23/11/2012

Dans la grisaille de novembre, une "pluie de records"...qui nargue la crise

7 novembre 2012, chez Christie's New York

Quelques heures avant l'ouverture de cette grande vente du soir, l'indice de confiance du marché de l'art invitait certes à l'optimisme (5 points de plus et des intentions d'achat touchant plus de 70 % des votants), mais pas autant que Christie’s, qui espérait dépasser les 250 m$ de recette. Si le résultat final est en deçà de leurs espérances (179,8 m$), il est néanmoins tout à fait honnête par rapport à la cession 2010 (180,4 m$) et relègue la mauvaise expérience de 2009 (56,8 m$) au rang de mauvais souvenir.

Les 10 plus belles enchères ont récompensé Pablo PICASSO et Alberto GIACOMETTI par trois fois, Constantin BRANCUSIJoan MIRO et, bien sûr, les très attendus Claude MONET  (meilleur résultat de la vente grâce aux Nymphéas adjugés 39 m$), et Wassily KANDINSKYpour qui ce 7 novembre 2012 est le jour d'un nouveau record mondial à hauteur de 20,5 m$.

Studie für Improvisation 8 franchit en effet de peu son estimation basse mais enterre un sommet vieux de 12 ans à 19 m$ enregistré le 17 mai 1990 chez Sotheby's New York. Les prix des modernes sont revenus au plus haut : il faut remonter le temps de 22 ou 23 années pour trouver des résultats d'enchères similaires sur certaines pièces. Cela est valable sous des signatures abstraites (comme Kandinsky) mais aussi sur les maîtres modernes comme Picasso ou Henri MATISSE.


L'adjudication à 700 000 $ du sublime, mais petit, bronze d'Henri Matisse,La Tiaré (20,3 cm), est son record pour une sculpture si petite... record avec lequel flirtaient déjà les enchérisseurs en 1989, lorsqu'Henriette III, (20 cm) s'est vendue l'équivalent de 644 000 $ chez Sotheby's New York.

Signe des temps, le Top 10 de Christie's révèlent que les deux Picasso les plus chers ont été acquis par des acheteurs asiatiques :Buste de femme à 11,6 m$ et la Femme au chien à 5 ,6 m$.


Sur les neuf Picasso proposés lors de cette vente, cinq sont millionnaires, trois font partie du Top 10 et trois sont restés invendus. Que le tiers des Picasso offerts essuient des échecs de vente n'est pas anodin : les acheteurs sont sélectifs, informés, prudents et n'achètent pas à n'importe quel prix. Ils ont notamment rejeté la sculpture en bronze d'un jeune 
Coq, dont l'estimation était comprise entre 10 m$ et 15 m$. Cette retenue est compréhensible quand on sait que seules deux sculptures de Picasso sont parvenues aux 10 m$ dans l'histoire des enchères, deux sculptures qui de surcroît étaient plus grandes et plus rares sur le marché : Tête de femme, Dora Maar a été éditée à 2 exemplaires et La Grue à 4 alors que le Coq a été édité à 6 exemplaires.


Du côté de chez Sotheby's, trois toiles de Picasso n'ont pas trouvé l'écho escompté : le Plant de Tomate (1944) paraissait trop cher en 2012 dans sa fourchette d'estimation de 10 m$ à 15 m$, malgré une adjudication à 12 m$ en 2006 chez Christie's le 8 novembre 2006. En août 1944, le maître a peint à neuf reprises ce plan de tomates (au rythme de près d'une toile par jour) puis en l'espace de sept ans, le prix de ces « pommes d'amour » se voyait révisé au décuple (passant de 1,9 m$ en 1999 à 12 m$ en novembre 2006). Il arrête donc là son ascension. Qu'importe, c'est encore à Pablo Picasso que Sotheby's doit la moitié des recettes de cette grande vente du 8 novembre. Six coups de marteau (quatre pour des peintures et deux pour des dessins) ont en effet permis à la société de ventes aux enchères de dégager 72,27 m$ (hors frais) contre 70,33 m$ générés par la vente de 40 autres lots.


A défaut d'un véritable record absolu, signalons tout de même l'extraordinaire envolée d'un dessin à l'encre toujours signé Picasso et intitulé 
Le Viol (1940), qui doublait son estimation haute pour une enchère gagnante de 12 m$.

A ce niveau de prix, Le Viol s'inscrit à la troisième place des meilleures adjudications de Picasso pour un dessin et à la meilleure place pour un dessin non rehaussé à la gouache. Cette oeuvre signe l'un des quatre coups de marteau à plus de 10 m$ pour Sotheby's pour cette cession tandis que Christie's en enregistrait six la veille.

Records historiques pour les ventes d'art d'après-guerre et contemporain 

Faisant fi de la sinistrose, les ventes d'automne à New York ont atteint cette année un niveau inégalé. Surpassant les ventes plus mesurées d'art moderne et impressionniste frappées une semaine auparavant, c'est une fois de plus le segment après-guerre et contemporain qui remporte haut la main la bataille. Preuve que rien n'ébranle la vitalité de ce marché refuge.

Quant à l'autre bataille, celle menée entre les leaders Christie's et Sotheby's, Christie's l'emporte haut la main en réalisant 364m$ lors de la vente du soir du 14 novembre, soit le plus beau résultat de son histoire pour une vente d'art d'après-guerre et contemporain (le record absolu étant détenu par la vacation d'art impressionniste et moderne avec 437 m$ en 2006). La veille, Sotheby's encaissait tout de même 331 m$ et signait son record de vente absolu en détrônant la vente d'art d'après-guerre et contemporain du 14 mai 2008 qui avait enregistré 320 m$ !

Le moins que l'on puisse dire est que les acheteurs se sont bien rassasiés et ce particulièrement chez Christie's qui enregistre seulement 8 % de taux d'invendus et 56 enchères millionnaires dont 10 au-dessus de 10 m$, là où Sotheby's comptabilise 16 % de taux d'invendus et 42 enchères millionnaires dont 7 frappées au-dessus de 10 m$. Bien évidement dans un tel contexte, les deux maisons signent une pluie de nouveaux records : 8 pour Christie's et 8 pour Sotheby's.

La plus haute enchère des deux vacations est emportée par la toile No. 1 Royal Red and Blue de Mark ROTHKO cédée 67 m$, soit 17 m$ de plus que son estimation haute, chez Sotheby's ! Elle reste malgré cela la deuxième plus belle enchère pour l'artiste face à Orange, Red, Yellow adjugée 77,5 m$ en mai 2012 chez Christie's New York.

Un habituel festival de stars

Face aux artistes américains, qu'ils soient issus des mouvements pop art ou de l'expressionnisme abstrait, c'est encore et toujours le même engouement. Parmi eux, notons un nouveau record de vente pour Jackson POLLOCK chez Sotheby's. De format pourtant modeste (76,5 cm x 63,5 cm), la toile Number 4 trouve preneur pour 36 m$ soit plus de 15 m$ de plus que son dernier record, Number 28 (76,5 cm x 137,4 cm), adjugé 15,7 m$ chez Christie's New York le 8 mai 2012.

Stars toujours, les œuvres d'Andy WARHOL ont encore largement arrosé les enchères, totalisant 13 lots sur les deux ventes. Et ce sans compter les 354 lots dispersés lors du premier volet du partenariat signé entre Christie's et la Fondation Warhol, le 12 novembre. Les deux vacations n'ont cependant pas réussi à frapper assez haut pour détrôner les 2 plus belles ventes de cet habitué des record, encore attribuées à Green Car Crash (Green Burning Car I) adjugé 64 m$ chez Christie's New York le 16 mai 2007 et Men in her life adjugé 56,5 m$ chez Phillips de Pury & Company New York, le 8 novembre 2010. Néanmoins, Statue of Liberty trône désormais à la 3ème place des exploits de Warhol grâce à une adjudication au-delà de tout pronostic à 39 m$ (Christie’s). Comptant parmi les œuvres cultes de l'artiste, elle a aussi la particularité d'expérimenter la future technique en 3D et d'être ainsi visible en volume grâce au port de lunettes vert et rouge.

