11/02/2013

L'Histoire du Mobilier d'Epoque depuis Louis XIII

Le mobilier Louis XIV (1661-1715) - Régence (1715-1723) - Louis XV (1723-1760) - Transition (1760-1774) - Louis XVI (1774-1793) -Directoire (1793-1799) - Empire (1799-1815) - Restauration (1815-1824) - Charles X (1824-1830) - Louis Philippe (1830-1848) - Napoléon III (1852-1870) - Art Nouveau (1880-1914) - Art Déco (1925-1940).

A l'opposé du mobilier Louis XIII, plus austère, moins raffiné, le mobilier d'époque Louis XIV fut enrichi de somptueux décors de marqueterie et de bronze.

André Charles Boulle (Paris - 1642-1732), fut reçu Maître Ebéniste en 1664. L'appellation « ébéniste » trouva sa source dans l'origine du mot ébène qui est le bois de l'ébénier, arbre tropical d'un noir foncé, au grain uni d'une grande dureté. Auparavant les  artisans fabricants de meubles étaient appelés menuisiers.

 

Workshop of André-Charles Boulle (1642-1732).jpg

Boulle était également un fondeur, dessinateur et sculpteur. Il parvint à cumuler ses différents talents sans se soucier de répondre aux règlements corporatistes de l'époque, grâce à son titre de "Premier Ebéniste du Roi". Son importante manufacture était située au Louvre.

La marqueterie "Boulle" qui est une superposition de décors d’écaille et de laiton, n’est pas une invention de ce dernier, même si ce terme "marqueterie Boulle" est devenu un terme générique depuis cette époque. En effet, les Hollandais utilisaient déjà cette technique depuis la deuxième moitié du XVIIème siècle.

 

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Le principe de cette marqueterie réside dans le découpage, à la scie, d’une plaque d’écaille et d’une plaque de laiton, superposées.

On obtenait alors deux fonds ainsi que deux décors a plaquer, définis ainsi : la "première partie" (fond d’écaille avec ornementation de laiton), et la "contrepartie" (fond de laiton avec ornementation d’écaille), ce qui permettait de fabriquer des meubles par paires.

 

Boulle-2.jpg

Ces marqueteries, qui n'étaient pas incrustées, étaient assemblées à l’envers sur un support en papier, avant d'être collées -à la colle d’os- sur le bâti du meuble qui avait été préalablement préparé. Une fois le décor collé, on enlevait le papier de manière à pouvoir polir le meuble.

L’écaille, de forme bombée, était alors réchauffée, au feu ou à l’eau bouillante, afin de la rendre malléable et de lui donner la forme souhaitée. Après son refroidissement , l'écaille retrouvait sa dureté originale. Le décor appliqué sur le laiton était gravé au burin.

Des motifs en ivoire, en corne ou en nacre pouvaient également être utilisés en marqueterie sur le fond d’écaille.


D'autres essences de bois précieux habillaient également les meubles, comme le bois de violette, l'amarante, le palissandre...). Les ornementations en bronze ou en bois sculpté, comme la feuille d'acanthe ou la coquille sont des classiques de cette époque.

A la fin du XVIIème, et durant le XVIIIème siècle, l’écaille de la tortue "Caret", pour carnivore, était employée pour la marqueterie. Au XIXème siècle, on utilisa l’écaille de tortue "franche" (herbivore) dont l'épaisseur d’écaille est plus fine, et dont les taches sont plus nettes.

 

mazarin par Puchwiser (D) 1714.JPG


Les décors de laiton réalisés aux XVIIème et XVIIIème siècles étaient d’une découpe beaucoup plus épaisse qu’au XIXème siècle .

 

Cartel L XIV.jpg

L’atelier d’André Charles Boulle, très productif, fut détruit à la suite d'un incendie en 1720, sans doute criminel. Sa collection d'oeuvres d'art qui portait les noms de Rubens, Van Dyk, Mignard, Snyders, Bourdon, Le Brun, et bien d'autres, fut elle aussi ravagée par les flammes.

Ses quatre fils continuèrent son œuvre sans exprimer l’esprit inventif de leur père qui mourrut quasiment dans la misère. 

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Alain VERMONT

18:14 Écrit par L'Art Pluriel | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : boulle, andré charles boulle, meubles d'époque, marqueterie, bronze |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

25/01/2013

LE GRAND DESORDRE du Marché de l'Art

Quand on constate aujourd'hui les amplitudes financières réalisées par la vente de certaines « œuvres d'art », on ne peut malheureusement que s'étonner de cette « folie pécunière » qui prévaut à l'échelle mondiale.

En effet, comment expliquer qu'un tableau de l'artiste américain Mark Rotko (1903-1970), voir l'illustration ci-dessous, dont la réalisation technique reste sujette à caution (la majorité des tableaux de Rotko sont aujourd'hui dans un très mauvais état de conservation), et qui n'a certainement pas nécessité un temps de travail exceptionnel dans sa réalisation, ait atteint le 8 mai 2012 à New York, un prix de vente de 77 500 000 dollars. 

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Et même si ce tableau représente un grand format, puisqu'il affiche une hauteur de 236,2 cm et une largeur de 206,4 cm, ce qui implique une surface de 4,87 m2, reconnaissons que le ratio au m2, à savoir 15 914 000 dollars, peut donner à penser au plus grand nombre.

Si l'on se fait l'avocat du diable, imaginons que cette composition  épurée, pour ne pas dire « ultra minimaliste », aura demandé une journée de travail de 8 heures. Le ratio horaire indique alors 9 687 500 dollars de l'heure !

Sans vouloir désacraliser l'art, il faut quand même avouer que tous ces chiffres d'une altitude vertigineuse ont de quoi « donner le tourni » à beaucoup, et notamment à tous ces artistes sincères, en devenir, et laissés pour compte par l'Establishment qui entretient dans la Finance comme dans le Milieu de l'Art, le malaise financier nauséabond actuel.

Pour établir un parallèle expressif, comparons ce tableau avec la paire de cabinets réalisée par le grand ébéniste André-Charles Boulle durant le règne de Louis XIV (voir l'illustration ci-dessous), et qui s'est vendue à Drouot Paris le 26 septembre dernier pour la somme de 2 857 800 €.

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D'aucuns pourraient dire que le prix de vente de ces deux meubles représente une belle somme d'argent, ce qui est vrai. Mais admettons, au regard de la qualité de réalisation de ces meubles exceptionnels, le temps passé par cet ébéniste, pour parvenir à un tel résultat. Plusieurs mois ont été nécessaires pour mettre les différentes essences de bois en préparation, et réaliser les infinies et minutieuses marqueteries, et autres bronzes dorés.

Le tout, dans une époque où l'électricité n'existait pas, ce qui implique que tous les gestes de travail ont été réalisés à la main, sans aucune machine électrique des temps modernes.

Le phénomène de « mode artistique » actuel s'illustre par le bureau « H » illustré ci-dessous, réalisé par l'artiste-designer Jean Prouvé (1901-1984), en taule pliée laquée noire, caisson métallique et plateau en chêne plaqué, vendu le 3 décembre dernier à Drouot Paris pour la somme de 446 112€.

 

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Abusus non tollit usum (l'abus n'enlève pas l'usage) !

La démarcation entre l'abus et l'usage ne peut plus être quantifiée du fait de tous ces excès financiers qui régissent notre monde. Dans sa grande souffrance existentialiste l'homme affiche de plus en plus des comportements irrationnels qui peuvent traduirent toutes ses particularités, son manque de confiance en lui, sa soif de reconnaissance, ou les délires de son paraître et de son image qui induisent les extravagances auxquelles nous assistons.

Dans sa retraite éternelle, que doit penser Van Gogh en voyant fonctionner ce monde actuel à la recherche de gloires éphémères ou de fortunes diverses, lui qui sa courte vie durant, souffra de la misère la plus sombre, ignorant toujours une quelconque recherche mercantile à retirer de son talent, un talent qu'il avait mis au service de son amour pour la peinture. Et bien d'autres...

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 ALAIN VERMONT