01/03/2012

Magritte ou le Surréalisme intime

René François Ghislain MAGRITTE naquit le 21 novembre 1898 à Lessines, Hainaut Belge, dans une famille commerçante dont le père était marchand tailleur, et la mère modiste.

En 1910, alors qu’il n’avait que douze ans, il suivit des cours de peinture pour enfant à Chatelet, alors qu’il apprenait également la pyrogravure. Deux années plus tard, il supporta le suicide de sa mère dont le geste resta inexpliqué lorsqu’elle se jeta dans la Sambre. Après avoir été élève au lycée de Charleroi, il s’inscrivit pour deux ans à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles dont il suivit les cours jusqu’en 1918.

 

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L’année suivante, MAGRITTE fréquenta l’atelier du peintre Abstrait Pierre-Louis FLOUQUET, et participa avec ce dernier à l’édition de la revue « Au volant », tout en manifestant un intérêt croissant pour le Futurisme.

 

Après son service militaire, MAGRITTE se maria en 1922, avant d’être embauché aux usines Peeters Lacroix de Bruxelles, en qualité de graphiste, pour la création de papiers peints. Son esprit subit alors les influences mélangées du Cubisme Analytique et de l’Orphisme. Il rédigea avec le peintre Victor SEVRANCK un texte intitulé : « L’art pur, défense de l’esthétique ». En 1923, après avoir quitté l’usine qui l’employait, il se consacra à la création d’affiches publicitaires, avant de réaliser l’année suivante sa première vente représentant un portrait de la chanteuse Evelyne Brélia.

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Le choc survint en 1925, lorsqu’il découvrit une reproduction du « Chant d’amour » de DE CHIRICO. Sa peinture jusque là faite d’un mélange disparate regroupant le Cubisme, le Futurisme et l’Abstraction, évolua alors vers l’Art métaphysique de l’artiste italien. MAGRITTE réalisa alors sa première œuvre Surréaliste digne de ce nom, « Le jockey perdu », qui représente un jockey en course, égaré dans une allée encadrée par de grandes pièces en bois tourné extraites d’un jeu d’échecs. L’ensemble est assorti de branchages qui meublent le fond du tableau, et d’un rideau qui termine l’image sur le côté droit de la composition, laissant ainsi croire que le spectacle proposé reste celui d’un théâtre Surréaliste.

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Dès lors, MAGRITTE s’écarta de l’influence de DE CHIRICO, pour s’orienter vers une peinture personnelle inégalée. Et, alors que le Mouvement Surréaliste s’attachait à reproduire la figuration de la réalité intérieure de l’individu, MAGRITTE s’appliqua à traquer le côté insolite ou inquiétant des objets quotidiens qu’il transposait à sa manière dans ses toiles. Il devint alors le « cas particulier » de la Peinture Surréaliste, en inventant un langage pictural qui ne supportait pas la méprise, et qui permit en outre d’approfondir la compréhension habituelle de la toile observée. L’artiste belge représenta dans ses tableaux incomparables d’originalité, le monde de l’imaginaire et de la réalité, enfermé dans un aspect superficiel mystérieux qui impose une réflexion nouvelle à l’observateur curieux.

En effet, le peintre créa ses compositions en dehors de toute transfiguration sentimentale, pour n’exprimer que le côté mystérieux né de la logique de ses pensées profondes.

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Il poursuivit son œuvre, en s’installant près de Paris pendant trois ans, afin de mieux s’intégrer au Groupe Surréaliste français auquel appartenaient également MIRO, DALI, et ARP. Après un séjour chez DALI à Cadaquès, et déçu par l’indifférence du milieu artistique parisien, MAGRITTE retrouva Bruxelles, après que la galerie belge pour laquelle il travaillait depuis plusieurs années, eut fermé ses portes. Sans ressources financières réelles, il vendit sa bibliothèque, et se remit aux créations publicitaires. S’ensuivirent des années durant lesquelles son Art ne cessa de produire une peinture qui évolua quelque peu.