Le mouvement minimaliste n'est pas en reste avec un retour aux sommets millionnaires pour Agnes Bernice MARTIN ou encore un record rafraîchi pour Donald JUDD à hauteur de 9 m$ pour la sculpture Untitled, 1989 (Bernstein 89-24).

Du côté des "mastodontes" de l'art contemporain la Jean-Michel BASQUIAT mania continue son chemin grâce à un nouveau chef-d'œuvre,Sans-titre, qui sort de l'ombre et s'envole au-delà du seuil de 20 m$ chez Christie's. Avec ses 23,5 m$, l'œuvre surpasse de près de 5,6 m$ son ultime meilleure vente enregistrée quelques mois plus tôt avec Untitled, adjugée 17,9 m$ chez Christie's Londres, le 27 juin 2012. 

Jeff KOONS s'affirme, lui, comme l'un des artistes vivants les plus chers au monde avec la vente d'une sculpture monumentale : cédée 30 m$, Tulips devient son nouveau meilleur résultat.

Quelques nouveaux noms dans les plus hautes sphères

Figure majeure de l'expressionnisme abstrait, Franz KLINE était assez discret aux enchères ces dernières années, la signature de sa plus belle vente remontant à l'année 2005 avec les 5,7 m$ de Crow Dancer enregistrés chez Christie's New York le 11 mai 2005. Les ventes des 13 et 14 novembre 2012 changent désormais la donne : sur les six lots proposés par les deux maisons de ventes, quatre deviennent les nouveaux records de l'artiste. L'adjudication de Untitled, huile sur toile grand format (200,7 cm x 280,4 cm), pour 36 m$ le place même sur un pied d'égalité avec le nouveau record de Pollock également frappé à 36 m$.

Encore du côté de l'expressionnisme abstrait, les toiles des années 70/80 de l'Américain Richard DIEBENKORN (1922-1993) ont aussi le vent en poupe : en trouvant preneur à 12 m$ chez Christie's, Océan Park # 48 doublait presque son record de 2011 quand Ocean Park #121 était adjugée 6,8 m$ chez Christie's New York, le 11 mai.

Artistes vivants, des envolées confirmées...

La peinture géométrique de Mark GROTJAHN (1968) continue sur sa lancée en signant une belle performance avec les 3,65 m$ deUntitled (Red Butterfly II Yellow MARK GROTJAHN P-08 752) enregistrés chez Christie's, ce résultat doublant en à peine 6 mois les 1,8 m$ frappés pour « Untitled (Yellow Butterfly III) » lors des ventes printanières chez Sotheby's New York, le 9 mai 2012.

Toujours dans la mouvance géométrique-minimaliste, Wade GUYTON, qui depuis février 2011 enregistre onze adjudications entre 250 000 $ et 560 000 $, persiste et signe un nouveau record à hauteur de 650 000 $ pour Untilted , chez Sotheby's. Véritable star aux États-Unis, Wade Guyton a, depuis 2002, troqué son pinceau contre une imprimante jet d'encre, ce qui lui a plutôt réussi. Ses motifs et lettrages aux erreurs, coulures et autres défauts d'impression sont d'ailleurs, depuis le mois d'octobre 2012, au cœur d'une exposition personnelle au Whitney Museum of American Art de New York.

Les moins...

Christie's semblait bien partie pour signer un nouveau record avec l'œuvre Bait de Robert RAUSCHENBERG dont l'estimation promettait une enchère entre 7 m$ et 10 m$. De même style et de même époque que Overdive, son record frappé 13 m$ chez Sotheby's New York en 2008, elle n'a pas réussi à trouver preneur. Il semble que les amateurs aient moins d'appétit pour celui que l'on considère comme le père du Pop Art. Rauschenberg n'a d'ailleurs signé aucune enchère millionnaire depuis 2010.

Les "offres" se sont moins emballées que ces derniers mois autour des œuvres de Gerhard RICHTER. Néanmoins pas d'inquiétude, les six lots répartis entre les deux maisons de ventes ont tous trouvé preneur dans leur fourchette d'estimation.

Ces deux ventes historiques prouvent une fois de plus que peintures de qualité, artistes établis, de préférence américains et d'après-guerre, sont les maîtres mots récidivistes capables de porter les plus beaux records mondiaux. Ces sensationnelles performances prouvent que même l'ouragan Sandy et les élections américaines ne peuvent détourner l'attention des collectionneurs toujours plus friands du segment de marché après-guerre et contemporain. 

 

Le produit mondial des ventes aux enchères 2011 : 11,5 millards de dollars

Source ARTPRICE 

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ALAIN VERMONT

 


05/06/2012

DE VLAMINCK un Fauve parmi les Fauves

 

Maurice DE VLAMINCK naquit à Paris le 4 avril 1876, dans une famille de musiciens qui s’installa ensuite au Vésinet en 1879. Livré à lui-même dès sa jeunesse, par des parents qui ne se préoccupaient que de leur métier, il grandit en se forgeant une nature rebelle. En 1895, il fréquenta l’Ile de Chatou pour peindre aux côtés de Henri RIGAL, et exprimer son admiration pour l’Impressionnisme.

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De retour du service militaire en 1896, il enseigna la musique durant trois ans, et devint premier violon au Théâtre du Château d’Eau. Aux premiers jours du siècle nouveau, il rencontra MONET, puis DERAIN avec qui il loua un atelier sur l’Ile de Chatou. L’année suivante, les deux amis visitèrent l’exposition Van GOGH, et DE VLAMINCK resta bouleversé par l’œuvre de celui qu’il appela ensuite « Mon père ».

L’artiste devint alors le Fauve qui respectait la loi de la couleur pure. Vivant sans moyens financiers, il réussit cependant à acheter des tubes de couleurs de qualité inférieure, pour composer certaines toiles qui malheureusement vieillirent mal. Son approche particulière de l’art se défendit de fréquenter les musées, et l’empêcha de se soumettre à l’enseignement de l’Académie.

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Peintre d’instinct, DE VLAMINCK voulut tout ignorer des problèmes de la nature, et le fit savoir, notamment dans ses nombreux écrits. Rebelle il fut, et rebelle il demeura. Il considérait par exemple que l’enseignement de la religion dispensé par les prêtres, n’était qu’une atteinte aux droits de la personne. Il ne respectait pas plus les institutions établies, et s’élevait contre la puissance de l’Etat, en dénonçant le pouvoir de la police. Il accentua même l’acidité de ses jugements en traitant PICASSO de « Laborieux plagiaire », avant de visiter cependant son atelier du « Bateau-Lavoir », quelques années plus tard.

Le colosse au physique impressionnant poursuivit son œuvre en ne respectant que son instinct. Il se joignit malgré tout aux Fauves en 1905, pour accrocher ses tableaux d’abord au Salon des Indépendants, puis au Salon d’Automne, dans la singulière « Cage aux fauves ». En 1906, Vollard lui acheta son fonds d’atelier, et exposa ses tableaux. Dès lors, DE VLAMINCK abandonna l’ambiance des salons pour lui préférer des expositions irrégulières dans diverses galeries. Ce colosse peintre s’appliqua à réaliser des tableaux paysagistes qui exprimaient des ciels de désespoir qui figurent parmi ses plus belles œuvres.

Ses loisirs du dimanche l’entraînèrent à participer à des courses cyclistes, ou à fréquenter les fêtes populaires. Artiste habile, il créa aussi des lithographies et des gravures sur bois, et produisit de magnifiques dessins à l’encre de chine. Sa plume composa plusieurs écrits faits de poèmes et de théories personnelles sur la peinture.

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Dans ses ouvrages, il donna alors son sentiment personnel et singulier : « La période de l’intellectualisme déchaîné des divagations absconses, des spéculations maladives est révolue ; les jeunes peintres aspirent aux disciplines naturelles. Il s’agit de revenir à une peinture lisible, vivante, humaine. Le cubisme fut la négation même de l’art de peindre. Longtemps il exerça sur les esprits de funestes ravages... La peinture c'est comme la cuisine. Cela ne s'explique pas. Ca se goûte ! ».

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Alain VERMONT

12/04/2012

MATISSE, un Maître peu commun

 

Henri MATISSE naquit au Cateau-Cambrésis, dans le Nord de la France, le 31 décembre 1869. Après ses études secondaires, il devint clerc dans une étude d’avoué à St Quentin, alors qu’il suivait des cours de droit en occupant ses loisirs par la peinture, pour composer en 1890 sa « Nature morte aux livres ». Il s’installa ensuite à Paris pour achever ses études de droit, et s’inscrire en 1893 à l’Ecole des Beaux-Arts, où il fréquenta l’Atelier de BOUGUEREAU, avant de poursuivre son apprentissage de la peinture dans l’atelier de Gustave MOREAU où travaillaient déjà MARQUET, ROUAULT, CAMOIN et MANGUIN. Sous la direction du Maître, il dessina beaucoup d’après nature, et se rendit souvent au Louvre pour exécuter des copies de POUSSIN, CHARDIN et Philippe de CHAMPAIGNE qui l’influencèrent considérablement.

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Luxe, calme et volupté

En 1896, la sagesse de ses premières œuvres lui permit d’exposer onze tableaux au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts, et d’être reçu comme sociétaire de cette respectable assemblée, avant qu’un de ses tableaux ne fût acheté par la sévère Commission d’Etat. Il ne s’émut pas de la belle carrière de peintre officiel qui se présentait à lui, et poursuivit son travail, en découvrant l’Art Musulman et les estampes japonaises, pour rester frappé par la puissance expressive de leurs arabesques.

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Odalisque, harmonie en rouge

Il séjourna alors en Bretagne pour mieux appréhender ensuite la transcription luministe des Impressionnistes. En 1898, il découvrit la Corse et la Côte d’Azur, pour se convaincre un peu plus de l’intérêt de la peinture aux accords colorés intenses. Après son retour à Paris, il fréquenta plusieurs académies dans lesquelles il rencontra DERAIN et Jean PUY. Aux côtés de MARQUET, et pour nourrir sa femme et ses trois enfants, il exécuta les nombreuses guirlandes de stuc qui encadraient les fresques du Palais des Beaux-Arts de l’Exposition Universelle de 1900.

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Nature Morte en bleu

Sa peinture était encore réalisée selon les préceptes du Néo-Impressionnisme, bien que l’influence de CEZANNE se fît déjà sentir pour l’engager à maintenir les contours, et marquer les formes d’une manière simplifiée, tout en conservant des couleurs lumineuses.

En 1904, il composa à Collioure des paysages traités par l’arabesque enserrant des aplats de couleurs pures, et qu’il exposa au Salon d’Automne de 1905 durant lequel naquit le nom des Fauves dans la bouche de Louis Vauxcelles.

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Le Bonheur de vivre

A partir de 1905, Matisse, imité par son ami DERAIN, produisit les premiers tableaux véritablement Fauves, mais à l’inverse de ses amis, n’attribua pas de fonction dynamique à la couleur ou à la forme. Il tendait à une expression dans laquelle couleurs, formes, corps, espaces et proportions exprimaient les idées du peintre assemblées en une composition décorative  « Sans objectivité inquiétante ».

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La Croyante nue

En 1908, ayant déjà dépassé le Fauvisme originel, et sous l’influence manifeste de CEZANNE, il s’approcha de la tendance cubiste et fonda un premier atelier dans le Couvent des Oiseaux, rue de Sèvres, aux côtés de FRIESZ, pour recevoir des adeptes venus du monde entier. La même année, il transporta son atelier public dans le Couvent du Sacré-Cœur qui venait d’être rendu à une utilisation laïque.

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Intérieur et phonographe

Par son école, MATISSE exerça une grande influence sur la peinture, et sur la peinture allemande en particulier. Les sujets traités représentaient des fleurs, des femmes, des meubles et d’autres éléments décoratifs. La peinture de MATISSE ne connut rien de gratuit. Elle se concentra sur ce que le peintre voulait exprimer par la couleur et la forme, sans jamais tomber dans le maniérisme.

 

En 1912, il visita le Maroc, et à son retour en France, commença une longue évolution dans sa peinture, en se fixant à Nice où il avait décidé de résider, pour poursuivre son œuvre dans le développement logique de ses intuitions d’origine. Il produisit en parallèle à sa peinture ses premières sculptures sérieuses comme « Les têtes de Jeannette ». Son succès entraîna sa peinture à New York en 1915, à Paris en 1919, à Pittsburgh en 1927, et à Berlin en 1930.

 

Ce génie de l’art se transporta beaucoup en Europe, et en Polynésie où il résida durant trois mois à Tahiti, dans le souvenir de GAUGUIN. Dans son voyage de retour, il s’arrêta aux Etats-Unis pour décorer la plus grande salle du Musée de la Fondation du Docteur Barnes. Il devint alors l’un des sculpteurs les plus importants, et ses découpages au ciseau dans lesquels la couleur et l’arabesque atteignaient leur plus haute expression, formèrent dans le volume « Jazz », comme un aboutissement symbolique pour ce théoricien remarquable, mais malade.

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Le Jardin du Luxembourg

En effet, en 1943, après une grave opération, il devint impotent au point de ne plus pouvoir quitter la chambre qui était la sienne dans l’ancien Hôtel Regina de Nice, sur la commune de Cimiez. Incapable de se mouvoir avec facilité, il fit articuler son lit, et dessina sur des tables mobiles qui l’entouraient.

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Entrée d'une villa

Et comme son ami RENOIR l’avait fait quelques années auparavant, MATISSE utilisa un subterfuge pour tromper la maladie, en fixant ses crayons à dessin au bout de cannes à pêche. Il parvint à créer ainsi les décorations de la Chapelle de Vence, sans quitter son lit dans lequel il découpa aussi les papiers de couleur qui furent ensuite assemblés selon ses indications.

Laissant alors derrière lui une œuvre gigantesque de par sa qualité et son originalité, il mourut au soir du 3 novembre 1954, à Nice, à l’âge de quatre vingt cinq ans, deux mois après la disparition de son ami DERAIN.

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ALAIN VERMONT


 

05/07/2010

CROSS - Néo-Impressionnisme et Divisionnisme

Henri Edmond DELACROIX, dit Henri Edmond CROSS, naquit à Douai le 20 mai 1856. Des origines anglaises de sa mère il se servit un peu plus tard pour inventer son pseudonyme. A l’âge de dix ans on lui fit donner des cours de dessin à Lille. Ses maîtres s’appelaient alors Carolus DURAN, Alphonse COLAS et François BONVIN. Ce même BONVIN qui lui conseilla, lors du Salon de 1881, de changer son nom de famille qui rappelait trop celui de son illustre homonyme. Il traduisit alors dans sa langue maternelle le terme croix.

Ses compositions du moment exprimaient les paysages des Jardins de l’Observatoire ou du Luxembourg. Durant des vacances familiales sur la Côte d’Azur, il découvrit une nouvelle lumière, et modifia sa palette pour adopter une technique plus libre. Et en 1891, il abandonna le style Impressionniste, pour s’orienter vers le Divisionnisme, en accrochant au Salon des Indépendants un portrait de sa femme.

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Etang du Bois de Boulogne

Très tôt attiré par la discipline de son ami SEURAT, CROSS qui s’en inspira pour tout ce qui concernait les touches et les formes, n’en demeura pas moins un artiste exprimant son indépendance d’esprit. Démonstration en fut faite dans le tableau « Baigneurs s’essuyant à St Tropez », où il laissa parler sa forte sensibilité chromatique.

 

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Après-midi à Pardigan

 

Tombé amoureux du département du Var, il décida alors d’y résider durant une grande partie de l’année, pour la lumière. Ses amis SIGNAC et VAN RYSSELBERGHE le visitèrent régulièrement là-bas. Il créa là certains de ses chefs-d’œuvre comme « La ferme, le matin », ou « Mère jouant avec son enfant » en 1897. Ses tableaux furent ensuite exposés chez Durand-Ruel, deux ans plus tard.

Mais l’ami des anarchistes, poète de la lumière, commença à souffrir de terribles crises d’arthrite qui déformaient ses articulations. Il demeura stoïque devant la douleur, et poursuivit son œuvre en voyageant, pour découvrir l’Italie au début du 20ème siècle, et la peinture du TINTORET. Il exposa alors dans différentes manifestations comme l’Exposition de la Galerie Druet en 1905, ou celle de la Galerie Bernheim deux ans plus tard. Enivré par la lumière méditerranéenne du Sud de la France, où il avait choisi de finir sa vie, il s’entoura de l’amitié de MATISSE, en profitant d’une certaine notoriété. Il mourut au Lavandou, le 16 mai 1910, à l’âge de cinquante quatre ans, emporté par le cancer qui le rongeait.

 

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La Plage de St-Clair

L’influence du Néo-Impressionnisme a marqué des artistes très divers, comme GAUGUIN en 1886, TOULOUSE LAUTREC en 1887, Van GOGH en 1886-88, et MATISSE qui pratiqua le Divisionnisme en 1899, et surtout en 1904, alors qu’il côtoyait CROSS et SIGNAC à St-Tropez.

Cette influence a entraîné la naissance du Pré-Fauvisme dans lequel on retrouve l’emploi systématique des couleurs pures, et la division de la touche, pratiqués également par BRAQUE pendant sa période Fauve.

 

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Alain VERMONT

 

 

 

 

 

16/01/2009

LE FAUVISME

LE FAUVISME.

Le groupe des « Fauves » se constitua en 1905, lors du Salon d’Automne de Paris, sans qu’aucun programme précis, et sans qu’aucune théorie d’ensemble n’unissent les artistes de ce nouveau mouvement dont l’appellation fut inventée par le journaliste Louis Vauxcelles, après que celui-ci, ayant découvert ce style novateur qui employait des couleurs pures, eut qualifié ses représentants de « fauves ».

 

Henri MATISSE, le plus âgé d’entre eux, rassembla autour de lui des artistes qui provenaient de trois horizons différents : MARQUET, MANGUIN et CAMOIN, qui après la mort de leur vieux maître Gustave MOREAU (Symboliste) en 1898, rencontrèrent Jean PUY à l’Académie CARRIERE, avant de se regrouper, DERAIN et DE VLAMINCK qui faisaient alors partie du Groupe de Chatou, ainsi que DUFY, OTHON-FRIESZ et BRAQUE, qui appartenaient à celui du Havre. Le hollandais VAN DONGEN qui était un artiste indépendant et sans école, se joignit lui aussi à eux.

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Luxe, Calme et Volupté, 1904.
Henri Matisse (1869-1954).
Huile/toile 98, 5 x 118, 5 cm.

 

Certains de ces peintres s’étaient déjà rencontrés dans le passé, tandis que les autres accédaient au groupe par leur amitié pour MATISSE. Ils ne possédaient entre eux qu’un point commun qui les poussa, dans l’emploi des couleurs pures, à aller aussi loin que l’unité du tableau le permît.

Ils désiraient séparer la couleur de sa référence à l’objet, en libérant sa force d’expression. Leur art ne fut qu’une provocation réalisée à l’encontre des sensations visuelles de l’Impressionnisme, ainsi qu’une réponse violente au développement de la photographie.

 

La peinture des Fauves fut alors qualifiée de « Première Révolution Artistique du 20ème siècle » jusqu’en 1906. Dans leur association au Salon des Indépendants, les artistes concernés se virent alors baptisés par le critique d’art Louis Vauxcelles.

En effet, ce jour-là, le journaliste découvrit au milieu de la salle d’exposition du groupe des Fauves, un petit bronze d’allure florentine réalisé par le sculpteur Marque, avant de déclarer ironiquement « Donatello dans la cage aux fauves ! ». Le qualificatif se répandit aussitôt dans tous les salons parisiens.

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Les Pêcheurs,1908.

Raoul Dufy (1877-1953).

Huile/toile 53,5 x 65 cm.

 

Les Fauves s’efforcèrent de recourir à la couleur pure pour construire l’espace, en simplifiant la transposition hardie des formes, et en exprimant leur joyeuse exaltation de la vie par une touche jaillissante. Le Fauvisme, enrichi par les expériences colorées des Néo-Impressionnistes, se référa à la peinture de GAUGUIN, et à l’expression du trait de TOULOUSE LAUTREC. Les Arts Premiers Africains et Océaniens influencèrent fortement l’esthétique fauve qui prit son essor en même temps que l’avancée Expressionniste qui elle ne traduisait qu’un contenu tragique.

 

Au Salon d’Automne de 1905, MATISSE exposa treize tableaux Pointillistes qu’il avait réalisés à St Tropez durant l’été précédent, aux côtés de SIGNAC et de CROSS dont il avait emprunté le style.

La luminosité et la vigueur nouvelle de ces tableaux invitèrent OTHON-FRIEZ à donner sa définition personnelle du Fauvisme : « On doit donner un équivalent de la lumière du soleil au moyen d’une technique qui se fonde sur une orchestration de couleurs, sur des transposition passionnées, dont la vérité et dont la théorie résultent de recherches audacieuses et enthousiastes. Le point de départ est la sensibilité à l’égard de la nature ». A la vue du tableau de MATISSE « Luxe, calme et volupté », qui représente un groupe coloré de baigneurs reposant dans un paysage méditerranéen, FIESZ et DUFY se détournèrent de l’Impressionnisme pour vénérer l’art de MATISSE qui provoquait alors à Paris de vives discussions.

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Fernande, 1905.
Kees Van Dongen (1877-1968).
Huile/toile 100 x 81 cm.

 

En automne 1906, le groupe des Fauves réalisa une importante exposition qui lui assura alors un certain triomphe. Georges ROUAULT, artiste isolé par ses couleurs sombres et ses difficultés personnelles, fréquenta MARQUET et MATISSE, mais se démarqua de leur style par sa traduction austère de la misère humaine. En 1907, l’unité du groupe commença à s’épuiser lentement sous la poussée du Cubisme naissant qui courtisait MATISSE, DERAIN et BRAQUE surtout.

 

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Alain VERMONT

 

 

 

 

 


11:37 Écrit par L'Art Pluriel dans 3 -- PEINTURE : HISTORIQUE | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : fauvisme, fauve, matisse, derain, van dongen, dufy, vlaminck |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |