04/12/2015

MODIGLIANI au Zénith des Enchères

 

La messe est dite et les prières de Sotheby's et Christie's exaucées, du moins en partie. Après la semaine clef des ventes de prestige new-yorkaise (4-12 novembre), certains résultats sont époustouflants mais plusieurs enchères ont manqué d'entrain. Voici le compte-rendu des meilleures ventes à retenir.



Résultats historiques mais décevants chez Sotheby's 

Sotheby's a établi le record de son histoire, en dégageant plus d'1 milliard de chiffre d'affaires durant cette folle semaine. Le bal des enchères commençait avec la fameuse dispersion de la collection d'Alfred Taubman, milliardaire américain et ex-président et Sotheby's. Le premier volet de son impressionnante collection (77 chefs-d'oeuvre modernes et contemporains) générait à lui seul 377 m$ frais inclus, un résultat néanmoins décevant par rapport aux attentes... le taux d'invendus de 39% étant bien trop important. Fait notable : les œuvres de cette vente étaient pré-vendues car Sotheby's avait garanti tous les lots, en s'engageant elle-même pour une enveloppe excédant les 500 m$ auprès des vendeurs, les héritiers Taubman.

Frank STELLA : Le premier volet de la dispersion Taubman compte néanmoins un nouveau record d'envergure, celui de Frank Stella, dont la toile Delaware Crossing (1961) est partie pour 13,69 m$ frais inclus, au double du précédent record de l'artiste dont on peut voir la rétrospective au Whitney Museum (jusqu'au 7 février 2016).

Cy TWOMBLY a absolument dominé les ventes d'art contemporain le 11 novembre, avec sa toile Untitled (New York City) de 1968, qui s'est arrachée pour 70.5 m$. Un record d'autant plus important pour la maison Sotheby's que le dernier en date, à un millions de moins, était tenu par Christie's depuis novembre 2014. La large toile de Twombly est ainsi plus chère que La Gommeuse, chef-d'oeuvre du début de la Période bleue de Picasso, vendue pour 67,5 m$ chez Sotheby's le 5 novembre.



Du côté de chez Christie's


Coup double pour la Société de Ventes du magnat français François Pinault, Christie's, lundi 9 novembre, avec de nouveaux records impressionnants pour Lichtenstein et pour Modigliani. La société d’enchères organisait une vente d’art moderne intitulée La Muse de l’artiste, vente orchestrée dans le même esprit que Looking Forward to the Past en mai 2015, au cours de laquelle fut enregistré le nouveau record mondial pour une œuvre d'art aux enchères avec les 179,4 m$ des Femmes d’Alger (version O) de Picasso.


Looking Forward to the Past dégageait 705,9 m$ - soit le troisième meilleur résultat de l'histoire des ventes aux enchères publiques - avec 34 des 35 œuvres vendues. La Muse de l’artiste fut une session aussi impressionnante quant aux chefs-d'oeuvres proposés sans l'être en terme de résultats : les 491 m$ de la soirée sont décevants, avec près de 30% des 34 œuvres restées invendues.

Roy LICHTENSTEIN : la Nurse, toile de 1964 s'est envolée pour 95,365 m$, enterrant le précédent record de l'artiste de... 39 m$ ! Il s'agit de l'une des progressions les plus importantes de l'année, prouvant combien l'art contemporain américain est l'un des plus prompt aux envolées hors normes.

Gustave COURBET : le record de Courbet gagne plus de 10 m$, grâce à la Femme nue couchée (1862), toile d'une qualité sans précédent sur le marché des enchères. Cette rareté a atteint 15,28 m$, mais Christie's en espérant 25 m$...

Amedeo MODIGLIANI : le nouveau record pour le Nu couché (1917-18) du peintre italien est un grand soulagement pour Christie's qui avait garanti la vente de cette œuvre à hauteur de 100 m$.


Le 
Nu couché est un cas particulier, un trophée absolu de l'histoire de l'art moderne, l'une des œuvres les plus célèbres du XXème siècle, restée pendant 30 ans dans la même collection italienne. Les enchères partaient à 75 m$, pour atteindre 100 m$ en quelques secondes et finir à 152 m$ après 9 minutes sous haute tension.


Au final, le 
Nu couché de Modigliani est acheté pour 170,4 m$ frais inclus et devient la deuxième œuvre la plus chère vendue aux enchères dans le monde, après le record absolu tombé en mai 2015 pour Les Femmes d’Alger (version O) de Picasso. Le nouveau propriétaire est le milliardaire chinois Liu Yiqian, président du groupe Sunline, dont la fortune est estimée à 1,38 milliard de dollars par le magazine Forbes.

 

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Quelques records supplémentaires les jours suivants :


Christie's aurait pu mieux faire pour cette vacation, La Muse de l'artiste, mais a fort heureusement signée d'autres records les jours suivants, notamment pour Lucio Fontana, Louise Bourgeois et Lucian Freud.

Lucio FONTANA culmine désormais à 29,17 m$ avec Concetto spaziale, La fine di Dio (1964), grande toile jaune Ovoïde, trouée en plusieurs endroits. C'est la seconde vente supérieure à 20 m$ de Fontana cet automne.

Louise BOURGEOIS : son araignée géante a atteint 28 m$. Il s'agit d'une véritable flambée pour la Spider en bronze de plus de 7 mètres d'envergure, éditée en 6 exemplaires. Une autre version très similaire tenait le record de l'artiste à 10,7 m$ depuis quatre ans (Christie's New York, le 8 novembre 2011). Le record de Louise Bourgeois gagne donc plus de 17 millions en quatre petites années !

Lucian FREUD : flambée encore pour le britannique Lucian Freud, dont le nu Benefits Supervisor Resting (150,5 x 161 cm, 1994), est parti pour 56,1 m$. Il y a 7 ans, un nu de la même série, mettant en scène le même modèle sur une toile encore plus grande (151 x 219 cm) et dans une composition plus puissante, se vendait 23 millions de moins (ce Benefits Supervisor Sleeping partait pour 33,6 m$ frais inclus chez Christie's, le 13 mai 2008).

BALTHUS et Yoshitomo NARA augmentent également leurs records mais au seuil des estimations basses. Christie's espérait mieux de sa grande vente d'art contemporain qui affiche 20% d'invendus (53 lots vendus).

Au vu de ces résultats hors normes, il est clair que les plus riches acheteurs de la planète considèrent le marché de l'art haut de gamme comme un refuge face aux incertitudes économiques des marchés financiers. Néanmoins, ces résultats d'exception ne masquent pas le fait que l'entièreté du marché de l'art ne tourne pas à plein, plusieurs chefs-d'oeuvres n'ayant pas atteint leurs estimations basses et de lourds échecs de ventes étant à déplorer, y compris pour des signatures stars telles que Christopher WOOL ou Mark ROTHKO.

Source Artprice

PS :  La folie des chiffres ?

Le ratio Prix/Surface du Picasso "Les Femmes d'Alger, version O", vendu en mai dernier pour 179 000 000$, explique à lui seul  dans quel gouffre s'est enfermé le Marché de l'Art, pour désacraliser L'ART.

En effet, ce tableau de format 114 x 146 cm, et donc d'une surface de 1,6644 m2, vaut 107 540 000$ au m2 !

 

Pour découvrir plus d'informations concernant l'Historique de l'Art (de la préhistoire à nos jours), toutes les techniques utilisées (supports, matériels, produits, fabricants et marques, etc...), les réalités du Marché de l'Art International, visitez mon site : https://www.lartpourtous.net

 Alain VERMONT

 

 

18/02/2015

ART ET MARKET...?

Giacometti, Artiste de l'année...

Giacometti a retenu la leçon de Rodin : ses hommes qui marchent dans des directions incertaines expriment une force et une fragilité troublantes. La puissance psychique de son œuvre en fait l'une des plus appréciée au monde. Il tient d'ailleurs la meilleure enchère 2014 a 90 m$.

Alberto GIACOMETTI est âgé d’une petite vingtaine d’années lorsqu’il quitte la Suisse pour Paris. Nous sommes en 1922, période artistiquement agitée où se prépare une révolution surréaliste sous la houlette d’André Breton. Il étudie auprès d'Antoine Bourdelle, découvre les cubistes, expérimente beaucoup. Puis, un premier électrochoc advient avec sa découverte des arts archaïques et traditionnels en 1926, c’est-à-dire la sculpture égyptienne, sumérienne, cycladique, africaine et océanique.

L’œuvre la plus emblématique de cette époque est une Femme-cuillère(1926-1927) de 143 cm. Il s’agit d’un objet totémique qui ne manque pas de convoquer l’art africain tant elle évoque la forme à la fois pleine et creuse d’une cuillère anthropomorphe Dan. Une seule version est passée en salles des ventes : elle se vendait l’équivalent de 1,49 m$ en 1990 (Sotheby’s NY). Elle décuplerait amplement ce résultat aujourd’hui. Si les œuvres de cette période sont rarissimes, toute les grandes ventes de prestige occidentales tentent d'offrir ses œuvres plus tardives, notamment ses silhouettes étirées et bosselées, célèbres dans le monde entier.

 

giacometti, alberto giacometti, bronzes giacometti


En 2002 déjà, Giacometti comptait parmi les 10 artistes les plus valorisés de la planète (Top10 d’Artprice). Son chiffre d’affaires progressait de près de 350 % par rapport à 2001, grâce à une vente fleuve orchestrée à Paris par Christie’s (35 bronzes offerts lors la dispersion de sa succession le 28 septembre 2002). Le plus beau coup de marteau revenait alors à La cage, première version (édition 3/8) partie au double de son estimation optimiste pour 1,5 m$.

 

la cage giacometti


Quatre ans plus tard, La Cage se vendait 2,2 m$ chez Sotheby's (édition 4/8, Londres, le 19 juin 2006). La surenchère est pourtant loin de se calmer. En 2010, Giacometti se met au niveau de Picasso avec la vente historique de L'Homme qui marche I, pour un coup de marteau équivalent à 92,5 m$ (Sotheby's Londres, le 3 février 2010). Aujourd'hui, rien ne laisse présager le moindre essoufflement de cote pour cet artiste majeur. Le cru 2014 est au contraire excellent, avec pas moins de 18 enchères millionnaires, dont les 90 m$ décrochés par Le Chariot, une oeuvre phare du XXème siècle vendue le 4 novembre 2014 par Sotheby's à New York.

 

homme qui marche giacometti


Ses œuvres minuscules en bronze ont flambé également. Durant les années de guerre, l’artiste réduit considérablement les échelles, à tel point que certaines œuvres tiennent dans une boite d’allumettes. Ses oeuvres de moins de 10 cm, que l'on pouvait acheter pour moins de 5 000 $ dans les années 90, valent aujourd'hui au moins 10 fois plus...

Le marché regorge heureusement d’estampes pour les amateurs moins fortunés. Giacometti a toujours été partisan de la diffusion de son œuvre, d'autant qu'il fut déjà bien coté de son vivant (dans les années 60). Elles représentent plus de la moitié des transactions de l'artiste et certaines lithographies numérotées sont encore accessibles pour moins de 1 000 $ aux enchères.

 Source Artprice

TOP 10 des invendus

 

Rang

Artiste

Estimation
basse

Estimation
haute

Oeuvre

Vente

1

Pablo PICASSO

59 569 840$

$89 354 760

Portrait de Angel Fernandez de Soto(1903)

2006-11-08 Christie's NEW YORK NY

2

Pablo PICASSO

31 863 757,5$

$38 236 509

Instruments de musique sur un guéridon (1914/15)

2009-02-23 Christie's Paris & Pierre Bergé PARIS

3

Claude MONET

30 000 000$

$40 000 000

Nymphéas (1906)

2010-06-23 Christie's LONDON

4

Vincent VAN GOGH

30 000 000$

$40 000 000

Le jardin d'automne, le jardin public (1888)

2001-05-07 Phillips, De Pury & Luxembourg NEW YORK NY

5

Pablo PICASSO

30 000 000$

 

Olga Picasso (1923)

2001-05-09 Christie's NEW YORK NY

6

Francis BACON

30 00 0000$

$40 000 000

Study For Portrait Of P.L. (1962)

2013-05-14 Sotheby's NEW YORK NY

7

Vincent VAN GOGH

28 000 000$

$35 000 000

The Fields (c.1890)

2007-11-07 Sotheby's NEW YORK NY

8

George Wesley BELLOWS

25 000 000$

$35 000 000

Men of the Docks(1912)

2007-11-29 Christie's NEW YORK NY

9

Pablo PICASSO

25 000 000$

$35 000 000

La lampe (1931)

2007-11-07 Sotheby's NEW YORK NY

10

Edvard MUNCH

25 000 000$

$35 000 000

Fertility (1899/1900)

2010-05-04 Christie's NEW YORK NY


Trop de Picasso

Dans ce top 10 des invendus : 4 œuvres de Pablo Picasso ; l'une de 1903, une autre de 1914/15, une troisième de 1923 et enfin de 1931. Quatre œuvres de quatre périodes différentes donc, de l'abstrait au néoréalisme.


Picasso fut, on le sait, un artiste des plus prolifiques.

Aux enchères, son nom se montre presque omniprésent avec 3 913 lots en 2014 (dont 2 853 vendus), parmi lesquels 62 adjugés au-dessus du million de dollars. C'est dire l'enthousiasme du marché pour cet artiste. Et ses chefs-d’œuvre sont si nombreux qu'ils constituent un marché quasiment à eux-seuls. Un marché avec ses propres invendus...

Parmi les plus remarquables : Portrait d'Angel Fernandez de Soto (1903). Cette toile avait été estimée entre 40 et 60 millions de dollars par la maison Christie's chez qui elle était mise en vente le 8 novembre 2006 au 20 Rockefeller Plaza. Une soirée qui fut dans sa totalité une véritable réussite, enregistrant un record absolu en termes de produit des ventes, qui reste aujourd'hui encore le 5ème meilleur résultat en une seule séance. Au milieu des 72 lots qui s'y succédèrent : 9 toiles du maître espagnol, dont deux qui n'atteignirent pas le prix de réserve décidé par les détenteurs.


Les records

Dans ce Top 10 des invendus, deux toiles également de van Gogh, une de Francis Bacon et puis une autre d'Edvard Munch. Depuis 1990, ces trois là se relayent, avec Pablo Picasso, à la tête du record aux enchères publiques. Est-ce une coïncidence si leur nom se retrouve simultanément dans de ces deux classements ?

Ou bien faut-il y voir une limite atteinte par le marché ?


Tandis que le triptyque intitulé Three studies of Lucien Freud atteignait le prix d'adjudication exhubérant de 127 millions de dollars le 12 novembre 2013 chez Christie's New York, le 14 mai de la même année, Study For Portrait Of P.L. (1962) échoua à atteindre l'estimation basse fixée par Sotheby's NY à 30 000 000$. Si bien que l'on peut conclure que si frénésie il y a sur le marché de l'art et que celle-ci se concentre sur une poignée d'artistes, elle conserve toutefois certaines limites.


L'inattendu

Si les quatre premiers noms nous ont habitué aux prix exorbitants, le dernier de cette liste beaucoup moins. George Wesley Bellows (1882-1925) n'est pas tout à fait un inconnu dans les grandes maisons de ventes (au total 13 de ses œuvres déjà ont dépassé le million de dollars aux enchères publiques), mais son record à 25 millions de dollars, réalisé le premier décembre 1999 chez Sotheby's à New York reste exceptionnel, et n'a plus été approché depuis. Le second meilleur résultat pour l'une de ses œuvres demeure loin en dessous, à 6,9 millions de dollars. Aussi, peut-être la prestigieuse maison de ventes Christie's fut elle audacieuse lorsqu'elle évalua Men of the Docks (1912) entre 25 et 35 m$, c'est à dire en mettant l'estimation basse au niveau d'un record historique, réalisé 8 années auparavant.

Ces invendus historiques ne sont pas tous très récents. Mais ils montrent que même les plus grandes signatures, celles que l'on dit attiser le plus les pratiques spéculatives, ne rencontrent pas toujours la demande attendue.

Source Artprice

 

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 ALAIN VERMONT

 

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15/02/2014

Ventes d'Oeuvres d'Art en 2013 : l'année de tous les records

 

Le produit des ventes aux enchères d'œuvres d'art dans le monde a augmenté de 13,17% en 2013, à 12,05 milliards de dollars, établissant un record historique, a annoncé ce mercredi la société française Artprice à l'AFP.

 

Ce rebond des ventes de « Fine art » (peintures, sculptures, dessins, photographies, estampes) survient après une baisse de plus de 9 % en 2012, à 10,64 milliards de dollars (chiffres revisés), liée à une forte contraction du marché chinois alors que les Etats-Unis progressaient. Avec des ventes de 4,078 milliards de dollars (+21%), la Chine arrive en tête pour la quatrième année d'affilée, mais d'extrême justesse, devant les Etats-Unis, qui affichent un produit de 4,016 milliards de dollars (+20%), a indiqué le numéro un mondial des données sur le marché de l'art. Le rapport annuel sur le marché de l’art sera rendu public dans une dizaine de jours.

Un record pour un Bacon

Les grandes puissances représentent à elles seules les deux tiers du marché de l’art : 33,84 % de part de marché pour la Chine et 33,33 % pour les Etats-Unis. La place de New York « s’impose comme l’épicentre du marché haut de gamme », avec 39 des 50 meilleures enchères de l’année, souligne Artprice. En troisième position arrive le Royaume-Uni, avec des ventes de 2,11 milliards de dollars et une part de marché 17,57 %.

La France conserve sa quatrième place , avec des ventes de 549 millions de dollars et une part de marché de 4,56 %. L’Allemagne est cinquième (207 millions de dollars) devant la Suisse (159 millions de dollars). « Cette année faste est portée par une demande mondialisée avec notamment des acheteurs d’Asie, du Moyen-Orient et de Russie qui jouent un rôle crucial dans la bonne tenue du marché et affichent un féroce appétit pour les artistes phares du XXe siècle qui s’arrachent record après record », analyse Thierry Ehrmann, fondateur et PDG d’Artprice.

 

Andy Warhol reste n° 1 en 2013



L’Américain Andy Warhol conserve sa place de numéro un au palmarès des enchères mondiales de 2013, juste devant Pablo Picasso. Le Chinois Zhang Daqian passe à la troisième place, a annoncé mercredi la société Artprice. 
Avec des ventes cumulées de plus de 367 millions de dollars hors frais (270 millions d’euros), Andy Warhol (1928-1987), roi du Pop art, trône en haut du podium.

Son enchère maximale l’an dernier a été de 94 millions de dollars. Picasso (1881-1973) regagne une place avec 361 millions de dollars de ventes cumulées. Zhang Daqian (1899-1983) est 3è avec 291 millions de dollars de ventes, tandis que l’Américain Jean-Michel Basquiat (1960-1988), qui a connu une pluie de records l’an dernier, grimpe à la 4è place avec 250 millions de dollars de ventes cumulées. Le Chinois Qi Baishi (1864-1957) est 5è avec des ventes de 230 millions de dollars. Le Britannique Francis Bacon (1909-1992) est 6è, avec des ventes de 195 millions de dollars.

 
L’année a été marquée 
« par un repositionnement » des artistes occidentaux qui avaient cédé du terrain face à certains artistes chinois, dont Zhang Daqian, premier en 2011.

Un record absolu pour une oeuvre d’art aux enchères a été franchi le 12 novembre 2013 avec la vente par Christie’s à New York d’un triptyque du peintre britannique Francis Bacon consacré à Lucian Freud, pour la somme de 127 millions de dollars (142,4 millions frais compris). L’année a été marquée par près de 15.000 nouveaux records d’artistes, note Artprice, qui a noué début 2013 une alliance avec le conglomérat chinois Artron, gestionnaire des statistiques du marché chinois.

 

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BACON

En matière d'oeuvres d'art, les chiffres peuvent parfois monter très haut. 2013 l'a rappelé avec des acquisitions parfois spectaculaires lors des ventes aux enchères réalisées ces derniers mois. Retour sur le top 5 des oeuvres les plus chères vendues en 2013.



Le Rêve de Pablo Picasso

Ce tableau serait donc l'oeuvre d'art la plus chère de 2013, et la quatrième de l'histoire derrière "Les Joueurs de cartes" de Paul Cézanne, "N°5, 1948" de Jackson Pollock et "Woman III" de Willem de Kooning.

 

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Le Rêve - PICASSO

Vendu par le magnat américain des casinos, Steve Wynn, il a été acquis par un autre collectionneur privé en mars 2013 pour la somme de 155 millions de dollars. (L’agence Bloomberg annonça la vente pour 155 millions de dollars dans le cadre d’une transaction privée d’un Picasso mythique, à l’histoire tourmentée « Le rêve ». Cela pourrait être le Picasso le plus cher jamais vendu. L’acheteur : le célèbre patron de Hedge fund newyorkais à la tête de SAC Capital advisors LP, Steven Cohen) .

 

Trois études de Lucian Freud par Francis Bacon

Contrairement à ce qui a été annoncé lors de sa vente au mois de novembre, "Trois études de Lucian Freud" de Francis Bacon n'est pas l'oeuvre d'art la plus chère de tous les temps. Adjugé à 142,4 millions de dollars chez Christie's, ce triptyque achevé en 1969 est en effet devancé par plusieurs ouvres dans l'histoire, et même pour l'année 2013.

 

Anna's Light de Barnett Newman

Cette oeuvre de Barnett Newman, l'un des chefs de file de l'expressionnisme abstrait, a été adjugée à 105,7 millions de dollars en octobre dernier, à l'occasion d'une vente privée.

 

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B.NEWMAN

 

Silver Car Crash (Double Disaster) d'Andy Warhol

Le 13 novembre 2013, "Silver Car Crash (Double Disaster)" est entré dans le top 20 des tableaux les plus chers de l'histoire. Habitué du classement des artistes les plus chers, Andy Warhol a de nouveau été plébiscité avec la vente de ce diptyque monumental pour la somme de 105,4 millions de dolalrs

 

Balloon Dog (Orange) de Jeff Koons

 

Certes, Jeff Koons est assez loin derrière avec "Balloon Dog (Orange)". En novembre dernier, sa sculpture a été vendue à un particulier chez Christie's (New York) pour un montant de 58,4 millions de dollars. L'Américain, qui a récemment réalisé un coffret à champagne pour Dom Pérignon, n'en est pas moins devenu l'artiste le plus cher de tous les temps... de son vivant.

Source Artprice

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ALAIN VERMONT

21/02/2013

VENTES aux Enchères à Londres

Le Marché de l'Art International,  un puits rempli de questions...

Mardi 5 février 2013, à Londres, Sotheby's misait gros avec sa vente d'art impressionniste et moderne, et réalisait un résultat exceptionnel avec 92 m£ (144,7 m$), avec un taux d’invendus particulièrement bas de 15 %. C'est le deuxième plus haut résultat pour une vente impressionniste et moderne.

Sur les 40 lots haut de gamme proposés, le fleuron de la vente était un portrait de Marie-Thérèse Walter, la muse la plus importante de Pablo PICASSO qu’il acheva de peindre en 1932. Sotheby’s avait particulièrement soigné le marketing de cette œuvre sur laquelle elle s’était engagée par un prix garanti auprès du vendeur. Le cinquième meilleur résultat des recettes de cette vente impressionniste et moderne reposait sur la bonne adjudication de la Femme assise près d'une fenêtre, une œuvre non signée, que Picasso se réservait à titre personnel et ne souhaitait pas vendre. L’anecdote est importante, elle ajoute du sel à l'histoire d'une toile déjà mythique. Sotheby’s a emporté son pari, frappant le marteau à 25,5 m£, soit 40 m$.

TOP 3 de la vente Sotheby’s

Pablo PicassoFemme assise près d'une fenêtre, 1932 : adjugée 25,5 m£ (40 m$), légèrement au-dessus de son estimation basse. L’année 1932, pendant laquelle l’artiste donnait les dernières touches à la Femme assise près d'une fenêtre, est une année clef dans l’œuvre de Picasso. C'est non seulement l'année où sa muse, Marie-Thérèse Walter, s'épanouit pour occuper une place prépondérante parmi les muses, mais c'est aussi l'année de la première rétrospective au monde de l’artiste (au Kunsthaus de Zürich).

 

Picasso Londres.jpg


Dans le Top 10 des enchères records attribuées à Picasso, quatre œuvres datent de 1932 : Nude, Green Leaves and Bust (record mondial de l’artiste : 95 m$, 4 mai 2010, Christie’s New York), le Rêve (44 m$, 10 novembre 1997, Christie’s New York), Nu au fauteuil noir (41 m$, 9 novembre 1999, Christie’s New York) et Femme assise près d’une fenêtre.

Claude MonetNymphéas avec reflets de hautes herbes, 1914-1917 : adjugée 8 m£ (9,2 m$), soit 4 m£ en dessous de son estimation basse. Ce type d’œuvre a doublé en valeur depuis le début des années 1990. Les Nymphéas de Claude MONET sont les œuvres les plus chères de l’artiste et se vendent en priorité à Londres et à New York. Le record mondial du genre, signé en 2008, culmine à 71,8 m$ (Le Bassin aux nymphéas, 1919, Christie’s Londres, 24 juin 2008).

 

Monet.jpg


Claude MonetLe Givre à Giverny, 1885 : adjugée 7,8 m£, soit 1,8 m£ au-dessus de l’estimation haute. « Giverny » a un effet tout aussi stimulant pour les enchères de Monet que le mot « Nymphéas ». Ce petit format (54 cm x 71 cm) s’est vendu cher, très cher, avec son adjudication équivalente à 12,2 m$. Il y a seulement trois ans, une œuvre plus grande et plus aboutie se payait 13,5 m$ à New York (Effet de printemps à Giverny, 1890, 60 cm x 100 cm, 5 mai 2010, Sotheby’s).

Parmi les merveilles du 5 février, Sotheby’s proposait quatre dessins d'Egon SCHIELE, tous vendus, dont Liebespaar (Selbstdarstellung mit Wally), 1914-1915, adjugée 7 m£ (11 m$), se situant dans sa fourchette d’estimation, qui signait le nouveau record attendu pour une œuvre de l’artiste sur papier.

Schiele dessin.jpg

Christie’s le 6 février

Le lendemain, c’était au tour de Christie’s de défendre ses chefs-d’œuvre impressionnistes et modernes. Le résultat de cette vacation 86 m£ (135,6 m$) est bien en deçà de celui de sa rivale mais la société de vente a très bien vendu Jeanne Hébuterne (Au chapeau), œuvre d’Amedeo MODIGLIANI datée de 1919.

TOP 3 de la vente Christie’s

Amedeo ModiglianiJeanne Hébuterne (Au chapeau), 1919 : pourquoi l’adjudication à 24 m£ de cette œuvre est-elle une très belle vente ? Parce qu’elle valait 14,6 m£ en 2006 (soit 27 m$, vente Sotheby’s Londres du 19 juin). Son prix équivaut désormais à 37,7 m$, hors frais, ce qui fait d’elle la seconde peinture de Modigliani la plus chère au monde. Les chefs-d’œuvre de l’artiste sont devenus si rares aux enchères qu’il est difficile d’anticiper un résultat à quelques millions près, dès lors qu’une œuvre majeure se présente.

 

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Pierre-Auguste RenoirL'ombrelle, 1878 : adjugée 8,6 m£ (13,5 m$).

Le sujet est typique des plus prisés de Auguste RENOIR avec une Parisienne élégante aux accessoires à la mode de l’époque, assise dans un jardin printanier prétexte à l’artiste pour faire vibrer ses touches dans les passages d’ombre et de lumière. L’œuvre n’est pas très grande pour un tel résultat (61,9 cm x 50,8 cm) mais pour les amateurs, tout Renoir est résumé dans ce petit tableau.

 

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Pablo PicassoNu accroupi, 1960 : adjugée 6,5 m£ (10,2 m$). Quand on pense que ce Nu accroupi ne trouvait personne prêt à débourser 2 ou 2,5 m$ en 1998… Quinze ans plus tard, la plus-value est de 8 m$ pour cette œuvre mélancolique, ce nu halluciné de Jacqueline, qui vient de passer douze années dans une collection privée américaine. C’est ici la plus belle adjudication pour une toile de Picasso de 1960.

Source Artprice

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Alain VERMONT

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23/11/2012

Dans la grisaille de novembre, une "pluie de records"...qui nargue la crise

7 novembre 2012, chez Christie's New York

Quelques heures avant l'ouverture de cette grande vente du soir, l'indice de confiance du marché de l'art invitait certes à l'optimisme (5 points de plus et des intentions d'achat touchant plus de 70 % des votants), mais pas autant que Christie’s, qui espérait dépasser les 250 m$ de recette. Si le résultat final est en deçà de leurs espérances (179,8 m$), il est néanmoins tout à fait honnête par rapport à la cession 2010 (180,4 m$) et relègue la mauvaise expérience de 2009 (56,8 m$) au rang de mauvais souvenir.

Les 10 plus belles enchères ont récompensé Pablo PICASSO et Alberto GIACOMETTI par trois fois, Constantin BRANCUSIJoan MIRO et, bien sûr, les très attendus Claude MONET  (meilleur résultat de la vente grâce aux Nymphéas adjugés 39 m$), et Wassily KANDINSKYpour qui ce 7 novembre 2012 est le jour d'un nouveau record mondial à hauteur de 20,5 m$.

Studie für Improvisation 8 franchit en effet de peu son estimation basse mais enterre un sommet vieux de 12 ans à 19 m$ enregistré le 17 mai 1990 chez Sotheby's New York. Les prix des modernes sont revenus au plus haut : il faut remonter le temps de 22 ou 23 années pour trouver des résultats d'enchères similaires sur certaines pièces. Cela est valable sous des signatures abstraites (comme Kandinsky) mais aussi sur les maîtres modernes comme Picasso ou Henri MATISSE.


L'adjudication à 700 000 $ du sublime, mais petit, bronze d'Henri Matisse,La Tiaré (20,3 cm), est son record pour une sculpture si petite... record avec lequel flirtaient déjà les enchérisseurs en 1989, lorsqu'Henriette III, (20 cm) s'est vendue l'équivalent de 644 000 $ chez Sotheby's New York.

Signe des temps, le Top 10 de Christie's révèlent que les deux Picasso les plus chers ont été acquis par des acheteurs asiatiques :Buste de femme à 11,6 m$ et la Femme au chien à 5 ,6 m$.


Sur les neuf Picasso proposés lors de cette vente, cinq sont millionnaires, trois font partie du Top 10 et trois sont restés invendus. Que le tiers des Picasso offerts essuient des échecs de vente n'est pas anodin : les acheteurs sont sélectifs, informés, prudents et n'achètent pas à n'importe quel prix. Ils ont notamment rejeté la sculpture en bronze d'un jeune 
Coq, dont l'estimation était comprise entre 10 m$ et 15 m$. Cette retenue est compréhensible quand on sait que seules deux sculptures de Picasso sont parvenues aux 10 m$ dans l'histoire des enchères, deux sculptures qui de surcroît étaient plus grandes et plus rares sur le marché : Tête de femme, Dora Maar a été éditée à 2 exemplaires et La Grue à 4 alors que le Coq a été édité à 6 exemplaires.


Du côté de chez Sotheby's, trois toiles de Picasso n'ont pas trouvé l'écho escompté : le Plant de Tomate (1944) paraissait trop cher en 2012 dans sa fourchette d'estimation de 10 m$ à 15 m$, malgré une adjudication à 12 m$ en 2006 chez Christie's le 8 novembre 2006. En août 1944, le maître a peint à neuf reprises ce plan de tomates (au rythme de près d'une toile par jour) puis en l'espace de sept ans, le prix de ces « pommes d'amour » se voyait révisé au décuple (passant de 1,9 m$ en 1999 à 12 m$ en novembre 2006). Il arrête donc là son ascension. Qu'importe, c'est encore à Pablo Picasso que Sotheby's doit la moitié des recettes de cette grande vente du 8 novembre. Six coups de marteau (quatre pour des peintures et deux pour des dessins) ont en effet permis à la société de ventes aux enchères de dégager 72,27 m$ (hors frais) contre 70,33 m$ générés par la vente de 40 autres lots.


A défaut d'un véritable record absolu, signalons tout de même l'extraordinaire envolée d'un dessin à l'encre toujours signé Picasso et intitulé 
Le Viol (1940), qui doublait son estimation haute pour une enchère gagnante de 12 m$.

A ce niveau de prix, Le Viol s'inscrit à la troisième place des meilleures adjudications de Picasso pour un dessin et à la meilleure place pour un dessin non rehaussé à la gouache. Cette oeuvre signe l'un des quatre coups de marteau à plus de 10 m$ pour Sotheby's pour cette cession tandis que Christie's en enregistrait six la veille.

Records historiques pour les ventes d'art d'après-guerre et contemporain 

Faisant fi de la sinistrose, les ventes d'automne à New York ont atteint cette année un niveau inégalé. Surpassant les ventes plus mesurées d'art moderne et impressionniste frappées une semaine auparavant, c'est une fois de plus le segment après-guerre et contemporain qui remporte haut la main la bataille. Preuve que rien n'ébranle la vitalité de ce marché refuge.

Quant à l'autre bataille, celle menée entre les leaders Christie's et Sotheby's, Christie's l'emporte haut la main en réalisant 364m$ lors de la vente du soir du 14 novembre, soit le plus beau résultat de son histoire pour une vente d'art d'après-guerre et contemporain (le record absolu étant détenu par la vacation d'art impressionniste et moderne avec 437 m$ en 2006). La veille, Sotheby's encaissait tout de même 331 m$ et signait son record de vente absolu en détrônant la vente d'art d'après-guerre et contemporain du 14 mai 2008 qui avait enregistré 320 m$ !

Le moins que l'on puisse dire est que les acheteurs se sont bien rassasiés et ce particulièrement chez Christie's qui enregistre seulement 8 % de taux d'invendus et 56 enchères millionnaires dont 10 au-dessus de 10 m$, là où Sotheby's comptabilise 16 % de taux d'invendus et 42 enchères millionnaires dont 7 frappées au-dessus de 10 m$. Bien évidement dans un tel contexte, les deux maisons signent une pluie de nouveaux records : 8 pour Christie's et 8 pour Sotheby's.

La plus haute enchère des deux vacations est emportée par la toile No. 1 Royal Red and Blue de Mark ROTHKO cédée 67 m$, soit 17 m$ de plus que son estimation haute, chez Sotheby's ! Elle reste malgré cela la deuxième plus belle enchère pour l'artiste face à Orange, Red, Yellow adjugée 77,5 m$ en mai 2012 chez Christie's New York.

Un habituel festival de stars

Face aux artistes américains, qu'ils soient issus des mouvements pop art ou de l'expressionnisme abstrait, c'est encore et toujours le même engouement. Parmi eux, notons un nouveau record de vente pour Jackson POLLOCK chez Sotheby's. De format pourtant modeste (76,5 cm x 63,5 cm), la toile Number 4 trouve preneur pour 36 m$ soit plus de 15 m$ de plus que son dernier record, Number 28 (76,5 cm x 137,4 cm), adjugé 15,7 m$ chez Christie's New York le 8 mai 2012.

Stars toujours, les œuvres d'Andy WARHOL ont encore largement arrosé les enchères, totalisant 13 lots sur les deux ventes. Et ce sans compter les 354 lots dispersés lors du premier volet du partenariat signé entre Christie's et la Fondation Warhol, le 12 novembre. Les deux vacations n'ont cependant pas réussi à frapper assez haut pour détrôner les 2 plus belles ventes de cet habitué des record, encore attribuées à Green Car Crash (Green Burning Car I) adjugé 64 m$ chez Christie's New York le 16 mai 2007 et Men in her life adjugé 56,5 m$ chez Phillips de Pury & Company New York, le 8 novembre 2010. Néanmoins, Statue of Liberty trône désormais à la 3ème place des exploits de Warhol grâce à une adjudication au-delà de tout pronostic à 39 m$ (Christie’s). Comptant parmi les œuvres cultes de l'artiste, elle a aussi la particularité d'expérimenter la future technique en 3D et d'être ainsi visible en volume grâce au port de lunettes vert et rouge.

Le mouvement minimaliste n'est pas en reste avec un retour aux sommets millionnaires pour Agnes Bernice MARTIN ou encore un record rafraîchi pour Donald JUDD à hauteur de 9 m$ pour la sculpture Untitled, 1989 (Bernstein 89-24).

Du côté des "mastodontes" de l'art contemporain la Jean-Michel BASQUIAT mania continue son chemin grâce à un nouveau chef-d'œuvre,Sans-titre, qui sort de l'ombre et s'envole au-delà du seuil de 20 m$ chez Christie's. Avec ses 23,5 m$, l'œuvre surpasse de près de 5,6 m$ son ultime meilleure vente enregistrée quelques mois plus tôt avec Untitled, adjugée 17,9 m$ chez Christie's Londres, le 27 juin 2012. 

Jeff KOONS s'affirme, lui, comme l'un des artistes vivants les plus chers au monde avec la vente d'une sculpture monumentale : cédée 30 m$, Tulips devient son nouveau meilleur résultat.

Quelques nouveaux noms dans les plus hautes sphères

Figure majeure de l'expressionnisme abstrait, Franz KLINE était assez discret aux enchères ces dernières années, la signature de sa plus belle vente remontant à l'année 2005 avec les 5,7 m$ de Crow Dancer enregistrés chez Christie's New York le 11 mai 2005. Les ventes des 13 et 14 novembre 2012 changent désormais la donne : sur les six lots proposés par les deux maisons de ventes, quatre deviennent les nouveaux records de l'artiste. L'adjudication de Untitled, huile sur toile grand format (200,7 cm x 280,4 cm), pour 36 m$ le place même sur un pied d'égalité avec le nouveau record de Pollock également frappé à 36 m$.

Encore du côté de l'expressionnisme abstrait, les toiles des années 70/80 de l'Américain Richard DIEBENKORN (1922-1993) ont aussi le vent en poupe : en trouvant preneur à 12 m$ chez Christie's, Océan Park # 48 doublait presque son record de 2011 quand Ocean Park #121 était adjugée 6,8 m$ chez Christie's New York, le 11 mai.

Artistes vivants, des envolées confirmées...

La peinture géométrique de Mark GROTJAHN (1968) continue sur sa lancée en signant une belle performance avec les 3,65 m$ deUntitled (Red Butterfly II Yellow MARK GROTJAHN P-08 752) enregistrés chez Christie's, ce résultat doublant en à peine 6 mois les 1,8 m$ frappés pour « Untitled (Yellow Butterfly III) » lors des ventes printanières chez Sotheby's New York, le 9 mai 2012.

Toujours dans la mouvance géométrique-minimaliste, Wade GUYTON, qui depuis février 2011 enregistre onze adjudications entre 250 000 $ et 560 000 $, persiste et signe un nouveau record à hauteur de 650 000 $ pour Untilted , chez Sotheby's. Véritable star aux États-Unis, Wade Guyton a, depuis 2002, troqué son pinceau contre une imprimante jet d'encre, ce qui lui a plutôt réussi. Ses motifs et lettrages aux erreurs, coulures et autres défauts d'impression sont d'ailleurs, depuis le mois d'octobre 2012, au cœur d'une exposition personnelle au Whitney Museum of American Art de New York.

Les moins...

Christie's semblait bien partie pour signer un nouveau record avec l'œuvre Bait de Robert RAUSCHENBERG dont l'estimation promettait une enchère entre 7 m$ et 10 m$. De même style et de même époque que Overdive, son record frappé 13 m$ chez Sotheby's New York en 2008, elle n'a pas réussi à trouver preneur. Il semble que les amateurs aient moins d'appétit pour celui que l'on considère comme le père du Pop Art. Rauschenberg n'a d'ailleurs signé aucune enchère millionnaire depuis 2010.

Les "offres" se sont moins emballées que ces derniers mois autour des œuvres de Gerhard RICHTER. Néanmoins pas d'inquiétude, les six lots répartis entre les deux maisons de ventes ont tous trouvé preneur dans leur fourchette d'estimation.

Ces deux ventes historiques prouvent une fois de plus que peintures de qualité, artistes établis, de préférence américains et d'après-guerre, sont les maîtres mots récidivistes capables de porter les plus beaux records mondiaux. Ces sensationnelles performances prouvent que même l'ouragan Sandy et les élections américaines ne peuvent détourner l'attention des collectionneurs toujours plus friands du segment de marché après-guerre et contemporain. 

 

Le produit mondial des ventes aux enchères 2011 : 11,5 millards de dollars

Source ARTPRICE 

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ALAIN VERMONT

 


07/05/2012

Georges BRAQUE et le Cubisme

 

Georges BRAQUE naquit à Argenteuil le 13 mai 1882. En 1890, sa famille s’installa au Havre où son père commença à exploiter une entreprise de peinture en bâtiment. Après ses études au lycée, il entra à l’Ecole des Beaux-Arts de la ville pour devenir l’ami de DUFY et FRIESZ, en fréquentant l’atelier du vieux peintre normand LHUILLIER. Il participa dans le même temps au travail de l’entreprise familiale dans laquelle il acquit certains « tours de main ».

 

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En 1900, il s’installa à Paris et fréquenta l’Atelier de BONNAT où il retrouva DUFY et FRIESZ. A l’Ecole des Beaux-Arts, il quitta ce premier atelier pour l’Académie HUMBERT où il peignit à la manière Impressionniste, avant d’imiter FRIESZ qui l’invita à partager en 1905, l’esthétique Fauve élaborée avec MATISSE, DE VLAMINCK et DERAIN. En 1906, BRAQUE accompagna FRIESZ à Anvers, et rapporta de ce voyage, des tableaux qui ne furent pas sans rappeler ceux de son aîné. L’année suivante, les deux amis découvrirent le Sud de la France, pour peindre sur les traces de CEZANNE.

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Mais, que ce soit à l’Estaque, ou bien encore plus tard à La Ciotat, BRAQUE qui appliquait les principes fondamentaux du Fauvisme dans l’emploi de la couleur pure, n’en rejeta pas moins l’organisation de la toile réalisée en surfaces peintes en aplats. Sa personnalité propre exploita alors une technique faite de petites touches juxtaposées avec méthode, et dans ses tableaux, les formes se relièrent entre elles dans un scintillement de lumière qui n’était pas comparable aux surfaces séparées par des arabesques sinueuses de la Peinture Symbolique de GAUGUIN.

Il réalisa alors une quarantaine de tableaux Fauves qui firent de lui le seul artiste a avoir contribué autant à la mise en œuvre des deux mouvements que sont aujourd’hui le Fauvisme et le Cubisme.

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En 1907, il exposa pour la première fois au Salon des Indépendants. Sa peinture, jusque là influencée par les Fauves, évolua vers le Cubisme après qu’il eut rencontré Apollinaire, et PICASSO, dont le tableau « Les demoiselles d’Avignon », lui paraissait aboutir à une peinture qui allait dans le sens de ses recherches personnelles. En 1908, le Salon des Indépendants refusa ses tableaux, et MATISSE qui était alors membre du comité, prononça les mots de « petits cubes » devant la toile de BRAQUE représentant les « Maisons à l’Estaque ». Durant cette même année, le marchand Kahnweiler organisa une exposition des œuvres de BRAQUE, et c’est alors que le critique Louis Vauxcelles, reprenant les mots de MATISSE, inventa le qualificatif « Cubisme ».

 

BRAQUE et PICASSO réalisèrent dès lors leur peinture dans une étroite communion. Leur palette réduite au noir et au blanc, s’anima par la lumière des ocres, et par l’ombre des gris bleu. Les deux peintres s’intéressèrent à l’analyse de la forme humaine et des objets courants qui agrémentaient les natures mortes.

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Leurs investigations communes furent si développées que leurs œuvres restèrent souvent très proches les unes des autres, comme « L’accordéoniste » peint par PICASSO à Céret en été 1911, et « L’homme à la guitare » réalisée par BRAQUE au même moment alors qu’il accompagnait son ami dans ce voyage de travail.

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BRAQUE possédait un sens vigoureux de l’analyse de l’objet, et sa discipline innée fit de lui le créateur prédominant du Cubisme Analytique. Et jusqu’en 1911, sa peinture tendit à une expression presque abstraite. Il fut le premier à incorporer des caractères typographiques comme éléments dans ses compositions, ou des morceaux de journaux ou d’étoffes ayant pour but d’animer le sujet figé du tableau. Il créa ainsi les premiers papiers collés qui engagèrent le Cubisme dans sa phase synthétique durant laquelle, ses œuvres se séparèrent de la rigueur communautaire expérimentée aux côtés de PICASSO, pour ne plus jamais rejoindre la peinture de ce compagnon de route artistique.

 

En 1914, BRAQUE devint militaire au front, comme lieutenant dans l’infanterie. Et l’année suivante, en conséquence d’une grave blessure à la tête, on le trépana avant qu’il ne fût définitivement réformé en 1917, après avoir effectué une longue convalescence. Il se remit à la peinture, seul.

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Ses six années d’étroite collaboration avec PICASSO demeurèrent alors oubliées pour lui car, après avoir inventé le Cubisme aux côtés de son complice des débuts, il dut inventer le style BRAQUE. Il ne partagea pas l’évolution de l’art de PICASSO. Au contraire, il se rapprocha de la peinture traditionnelle, en se rappelant LHUILLIER, son vieux maître du Havre, et composa un Cubisme qui renouait avec la réalité extérieure, pour réaliser des tableaux comme le « Café bar » en 1919, ou les « Cheminées » en 1923.

 

Il chercha une nouvelle voie dans la nature morte, le paysage ou la composition de personnages, aussi bien par sa construction du tableau, que par la liberté de sa manière. Il s’intéressa sérieusement à la sculpture en créant une « Femme debout », qui fut le préambule de sa riche production de sculpteur. Il réalisa des eaux-fortes*, et travailla également la céramique. Entre les années 1930 et 1940, sa peinture qui ne renonçait cependant pas aux conquêtes magistrales du Cubisme, s’orienta vers une liberté qui oubliait la rigueur des débuts du mouvement, pour créer des œuvres très épanouies comme la « Nappe rose » en 1933, ou « La femme à la mandoline » en 1935.

 

Il délaissa alors dans ses tableaux la ressemblance de l’homme et de son milieu naturel, pour exprimer cette poésie qu’il percevait d’eux, dans des idéogrammes magnifiques où tout n’était que calme et volupté, comme l’expliqua alors Maurice Raynal : « Modulations, dégradés, se développent, se juxtaposent, s’opposent en des somptuosités vertes, ocres, grises et blanches par le plein épanouissement de formes marquées peut être d’une certaine tendance à la décoration ».

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Retiré à Varengeville, sur la côte normande depuis 1931, BRAQUE traversa la seconde guerre mondiale en réalisant des œuvres très diversifiées, et notamment des sculptures en plâtre, puis en bronze. Sa peinture d’alors se dépouilla pour abandonner l’ornementation parfois surchargée de sa précédente production. Différentes grandes expositions lui furent consacrées, tant à Londres en 1946, qu’à Paris en 1952 lors de l’Exposition du Cubisme au Musée National d’Art Moderne de la ville. De 1955 à 1963, il acheva son œuvre en créant la série des « Oiseaux » qui fut la conséquence de sa longue maturation des silhouettes ou des idéogrammes incisés sur des surfaces en plâtre peint, ou sur des galets ramassés durant ses promenades sur les plages normandes.

Et ce grand artiste qui sa vie durant n’avait jamais cessé de travailler au perfectionnement de l’architecture de ses tableaux, comme à l’expression de la forme et de la couleur, mourut à Paris le 31 août 1963, à l’âge de quatre vingt et un ans.

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ALAIN VERMONT

 

 

 

17/11/2010

PICASSO LE GRAND

 

Pablo Picasso (1881-1973) ou les spécificités d'un esprit créatif incomparable.

Après la naissance du Mouvement Impressionniste en 1874, ô combien décrié et qualifié de « peinture de barbouilleurs », une certaine Vox Populi s'était appliquée à considérer comme stupidités toutes les nouvelles tendances picturales dont les chefs de file avaient pour noms Van Gogh, Gauguin, Kandinsky, et bien d'autres. Picasso n'a pas échappé à ces vindictes populaires qui tendaient à affirmer, parce qu'elles ne la comprenaient pas, « cette peinture est celle d'un fou ».Depuis lors, l'histoire a corrigé ces errements de jugements, pour reconnaître le talent de ce créateur hors normes.

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1er dessin de l'artiste lorsqu`il avait 9 ans

Picasso a tout tenté, et quasiment tout réussi en matière de peintures, de dessins, de gravures, de sculptures ou de céramiques. Il demeure certainement l'artiste plasticien qui, dans ses multiples recherches et dans ses innombrables créations, a dépassé tous ses condisciples. Picasso avait un trait exceptionnel, ses dessins sont là pour en témoigner. Sa production reste spectaculaire dans sa diversité. Le Maître de Malaga était un fou de travail qui, chaque jour, remettait son ouvrage sur le métier. Picasso naquît pour devenir artiste-peintre. Son destin incomparable ne pouvait que le transporter vers les nues du succès pour atteindre l'acmé de la création picturale.

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Portrait de sa mère lorsqu'il avait 15 ans (1896) Pastel/papier

Réaliste, Picasso a déclaré un jour « L'Art est un mensonge qui nous fait sentir la vérité, du moins la vérité qu'il nous est donné de comprendre ». L'existence et l'œuvre de Picasso furent gigantesques. Après une première période figurative espagnole où se côtoient des portraits ou des scènes animées emblématiques, Picasso s'expatria à Paris en 1900, il avait alors 19 ans, lors de l'Exposition Universelle, pour s'installer dans un premier atelier parisien.Après plusieurs allers et retours entre Paris et l'Espagne, Picasso se fixa réellement à Paris en 1904. Ce fut l'époque de la Période Bleue à laquelle s'ensuivit la Période Rose.

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Le Vieux Juif (1903) Huile/toile

 

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Les Baladins (1905) Gouache/toile

En 1907, après plusieurs mois de « gestation picturale », Picasso réalisa les « Demoiselles d'Avignon », considérées par beaucoup comme le tableau genèse du Cubisme, après de multiples esquisses à la mine de plomb et au pastel. Cette toile de grand format (244 x 235 cm), n'a été que le logique développement du « Harem » réalisé à Gosol en Espagne en 1906.

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Le Harem (1906) Huile/toile

Dans ce tableau emblématique des « Demoiselles » se côtoient des ondes rythmiques et dynamiques qui accentuent un peu plus le masque inquiétant du personnage figurant la partie inférieure droite de la composition. Influencé par sa longue étude des « Baigneuses » de Cézanne, et par l'interprétation de l'espace par le Maître d'Aix-en-Provence, Picasso n'eut de cesse alors de noircir de multiples feuilles de dessin à l'observation de ces « Baigneuses », afin de mieux réaliser ensuite ses « Demoiselles ». Ce tableau interpelle non seulement par sa composition radicalement provocatrice pour l'époque, mais également par le malaise visuel, voulu par l'Artiste, qui transparaît avec force dans le visage et le corps de ce singulier personnage situé en bas et à droite. Car beaucoup ont toujours pensé que toutes les figures de ce tableau étaient féminines.

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Or, à bien observer l'œuvre, et en prenant en considération la réalité d'autres compositions féminines de l'Artiste, ce personnage dénote un aspect d'hermaphrodite parlant. Picasso, qui avait l'art de se transfigurer dans certaines de ses œuvres, se serait-il immiscé dans cette scène pour mieux lui imprimer ses pulsions d'Artiste hors norme ? En effet, les jambes écartées du personnage dans une posture masculine, l'accentuation virile des rides qui marquent son front, ainsi que son masque issu de l'Art Nègre qui venait de trouver alors une écoute occidentale, nous laissent penser à un clin d'œil masculin et malicieux dont l'Artiste avait le secret. Le Maître s'est peut-être projeté dans ce tableau pour mieux susciter le questionnement de ses états d'âme du moment. L'œuvre reflète une iconographie particulière d'attitudes et d'expressions qui interpelle par le délinéament anguleux des corps et par l'expression à la fois candide et interrogative des visages féminins, auxquels vient s'ajouter la dominante ocre rose qui rappelle la période rose précédente.

 

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Mère et Enfant, Mine de plomb (1922)

ALAIN VERMONT

 

 

 

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Alain VERMONT

 

 


 

16:17 Écrit par L'Art Pluriel dans 4 -- PEINTURE : EVOLUTION DES ARTISTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : picasso, cubisme, période rose, période bleue |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

06/08/2010

MIRO, Le Naïf Surréaliste

Joan MIRO naquit à Montroig, près de Taragone en Espagne, le 20 avril 1893, d’un père orfèvre qui lui a peut être transmis indirectement son talent de créateur. Enfant déjà, il dessinait alors que ses résultats scolaires restaient assez médiocres.

A l’âge de quatorze ans, il s’inscrivit à l’Ecole des Beaux-Arts de Barcelone où il demeura durant trois années, avant qu’on ne le plaçât comme commis dans un magasin qui vendait des produits coloniaux. Las de la monotonie commerciale dans laquelle il évoluait, il quitta son emploi pour devenir en 1912, élève de l’Ecole d’Art créée par l’architecte baroque Gaudi, à Barcelone.

 

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Terre labourée
 

MIRO prit alors conscience que l’enseignement traditionnel, si bon fût-il, ne pouvait pas lui apporter la réponse à son envie de créer d’une manière très personnelle. Son ami Dalmau, alors marchand de tableaux, organisa à Barcelone en 1918, la première exposition de ses œuvres de jeunesse, dans laquelle se côtoyaient des portraits et des paysages influencés par le Fauvisme, et par Van GOGH, ou encore des nus Expressionnistes. L’année suivante, alors que sa peinture avait évolué vers des compositions remplies de détails s’organisant dans des coloris délicats, MIRO se rendit à Paris, pour découvrir la capitale française, et retrouver PICASSO dont il avait fait la connaissance auparavant à Barcelone. Ce dernier l’influença par son Cubisme, et les réalisations de MIRO s’en ressentirent par un dessin qui devint plus anguleux.

Mais sa personnalité d’artiste, sa conception intuitive des valeurs, et son amour de la couleur se soumirent difficilement au Cubisme qui faisait alors appel à l’intellect seul. MIRO, catalan anarchiste, s’en remit alors au Dadaïsme qui convenait mieux à ses convictions, en prônant la faillite de l’intelligence ainsi que la supériorité de l’intuition.

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Le Chanteur

Durant l’été 1923, il composa deux toiles qui furent décisives pour la suite de sa carrière, « Terre labourée » et « Paysage Catalan », qui devinrent les deux premiers tableaux irrationnels d’une importante production qui allait alors voir le jour. MIRO délaissa alors dans ses réalisations la troisième dimension, et transforma les animaux, les personnages et la végétation terrienne en signes simples qui s’échangeaient leurs particularités.

MIRO se partagea alors entre Paris et l’Espagne, et apposa sa signature sur le

Traité du Surréalisme que publia André Breton en 1924. L’année suivante vit s’ouvrir à la Galerie Pierre une exposition dans laquelle MIRO présenta ses dernières créations exposées aux côtés d’œuvres de KLEE qui fit grande impression sur l’artiste catalan.

A compter de ce jour, MIRO réunit tous les éléments qui allaient constituer l’originalité de son œuvre, en le démarquant sensiblement des autres artistes, et en révélant au grand public son sens inné du merveilleux, en opposition à l’humour sombre des Surréalistes. Il s’associa à Max ERNST pour créer les décors et les costumes du Roméo et Juliette de Diaghilev, et poursuivit l’accomplissement de son œuvre dans la sérénité de son talent. Touche-à-tout, et grand travailleur comme le fut son ami PICASSO, il s’initia à la lithographie qui devint un de ses moyens d’expression préféré en 1930, après sa première exposition new-yorkaise.

 

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Intérieur Hollandais

 

Ses mains s’intéressèrent aussi à la sculpture et aux collages de toutes sortes. Son esprit créateur se complut alors dans une originalité qui le poussa à s’abandonner complètement à ses dons particuliers. Son sens naturel de la couleur, sa naïveté artistique, et son assurance pour composer des taches, des surfaces et des lignes dans un espace pictural, sans prendre en considération les effets esthétiques ou décoratifs, lui firent alors acquérir une renommée internationale qu’il n’avait pas vraiment cherchée, mais qui honora l’authenticité de son talent.

 

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Libellule aux ailerons rouges
 
 
 
 
 

Son succès engendra beaucoup de grandes expositions mondiales, et les commandes diverses pour des décors de théâtre, ou pour des tapisseries, ou encore pour des peintures murales ou des sculptures importantes ne le déstabilisèrent pas. Il poursuivit la voie qu’il s’était tracée, en continuant de créer au travers du pastel, de l’aquarelle, de la gouache ou de la gravure, avant de s’intéresser également à la céramique.

 

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Personnage et chien devant le soleil

 

Artiste remarquable par l’unité de son œuvre, MIRO s’est fait seul, et sans rechercher cette célébrité mondiale qui est aujourd’hui la sienne. Inimité depuis, et peut-être inimitable, il a su par les détours des chemins qu’il a empruntés seul, inventer un Art Plastique en perpétuel renouvellement, malgré les indéniables similitudes qui caractérisent l’investissement de la surface de ses tableaux, ou les jeux rythmiques et chromatiques qui animent leur composition. Frank Elgar a remarquablement résumé les composantes de l’Art de MIRO : « Capricieux, cocasse, de larves, de madrépores, d’amibes remuantes, de longs et sinueux filaments, de lignes vagabondes terminées par des sortes de bilboquets ou de cerfs-volants ». MIRO mourut à Palma de Majorque en 1983, à l’âge de quatre vingt dix ans, un pinceau à la main…

 

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Alain VERMONT

 

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07/02/2010

MODIGLIANI Le PEINTRE des DOULEURS

Amédéo MODIGLIANI naquit à Livourne, en Italie, le 12 juillet 1884. De sa jeunesse italienne, il ne demeura que son inscription à l’Ecole des Beaux-Arts de Florence. Il voyagea ensuite vers Rome où, comme à Florence, il fut attiré par les musées. En 1906, alors dans sa vingt-deuxième année, il se fixa à Paris, en choisissant la Butte Montmartre où travaillaient déjà PICASSO et DERAIN.

 

Dans son misérable atelier où il présentait une peinture qui ne retenait pas l’attention, il acquit cependant une certaine notoriété au travers de son prestige physique, et de la noblesse de ses qualités intellectuelles qui le faisaient assimiler à un poète. Le Tout Montmartre estima ce beau jeune homme italien bien élevé et qui, malgré l’affection qu’on lui portait, ne se complut pas à fréquenter les cénacles du moment où les artistes aimaient à se retrouver.

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On rapporta même qu’il n’a jamais visité au « Bateau-Lavoir », l’atelier que PICASSO occupait à Montmartre, dans le même périmètre. Les observateurs de l’époque s’étonnèrent même de voir naître une complicité étonnante entre MODIGLIANI et UTRILLO. Les deux artistes dont le niveau intellectuel respectif ne présentait aucune similitude, commencèrent alors une vie de débauche, en fréquentant assidûment les cabarets de la Butte. MODIGLIANI partagea les quotidiens moments d’ivresse d’UTRILLO, et s’enfonça dans l’abîme en découvrant la volupté pernicieuse des rêves engendrés par l’usage du haschich.

La conjugaison de l’alcool et de la drogue métamorphosa alors l’artiste qui, sans aucune ressource, oublia sa personnalité bourgeoise pour donner au public l’image d’un homme perturbé, solitaire et mal vêtu dans l’habit de velours qu’il porta jusqu’à sa mort. Il interdit l’accès à son atelier, s’enferma dans une vie hasardeuse, mais commença dans le même temps la réalisation de cette peinture singulière et exceptionnelle qui allait plus tard devenir un des monuments de l’Art Moderne.

 

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Avant de quitter Montmartre pour aller s’installer à Montparnasse, MODIGLIANI peignit le « Violoncelliste » qui, exposé ensuite au Salon des Indépendants en 1908, révéla dans la solidité de sa construction, tout ce talent que personne n’attendait de lui. A Montparnasse, il s’adonna également à la sculpture, sous l’influence du cubisme révélé par PICASSO en 1906.

 

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Ce « peintre des douleurs » devint l’un des grands peintres de la femme du 20ème siècle. Il choisit ses modèles parmi les gens du peuple, dans les cafés de Montparnasse, ou dans les rues de Paris. Sa peinture rechercha un idéal parfois religieux dans les portraits qui firent sa gloire posthume. Sa maîtrise de la couleur lui fut propre, unique, et il l’exprima sans faux-fuyants quand il peignit dans des taudis sordides, où il réalisa aussi d’impressionnants dessins comme le portrait d’André Salmon, en 1918.

Le peintre chilien ORTIZ DE ZARATE le découvrit un jour sur le grabat de son taudis, alors que sa maladie liée à ses excès s’en allait grandissante. Le chilien le fit transporter alors à l’Hôpital de la Charité où il mourut le 24 janvier 1920, à l’âge de trente six ans. La compagne de ses derniers mois de souffrances physiques et morales, alors jeune artiste peintre de vingt ans, Jeanne HEBUTERNE, se suicida ensuite pour rejoindre dans la tombe celui qui avait su exercer son art princier dans des décors sordides.

 

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On retiendra qu’après sa mort, d’aucuns démontèrent les portes d’un logement miséreux, sur lesquelles MODIGLIANI avait peint, alors que d’autres s’accaparèrent ses émouvantes sculptures de la première époque, abandonnées dans des cours d’immeubles d’où il avait été chassé par la conséquence de sa misère quotidienne.

 

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Alain VERMONT


 

 

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12/02/2009

LE CUBISME avec PICASSO ET BRAQUE

LE CUBISME.

 

Le développement historique du Cubisme doit être divisé en trois périodes distinctes. De 1907 à 1909, la création du mouvement se fit sous l’influence des idées de CEZANNE. En effet, dès 1879, ce dernier allia déjà dessin et couleur dans une forme cubique comme dans la nature morte « Verre et pommes ». Un autre exemple se situa en 1896 quand CEZANNE laissa apparaître dans le tableau « Rochers dans la forêt », une construction géométrique qui tendait à une unité cubique.

 

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Les Demoiselles d'Avignon, 1906/1907.
Pablo Picasso, huile/toile, 243 x 233 cm.

 

De 1910 à 1912, le Cubisme connut sa période Analytique, pour évoluer ensuite dans sa période Synthétique allant de 1913 à 1914.

 

Le Cubisme dut avant tout sa préparation à une succession de faits importants qui se déroulèrent au début du 20ème siècle. La découverte enthousiaste de l’ « Art Nègre » et de son étonnante vigueur d’expression rejoignit alors l’influence déterminante produite par CEZANNE au Salon d’Automne de 1907, et à la suite duquel PICASSO réalisa rapidement les « Demoiselles d’Avignon » que l’on considère aujourd’hui comme l’œuvre la plus significative du Cubisme naissant.

 

Ce tableau qui exprime cinq femmes nues peintes en formes simplifiées, sans clair-obscur, laisse apparaître un dessin linéaire qui souligne les personnages construits en surfaces géométriques très anguleuses.

La genèse du Cubisme demeure cependant un mystère, même après la parution des innombrables ouvrages qui constituent certainement aujourd’hui la plus importante bibliographie concernant un mouvement artistique.

 

En effet, dès 1907, PICASSO et BRAQUE ouvrirent la porte à toutes les conjectures, en créant leur Art sans que les critiques ou historiens d’art ne pussent véritablement définir leur rôle mutuel dans l’élaboration du mouvement qui, encore aujourd’hui, donne matière à débattre. Lors de l’exposition BRAQUE à la galerie Kahnweiler, le critique Louis Vauxcelles, encore lui, donna naissance au mot « Cubisme » dans un article du 14 novembre 1908, en déclarant : « Monsieur BRAQUE méprise la forme, et réduit tout à des cubes ».

 

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Le Guéridon ou Nature Morte au violon, 1911.
Georges Braque, huile/toile, 116 x 81 cm.
 

 

Entre 1908 et 1914, PICASSO et BRAQUE traversèrent une période durant laquelle ils entretinrent des relations étroites qui exprimaient un échange constant d’idées et de théories. Il semblerait néanmoins que l’artiste espagnol demeurât à l’origine des rapides progrès réalisés par le peintre du Havre. Malgré la différence fondamentale qui démarqua leur talent respectif, après leur rencontre en 1907 s’ensuivit une période d’intense activité picturale pour les deux amis.

 

PICASSO restait un intuitif extraordinairement doué pour le dessin, alors que BRAQUE apparaissait plus comme un déductif qui devait son talent de parfait connaisseur de la couleur à son approche de l’Impressionnisme et du Fauvisme.

Ils visèrent cependant tous les deux à un même résultat. PICASSO chercha à enrichir la forme par la couleur, alors que BRAQUE désira enrichir la couleur par la forme.

 

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Bouteille de Vieux Marc, Verre et Journal, 1912.
Pablo Picasso, fusains, papiers collés/papier, 63 x 49 cm.

 

Le Cubisme apparut dès lors pour eux deux, comme l’occasion de parachever leur travail artistique antérieur. PICASSO respecta la couleur qu’il avait négligée jusque là, et BRAQUE s’intéressa sérieusement à la forme qui n’avait été pour lui jusqu’alors qu’un élément subordonné dans sa peinture. Le Cubisme leur permit d’affirmer leur personnalité, en leur apportant le complément qui s’avérait nécessaire.

La dépersonnalisation du langage pictural réalisée par BRAQUE et PICASSO alla de concert avec leur perception de l’atelier où certains éléments disparates comme le carton, la sciure, la limaille, le sable, le papier, le bois, les pochoirs, la tôle, les rasoirs et certains outils d’artisans, furent employés fréquemment pour aboutir à une iconographie populaire d’objets ordinaires.

 

Ancien peintre en bâtiment, BRAQUE innova en apportant à la pratique cubiste, la réalisation de lettres faites au pochoir, ou le mélange de la couleur à du sable, ou encore la production d’imitations du bois ou du marbre. BRAQUE, qui manifestait un certain malaise dans le dessin, révéla néanmoins une grande sensibilité aux aspects subtils de la lumière et de l’espace, en rappelant le talent de CEZANNE qui avait souvent déclaré : « Le contour me fuit ». Dans ses compositions, les lignes de BRAQUE eurent tendance à s’étendre passivement sur leur support, alors que les dessins de PICASSO laissèrent toujours apparaître un trait mordant qui traversait de manière phénoménale la surface de la feuille à dessin.

 

Dans la première phase du Cubisme, de 1907 à 1909, les deux artistes cherchèrent à définir l’objet, ou les relations entretenant plusieurs objets entre eux, ainsi que leur position dans l’espace exprimée par des formes essentiellement géométriques, et taillées comme l’auraient été des cristaux. L’intention première fut de créer un jeu intellectuel allant à l’encontre d’un quelconque manifeste esthétique comme le système illusionniste institué sous la Renaissance. La particularité de ce mouvement évita l’emploi de la perspective dans le dessin, et ne figurèrent plus alors dans la couleur les formes apparentes de l’atmosphère.

 

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Poires et raisins sur une table, 1913.
Juan Gris, huile/toile, 54 x 73 cm.

 

Et comme l’avait fait CEZANNE auparavant, PICASSO et BRAQUE se servirent des objets banals de la vie, pour composer leurs tableaux faits d’arbres, de fruits, de bouteilles, de verres ou de diverse vaisselle.

 

Ensuite, dans la période Analytique qui s’étendit de 1910 à 1912, les deux artistes prirent en modèle des instruments de musique et des objets aux formes géométriques bien établies, pouvant être facilement reconnus dans une image sans perspective linéaire ou aérienne, après leur traduction personnelle.

 

En 1910, BRAQUE fut le premier à abandonner le paysage pour s’orienter vers les figures et les natures mortes. PICASSO l’imita ensuite, avant que Juan GRIS ne les rejoignît en 1911. L’expression du Cubisme se traduisit alors par l’exploitation d’un seul et même objet représenté divisé dans le tableau, selon les divers aspects offerts par des points de vue différents.

 

En retenant ce principe de la décomposition de la forme, Juan GRIS appela cette période, la « Période Analytique ». L’objet était brisé avant que l’artiste ne le recomposât avec des parties et des cubes caractéristiques du mouvement. La figuration illisible du moment s’appuya sur la disjonction des profils des objets, comme dans le remarquable tableau de BRAQUE exécuté en 1910, intitulé « Violon et cruche », et dans lequel l’œil reconnaît la présence ocre d’un violon partiellement brisé qui repose sous une cruche grise occupant le centre d’un tableau dans lequel de multiples surfaces géométriques grises ou ocres composent une unité aux formes très anguleuses.

 

La même année, PICASSO réalisa le portrait du marchand Kahnweiler et construisit un superbe tableau à l’huile, dans lequel le mariage des tons gris et ocres assemblés en cubes multiples, figure le personnage dont le visage et les mains se fondent dans un ensemble harmonieux de surfaces géométriques très « calibrées ».

 

Mais PICASSO et BRAQUE, craignant que leur innovation fasse perdre à la peinture toute objectivité sensible, commencèrent à incorporer à leurs œuvres, en 1912, des éléments matériels tels que des morceaux de journaux, d’étoffe, du sable ou du verre, pour tenter de créer une animation dans la surface peinte.

 

Durant l’été 1913, le mouvement évolua vers sa troisième phase, la période Synthétique. Après le fractionnement assez rudimentaire du Cubisme Analytique, qui avait le désavantage de donner une lecture compliquée de la composition, lisible seulement par addition, PICASSO, BRAQUE et Juan GRIS auxquels s’était joint Fernand LEGER qui jusque là s'était tenu à l'écart de leur style, s'orientèrent vers le Cubisme Synthétique. Ce dernier style remplaça le fractionnement précédent par la transcription en grandes surfaces de l’objet sous forme dessinée et compacte, qui abandonnait la représentation, ou la copie de la réalité.

 

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Les Nus dans la forêt, 1909/1910.
Fernand Léger, huile/toile, 120 x 180 cm.

 

Dès lors, l’objet devint un symbole et les couleurs du prisme furent posées par surfaces, alors que les formes ainsi que les couleurs localisées concoururent à l’harmonie de l’ensemble. La déformation de l’objet aida à renforcer son expression, et les transitions de la couleur accentuèrent l’effet cubiste dans la surface du tableau.

 

Dans cette période Synthétique, les papiers imprimés que les artistes se procuraient dans le commerce, papiers peints et papiers imitation bois, furent collés sur le support pour réintroduire certaines couleurs dans la composition. Les motifs imprimés provenant des produits manufacturés, ainsi que divers objets réels exprimèrent dans leur assemblage une certaine représentation qui élimina le travail trop subjectif du pinceau, à l’exemple du tableau de PICASSO peint en 1912-1913, « Violon et guitare », et dans lequel l’unité de l’œuvre fut réalisée par le mariage de la peinture à l’huile, d’un morceau de tissu collé et de l’utilisation du fusain avec l’apparition de surfaces géométriques recouvertes de plâtre.

 

En 1914 survint la Première Guerre Mondiale qui mit un terme à l’intimité existant entre PICASSO et BRAQUE. En effet, ce dernier fut mobilisé sous les drapeaux, et la séparation des deux artistes qui avaient tant travaillé de concert, fut consommée. BRAQUE s’éloigna de PICASSO qui d’une certaine manière asservit alors son œuvre aux goûts de ses nouveaux clients et amis du Tout-Paris. Leur aventure cubiste s’était déroulée dans une période particulière qui s’affirma plus tard comme la seule période de sa vie pendant laquelle PICASSO suivit de si près, et pendant si longtemps, le travail d’un autre artiste.


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Alain VERMONT

 

 

 

 

 

 

18:46 Écrit par L'Art Pluriel dans 3 -- PEINTURE : HISTORIQUE | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : picasso, braque, cubisme, léger, gris, peinture, galerie |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |