26/03/2013

Market d'Artistes Contemporains Pluriethniques

Après Hong Kong, Sao Paulo 


La foire internationale d'Art de Sao Paulo, SP-Arte, débute le 3 avril 2013, le jour même de l’ouverture sur place de l’exposition de la galerie White Cube, The Gesture and the Sign (3 avril - 8 juin 2013). 
La londonienne White Cube est sur tous les fronts. Elle cumule à la fois un stand sur la SP-Arte et une seconde exposition dans son nouvel espace de Sao Paulo, inauguré en décembre 2012 avec l’artiste britannique Tracey Emin (2 décembre 2012 - 23 février 2013).

 

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Tracey Emin

Après s'être installées à Hong Kong pour certaines, les plus illustres galeries occidentales ont en effet cessé de lorgner sur le Brésil et prennent maintenant position sur place. Seront d’ailleurs présentes sur la SP-Arte des galeries aussi prestigieuses que Continua (San Gimignano, Pékin, Le Moulin), Art Concept (Paris), Yvon Lambert (Paris), David Zwirner (Zurich, Londres, New York), Thaddaeus Ropac (Vienne, Paris), Lisson (Londres) et Larry Gagosian (12 galeries dans le monde). Depuis son succès inattendu lors de la précédente foire Art Rio (septembre 2012), ce dernier pense très sérieusement à l’ouverture d’une treizième galerie à Sao Paulo.


La percée des galeries occidentales les plus puissantes à Sao Paulo est aussi un atout pour les artistes de la scène contemporaine brésilienne : Jay Joplin, directeur de la White Cube, envisage d’ailleurs d’en exposer certains à Londres. Une ouverture à l’Occident qui accentuera sans doute la vitalité de ce marché, où certains artistes contemporains commencent à atteindre des enchères millionnaires en salles de ventes, à l’instar de Beatriz Milhazes (record d’enchère en novembre 2012 avec Meu Limäo, 1,8 m$ soit 1,4 m€ chez Sotheby’s).

 

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 Beatriz Milhazes

Art Dubaï


Le petit monde de l’art s'est recomposé à Dubaï le temps de la septième édition du salon d’art contemporain Art Dubaï (du 20 au 23 mars 2013) où étaient présentes des galeries venues de Turquie, Londres, New York, Madrid, Singapour, Milan, Berlin, Paris, Bruxelles, Jakarta, New Delhi, Hong Kong… La diversité fut le crédo de cette foire qui annoncait 75 galeries en provenance de 32 pays, venues présenter quelque 500 artistes.


Art Dubaï veut s’imposer comme la principale foire de la région MENASA (Moyen-Orient / Afrique du nord / Asie Sud Pacifique) mais elle souhaite ne pas être une simple foire commerciale. C’est à cette fin qu’elle développe de nombreux projets annexes dont une nuit de performances, une galerie mobile, une résidence pour artistes (projet AiR), divers expositions et projets spéciaux visant à stimuler la fibre artistique de Dubaï durant la « Art week ».


Certes, Art Dubaï attire des galeries puissantes et présente donc des signatures incontournables de l’art contemporain (dont Hiroshi Sugimoto, Mona Hatoum, Bertrand Lavier, Yayoi Kusama, etc.), mais elle est aussi là pour ouvrir le champ des possibles et des connaissances, d’où un pavillon dédié cette année à l’art contemporain africain. Le pari d’une sélection d’artistes africains, continent si vaste et diversifié, n’est pas simple à prendre : des artistes camerounais, nigérians, maliens, sénégalais et autres ont été sélectionné pour leur force, à défaut de l'avoir été pour leur notoriété (sauf exceptions), le marché africain étant quasi inexistant faute d’infrastructures adéquates sur place.


Ainsi des artistes comme Karo Akpokiere ou Charles Okereke, méconnus en Occident et étrangés au marché des enchères, sont à découvrir et à suivre dans les prochaines années. Les artistes africains sont particulièrement abordables à l’heure actuelle et même un vétéran de l’art comme Ablade Glover (78 ans) n’a pas passé le seuil des 10 000 $ aux enchères tant ce marché est balbutiant.

 

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Ablade Glover


Qui était Ganesh Pyne ?


Né à Calcutta en 1937 et décédé le 12 mars 2013, Ganesh Pyne était un grand artiste en Inde, connu pour son surréalisme poétique emprunt de folklore bengali et de mythologie locale. Son univers fantaisiste, sombre et mystique, son passage par les dessins animés pour Walt Disney (un exercice libérateur), son influence sur les artistes contemporains indiens, ont été loué par de nombreuses récompenses et expositions dans le monde, en passant par la France, l’Angleterre, l’Allemagne et les Etats-Unis.


Préférant la solitude aux bains de foule, la confidentialité aux feux de la rampe, Ganesh Pyne n’appréciait pas le jeu des enchères et refusait que ses œuvres passent en salles de ventes. Ses collectionneurs étant disséminés dans le monde entier, on trouve néanmoins des pièces mises à l’encan à Dubaï, New York , Londres, Hong Kong, et bien sûr a Calcutta et New Delhi.

 

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Ganesh Pyne

Son enchère record culmine à 170 000 $ avec The Wings, une toile cédée à Dubaï en 2006 (Christie’s, 24 mai 2006) et, malgré sa longue carrière, l’artiste affiche seulement trois autres enchères supérieures à 100 000 $. Sa volonté d’indépendance face au monde des enchères aura permis à sa cote de rester saine face à la spéculation qui fit rage sur le marché de l’art contemporain indien au début du millénaire. Ainsi, on trouve quelques œuvres en salles pour moins de 10 000 $, à l’instar de cette étrange femme à tête de mort, guidant une petite fille à travers l’obscurité, qui partait pour 6 000 $ le 12 décembre 2012 chez Christie’s New York (Untitled, 1961).

Source Artprice

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ALAIN VERMONT

12:35 Écrit par L'Art Pluriel | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tracey emin, beatriz milhazes, hiroshi sugimoto, ablade glover, ganesh pyne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

01/03/2013

Le Marché de l'Art Japonais

Cote Artistes japonais (vivants) en 2012 

Après avoir subi la vengeance des alliés avec les bombardements atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki en 1945, l'Empire du Japon demeure sous la tutelle des États-Unis jusqu'en 1951, qui mettent en place une constitution démocratique et aident le pays financièrement. L'économie se rétablit très rapidement de sorte que le Japon connaît, entre 1950 et 1980, une apogée culturelle et économique. Le mouvement d'avant-garde Gutaï naît dans ce contexte contradictoire d'un pays qui, dévasté durant la Seconde Guerre mondiale, se relève le surlendemain en pleine inflation.

Des œuvres Gutaï, il ne reste généralement que des photographies, des vidéos ou des témoins car les toiles, après avoir supporté divers actes de violence (entailles, déchirures, brûlures...), sont d'ordinaire immédiatement détruites. Parfois sous-estimé, le mouvement Gutaï influence fondamentalement l'art contemporain nord-américain et européen et, notamment l'art de la performance et le mouvement Fluxus, qui sont vécus comme une révolution au Japon.

Principaux acteurs du marché de l'art lors des bulles spéculatives de 1987 et de 1990, les Japonais ont investi sur les plus grands noms de l'art impressionniste et moderne. Rappelons que le record mondial d’enchère signé le 15 mai 1990 pour lePortrait du Docteur Gachet de Vincent VAN GOGH était porté par l’homme d’affaires japonais Ryoei Saito (75 m$, Christie’s New York). Les prix de l’art s’effondrant peu après, les Japonais tentèrent de revendre à tout prix leurs collections. Depuis plusieurs années, le Japon brille par ses artistes connus dans le monde entier.

Des photographes notamment, qui comptent parmi les signatures contemporaines les plus demandées : 

Kimiko YOSHIDAHiroshi SUGIMOTONobuyoshi ARAKI et Yasumasa MORIMURA. Toutefois, c'est surtout, une vague créative imprégnée de culture populaire, de manga, de Pop art et de vidéo qui s’est imposée comme la tendance la plus spéculative de l’art contemporain japonais.

Ce Top fait un point sur l'année 2012 : quels artistes vivants ont marqué les plus belles enchères ?



Les meilleures enchères frappées pour des artistes japonais vivants en 2012

Rang

Artiste

Adjudication

Oeuvre

Vente

1

Takashi MURAKAMI

3700000$

The Castle of Tin Tin (1998/2003)

13/11/2012 (Sotheby's NEW YORK NY)

2

Yayoi KUSAMA

1367300$

INFINITY-NETS WHXOTLO (2006)

25/02/2012 (SBI Art Auction Co, Ltd TOKYO)

3

Yoshitomo NARA

1223600$

Untitled (2007)

26/05/2012 (Christie's HONG KONG)

4

Takashi MURAKAMI

1100050$

Open Your Hands Wide, Embrace Happiness! (2010)

15/02/2012 (Sotheby's LONDON)

5

Yayoi KUSAMA

1068000$

Pumpkin (1990)

21/03/2012 (K-Auction SEOUL)

6

Takashi MURAKAMI

1000000$

Kanye Bear (2009)

10/05/2012 (Sotheby's NEW YORK NY)

7

Yayoi KUSAMA

850000$

"Red Nets, No. 19" (1960)

19/09/2012 (Christie's NEW YORK NY)

8

Yayoi KUSAMA

838500$

"Pumpkin" (1990)

25/11/2012 (Ravenel Art Group HONG KONG)

9

Yoshitomo NARA

774000$

Untitled (2008)

24/11/2012 (Christie's HONG KONG)

10

MARISOL

660000$

Andy (1962-1963)

08/05/2012 (Christie's NEW YORK NY)


Avec un ticket d'entrée à plus de 770 000 $, seuls trois artistes sont à même de se partager le Top. On retrouve sans surprise les 'Pop-stars' japonaises Takashi Murakami, Yayoi Kusama et Nara Yoshitomo. Par ailleurs si Murakami est le détenteur de la première place, il est largement dépassé en nombre par Yayoi Kusama qui emporte à elle seule cinq place du classement. Rappelons qu'ils ont tous deux un point commun de poids : avoir collaboré avec Louis Vuitton ! En 2012 c'était au tour de Yayoi Kusama, qui a ainsi volé la vedette à Murakami.

A la première place du classement grâce aux 3,7 m$ de l'acrylique The Castle of Tin TinTakashi MURAKAMI, l'artiste japonais le mieux connu, a l'habitude des records. On est cependant loin des excès de l'année 2008 où Sotheby's New York avait enregistré une enchère record culminant à 13,5 m$ pour My Lonesome Cowboy, positionnant Takashi Murakami comme artiste japonais le plus cher du marché. Malgré une baisse conséquente de sa cote, la boulimie Murakami n'a toujours pas n'en reste pas là. Sur l'année 2011, par exemple, le volume de ses transactions a gagné quelque 55 % par rapport à 2010. En 2013 pas de répit, la galerie californienne Blum & Poe et Perrotin Hong Kong accueilleront toutes deux un show solo de l'artiste.

 

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2012 restera gravée comme l'année Yayoi KUSAMA, sans surprise la grande gagnante du classement ! Et ce grâce, entre autres, à sa rétrospective itinérante qui s'est arrêtée dans les plus influents musées du monde : le Whitney Museum à New York, le Centre Pompidou à Paris ou encore la Tate Modern à Londres. Sachant qu'en prime le mécène de l'exposition s'appelait Louis Vuitton et qu'il a lancé en même temps sa ligne de sacs à main en collaboration avec l'artiste, il était difficile, pour ceux qui ne la connaissaient pas encore, de ne pas croiser son nom. Côté marché de l'art, elle n'est pas en reste puisqu'elle est l'auteur, depuis 2008, du plus beau résultat réalisé pour une œuvre d'artiste féminine vivante avec la toile No.2 frappée à 5,1 m$ (Christie's New York, le 12 novembre).

 

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En 2012, sa plus belle enchère est frappée à plus de 1,3 m$ pour l'immense toile (200 cm x 1000 cm) INFINITY-NETS WHXOTLO, qui lui vaut la 2ème place de ce Top même si elle représente seulement son 4ème record de vente. En 2013, après avoir quitté la galerie Gagosian, le show de l'artiste sera accueilli par David Zwirner.

Influencé par la culture populaire japonaise, principalement les mangas, la télévision, le graffiti, le punk ou encore les comics américains, Yoshitomo NARA est reconnu pour ses représentations d'enfants et d'animaux. Que ce soit des peintures, sculptures ou encore des dessins, ses œuvres lient violence et froideur à l'innocence enfantine. Yoshitomo Nara a exposé dans les plus grands musées du monde et a vu sa cote s'envoler à partir de 2006 avec l'adjudication pour 950 000 $ de Missing in Action (Christie's New York, le 10 mai). Son record en salles trône à 1,3 m$ depuis 2007 grâce à l'adjudication de la toile Princess of Snooze (Christie's New York, le 13 novembre 2007).

 

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Entre 2009 et 2010, la cote de Yoshitomo a connu une forte baisse, aucun résultat n'ayant été frappé au delà de 616 000 $. Néanmoins depuis 2011, l'artiste renoue avec les enchères millionnaires. C'est d'ailleurs grâce aux 1,2 m$ signés en mai 2012 pour une sculptureSans Titre qu'il accède à la 3ème place de ce Top.

En 2012, le mouvement Pop domine toujours le paysage des plus belles enchères réalisées par les artistes japonais vivants. Avec la première rétrospective américaine consacrée au mouvement Gutaï au Guggenheim Museum de New York (du 15 février au 8 mai 2013), les visiteurs vont découvrir une autre facette de l'art Japonais. 

Source Artprice

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 ALAIN VERMONT