 

Il comprit que d’un regard candide qui observe la réalité la plus simple, peut naître l’interrogation qui va déboucher sur l’absurde, comme le tableau représentant la « Condition humaine », un tableau dans le tableau. Cette composition représente une fenêtre devant laquelle repose un chevalet supportant une toile. Cette dernière reproduit le même paysage que celui qui théoriquement existe dehors, derrière la fenêtre. L’un se superpose adroitement à l’autre, dans un détail figuratif précis.

 

On peut à certains égards comparer la personnalité de MAGRITTE à celle de DUCHAMP, quand on sait combien l’artiste belge a détesté les travaux de commande, pour ne suivre que sa propre inspiration. On peut parler de peinture provocatrice, ou d’Art sauvage comme l’ont fait certains jadis, il n’en reste pas moins qu’à l’étude de son catalogue raisonné, on ne peut qu’apprécier sa façon personnelle d’avoir débanalisé le monde du réel quotidien, en créant une image poétique à l’exemple de cet autre étonnant tableau « Les vacances de Hegel », qui représente sur un fond uniformément rouge, un parapluie noir, ouvert et vertical, et sur lequel repose un verre rempli d’eau.

 

On peut également se laisser envahir par « Les affinités électives » dont l’originalité révèle une cage d’oiseau accrochée à un support en forme de fenêtre. L’intérieur de la cage est quant à lui occupé dans son plein volume par un œuf blanc gigantesque.

 

Le talent de MAGRITTE réside là, dans le fait d’avoir toujours été MAGRITTE, avant d’avoir été un Surréaliste. Son humour noir particulier à même cultivé l’art du choix de titres n’ayant aucun rapport évident avec la composition du tableau, et ce, pour mieux approfondir l’abîme de notre perplexité devant cette peinture sans égale.

 

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Il demeure l’artiste qui a influencé quelque part le Pop Art ainsi que l’Hyperréalisme des années soixante, après avoir sa vie durant, ignoré les contingences de l’Art liées à l’existence des autres artistes ou des autres Mouvements picturaux. Et celui pour qui tout fut objet, et tout fut peinture, mourut le 15 août 1967 aux environs de Bruxelles, à l’âge de soixante neuf ans, après avoir démontré magistralement que la logique doit être considérée dans le sens commun que le vocable véhicule, mais également dans le sens scientifique de ce dernier.

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Alain VERMONT

 

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24/06/2010

Le Surréalisme ou l'Art de l'Esprit Invent

A sa naissance à Paris en 1923, le Surréalisme entreprit la succession du Mouvement DADA, en s’inspirant de l’interprétation des états psychologiques qui caractérisèrent l’Expressionnisme. Mais plutôt que de s’attarder à une analyse banale des émotions ou des comportements superficiels, les Surréalistes préférèrent explorer, au-delà des apparences, les mécanismes mentaux et psychologiques qui les sous-tendent.

Ce mouvement, lié aux doctrines marxistes, et à celles de la psychanalyse, tenta de substituer aux activités anarchiques du Mouvement DADA, une approche beaucoup plus intellectuelle et systématique relevant des problèmes de la représentation du subconscient, en associant le rêve au merveilleux, l’insolite au fantastique.

 

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De Chirico - Les Jeux Terribles

 

Mais dans leur démarche, les Surréalistes perpétuèrent aussi la révolte et le scandale qui avaient animé le Mouvement DADA, en dénonçant la société corrompue qui les entourait. La spécificité littéraire du Mouvement Surréaliste à ses débuts, dut son existence au sous-titre « Drame surréaliste » qui désignait la pièce « Les Mamelles de Tirésias » de Guillaume Apollinaire.

L’écrivain André Breton prit alors en mains les destinées du Surréalisme, pour prôner l’écriture automatique, indépendante d’un quelconque contrôle exercé par la raison. Le subconscient devait être le complément de la conscience, en qualité de source nouvelle de création artistique. Tous les phénomènes incontrôlables des facultés de représentation humaine comme le rêve, l’hallucination, le délire ou d’autres phénomènes insolites, ainsi que certains états psychiques obtenus artificiellement, apparurent comme une source de forme artistique que l’artiste devait connaître, pour mieux la matérialiser ensuite dans le tableau.

 

Aux côtés de l’univers des formes, existait un monde limitrophe qui concernait un nouveau domaine de la connaissance qui devait être prospecté.

Dans son rôle historique d’ « Inventeur des préceptes du Surréalisme », André Breton rédigea son « Manifeste du Surréalisme » dans le but de polariser les propositions et les intuitions qui affleuraient déjà dans la culture européenne du siècle précédent, et d’organiser par la même cet ensemble dans une perspective doctrinale précise et éclairée par les découvertes psychanalytiques de Freud.

Les affirmations les plus importantes du manifeste de 1924 portèrent donc sur une revendication de la liberté totale de l’imagination, en ignorant la logique habituelle. Ainsi, se référant à Freud, Breton affirma : « L’imagination est peut-être sur le point de reprendre ses droits. Si les profondeurs de notre esprit recèlent d’étranges forces capables d’augmenter celles de la surface ou de lutter victorieusement contre elles, il y a tout intérêt à les capter…Je crois à la résolution future de ces deux états, en apparence si contradictoires, que sont le rêve et la réalité, en une sorte de réalité absolue, de surréalité, si l’on peut ainsi dire ».

 

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Dali - Bacchanales

Ancré profondément dans sa « sagesse artistique », Breton, tel un dictionnaire traditionnel, donna sa célèbre définition synthétique du Surréalisme, « une fois pour toutes », et afin d’interrompre les précédentes utilisations diverses de ce substantif aux sonorités étonnantes : « Surréalisme, non masculin, automatisme psychologique par lequel on se propose d’exprimer, soit verbalement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l’absence de tout contrôle exercé par la raison, en dehors de toute préoccupation esthétique ou morale. ENCYCL. Philos. Le Surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d’associations négligées jusqu’à lui, à la toute puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée. Il tend à ruiner définitivement tous les autres mécanismes psychiques, et à se substituer à eux dans la résolution des principaux problèmes de la vie. »

 

Les Surréalistes se distinguèrent de leurs prédécesseurs, par la confiance qu’ils accordaient aux rêves, à l’hallucination ainsi qu’aux faits du hasard, en s’appuyant surtout sur les théories de l’inconscient élaborées par Freud. Avant eux, les Dadaïstes tentèrent de représenter les formes et les rythmes du subconscient, pour parvenir à la destruction de la croyance aux formes du monde des choses de la représentation rationnelle, qui avait cours jusque-là.

Les Surréalistes annihilèrent l’aspect négatif du Dadaïsme, pour révéler un aspect positif et affirmatif, qui exprimait aux côtés du monde de la raison, un complément fait de fantaisie, de pressentiment et d’irrationnel. Les Artistes Surréalistes n’explorèrent pas les multiples aspects de la nature, mais ceux du monde intérieur et nouveau annoncés par la Peinture Métaphysique d’Avant-Garde Surréaliste de Giorgio de CHIRICO, dès 1912.

 

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Magritte - Les Valeurs Personnelles
 
 

Le Surréalisme développa l’exploration scientifique des tréfonds du subconscient afin que l’artiste découvrît de nouvelles impulsions artistiques à même d’enrichir l’Art d’un nouveau langage de formes sensibles. Les objets que l’on percevait normalement dans la réalité quotidienne ne furent pas simplement rejetés, mais placés dans une relation étrange avec leur entourage, ou même installés dans un contexte s’écartant de la réalité normale afin, comme dans un rêve, d’exprimer une signification nouvelle dans le tableau.

Alors que la science psychologique cherchait à explorer les abîmes du subconscient, le Surréalisme rechercha l’élargissement de la connaissance des domaines intermédiaires de la psyché. Et il rejeta avec fermeté toute dégradation de l’Art tendant à un but d’ordre uniquement esthétique. Les Surréalistes déplacèrent très loin les frontières de la fantaisie combinatoire. Leur Art dépassa le domaine connu de la création d’images, pour s’orienter vers une réalisation nouvelle faite d’objets surréalistes qui avaient été retirés de leur destination première, avant d’être amenés à une signification conférée par une combinaison imprévue.

 

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Dali - Apparition du Visage de l'Aphrodite

 

Le rêve et l’imaginaire, qui sont des sources mystérieuses autant qu’inépuisables, devinrent l’objet de la Peinture Surréaliste qui exprima aussi bien le sordide, que l’insolite ou le cocasse, aux côtés d’une symbolique sexuelle parfois violente ou étrange.

Les objets subirent des métamorphoses qui les transformèrent en corps animés, et inversement. Les fantasmes des Artistes Surréalistes voyagèrent dans des paysages lunaires, ou dans des étendues vides et minérales. Ainsi naquirent de nouveaux effets picturaux qui suscitèrent des associations d’idées parfois étranges chez le spectateur curieux.

En conséquence, quand on veut tenter une exploration du Surréalisme, il devient impératif de voyager au-delà de la définition originelle de Breton, afin de comprendre les instructions précises de son manifeste élaboré pour constituer un « protocole de lecture » de l’image surréaliste qui possède des caractères propres. Cette image surréaliste ne doit donc pas être interprétée par le truchement d’une correspondance symbolique, ou pire encore, par celui d’une fonction allégorique, mais uniquement par la force de son caractère singulièrement arbitraire, et par la capacité émotive ou évocatrice que ce caractère singulier provoque, de manière à solliciter la participation active du spectateur qui analyse ainsi une « œuvre ouverte ».

 

Afin de mieux étayer ses théories, Breton se reporta alors à la définition donnée quelques années auparavant par le poète Pierre Reverdy qui, ayant participé à la tradition Cubiste tardive, rédigea un manifeste publié en 1918 dans la revue « Nord-Sud » qui servait alors de lieu de rencontre entre les traditions Cubistes, Dadaïstes, et Avant-Gardistes Surréalistes : « L’image est une création pure de l’esprit. Elle ne peut naître d’une comparaison, mais du rapprochement de deux réalités plus ou moins éloignées. Plus les rapports des deux réalités rapprochées seront lointains et justes, plus l’image sera forte, plus elle aura de puissance émotive et de réalité poétique ».

 

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Dali - L'angélus Architectronique de Millet

 

Ainsi, Breton entendait nier de manière radicale le caractère de préméditation de l’image authentique. Concernant la vertu commune des images Surréalistes, Breton apporta alors la précision suivante : « Pour moi, la plus forte est celle qui présente le degré d’arbitraire le plus élevé, je ne le cache pas ; celle qu’on met le plus longtemps à traduire en langage poétique, soit qu’elle recèle une dose énorme de contradiction apparente, soit que l’un des termes en soit curieusement dérobé, soit que s’annonçant sensationnelle, elle ait l’air de se dénouer faiblement, soit qu’elle tire d’elle-même une justification formelle dérisoire, soit qu’elle soit d’ordre hallucinatoire, soit qu’elle prête très naturellement à l’abstrait le masque du concret ou inversement, soit qu’elle implique l’indication de quelque propriété physique élémentaire, soit qu’elle déchaîne le rire. »

 

 
 
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Miro - Le Chanteur

 

Les précisions constituant cette définition résument joliment les divers aspects exprimés par la Peinture Surréaliste, toutes tendances confondues. Par l’exemple du tableau de DALI, Espagne, réalisé en 1938, il devient aisé pour un œil analyste de comprendre l’une des spécificités du Surréalisme. En effet, dans cette toile de format moyen, à savoir 91,8 cm x 60,2 cm, transparaît tout le génie du Maître Catalan qui a voulu alors, par le mariage subtil des images présentes, et des détails absents, exprimer une allégorie forte de significations.

Le tableau, peint dans le sens de la hauteur, n’offre à l’œil qu’un mélange, cependant subtil, de beige et de gris sous-jacent à un horizon gris sombre dans lequel se découpe une ligne montagneuse un peu bleutée. Au centre de la toile, et couvrant les trois quarts de la hauteur de la composition, un vieux meuble supporte les malheurs d’une femme étrange qui s’appuie, dans sa position verticale, sur le bois fatigué. Hormis la ligne supérieure du tableau représentant un ciel uniformément sombre sous lequel se dresse une minuscule chaîne montagneuse, la totalité du reste de la toile reproduit un paysage désertique animé.

Le corps debout de cette femme insolite traduit à la fois le génie de DALI, ainsi que toute l’ambiguïté volontaire de cette Peinture Surréaliste. En effet, des pieds nus reposant sur le sable aux côtés du meuble, un tissu beige s’évade en dissimulant les jambes du personnage, avant de disparaître sous la poitrine que l’artiste à traité de manière expressive. Les seins nus figurent dans leur arrondi respectif, deux cavaliers face à face dont les têtes sont symbolisées par les mamelons roses de la dame, et qui s’affrontent dans une joute au moyen d’une lance commune qui traverse toute la poitrine. L’épaule droite, avec son arrondi inachevé, se prolonge par le bras dont le coude s’appuie sur le bois usé du meuble, alors que l’épaule et le bras gauches restent totalement absents de la composition.

Isolée dans le haut du tableau, et sans ligne de lien avec le reste du corps, la tête au dessin imprécis, exhibe ses lèvres roses alors que son regard représente deux petits cavaliers qui s’affrontent dans le même esprit que d’autres le font dans la chevelure vague du personnage. Sur le côté gauche de cette femme entourée de combats sanglants, demeure une lionne en arrêt sur le sable, alors que l’unique tiroir ouvert du meuble au bois ravagé, laisse apparaître un tissu rouge et déchiré qui pend dans le vide. Est-ce un morceau du drapeau de la révolution espagnole, ou encore les restes de la cape d’un toréador, ou même un mouchoir imbibé de sang, ou le tout à la fois ?

 

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Dali - Espagne
 

Dans son exil sur la Riviera Française, DALI composa ce tableau en 1938, pour raconter l’Espagne torturée, sous la forme allégorique de cette femme dont la tête n’est déjà plus rattachée au reste de son corps. Dans sa méthode paranoïaque et critique du double sens, il parvint, par le truchement de son talent, à exprimer la transparence de sa vision de l’Espagne martyrisée par la guerre civile, en représentant dans le tableau à la fois la beauté et la terreur, ainsi que l’érotisme et la cruauté liés à la guerre.

Ainsi, les œuvres crées par les Surréalistes naquirent-elles d’une réflexion individuelle et subjective, propre à chaque artiste. En prenant le réel comme point de départ, les Artistes Surréalistes inventèrent toutes les combinaisons possibles.

 

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De Chirico - Le retour d'Ulysse

Dans un second exemple, on peut considérer que le précurseur du Surréalisme, Giorgio DE CHIRICO, laissa s’exprimer dans ses œuvres un sentiment d’angoisse oppressant, malgré l’objectivité presque statique qui émane de ces dernières. La réflexion différenciée de chaque artiste résume ainsi le talent singulier de celui-ci, dans la création de cet Art aux multiples facettes.

 

 

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Alain VERMONT

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

15:34 Écrit par L'Art Pluriel dans 3 -- PEINTURE : HISTORIQUE | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : surréalisme, dali, magritte, de chirico, masson, tanguy |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |