10/07/2010

DE CHIRICO et la Peinture Métaphysique

L’italien Giorgio DE CHIRICO, précurseur immédiat du Surréalisme, et artiste qui fit partie du courant de la Peinture Métaphysique entre 1917 et 1921, naquit à Volo, en Thessalie, le 10 juillet 1888, alors que son père d’origine sicilienne, exerçait là-bas son activité d’ingénieur à la construction des chemins de fer.

Dans sa jeunesse, il fréquenta l’Ecole Polytechnique d’Athènes où il étudia les sciences, en même temps que la peinture à laquelle il se consacra ensuite entièrement. A la mort de son père, il s’installa à Munich pour fréquenter l’Ecole des Beaux-Arts de la ville pendant deux ans. Influencé par les gravures de Max KLINGER, et par la Peinture Romantique de Arnold BOCKLIN, il imprégna son esprit des écrits de Nietzsche, alors que ses premières créations picturales ne représentaient que des paysages ou des marines dont la dramatique de l’éclairage exprimait la seule originalité. En 1908, il retrouva l’Italie, et après un séjour à Milan, l’architecture moderne rectiligne, ainsi que les nombreuses statues placées à hauteur d’homme dans la ville de Turin, le bouleversèrent avant qu’il ne s’installât à Florence en 1910, pour commencer la production de la série des « Enigmes ».

 

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Portrait d'Apollinaire

L’année suivante, il rejoignit son frère Alberto SAVINIO à Paris, et exposa au Salon d’Automne. Il poursuivit son œuvre en s’inspirant des alentours de la Gare Montparnasse, avant d’exposer au Salon des Indépendants où le remarquèrent PICASSO et Apollinaire. Il devint l’ami de ce dernier qui le désigna comme « le peintre le plus étonnant de son temps ». En 1916, DE CHIRICO exécuta alors le célèbre et curieux portrait d’Apollinaire dans lequel, l’ombre chinoise de la tête de l’écrivain poète laisse apparaître un trou sur la tempe gauche. Tableau prophétique déconcertant dans sa réalité visionnaire puisque Apollinaire fut blessé d’une balle à la tête en 1918, au même emplacement figurant sur le tableau !

 

Dans les premières années de son séjour parisien, DE CHIRICO connut la période la plus féconde de son œuvre. Il commença alors à établir des liens nouveaux entre les objets, en faisant s’exprimer leurs relations magiques et mystérieuses.

Des éléments abstraits, et des objets extraits de son imagination furent amenés à des corrélations insolites qui révélèrent aux spectateurs des oppositions étranges, ou dévoilèrent au contraire des affinités remarquables.

Malgré les objets façonnés soigneusement, et malgré l’architecture froide et fantastique, l’espace des tableaux de DE CHIRICO demeure comme tendu par un mystérieux destin, et par un phénomène menaçant qui pourrait à chaque instant exploser en un événement effrayant. Dans le même état d’esprit, les personnages de ses tableaux représentent des mannequins froids, et peints avec la même absence d’émotion que les objets qui les entourent.

 

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Enigme du départ

 

A l’exemple du tableau réalisé en 1917 « Intérieur métaphysique », et dans lequel transparaît toute la maîtrise technique de l’artiste qui resta fidèle au figuratif. Dans cette toile qui représente un intérieur, le volume de la pièce est strictement défini par la perspective linéaire. Et aux côtés d’un mannequin sans tête animé par des courbes et des obliques, et qui repose assis sur une table en bois, se dresse un homme méditant, dont la moitié inférieure du corps représente une colonne de marbre, afin de suggérer le monde de la pensée qui s’anime au-delà de la vie matérielle.

 

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Intérieur Métaphysique

 

Après le Salon des Indépendants de 1914 durant lequel il rencontra un certain succès, il retrouva l’Italie, pour s’inspirer ensuite des vastes perspectives des bâtiments blancs de la ville de Ferrare. Aux côtés de son frère SAVINIO, il rencontra alors Carlo CARRA, et exerça une influence certaine sur le Groupe d’Artistes Métaphysiques.

Les hallucinations provoquées par ce nouvel entourage, donnèrent naissance à une peinture inédite, et à l’aboutissement de la théorie élaborée par DE CHIRICO : « Je ne comprends pas du tout pourquoi les mannequins, les châteaux de sable des enfants et les cartes graphiques seraient moins dignes d’étude que les bouteilles et les pipes auxquelles Paul CEZANNE doit son renom de grand peintre ».

Après s’être fixé à Rome en 1918, il élabora une peinture de style plus classique, mais au cours des années 1920/1930, sa peinture évolua au gré d’évocations mythologiques, ou au gré de perspectives surréelles personnelles, comme à l’exemple des « Meubles dans la vallée ». Sa soif d’Art le poussa également vers des recherches sur les diverses techniques des Grands Maîtres de la Renaissance.

Pour ce faire, il copia des tableaux de RAPHAEL, de BOTICELLI et de MICHEL-ANGE, afin de mieux appréhender le secret de la transparence de leurs couleurs.

 

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Le Vaticinateur

 

La différence fondamentale qui le sépara des Surréalistes, résida dans le fait qu’il rompit avec la part du hasard inhérente à l’automatisme psychique, et qu’il se refusa à la dépendance des impulsions de la sensibilité. Après 1930, il renia son passé en méprisant sa peinture précédente, et en désavouant ses anciens amis.

Il revint alors à une Peinture Académique, théâtrale et pathétique, pour peindre les Fresques du Palais de la Triennale, à Milan en 1933. Son revirement fut si spectaculaire qu’on put lire, dans l’Encyclopédie Les Muses : « Ce pionnier de l’Art Moderne renie son passé jusqu’à déclarer fausses certaines de ses premières toiles, pour revenir à ce qu’il appelle « La vraie peinture », c’est-à-dire à un académisme d’une affligeante banalité ».

Après s’être défendu d’avoir appartenu au Mouvement Surréaliste, et après avoir déclaré qu’il n’en avait jamais adopté « l’esprit décadent », DE CHIRICO mourut à Rome le 19 novembre 1978, à l’âge de quatre vingt dix ans, quatre ans après son élection à l’Institut de France.

 

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Alain VERMONT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

15:06 Écrit par L'Art Pluriel dans 4 -- PEINTURE : EVOLUTION DES ARTISTES | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : de chirico, savinio, surréalisme |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |