24/11/2010

PEINTURE à l' HUILE et ADDITIFS

Peinture à l'huile : Les Additifs.

Les Siccatifs ont pour qualité d'accélérer le temps de séchage de la peinture à l'huile en corrigeant les écarts physiques de qualité de siccativité existant entres les différentes couleurs.

 

Rond chromatique.jpg

Nuanciers Chromatiques servant à  visualiser le rendu des couleurs mélangées

Car, quand bien même toutes les huiles utilisées pour peindre sèchent de manière naturelle, certains pigments comme le Noir d'Ivoire retardent l'oxydation de l'huile, et obligent donc à une intervention sur le séchage, par l'utilisation d'un siccatif. Sachant que ces additifs doivent être mélangés avec parcimonie, car une trop forte proportion du produit altérerait les couleurs, pour aller à l'encontre du résultat souhaité par l'artiste.

C'est pourquoi le bon dosage doit se situer entre 1 et 5% maximum du volume de la matière à peindre. Il est donc conseillé d'effectuer des essais sur des sujets d'étude de petits formats avant de passer à la réalisation finale d'un tableau.

 

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Le très connu Siccatif de Courtrai de la marque Sennelier a pour qualité de placer l'huile en état d'hyperventilation, ce qui va entraîner une demande plus grande d'oxygénation qui va ainsi accélérer le durcissement des couches picturales.

 

Le Siccatif de Courtrai de la marque Pébéo, composé de calcium et d'octoate de zirconium  agit à la fois en surface et en profondeur. Il a la qualité d'accélérer le séchage en permettant un durcissement équilibré des couches les plus épaisses. L'emploi de ce siccatif très puissant doit être réalisé avec soin, dans son dosage. Incolore, il ne dénature pas les couleurs claires et reste très efficace concernant les noirs et les laques.

 

Le Siccatif Flamand de la marque bien connue Lefranc&Bourgeois, est un médium à peindre à base de gomme copal de Madagascar très dure, qui transmet à la pâte une protection totale et durable dans le temps. Ce siccatif avive les couleurs. Naturellement coloré, son utilisation est à éviter avec les couleurs très claires et les blancs.

 

Le Siccatif de Courtrai Blanc de la marque Lefranc&Bourgeois, sans plomb, ne contient que de l'octoate de zirconium, rendant ainsi son action sur la pâte plus douce, tout en améliorant son durcissement. Sa coloration n'altère en rien les couleurs claires, mais il reste moins siccatif que le Courtrai Brun.

Les Essences :

Les essences ont pour qualité première d'affiner le mélange couleur et médium pour mieux exploiter la règle du « Gras sur Maigre » (Voir dossier précédent Techniques Peintures), et d'accélérer la prise de l'ensemble de la matière à peindre. Les essences peuvent également être utilisées pour la dilution des vernis, ou pour le nettoyage des brosses ou pinceaux, comme pour le nettoyage du matériel à peindre.

Les deux types d'essences sont les végétales (Térébenthine ou Aspic), et les minérales (Pétrole).

Il n'existe pas de dosage précis pour réaliser le meilleur mélange Matière à peindre et Essence, car ce « meilleur mélange » dépend avant tout de la sensibilité manuelle de l'artiste face à l'onctuosité de la pâte que ce dernier souhaite véhiculer sur le support à peindre. Certains artistes aiment « travailler » des pâtes de textures lourdes alors que d'autres préfèrent peindre avec des pâtes plus légères.

Il est donc conseillé de faire des essais de mélange sur un support quelconque, afin de visualiser au mieux l'effet obtenu.

Lave pinceaux.jpgL'Essence de Térébenthine Rectifiée de la marque Sennelier demeure l'essence basique devenue le diluant indispensable. L'artiste peut, s'il le souhaite, entièrement réaliser un tableau avec cette seule essence. Cette essence pure gemme de pin des Landes est fabriquée par distillation. Mélangée aux couleurs, elle donne une pâte à peindre très agréable à l'utilisation. Elle est généralement employée pour les ébauches et pour l'avancement général du tableau.

Si l'artiste souhaite travailler son œuvre longtemps dans le « Frais », il lui préférera une essence moins volatile, comme l'Essence d'Aspic ou même une huile essentielle de pétrole. Cette essence est à conserver à l'abri de l'air.

L'Essence de Térébenthine Artificielle de la marque Lukas est une essence sans odeur. A employer pour la dilution des couleurs à l'huile, ou même le nettoyage du matériel à peindre. Cette essence peut convenir aux artistes qui ne supportent pas les fortes odeurs de la térébenthine. Cependant il faut savoir que la toxicité de cette essence reste la même que celle de la térébenthine.

