur construction picturale, ses laques invitent toujours l’œil à une découverte visuelle qui sous-tend une démarche intellectuelle à la portée du commun des mortels.

En effet, les rébus dissimulés dans la composition des tableaux se livrent sans retenue après qu’un œil curieux et quelque peu imaginatif, se soit appliqué à décrypter le « mystère » qui anime, sans provocation outrancière, les sujets réalisés dans une palette riche et en parfaite adéquation avec le trait de la forme.

 

Elégantes.jpg
Elégantes au Parc de Bagatelle.
Dyptique, huiles/bois, 40 x 83 cm.

 

Durant sa carrière, Jacques Strauss, qui demeure un perpétuel « jeune homme créatif » malgré les quatre vingt six anniversaires qui expriment son vécu, a participé à de très nombreuses expositions internationales, notamment celles du Salon de Paris à plusieurs reprises.

 

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Alain VERMONT

18:14 Écrit par L'Art Pluriel dans 4 -- PEINTURE : EVOLUTION DES ARTISTES | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : peinture, laque, couleurs, tableaux, strauss. |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

07/01/2009

PEINTURE à l'Huile : Les Additifs

Peinture à l’Huile : Tous les Additifs.

Les Huiles - Les Médiums - Les Siccatifs - Les Essences

Les Gommes et Résines - Les Vernis - Les Nettoyants.

1) Les Huiles diluent les couleurs à peindre en les rendant plus grasses, et plus aisées à « véhiculer » sur le support. Ce sont des huiles qui se solidifient encore durant le temps de séchage du tableau, en retardant sa durée.

La plus utilisée, l’Huile de Lin, est une huile naturelle extraite de graines de lin, au pouvoir siccatif, car elle absorbe l’oxygène de l’air par l’action de l’acide linolénique.

En s’oxydant, elle forme une couche élastique qui adhère au support. Sa durée de séchage est de l’ordre de 8 à 10 jours lorsqu’elle est utilisée en couche fine, et beaucoup plus, plusieurs semaines, voir plusieurs mois lorsqu’elle est travaillée en empâtements importants. Avec le vieillissement, cette huile jaunit, et « défigure » parfois certaines compositions. A utiliser avec un savant dosage.

L’Huile de Lin décolorée, est obtenue artificiellement par l’action chimique de certaines terres naturelles absorbantes. Elle offre toutes les propriétés de pureté et de siccativité, en demeurant beaucoup moins jaunissante.

L’Huile de Lin polymérisée, (lente cuisson en étuve, et réunion de plusieurs molécules en une seule « isométrie ») a la particularité d’offrir une très forte viscosité. Elle ne contient pas d’oxydes métalliques, et reste onctueuse, en offrant une très bonne siccativité, ainsi qu’ un jaunissement acceptable.

L’Huile de Carthame est tirée de la graine de l’oléagineux d’Amérique du Nord du même nom. On l’appelle aussi Faux Safran du fait de sa couleur rouge utilisée autrefois dans la coloration de certains tissus. Cette huile possède la plus forte teneur en acide linolénique parmi les huiles naturelles. Sa qualité première provient du fait qu’elle jaunit très peu. Elle peut être utilisée pour la fabrication de tonalités blanches, ou pour la réalisation de vernis.

L’Huile d’Oeillette (extraite du pavot noir), est beaucoup plus fluide et claire que l’huile de lin, de plus, elle ne jaunit quasiment pas, mais sèche très lentement. Cette huile convient pour la fabrication de peintures à l’huile claires ou blanches, en donnant aux couleurs une consistance butyreuse (apparence du beurre).

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Hiver au Creux de Genthod, 02/2008.
Huile/toile par Pascal Robin (1968).
60 x 73 cm.

En matière de qualité optimale, l’Huile de Lin Schmincke, pressée à froid, demeure l’une des meilleures.

L’Huile de Lin Rubens, pure, et désacidifiée, est une huile décolorée qui sèche lentement.

L’Huile de Lin Lefranc, utilisée par le plus grand nombre d’artistes, reste une huile de très bonne qualité, siccative, et qui se solidifie peu à peu dans le temps. C’est un excellent liant qui sert notamment pour le broyage des couleurs.

L’Huile de Lin est théoriquement obtenue par la compression, à l’aide de grosses meules, de graines de lin qui ont été préalablement séchées puis légèrement grillées. Aujourd’hui, les graines de lin sont le plus souvent traitées à la vapeur pour en extraire le maximum de produit, entraînant de fait, une siccativité moindre en comparaison des huiles utilisées jadis par les Vieux Maîtres. Les caractéristiques chimiques de l’Huile de Lin sont une densité de 0,930 à 0,935, un point de congélation à -29°, et un point d’ébullition à 387°. C’est une huile qui possède une grande teneur en acides gras, une coloration et une certaine siccativité.

Une Huile de Lin de bonne qualité doit posséder une belle coloration jaune ambrée. Concernant sa siccativité, et à l’exemple des Anciens Maîtres, il est conseillé de laisser l’huile se décanter à la lumière solaire durant un certain temps, de manière à ce qu’elle gagne en force et en pureté. On reproche toujours à l’Huile de Lin son jaunissement avec le temps, ce qui est une réalité, mais il suffirait d’une exposition prolongée à la lumière du jour pour faire recouvrer à un tableau jauni, sa coloration originelle, à condition que le jaunissement constaté ne soit pas du fait du vernis final déposé sur le tableau.

L’Huile d’Oeillette, moins résistante que l’Huile de Lin, sans jaunissement, a le défaut de ne pas offrir aux couleurs des chances égales de durée dans le temps.

Schneider cadre.jpg
L'Abstraction du marteau et de la faucille, 1960.
Gérard Schneider (1896-1986).
Huile/papier marouflé sur toile.
76 x 108 cm.

2) Les Médiums, qu’ils soient à base de résines synthétiques ou de résines naturelles, sont mélangés aux couleurs pour accélérer leur temps de séchage, de manière à pouvoir superposer plusieurs couches rapidement. Les Médiums font varier la transparence et la brillance de la peinture en modifiant la texture de cette dernière et en apportant plus d’épaisseur ou plus ou moins de liquéfaction. Leur action augmente la résistance de la peinture au vieillissement.

Le Médium III Mussini, riche en résines, accélère le séchage, accentue la brillance et ravive les embus. Il rend la couche de peinture beaucoup plus résistante, mais il faut l’utiliser avec parcimonie pour éviter un excès de brillance.

Le Médium à peindre mat, donne à la peinture un effet mat, uniforme et velouté, sans modifier la transparence et l’opacité des couleurs. On peut l’utiliser pur ou mélangé à l’Essence de Térébenthine (avec un maximum de 70% d’essence). Son temps de séchage est de un à trois jours.

Le Médium IV, offre beaucoup de souplesse à la peinture à l’huile en renforçant son adhérence sur le support, même en cas de dosage très important. Il résiste à l’Essence de Térébenthine, et ne jaunit pas. Ce Médium convient bien pour les couches supérieures en leur conférant une brillance durable.

Le Médium I, doit être mélangé avec les couleurs utilisées pour les sous-couches. Il donnera à la peinture une consistance lisse, homogène, avant de devenir mat après le séchage.

Le Médium Rapid, comme son nom l’indique, offre un séchage très rapide pour les couleurs à l’huile, en augmentant leur brillance et leur transparence. Ce produit est conseillé pour réaliser des glacis, ou des applications de couleurs sur des couches déjà sèches. La peinture sèchera alors en quelques heures.

Le Médium Retardateur de Séchage, est fabriqué avec de l’Huile de Lin pure et de l’Huile d’Oeillette. Il réduit la consistance de la peinture à l’huile en renforçant sa brillance et sa transparence. Le temps de séchage d’une couche fine, en surface, est de 3 à 5 jours, mais il ne faut pas l’utiliser en trop grandes proportions car la couleur et la résistance de la peinture pourraient en être altérées.

Les Médiums offrent la qualité « d’imprimer » une certaine brillance à la peinture, ce qui peut éviter l’emploi d’un vernis qui jaunira avec le temps.

Hilaire Ok.jpg
Frou-Frou.
Camille Hilaire (1916-2004).
Huile/toile, 73 x 92 cm.

 

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Alain VERMONT

 

16:57 Écrit par L'Art Pluriel dans 5 -- TECHNIQUES Huiles | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : peinture, huile, médiums, tableaux |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |