18/02/2015

ART ET MARKET...?

Giacometti, Artiste de l'année...

Giacometti a retenu la leçon de Rodin : ses hommes qui marchent dans des directions incertaines expriment une force et une fragilité troublantes. La puissance psychique de son œuvre en fait l'une des plus appréciée au monde. Il tient d'ailleurs la meilleure enchère 2014 a 90 m$.

Alberto GIACOMETTI est âgé d’une petite vingtaine d’années lorsqu’il quitte la Suisse pour Paris. Nous sommes en 1922, période artistiquement agitée où se prépare une révolution surréaliste sous la houlette d’André Breton. Il étudie auprès d'Antoine Bourdelle, découvre les cubistes, expérimente beaucoup. Puis, un premier électrochoc advient avec sa découverte des arts archaïques et traditionnels en 1926, c’est-à-dire la sculpture égyptienne, sumérienne, cycladique, africaine et océanique.

L’œuvre la plus emblématique de cette époque est une Femme-cuillère(1926-1927) de 143 cm. Il s’agit d’un objet totémique qui ne manque pas de convoquer l’art africain tant elle évoque la forme à la fois pleine et creuse d’une cuillère anthropomorphe Dan. Une seule version est passée en salles des ventes : elle se vendait l’équivalent de 1,49 m$ en 1990 (Sotheby’s NY). Elle décuplerait amplement ce résultat aujourd’hui. Si les œuvres de cette période sont rarissimes, toute les grandes ventes de prestige occidentales tentent d'offrir ses œuvres plus tardives, notamment ses silhouettes étirées et bosselées, célèbres dans le monde entier.

 

giacometti, alberto giacometti, bronzes giacometti


En 2002 déjà, Giacometti comptait parmi les 10 artistes les plus valorisés de la planète (Top10 d’Artprice). Son chiffre d’affaires progressait de près de 350 % par rapport à 2001, grâce à une vente fleuve orchestrée à Paris par Christie’s (35 bronzes offerts lors la dispersion de sa succession le 28 septembre 2002). Le plus beau coup de marteau revenait alors à La cage, première version (édition 3/8) partie au double de son estimation optimiste pour 1,5 m$.

 

la cage giacometti


Quatre ans plus tard, La Cage se vendait 2,2 m$ chez Sotheby's (édition 4/8, Londres, le 19 juin 2006). La surenchère est pourtant loin de se calmer. En 2010, Giacometti se met au niveau de Picasso avec la vente historique de L'Homme qui marche I, pour un coup de marteau équivalent à 92,5 m$ (Sotheby's Londres, le 3 février 2010). Aujourd'hui, rien ne laisse présager le moindre essoufflement de cote pour cet artiste majeur. Le cru 2014 est au contraire excellent, avec pas moins de 18 enchères millionnaires, dont les 90 m$ décrochés par Le Chariot, une oeuvre phare du XXème siècle vendue le 4 novembre 2014 par Sotheby's à New York.

 

homme qui marche giacometti


Ses œuvres minuscules en bronze ont flambé également. Durant les années de guerre, l’artiste réduit considérablement les échelles, à tel point que certaines œuvres tiennent dans une boite d’allumettes. Ses oeuvres de moins de 10 cm, que l'on pouvait acheter pour moins de 5 000 $ dans les années 90, valent aujourd'hui au moins 10 fois plus...

Le marché regorge heureusement d’estampes pour les amateurs moins fortunés. Giacometti a toujours été partisan de la diffusion de son œuvre, d'autant qu'il fut déjà bien coté de son vivant (dans les années 60). Elles représentent plus de la moitié des transactions de l'artiste et certaines lithographies numérotées sont encore accessibles pour moins de 1 000 $ aux enchères.

 Source Artprice

TOP 10 des invendus

 

Rang

Artiste

Estimation
basse

Estimation
haute

Oeuvre

Vente

1

Pablo PICASSO

59 569 840$

$89 354 760

Portrait de Angel Fernandez de Soto(1903)

2006-11-08 Christie's NEW YORK NY

2

Pablo PICASSO

31 863 757,5$

$38 236 509

Instruments de musique sur un guéridon (1914/15)

2009-02-23 Christie's Paris & Pierre Bergé PARIS

3

Claude MONET

30 000 000$

$40 000 000

Nymphéas (1906)

2010-06-23 Christie's LONDON

4

Vincent VAN GOGH

30 000 000$

$40 000 000

Le jardin d'automne, le jardin public (1888)

2001-05-07 Phillips, De Pury & Luxembourg NEW YORK NY

5

Pablo PICASSO

30 000 000$

 

Olga Picasso (1923)

2001-05-09 Christie's NEW YORK NY

6

Francis BACON

30 00 0000$

$40 000 000

Study For Portrait Of P.L. (1962)

2013-05-14 Sotheby's NEW YORK NY

7

Vincent VAN GOGH

28 000 000$

$35 000 000

The Fields (c.1890)

2007-11-07 Sotheby's NEW YORK NY

8

George Wesley BELLOWS

25 000 000$

$35 000 000

Men of the Docks(1912)

2007-11-29 Christie's NEW YORK NY

9

Pablo PICASSO

25 000 000$

$35 000 000

La lampe (1931)

2007-11-07 Sotheby's NEW YORK NY

10

Edvard MUNCH

25 000 000$

$35 000 000

Fertility (1899/1900)

2010-05-04 Christie's NEW YORK NY


Trop de Picasso

Dans ce top 10 des invendus : 4 œuvres de Pablo Picasso ; l'une de 1903, une autre de 1914/15, une troisième de 1923 et enfin de 1931. Quatre œuvres de quatre périodes différentes donc, de l'abstrait au néoréalisme.


Picasso fut, on le sait, un artiste des plus prolifiques.

Aux enchères, son nom se montre presque omniprésent avec 3 913 lots en 2014 (dont 2 853 vendus), parmi lesquels 62 adjugés au-dessus du million de dollars. C'est dire l'enthousiasme du marché pour cet artiste. Et ses chefs-d’œuvre sont si nombreux qu'ils constituent un marché quasiment à eux-seuls. Un marché avec ses propres invendus...

Parmi les plus remarquables : Portrait d'Angel Fernandez de Soto (1903). Cette toile avait été estimée entre 40 et 60 millions de dollars par la maison Christie's chez qui elle était mise en vente le 8 novembre 2006 au 20 Rockefeller Plaza. Une soirée qui fut dans sa totalité une véritable réussite, enregistrant un record absolu en termes de produit des ventes, qui reste aujourd'hui encore le 5ème meilleur résultat en une seule séance. Au milieu des 72 lots qui s'y succédèrent : 9 toiles du maître espagnol, dont deux qui n'atteignirent pas le prix de réserve décidé par les détenteurs.


Les records

Dans ce Top 10 des invendus, deux toiles également de van Gogh, une de Francis Bacon et puis une autre d'Edvard Munch. Depuis 1990, ces trois là se relayent, avec Pablo Picasso, à la tête du record aux enchères publiques. Est-ce une coïncidence si leur nom se retrouve simultanément dans de ces deux classements ?

Ou bien faut-il y voir une limite atteinte par le marché ?


Tandis que le triptyque intitulé Three studies of Lucien Freud atteignait le prix d'adjudication exhubérant de 127 millions de dollars le 12 novembre 2013 chez Christie's New York, le 14 mai de la même année, Study For Portrait Of P.L. (1962) échoua à atteindre l'estimation basse fixée par Sotheby's NY à 30 000 000$. Si bien que l'on peut conclure que si frénésie il y a sur le marché de l'art et que celle-ci se concentre sur une poignée d'artistes, elle conserve toutefois certaines limites.


L'inattendu

Si les quatre premiers noms nous ont habitué aux prix exorbitants, le dernier de cette liste beaucoup moins. George Wesley Bellows (1882-1925) n'est pas tout à fait un inconnu dans les grandes maisons de ventes (au total 13 de ses œuvres déjà ont dépassé le million de dollars aux enchères publiques), mais son record à 25 millions de dollars, réalisé le premier décembre 1999 chez Sotheby's à New York reste exceptionnel, et n'a plus été approché depuis. Le second meilleur résultat pour l'une de ses œuvres demeure loin en dessous, à 6,9 millions de dollars. Aussi, peut-être la prestigieuse maison de ventes Christie's fut elle audacieuse lorsqu'elle évalua Men of the Docks (1912) entre 25 et 35 m$, c'est à dire en mettant l'estimation basse au niveau d'un record historique, réalisé 8 années auparavant.

Ces invendus historiques ne sont pas tous très récents. Mais ils montrent que même les plus grandes signatures, celles que l'on dit attiser le plus les pratiques spéculatives, ne rencontrent pas toujours la demande attendue.

Source Artprice

 

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 ALAIN VERMONT

 

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21/02/2013

VENTES aux Enchères à Londres

Le Marché de l'Art International,  un puits rempli de questions...

Mardi 5 février 2013, à Londres, Sotheby's misait gros avec sa vente d'art impressionniste et moderne, et réalisait un résultat exceptionnel avec 92 m£ (144,7 m$), avec un taux d’invendus particulièrement bas de 15 %. C'est le deuxième plus haut résultat pour une vente impressionniste et moderne.

Sur les 40 lots haut de gamme proposés, le fleuron de la vente était un portrait de Marie-Thérèse Walter, la muse la plus importante de Pablo PICASSO qu’il acheva de peindre en 1932. Sotheby’s avait particulièrement soigné le marketing de cette œuvre sur laquelle elle s’était engagée par un prix garanti auprès du vendeur. Le cinquième meilleur résultat des recettes de cette vente impressionniste et moderne reposait sur la bonne adjudication de la Femme assise près d'une fenêtre, une œuvre non signée, que Picasso se réservait à titre personnel et ne souhaitait pas vendre. L’anecdote est importante, elle ajoute du sel à l'histoire d'une toile déjà mythique. Sotheby’s a emporté son pari, frappant le marteau à 25,5 m£, soit 40 m$.

TOP 3 de la vente Sotheby’s

Pablo PicassoFemme assise près d'une fenêtre, 1932 : adjugée 25,5 m£ (40 m$), légèrement au-dessus de son estimation basse. L’année 1932, pendant laquelle l’artiste donnait les dernières touches à la Femme assise près d'une fenêtre, est une année clef dans l’œuvre de Picasso. C'est non seulement l'année où sa muse, Marie-Thérèse Walter, s'épanouit pour occuper une place prépondérante parmi les muses, mais c'est aussi l'année de la première rétrospective au monde de l’artiste (au Kunsthaus de Zürich).

 

Picasso Londres.jpg


Dans le Top 10 des enchères records attribuées à Picasso, quatre œuvres datent de 1932 : Nude, Green Leaves and Bust (record mondial de l’artiste : 95 m$, 4 mai 2010, Christie’s New York), le Rêve (44 m$, 10 novembre 1997, Christie’s New York), Nu au fauteuil noir (41 m$, 9 novembre 1999, Christie’s New York) et Femme assise près d’une fenêtre.

Claude MonetNymphéas avec reflets de hautes herbes, 1914-1917 : adjugée 8 m£ (9,2 m$), soit 4 m£ en dessous de son estimation basse. Ce type d’œuvre a doublé en valeur depuis le début des années 1990. Les Nymphéas de Claude MONET sont les œuvres les plus chères de l’artiste et se vendent en priorité à Londres et à New York. Le record mondial du genre, signé en 2008, culmine à 71,8 m$ (Le Bassin aux nymphéas, 1919, Christie’s Londres, 24 juin 2008).

 

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Claude MonetLe Givre à Giverny, 1885 : adjugée 7,8 m£, soit 1,8 m£ au-dessus de l’estimation haute. « Giverny » a un effet tout aussi stimulant pour les enchères de Monet que le mot « Nymphéas ». Ce petit format (54 cm x 71 cm) s’est vendu cher, très cher, avec son adjudication équivalente à 12,2 m$. Il y a seulement trois ans, une œuvre plus grande et plus aboutie se payait 13,5 m$ à New York (Effet de printemps à Giverny, 1890, 60 cm x 100 cm, 5 mai 2010, Sotheby’s).

Parmi les merveilles du 5 février, Sotheby’s proposait quatre dessins d'Egon SCHIELE, tous vendus, dont Liebespaar (Selbstdarstellung mit Wally), 1914-1915, adjugée 7 m£ (11 m$), se situant dans sa fourchette d’estimation, qui signait le nouveau record attendu pour une œuvre de l’artiste sur papier.

Schiele dessin.jpg

Christie’s le 6 février

Le lendemain, c’était au tour de Christie’s de défendre ses chefs-d’œuvre impressionnistes et modernes. Le résultat de cette vacation 86 m£ (135,6 m$) est bien en deçà de celui de sa rivale mais la société de vente a très bien vendu Jeanne Hébuterne (Au chapeau), œuvre d’Amedeo MODIGLIANI datée de 1919.

TOP 3 de la vente Christie’s

Amedeo ModiglianiJeanne Hébuterne (Au chapeau), 1919 : pourquoi l’adjudication à 24 m£ de cette œuvre est-elle une très belle vente ? Parce qu’elle valait 14,6 m£ en 2006 (soit 27 m$, vente Sotheby’s Londres du 19 juin). Son prix équivaut désormais à 37,7 m$, hors frais, ce qui fait d’elle la seconde peinture de Modigliani la plus chère au monde. Les chefs-d’œuvre de l’artiste sont devenus si rares aux enchères qu’il est difficile d’anticiper un résultat à quelques millions près, dès lors qu’une œuvre majeure se présente.

 

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Pierre-Auguste RenoirL'ombrelle, 1878 : adjugée 8,6 m£ (13,5 m$).

Le sujet est typique des plus prisés de Auguste RENOIR avec une Parisienne élégante aux accessoires à la mode de l’époque, assise dans un jardin printanier prétexte à l’artiste pour faire vibrer ses touches dans les passages d’ombre et de lumière. L’œuvre n’est pas très grande pour un tel résultat (61,9 cm x 50,8 cm) mais pour les amateurs, tout Renoir est résumé dans ce petit tableau.

 

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Pablo PicassoNu accroupi, 1960 : adjugée 6,5 m£ (10,2 m$). Quand on pense que ce Nu accroupi ne trouvait personne prêt à débourser 2 ou 2,5 m$ en 1998… Quinze ans plus tard, la plus-value est de 8 m$ pour cette œuvre mélancolique, ce nu halluciné de Jacqueline, qui vient de passer douze années dans une collection privée américaine. C’est ici la plus belle adjudication pour une toile de Picasso de 1960.

Source Artprice

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Alain VERMONT

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23/11/2012

Dans la grisaille de novembre, une "pluie de records"...qui nargue la crise

7 novembre 2012, chez Christie's New York

Quelques heures avant l'ouverture de cette grande vente du soir, l'indice de confiance du marché de l'art invitait certes à l'optimisme (5 points de plus et des intentions d'achat touchant plus de 70 % des votants), mais pas autant que Christie’s, qui espérait dépasser les 250 m$ de recette. Si le résultat final est en deçà de leurs espérances (179,8 m$), il est néanmoins tout à fait honnête par rapport à la cession 2010 (180,4 m$) et relègue la mauvaise expérience de 2009 (56,8 m$) au rang de mauvais souvenir.

Les 10 plus belles enchères ont récompensé Pablo PICASSO et Alberto GIACOMETTI par trois fois, Constantin BRANCUSIJoan MIRO et, bien sûr, les très attendus Claude MONET  (meilleur résultat de la vente grâce aux Nymphéas adjugés 39 m$), et Wassily KANDINSKYpour qui ce 7 novembre 2012 est le jour d'un nouveau record mondial à hauteur de 20,5 m$.

Studie für Improvisation 8 franchit en effet de peu son estimation basse mais enterre un sommet vieux de 12 ans à 19 m$ enregistré le 17 mai 1990 chez Sotheby's New York. Les prix des modernes sont revenus au plus haut : il faut remonter le temps de 22 ou 23 années pour trouver des résultats d'enchères similaires sur certaines pièces. Cela est valable sous des signatures abstraites (comme Kandinsky) mais aussi sur les maîtres modernes comme Picasso ou Henri MATISSE.


L'adjudication à 700 000 $ du sublime, mais petit, bronze d'Henri Matisse,La Tiaré (20,3 cm), est son record pour une sculpture si petite... record avec lequel flirtaient déjà les enchérisseurs en 1989, lorsqu'Henriette III, (20 cm) s'est vendue l'équivalent de 644 000 $ chez Sotheby's New York.

Signe des temps, le Top 10 de Christie's révèlent que les deux Picasso les plus chers ont été acquis par des acheteurs asiatiques :Buste de femme à 11,6 m$ et la Femme au chien à 5 ,6 m$.


Sur les neuf Picasso proposés lors de cette vente, cinq sont millionnaires, trois font partie du Top 10 et trois sont restés invendus. Que le tiers des Picasso offerts essuient des échecs de vente n'est pas anodin : les acheteurs sont sélectifs, informés, prudents et n'achètent pas à n'importe quel prix. Ils ont notamment rejeté la sculpture en bronze d'un jeune 
Coq, dont l'estimation était comprise entre 10 m$ et 15 m$. Cette retenue est compréhensible quand on sait que seules deux sculptures de Picasso sont parvenues aux 10 m$ dans l'histoire des enchères, deux sculptures qui de surcroît étaient plus grandes et plus rares sur le marché : Tête de femme, Dora Maar a été éditée à 2 exemplaires et La Grue à 4 alors que le Coq a été édité à 6 exemplaires.


Du côté de chez Sotheby's, trois toiles de Picasso n'ont pas trouvé l'écho escompté : le Plant de Tomate (1944) paraissait trop cher en 2012 dans sa fourchette d'estimation de 10 m$ à 15 m$, malgré une adjudication à 12 m$ en 2006 chez Christie's le 8 novembre 2006. En août 1944, le maître a peint à neuf reprises ce plan de tomates (au rythme de près d'une toile par jour) puis en l'espace de sept ans, le prix de ces « pommes d'amour » se voyait révisé au décuple (passant de 1,9 m$ en 1999 à 12 m$ en novembre 2006). Il arrête donc là son ascension. Qu'importe, c'est encore à Pablo Picasso que Sotheby's doit la moitié des recettes de cette grande vente du 8 novembre. Six coups de marteau (quatre pour des peintures et deux pour des dessins) ont en effet permis à la société de ventes aux enchères de dégager 72,27 m$ (hors frais) contre 70,33 m$ générés par la vente de 40 autres lots.


A défaut d'un véritable record absolu, signalons tout de même l'extraordinaire envolée d'un dessin à l'encre toujours signé Picasso et intitulé 
Le Viol (1940), qui doublait son estimation haute pour une enchère gagnante de 12 m$.

A ce niveau de prix, Le Viol s'inscrit à la troisième place des meilleures adjudications de Picasso pour un dessin et à la meilleure place pour un dessin non rehaussé à la gouache. Cette oeuvre signe l'un des quatre coups de marteau à plus de 10 m$ pour Sotheby's pour cette cession tandis que Christie's en enregistrait six la veille.

Records historiques pour les ventes d'art d'après-guerre et contemporain 

Faisant fi de la sinistrose, les ventes d'automne à New York ont atteint cette année un niveau inégalé. Surpassant les ventes plus mesurées d'art moderne et impressionniste frappées une semaine auparavant, c'est une fois de plus le segment après-guerre et contemporain qui remporte haut la main la bataille. Preuve que rien n'ébranle la vitalité de ce marché refuge.

Quant à l'autre bataille, celle menée entre les leaders Christie's et Sotheby's, Christie's l'emporte haut la main en réalisant 364m$ lors de la vente du soir du 14 novembre, soit le plus beau résultat de son histoire pour une vente d'art d'après-guerre et contemporain (le record absolu étant détenu par la vacation d'art impressionniste et moderne avec 437 m$ en 2006). La veille, Sotheby's encaissait tout de même 331 m$ et signait son record de vente absolu en détrônant la vente d'art d'après-guerre et contemporain du 14 mai 2008 qui avait enregistré 320 m$ !

Le moins que l'on puisse dire est que les acheteurs se sont bien rassasiés et ce particulièrement chez Christie's qui enregistre seulement 8 % de taux d'invendus et 56 enchères millionnaires dont 10 au-dessus de 10 m$, là où Sotheby's comptabilise 16 % de taux d'invendus et 42 enchères millionnaires dont 7 frappées au-dessus de 10 m$. Bien évidement dans un tel contexte, les deux maisons signent une pluie de nouveaux records : 8 pour Christie's et 8 pour Sotheby's.

La plus haute enchère des deux vacations est emportée par la toile No. 1 Royal Red and Blue de Mark ROTHKO cédée 67 m$, soit 17 m$ de plus que son estimation haute, chez Sotheby's ! Elle reste malgré cela la deuxième plus belle enchère pour l'artiste face à Orange, Red, Yellow adjugée 77,5 m$ en mai 2012 chez Christie's New York.

Un habituel festival de stars

Face aux artistes américains, qu'ils soient issus des mouvements pop art ou de l'expressionnisme abstrait, c'est encore et toujours le même engouement. Parmi eux, notons un nouveau record de vente pour Jackson POLLOCK chez Sotheby's. De format pourtant modeste (76,5 cm x 63,5 cm), la toile Number 4 trouve preneur pour 36 m$ soit plus de 15 m$ de plus que son dernier record, Number 28 (76,5 cm x 137,4 cm), adjugé 15,7 m$ chez Christie's New York le 8 mai 2012.

Stars toujours, les œuvres d'Andy WARHOL ont encore largement arrosé les enchères, totalisant 13 lots sur les deux ventes. Et ce sans compter les 354 lots dispersés lors du premier volet du partenariat signé entre Christie's et la Fondation Warhol, le 12 novembre. Les deux vacations n'ont cependant pas réussi à frapper assez haut pour détrôner les 2 plus belles ventes de cet habitué des record, encore attribuées à Green Car Crash (Green Burning Car I) adjugé 64 m$ chez Christie's New York le 16 mai 2007 et Men in her life adjugé 56,5 m$ chez Phillips de Pury & Company New York, le 8 novembre 2010. Néanmoins, Statue of Liberty trône désormais à la 3ème place des exploits de Warhol grâce à une adjudication au-delà de tout pronostic à 39 m$ (Christie’s). Comptant parmi les œuvres cultes de l'artiste, elle a aussi la particularité d'expérimenter la future technique en 3D et d'être ainsi visible en volume grâce au port de lunettes vert et rouge.

Le mouvement minimaliste n'est pas en reste avec un retour aux sommets millionnaires pour Agnes Bernice MARTIN ou encore un record rafraîchi pour Donald JUDD à hauteur de 9 m$ pour la sculpture Untitled, 1989 (Bernstein 89-24).

Du côté des "mastodontes" de l'art contemporain la Jean-Michel BASQUIAT mania continue son chemin grâce à un nouveau chef-d'œuvre,Sans-titre, qui sort de l'ombre et s'envole au-delà du seuil de 20 m$ chez Christie's. Avec ses 23,5 m$, l'œuvre surpasse de près de 5,6 m$ son ultime meilleure vente enregistrée quelques mois plus tôt avec Untitled, adjugée 17,9 m$ chez Christie's Londres, le 27 juin 2012. 

Jeff KOONS s'affirme, lui, comme l'un des artistes vivants les plus chers au monde avec la vente d'une sculpture monumentale : cédée 30 m$, Tulips devient son nouveau meilleur résultat.

Quelques nouveaux noms dans les plus hautes sphères

Figure majeure de l'expressionnisme abstrait, Franz KLINE était assez discret aux enchères ces dernières années, la signature de sa plus belle vente remontant à l'année 2005 avec les 5,7 m$ de Crow Dancer enregistrés chez Christie's New York le 11 mai 2005. Les ventes des 13 et 14 novembre 2012 changent désormais la donne : sur les six lots proposés par les deux maisons de ventes, quatre deviennent les nouveaux records de l'artiste. L'adjudication de Untitled, huile sur toile grand format (200,7 cm x 280,4 cm), pour 36 m$ le place même sur un pied d'égalité avec le nouveau record de Pollock également frappé à 36 m$.

Encore du côté de l'expressionnisme abstrait, les toiles des années 70/80 de l'Américain Richard DIEBENKORN (1922-1993) ont aussi le vent en poupe : en trouvant preneur à 12 m$ chez Christie's, Océan Park # 48 doublait presque son record de 2011 quand Ocean Park #121 était adjugée 6,8 m$ chez Christie's New York, le 11 mai.

Artistes vivants, des envolées confirmées...

La peinture géométrique de Mark GROTJAHN (1968) continue sur sa lancée en signant une belle performance avec les 3,65 m$ deUntitled (Red Butterfly II Yellow MARK GROTJAHN P-08 752) enregistrés chez Christie's, ce résultat doublant en à peine 6 mois les 1,8 m$ frappés pour « Untitled (Yellow Butterfly III) » lors des ventes printanières chez Sotheby's New York, le 9 mai 2012.

Toujours dans la mouvance géométrique-minimaliste, Wade GUYTON, qui depuis février 2011 enregistre onze adjudications entre 250 000 $ et 560 000 $, persiste et signe un nouveau record à hauteur de 650 000 $ pour Untilted , chez Sotheby's. Véritable star aux États-Unis, Wade Guyton a, depuis 2002, troqué son pinceau contre une imprimante jet d'encre, ce qui lui a plutôt réussi. Ses motifs et lettrages aux erreurs, coulures et autres défauts d'impression sont d'ailleurs, depuis le mois d'octobre 2012, au cœur d'une exposition personnelle au Whitney Museum of American Art de New York.

Les moins...

Christie's semblait bien partie pour signer un nouveau record avec l'œuvre Bait de Robert RAUSCHENBERG dont l'estimation promettait une enchère entre 7 m$ et 10 m$. De même style et de même époque que Overdive, son record frappé 13 m$ chez Sotheby's New York en 2008, elle n'a pas réussi à trouver preneur. Il semble que les amateurs aient moins d'appétit pour celui que l'on considère comme le père du Pop Art. Rauschenberg n'a d'ailleurs signé aucune enchère millionnaire depuis 2010.

Les "offres" se sont moins emballées que ces derniers mois autour des œuvres de Gerhard RICHTER. Néanmoins pas d'inquiétude, les six lots répartis entre les deux maisons de ventes ont tous trouvé preneur dans leur fourchette d'estimation.

Ces deux ventes historiques prouvent une fois de plus que peintures de qualité, artistes établis, de préférence américains et d'après-guerre, sont les maîtres mots récidivistes capables de porter les plus beaux records mondiaux. Ces sensationnelles performances prouvent que même l'ouragan Sandy et les élections américaines ne peuvent détourner l'attention des collectionneurs toujours plus friands du segment de marché après-guerre et contemporain. 

 

Le produit mondial des ventes aux enchères 2011 : 11,5 millards de dollars

Source ARTPRICE 

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ALAIN VERMONT

 


26/01/2011

CASSAT, un clin d'oeil artistique franco-américain

L’américaine Mary CASSAT naquit à Pittsburgh, Pennsylvanie, le 22 mai 1844, au sein d’une famille bourgeoise dont le père était un riche banquier. Après des études à Philadelphie, elle découvrit l’Europe en 1866. Et, de Parme où elle admira les œuvres de CORREGE, elle se rendit en Espagne pour étudier VELASQUEZ, puis en Hollande où elle découvrit Frans HALS, et à Anvers où la peinture de RUBENS la captiva.

En Italie, elle devint l’élève de RAIMONDI durant huit mois, après quoi elle quitta Parme pour aller s’installer à Paris en 1872, et fréquenter l’atelier de CHAPLIN. La vue d’un pastel de DEGAS agit sur elle comme un révélateur. Elle exposa au Salon une première toile intitulée « Au balcon », puis renouvela l’expérience en 1874 avec un tableau que remarqua DEGAS, « Portrait d’Ida ». Elle devint alors l’amie du peintre qui la présenta aux Impressionnistes. En 1877, elle exposa avec eux. Les qualités de luministe de RENOIR l’influencèrent beaucoup. Elle parvint, dans ses sujets, à faire une synthèse du talent de DEGAS, de RENOIR, et de MANET. Elle exprima néanmoins une préférence pour le pastel et la gravure.

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Les enfants, la maternité et les scènes de famille furent les sujets les plus fréquents de ses tableaux. A Paris, en 1890, en compagnie de DEGAS, elle visita une exposition japonaise, et marqua son intérêt pour les estampes. Mais elle employa une technique différente de celle des asiatiques, en utilisant des plaques de métal en lieu et place de leurs plaques de bois, à l’exemple de « La toilette » pour laquelle elle utilisa des couleurs « plates ». Elle contribua ensuite à faire connaître l’art des Impressionnistes aux Etats-Unis. Les membres de sa famille, et leurs amis, achetèrent ainsi un grand nombre d’œuvres d’artistes français.

 

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Devenue aveugle au début de la première guerre mondiale, elle se retira dans son château du Mesnil-Beaufresne, et mourut le 19 juin 1926, à l’âge de quatre vingt deux ans, sans avoir connu le succès, tant en France qu’aux Etats-Unis. A l’exemple de nombre d’œuvres d’artistes ignorés en leur temps, les œuvres de Mary Cassat figurent aujourd’hui dans les grandes ventes internationales, pour une fois encore connaître un succès posthume, lié le plus souvent à certaines «spécificités déconcertantes» du Marché de l’Art.

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Alain VERMONT

 


28/10/2010

GUILLAUMIN et Les Impressionnistes

 

S’il est un artiste que les succès de la Peinture Moderne ont oublié, celui-ci a pour nom Jean-Baptiste-Armand GUILLAUMIN. Né à Paris en 1841, ce peintre issu d’un milieu modeste occupa dans sa jeunesse un petit emploi dans l’administration des Ponts et Chaussées. Cela ne l’empêcha pas, en 1863, de fréquenter l’Académie Suisse où se retrouvaient les jeunes artistes qui rejetaient l’enseignement officiel.

Il rencontra là PISSARO et CEZANNE qui devinrent très vite ses amis. Ses loisirs l’entraînèrent alors dans la nature où il composa ses paysages en refusant sans ambiguïté le travail en atelier. Il s’appliqua alors à reproduire, sous diverses lumières, le Montmartre rural de l’époque, ou la symphonie batelière des quais de la Seine.

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Contrairement aux idées reçues qui prévalurent plus tard, GUILLAUMIN contribua à l’élaboration des principes de la nouvelle esthétique picturale, en fréquentant les « nouveaux artistes » qui se retrouvaient chaque soir au Café Guerbois, et en participant en 1874 à la première exposition des Impressionnistes chez NADAR.

Il séjourna ensuite régulièrement chez le Docteur Gachet à Auvers-sur-Oise. En 1886, il exposa à New-York lors de l’accrochage organisé par le marchand d’art Durand-Ruel. Après cela, GUILLAUMIN découvrit la France, pour peindre le département de l’Yonne. La Creuse évoqua ensuite un élément essentiel dans son œuvre. Vers 1887 il devint l’ami de Van GOGH.

 

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Il faut d’ailleurs rappeler que GUILLAUMIN représenta l’une des raisons pour lesquelles Van GOGH se brouilla un peu plus tard avec le Docteur Gachet, en quittant sa demeure, pour s’installer à l’auberge d’Auvers où il mourut. En effet, l’histoire raconte que Van GOGH avait un jour reproché à Gachet de ne pas avoir correctement accroché au mur un tableau de GUILLAUMIN.

En 1891, après avoir participé à plusieurs expositions des Impressionnistes, GUILLAUMIN gagna cent mille francs à la Loterie. L’importance de la somme, pour l’époque, lui permit alors de quitter son emploi, pour se consacrer exclusivement à la peinture.

Ses moyens financiers nouveaux l’autorisèrent dès lors à voyager à sa guise. Il perdit ainsi le contact avec ses amis MONET et PISSARRO, en allant découvrir les côtes de l’Océan, ou celles de la Méditerranée. En 1904, il séjourna même deux mois en Hollande.

 

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Dès ses débuts parisiens, GUILLAUMIN s’était distingué des Impressionnistes par l’emploi d’une matière dense, et par une coloration vive de ses tableaux, à l’exemple des « Vues de Montmartre » ou des « Péniches sur la Seine à Bercy », peints en 1871. Déjà en 1870, le « Soleil couchant à Ivry » exprimait alors son emploi des plus violentes couleurs.

Il acheva sa vie en se perdant un peu dans sa recherche d’un chromatisme intense. La production de ses dernières années d’existence, se rapprocha par sa polychromie accentuée, du style des Fauves.

 

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Il mourut à Paris le 26 juin 1927, à l’âge de quatre vingt six ans, oublié par le monde de l’art qui n’avait alors retenu que les précurseurs du Mouvement Impressionniste.

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Alain VERMONT

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

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20/03/2009

CEZANNE : L'Artiste torturé

 

 

Paul CEZANNE naquit le 19 janvier 1839 à Aix-en-Provence. Son père, qui était chapelier, racheta une banque aixoise en faillite, et fonda avec un associé, en 1848, la banque Cézanne et Cabassol. Au collège Bourbon, le fils Cézanne devint l’ami d’Emile Zola. Parallèlement à ses études, il prit des cours de dessin pour obtenir un deuxième prix en 1858, alors qu’il réussissait son baccalauréat avec mention.

 

Zola quitta Aix-en-Provence pour aller s’installer à Paris. CEZANNE s’inscrivit alors à la Faculté de Droit pour poursuivre ses études, bien que l’appel du pinceau fût déjà omniprésent. Et le « Jas de Bouffan » que son père acheta en 1859 dans la campagne aixoise, devint le premier atelier de l’artiste qui fréquenta par ailleurs le sculpteur SOLARI, et le peintre Achille EMPERAIRE.

Cezanne négligea alors ses études juridiques, et ne rêva que de s’installer à Paris, après les invitations lancées par Zola. Marquant son désaccord, mais contraint par sa femme de se rendre à l’évidence, le banquier consentit enfin à installer son fils dans la capitale, en 1861. CEZANNE logea alors dans une chambre de la rue des Feuillantines, pour suivre les cours de l’Académie Suisse où il rencontra GUILLAUMIN et PISSARRO dont la peinture le ravit.

 

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La Montagne Sainte Victoire au Grand Pin, 1886/88.
Huile/toile 66 x 90 cm.
 
 
 
 

On lui refusa l’entrée à l’Ecole des Beaux-Arts parce que ses travaux n’étaient pas assez dominés, bien qu’ils révélassent un réel talent de coloriste. Il ajouta à cette déconvenue des embarras financiers qui le poussèrent à retourner à Aix où il accepta un emploi dans la banque familiale. Il continua cependant de peindre et de dessiner, en décorant les murs du « Jas de Bouffan », avec les « Quatre saisons ».

 

En novembre 1862, il séjourna de nouveau à Paris, pour retrouver l’Académie Suisse où il se lia avec BAZILLE, MONET, SISLEY et RENOIR. Il admira alors les tableaux de COURBET et de DELACROIX, et reçut d’eux une telle influence, qu’il resta à jamais imprégné par cet art qui l’empêcha toujours de se diriger dans la démarche de l’Impressionnisme de ses amis.

Il peignit des portraits, puis des compositions d’inspiration romantique qui frôlent la caricature, très sombres, et dans lesquels ne figurent pas ses chefs-d’œuvre.

 

Son auto-critique presque maladive le tourmenta sans cesse. Il changea très souvent de logement, et n’éprouva pas dans son travail un sentiment de satisfaction. Même la compagnie de ses amis ZOLA, MONET ou RENOIR qu’il retrouvait parfois au Café Guerbois, ne lui apporta pas l’apaisement souhaité. Ces derniers, trop préoccupés eux-mêmes par leurs problèmes, ne l’encouragèrent pas assez à persévérer dans le chemin où il s’était engagé. Ses tableaux furent régulièrement refusés au Salon.

 

Cezanne cartes 1.jpg
Les Joueurs de cartes, 1890/92.
Huile/toile, 47,5 x 57 cm.

 

Découragé, il revint à Aix en 1864, et jusqu’en 1870, se partagea ainsi entre la capitale et sa ville natale. En 1867 son tableau « Grog au vin » fut de nouveau refusé par le Salon. Lorsque la guerre franco-allemande éclata, il se réfugia à l’Estaque, près de Marseille, avec un jeune modèle, Marie-Hortense Fiquet, qui devint plus tard sa femme.

Sa peinture, plus ou moins inspirée par le TINTORET, GOYA ou DAUMIER, se signale par la force de l’expression, comme « L’autopsie » ou « La moderne Olympia ».

Après la chute de la Commune, il revint à Paris en 1871. L’année suivante, alors que naissait son fils Paul, il rejoignit PISSARRO à Pontoise. Puis, avec son aîné qu’il admirait tant, il s’installa à Auvers-sur-Oise en 1873, pour rencontrer alors le mécène des Impressionnistes, le Docteur Gachet. Dans cette période de deux années, il peignit de nombreux paysages, parmi lesquels la « Maison du docteur Gachet », en éclaircissant sensiblement sa palette.

En 1874, PISSARRO l’imposa à la première exposition des Impressionnistes chez NADAR. Il accrocha là quelques toiles comme la « Maison du pendu » ou « Paysage à Auvers ».

 

Cezanne Nature 1.jpg
Nature Morte au rideau, 1896/99.
Huile/toile, 53 x 72 cm.

 

Sa peinture devint ce jour-là l’objet de la plus grande risée du public qui cria au scandale. Il reçut néanmoins le soutien du Docteur Gachet qui lui fit vendre quelques tableaux dans son entourage. Il commença alors une intense période de travail qui le fit s’éloigner de ses influences Impressionnistes. Il abandonna peu à peu la peinture par touches de couleurs distinctes, et la division des tons, pour s’orienter vers de larges surfaces grâce auxquelles il parvint à une unité de construction plus structurée.

En 1876, il renonça à l’exposition des Impressionnistes qu’il retrouva l’année suivante pour y accrocher seize tableaux. Le résultat fut catastrophique, et son père qui n’admettait ni sa vocation, ni sa liaison avec Hortense, lui retira ses subsides mensuels. Zola l’aida alors matériellement, mais CEZANNE s’enferma dans une misanthropie qui entraîna peu à peu la fuite de ses amis Impressionnistes.

 

Le peintre GUILLEMET qui appréciait sa peinture, parvint à l’imposer au Salon de 1882. Durant la même année, CEZANNE quitta Paris pour s’installer définitivement en Provence où le visitèrent parfois RENOIR et MONET. En 1883, il fit la connaissance de MONTICELLI, et peignit en sa compagnie dans la région de Gardanne. Il retrouva parfois la capitale pour de brefs séjours, et épousa Hortense en 1886, lorsque son père mourut en lui léguant une fortune de deux millions de l’époque.

Il se fâcha alors avec Zola qui venait de publier « L’œuvre », en s’inspirant de lui pour décrire dans son livre le personnage du « peintre raté ». En 1888, CEZANNE s’installa à Paris pour deux ans, et fréquenta VAN GOGH, GAUGUIN et Emile BERNARD, le Nabi. Mais en 1891, sa misanthropie s’accrût sous les fortes poussées du diabète qui le rongeait. A l’automne 1894, il séjourna chez MONET à Giverny et rencontra alors RODIN. Dans un accès de colère, et sans raison particulière, il se brouilla avec MONET. En 1895, le marchand Ambroise Vollard lui offrit une première exposition qui regroupait ses dix dernières années de création. Ses meilleurs chefs-d’œuvre furent exposés là, comme « Le vase bleu », « La commode », ou les « Joueurs de carte ».

 

En 1899, Vollard organisa une nouvelle exposition de CEZANNE, rue Laffitte, et dans laquelle se côtoyaient cent soixante œuvres de l’artiste. La presse et le public exprimèrent alors une vive réaction, mais les amateurs d’art apprécièrent la cohésion de l’ensemble en achetant sept tableaux. Plusieurs expositions, comme celle de Bruxelles en 1901, le rendirent finalement célèbre.

Cezanne baigneuses 1.jpg
Grandes Baigneuses II, 1894/1905.
Huile/toile, 130 x 193 cm.

 

Malgré leur brouille, il resta très affecté par la mort de Zola en 1902. Il apprécia ensuite sa victoire définitive sur les « Officiels », lorsque le Salon d’Automne lui consacra une salle entière en 1904. L’année suivante, le même Salon honora de nouveau sa peinture, et Cézanne acheva les « Grandes baigneuses » sur lesquelles il travaillait depuis sept ans. Séparé de sa femme et de son fils depuis la mort de sa mère en 1898, il habita un appartement d’Aix, en poursuivant son œuvre puisqu’il s’était juré de « mourir en peignant ».

Le 15 octobre 1906, alors qu’il composait un « Cabanon dans la campagne aixoise », il fut surpris par un orage, et attrapa une pneumonie dont il mourut le 22 octobre 1906, chez lui, à l’âge de soixante cinq ans, après avoir reçu les derniers sacrements.

 

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Alain VERMONT

 

 


 


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14/03/2009

CAILLEBOTTE l'Artiste Mécène

Gustave CAILLEBOTTE naquit à Paris le 19 août 1848. Il demeure encore aujourd’hui le parent oublié de cette époque qui donna naissance à la Peinture Moderne, par le truchement de l’Impressionnisme.

 

En 1873, il fut reçu à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts, et devint l’élève de BONNAT qui enseignait à l’Académie, et dans son atelier personnel. Une année plus tard, après avoir abandonné l’Institution Académique, et s’être retiré à Argenteuil pour exploiter une construction navale, il rencontra MONET qui devint son ami.

Le jeune artiste s’engagea alors dans le Groupe des Impressionnistes. Il participa à plusieurs de leurs expositions, et accrocha ses tableaux aux côtés des leurs.

De sa fortune personnelle, il se servit pour aider ses amis, MONET, RENOIR, SISLEY et PISSARRO, en leur achetant régulièrement des tableaux. Pour sa part, il peignit le réalisme de la vie des travailleurs, ainsi que de nombreuses vues de Paris, comme le « Pont de l’Europe ». Très longtemps, il ne fut connu du grand public que pour une seule composition intitulée « Les raboteurs de parquet ».

 

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Le Pont de l'Europe.
Huile/toile.

 

CAILLEBOTTE s’appliqua à composer des vues plongeantes des Grands Boulevards, prises des fenêtres de son appartement, en exprimant une construction géométrique précise. Sa mise en page rappelle DEGAS ou PISSARRO, et sa lumière n’est pas éloignée de cette de RENOIR ou SISLEY.

Il refusa de participer à la sixième exposition des Impressionnistes, principalement dominée par DEGAS qui déjà ne partageait plus les mêmes idées que MONET et RENOIR.

 

CAILLEBOTTE s’établit sur les bords de Seine, et devint maire-adjoint de Gennevilliers. Il partagea alors son temps entre sa peinture qui révéla d’excellentes toiles représentant les paysages du fleuve, et l’administration de sa commune où il était très apprécié. Hormis  l’activité de ses pinceaux, le yachting représenta pour lui un loisir constant.

 

En 1876, célibataire incorrigible, il rédigea son testament en faveur de l’état, en précisant que sa collection de tableaux Impressionnistes devait rester indivisible, pour être accueillie au Luxembourg, puis au Louvre.

Le 21 février 1894, il mourut à Gennevilliers, victime d’une congestion cérébrale, à l’âge de quarante six ans, sans se douter que ses dernières volontés ne seraient que partiellement respectées.

 

En effet, des soixante cinq toiles Impressionnistes de sa collection, quarante seulement furent admises par l'Académie, pour ensuite figurer au Musée du Jeu de Paume, avant de connaître le Louvre plus tard, puis le Musée d’Orsay.

 

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Les Raboteurs de parquet.
Huile/toile.

 

Le peintre officiel de l’époque, Gérôme, ainsi que les professeurs des Beaux-Arts s’étaient ligués pour interdire l’entrée des Impressionnistes au Louvre, en menaçant de démissionner. Le Comité Consultatif des Musées fut alors, sous la pression énergique de Clemenceau, et sous la pression de la fidèle reconnaissance de RENOIR qui était l’exécuteur testamentaire, dans l’obligation de respecter, mais seulement en partie, la mémoire de l’artiste, en n’acceptant que la moitié des MONET et des CEZANNE de cette majestueuse collection !

En fait, il faudra attendre la rétrospective parisienne honorant le centenaire de sa disparition, pour que le grand public rencontre enfin celui qui jadis, avait su en dehors de son talent personnel, apprécier dans son entier, l’art de ses contemporains Impressionnistes.

 

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