Je conseille donc aux artistes prolifiques, et qui utilisent en quantité ces produits, de porter un masque pour s'éviter des problèmes éventuels de santé dans leur 3ème ou 4ème âge. A ce titre je ne peux que citer les graves problèmes de santé de Renoir durant les dix neuf dernières années de sa vie, une  polyarthrite aiguë chronique due aux inhalations des solvants utilisés pour peindre ses œuvres (voir dossier Renoir-Evolutions des artistes), de Matisse ou de Dufy.

L'Essence d'Aspic de Lavande de la marque Sennelier est beaucoup moins volatile que l'essence de térébenthine et permet donc un temps de travail plus long dans le « Frais ». Cette essence est tirée de la distillation de la lavande mâle. Elle « fabrique » une belle onctuosité pour la touche sur le tableau. De plus son pouvoir solvant est supérieur à celui de la térébenthine, en favorisant une liaison optimale entre les différentes couches picturales. Mais son coût beaucoup plus élevé, ainsi que sa forte odeur peuvent s'avérer être des facteurs rédhibitoires pour certains artistes.

L'Essence de Pétrole de la marque Sennelier est un diluant qui ne laisse pas de « Film Gras » sur le final de la composition. Cette essence minérale, beaucoup moins odorante que les térébenthines, est une essence qui se conserve mieux au contact de l'air que les essences végétales (l'oubli de fermer le flacon). Ce solvant est moins gras que les essences térébenthines. Il s'évapore aussi moins vite. Avec son fort pouvoir de pénétration, l'essence de pétrole s'immisce dans la peinture en profondeur.

Si on l'utilise à l'excès, le rendu final sera mat. Cette essence de pétrole peut également être employée pour le nettoyage des brosses recouvertes de couleurs fraîches, car sa qualité est de ne pas dessécher et de ne pas gommer comme l'essence de térébenthine. Le tout pour un prix très raisonnable.

Alain VERMONT

 

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Bernard BUFFET - Huile/Toile


 

A SUIVRE : Les Gommes et Résines, les Vernis et Nettoyants pour Peinture à L'Huile.

A suivre également : La fabrication des pinceaux et leurs spécificités techniques, comment les choisir en fonction du travail à réaliser (Huile, Acrylique, Gouache, Aquarelle), les brosses et les spalters, les couteaux à peindre.

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Alain VERMONT

11:20 Écrit par L'Art Pluriel dans 5 -- TECHNIQUES Huiles | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : peinture à l'huile, solvants à peindre, siccatifs, médiums |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

07/01/2009

PEINTURE à l'Huile : Les Additifs

Peinture à l’Huile : Tous les Additifs.

Les Huiles - Les Médiums - Les Siccatifs - Les Essences

Les Gommes et Résines - Les Vernis - Les Nettoyants.

1) Les Huiles diluent les couleurs à peindre en les rendant plus grasses, et plus aisées à « véhiculer » sur le support. Ce sont des huiles qui se solidifient encore durant le temps de séchage du tableau, en retardant sa durée.

La plus utilisée, l’Huile de Lin, est une huile naturelle extraite de graines de lin, au pouvoir siccatif, car elle absorbe l’oxygène de l’air par l’action de l’acide linolénique.

En s’oxydant, elle forme une couche élastique qui adhère au support. Sa durée de séchage est de l’ordre de 8 à 10 jours lorsqu’elle est utilisée en couche fine, et beaucoup plus, plusieurs semaines, voir plusieurs mois lorsqu’elle est travaillée en empâtements importants. Avec le vieillissement, cette huile jaunit, et « défigure » parfois certaines compositions. A utiliser avec un savant dosage.

L’Huile de Lin décolorée, est obtenue artificiellement par l’action chimique de certaines terres naturelles absorbantes. Elle offre toutes les propriétés de pureté et de siccativité, en demeurant beaucoup moins jaunissante.

L’Huile de Lin polymérisée, (lente cuisson en étuve, et réunion de plusieurs molécules en une seule « isométrie ») a la particularité d’offrir une très forte viscosité. Elle ne contient pas d’oxydes métalliques, et reste onctueuse, en offrant une très bonne siccativité, ainsi qu’ un jaunissement acceptable.

L’Huile de Carthame est tirée de la graine de l’oléagineux d’Amérique du Nord du même nom. On l’appelle aussi Faux Safran du fait de sa couleur rouge utilisée autrefois dans la coloration de certains tissus. Cette huile possède la plus forte teneur en acide linolénique parmi les huiles naturelles. Sa qualité première provient du fait qu’elle jaunit très peu. Elle peut être utilisée pour la fabrication de tonalités blanches, ou pour la réalisation de vernis.

L’Huile d’Oeillette (extraite du pavot noir), est beaucoup plus fluide et claire que l’huile de lin, de plus, elle ne jaunit quasiment pas, mais sèche très lentement. Cette huile convient pour la fabrication de peintures à l’huile claires ou blanches, en donnant aux couleurs une consistance butyreuse (apparence du beurre).

Robin Genthod.jpg
 
Hiver au Creux de Genthod, 02/2008.
Huile/toile par Pascal Robin (1968).
60 x 73 cm.

En matière de qualité optimale, l’Huile de Lin Schmincke, pressée à froid, demeure l’une des meilleures.

L’Huile de Lin Rubens, pure, et désacidifiée, est une huile décolorée qui sèche lentement.

L’Huile de Lin Lefranc, utilisée par le plus grand nombre d’artistes, reste une huile de très bonne qualité, siccative, et qui se solidifie peu à peu dans le temps. C’est un excellent liant qui sert notamment pour le broyage des couleurs.

L’Huile de Lin est théoriquement obtenue par la compression, à l’aide de grosses meules, de graines de lin qui ont été préalablement séchées puis légèrement grillées. Aujourd’hui, les graines de lin sont le plus souvent traitées à la vapeur pour en extraire le maximum de produit, entraînant de fait, une siccativité moindre en comparaison des huiles utilisées jadis par les Vieux Maîtres. Les caractéristiques chimiques de l’Huile de Lin sont une densité de 0,930 à 0,935, un point de congélation à -29°, et un point d’ébullition à 387°. C’est une huile qui possède une grande teneur en acides gras, une coloration et une certaine siccativité.

Une Huile de Lin de bonne qualité doit posséder une belle coloration jaune ambrée. Concernant sa siccativité, et à l’exemple des Anciens Maîtres, il est conseillé de laisser l’huile se décanter à la lumière solaire durant un certain temps, de manière à ce qu’elle gagne en force et en pureté. On reproche toujours à l’Huile de Lin son jaunissement avec le temps, ce qui est une réalité, mais il suffirait d’une exposition prolongée à la lumière du jour pour faire recouvrer à un tableau jauni, sa coloration originelle, à condition que le jaunissement constaté ne soit pas du fait du vernis final déposé sur le tableau.

L’Huile d’Oeillette, moins résistante que l’Huile de Lin, sans jaunissement, a le défaut de ne pas offrir aux couleurs des chances égales de durée dans le temps.

Schneider cadre.jpg
L'Abstraction du marteau et de la faucille, 1960.
Gérard Schneider (1896-1986).
Huile/papier marouflé sur toile.
76 x 108 cm.

2) Les Médiums, qu’ils soient à base de résines synthétiques ou de résines naturelles, sont mélangés aux couleurs pour accélérer leur temps de séchage, de manière à pouvoir superposer plusieurs couches rapidement. Les Médiums font varier la transparence et la brillance de la peinture en modifiant la texture de cette dernière et en apportant plus d’épaisseur ou plus ou moins de liquéfaction. Leur action augmente la résistance de la peinture au vieillissement.

Le Médium III Mussini, riche en résines, accélère le séchage, accentue la brillance et ravive les embus. Il rend la couche de peinture beaucoup plus résistante, mais il faut l’utiliser avec parcimonie pour éviter un excès de brillance.

Le Médium à peindre mat, donne à la peinture un effet mat, uniforme et velouté, sans modifier la transparence et l’opacité des couleurs. On peut l’utiliser pur ou mélangé à l’Essence de Térébenthine (avec un maximum de 70% d’essence). Son temps de séchage est de un à trois jours.

Le Médium IV, offre beaucoup de souplesse à la peinture à l’huile en renforçant son adhérence sur le support, même en cas de dosage très important. Il résiste à l’Essence de Térébenthine, et ne jaunit pas. Ce Médium convient bien pour les couches supérieures en leur conférant une brillance durable.

Le Médium I, doit être mélangé avec les couleurs utilisées pour les sous-couches. Il donnera à la peinture une consistance lisse, homogène, avant de devenir mat après le séchage.

Le Médium Rapid, comme son nom l’indique, offre un séchage très rapide pour les couleurs à l’huile, en augmentant leur brillance et leur transparence. Ce produit est conseillé pour réaliser des glacis, ou des applications de couleurs sur des couches déjà sèches. La peinture sèchera alors en quelques heures.

Le Médium Retardateur de Séchage, est fabriqué avec de l’Huile de Lin pure et de l’Huile d’Oeillette. Il réduit la consistance de la peinture à l’huile en renforçant sa brillance et sa transparence. Le temps de séchage d’une couche fine, en surface, est de 3 à 5 jours, mais il ne faut pas l’utiliser en trop grandes proportions car la couleur et la résistance de la peinture pourraient en être altérées.

Les Médiums offrent la qualité « d’imprimer » une certaine brillance à la peinture, ce qui peut éviter l’emploi d’un vernis qui jaunira avec le temps.

Hilaire Ok.jpg
Frou-Frou.
Camille Hilaire (1916-2004).
Huile/toile, 73 x 92 cm.

 

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Alain VERMONT

 

16:57 Écrit par L'Art Pluriel dans 5 -- TECHNIQUES Huiles | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : peinture, huile, médiums, tableaux |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |