04/12/2015

MODIGLIANI au Zénith des Enchères

 

La messe est dite et les prières de Sotheby's et Christie's exaucées, du moins en partie. Après la semaine clef des ventes de prestige new-yorkaise (4-12 novembre), certains résultats sont époustouflants mais plusieurs enchères ont manqué d'entrain. Voici le compte-rendu des meilleures ventes à retenir.



Résultats historiques mais décevants chez Sotheby's 

Sotheby's a établi le record de son histoire, en dégageant plus d'1 milliard de chiffre d'affaires durant cette folle semaine. Le bal des enchères commençait avec la fameuse dispersion de la collection d'Alfred Taubman, milliardaire américain et ex-président et Sotheby's. Le premier volet de son impressionnante collection (77 chefs-d'oeuvre modernes et contemporains) générait à lui seul 377 m$ frais inclus, un résultat néanmoins décevant par rapport aux attentes... le taux d'invendus de 39% étant bien trop important. Fait notable : les œuvres de cette vente étaient pré-vendues car Sotheby's avait garanti tous les lots, en s'engageant elle-même pour une enveloppe excédant les 500 m$ auprès des vendeurs, les héritiers Taubman.

Frank STELLA : Le premier volet de la dispersion Taubman compte néanmoins un nouveau record d'envergure, celui de Frank Stella, dont la toile Delaware Crossing (1961) est partie pour 13,69 m$ frais inclus, au double du précédent record de l'artiste dont on peut voir la rétrospective au Whitney Museum (jusqu'au 7 février 2016).

Cy TWOMBLY a absolument dominé les ventes d'art contemporain le 11 novembre, avec sa toile Untitled (New York City) de 1968, qui s'est arrachée pour 70.5 m$. Un record d'autant plus important pour la maison Sotheby's que le dernier en date, à un millions de moins, était tenu par Christie's depuis novembre 2014. La large toile de Twombly est ainsi plus chère que La Gommeuse, chef-d'oeuvre du début de la Période bleue de Picasso, vendue pour 67,5 m$ chez Sotheby's le 5 novembre.



Du côté de chez Christie's


Coup double pour la Société de Ventes du magnat français François Pinault, Christie's, lundi 9 novembre, avec de nouveaux records impressionnants pour Lichtenstein et pour Modigliani. La société d’enchères organisait une vente d’art moderne intitulée La Muse de l’artiste, vente orchestrée dans le même esprit que Looking Forward to the Past en mai 2015, au cours de laquelle fut enregistré le nouveau record mondial pour une œuvre d'art aux enchères avec les 179,4 m$ des Femmes d’Alger (version O) de Picasso.


Looking Forward to the Past dégageait 705,9 m$ - soit le troisième meilleur résultat de l'histoire des ventes aux enchères publiques - avec 34 des 35 œuvres vendues. La Muse de l’artiste fut une session aussi impressionnante quant aux chefs-d'oeuvres proposés sans l'être en terme de résultats : les 491 m$ de la soirée sont décevants, avec près de 30% des 34 œuvres restées invendues.

Roy LICHTENSTEIN : la Nurse, toile de 1964 s'est envolée pour 95,365 m$, enterrant le précédent record de l'artiste de... 39 m$ ! Il s'agit de l'une des progressions les plus importantes de l'année, prouvant combien l'art contemporain américain est l'un des plus prompt aux envolées hors normes.

Gustave COURBET : le record de Courbet gagne plus de 10 m$, grâce à la Femme nue couchée (1862), toile d'une qualité sans précédent sur le marché des enchères. Cette rareté a atteint 15,28 m$, mais Christie's en espérant 25 m$...

Amedeo MODIGLIANI : le nouveau record pour le Nu couché (1917-18) du peintre italien est un grand soulagement pour Christie's qui avait garanti la vente de cette œuvre à hauteur de 100 m$.


Le 
Nu couché est un cas particulier, un trophée absolu de l'histoire de l'art moderne, l'une des œuvres les plus célèbres du XXème siècle, restée pendant 30 ans dans la même collection italienne. Les enchères partaient à 75 m$, pour atteindre 100 m$ en quelques secondes et finir à 152 m$ après 9 minutes sous haute tension.


Au final, le 
Nu couché de Modigliani est acheté pour 170,4 m$ frais inclus et devient la deuxième œuvre la plus chère vendue aux enchères dans le monde, après le record absolu tombé en mai 2015 pour Les Femmes d’Alger (version O) de Picasso. Le nouveau propriétaire est le milliardaire chinois Liu Yiqian, président du groupe Sunline, dont la fortune est estimée à 1,38 milliard de dollars par le magazine Forbes.

 

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Quelques records supplémentaires les jours suivants :


Christie's aurait pu mieux faire pour cette vacation, La Muse de l'artiste, mais a fort heureusement signée d'autres records les jours suivants, notamment pour Lucio Fontana, Louise Bourgeois et Lucian Freud.

Lucio FONTANA culmine désormais à 29,17 m$ avec Concetto spaziale, La fine di Dio (1964), grande toile jaune Ovoïde, trouée en plusieurs endroits. C'est la seconde vente supérieure à 20 m$ de Fontana cet automne.

Louise BOURGEOIS : son araignée géante a atteint 28 m$. Il s'agit d'une véritable flambée pour la Spider en bronze de plus de 7 mètres d'envergure, éditée en 6 exemplaires. Une autre version très similaire tenait le record de l'artiste à 10,7 m$ depuis quatre ans (Christie's New York, le 8 novembre 2011). Le record de Louise Bourgeois gagne donc plus de 17 millions en quatre petites années !

Lucian FREUD : flambée encore pour le britannique Lucian Freud, dont le nu Benefits Supervisor Resting (150,5 x 161 cm, 1994), est parti pour 56,1 m$. Il y a 7 ans, un nu de la même série, mettant en scène le même modèle sur une toile encore plus grande (151 x 219 cm) et dans une composition plus puissante, se vendait 23 millions de moins (ce Benefits Supervisor Sleeping partait pour 33,6 m$ frais inclus chez Christie's, le 13 mai 2008).

BALTHUS et Yoshitomo NARA augmentent également leurs records mais au seuil des estimations basses. Christie's espérait mieux de sa grande vente d'art contemporain qui affiche 20% d'invendus (53 lots vendus).

Au vu de ces résultats hors normes, il est clair que les plus riches acheteurs de la planète considèrent le marché de l'art haut de gamme comme un refuge face aux incertitudes économiques des marchés financiers. Néanmoins, ces résultats d'exception ne masquent pas le fait que l'entièreté du marché de l'art ne tourne pas à plein, plusieurs chefs-d'oeuvres n'ayant pas atteint leurs estimations basses et de lourds échecs de ventes étant à déplorer, y compris pour des signatures stars telles que Christopher WOOL ou Mark ROTHKO.

Source Artprice

PS :  La folie des chiffres ?

Le ratio Prix/Surface du Picasso "Les Femmes d'Alger, version O", vendu en mai dernier pour 179 000 000$, explique à lui seul  dans quel gouffre s'est enfermé le Marché de l'Art, pour désacraliser L'ART.

En effet, ce tableau de format 114 x 146 cm, et donc d'une surface de 1,6644 m2, vaut 107 540 000$ au m2 !

 

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 Alain VERMONT

 

 

20/08/2015

Ils ont fait polémique

L'art critique continuellement la société, questionne ses propres limites, et provoque des réactions plus ou moins vives. Cette année encore, le monde de l'art fut le théâtre de quelques polémiques retentissantes. Retour sur quelques-unes d'entre elles...

En janvier 2015, le peintre belge Luc TUYMANS (1958) était condamné pour plagiat par le tribunal d'Anvers. Selon ce dernier, l'œuvre intitulée A belgian politician ressemblait un peu trop à une photographie prise du politicien Jean-Marie Dedecker et parue dans le journal De Standaard. Peu en phase avec l'art contemporain, le juge accusait l'artiste de plagiat. Or, le travail de Luc Tuymans, comme celui de nombreux artistes contemporains, procède volontairement d'une réappropriation d'images existantes qu'il re-contextualise pour en offrir sa vision du monde. Tuymans se trouve être l'artiste contemporain Belge le plus coté (il tient un record avec Rumour, vendue 2,7 m$, le 15 novembre 2013 chez Christie’s New York ), un succès propre à susciter les convoitises.

Autre accusation, cette fois en France, avec l'exposition de Jeff KOONS  : après une importante rétrospective organisée par le Whitney Museum qui ne posa aucun problème aux visiteurs américains, l'artiste est accusé de plagiat pour deux œuvres de la série Banality (1988) lors de son exposition parisienne. Alain Seban, alors président du centre Pompidou, rappelait dans un communiqué que "des questions similaires se sont déjà posées aux Etats-Unis pour d’autres œuvres de la série Banality, dont le principe même est de partir d’objets achetés dans le commerce ou d’images issues de la presse", et ajoutait : "Une large part de la création moderne et contemporaine repose sur le concept de citation, voire d’appropriation. Il est essentiel que les musées puissent continuer à rendre compte de ces démarches artistiques".

L'appropriationnisme est en effet une tendance artistique reconnue, dont l'une des figures majeures, STURTEVANT, s'est éteinte l'an dernier. Ses oeuvres, copiant à s'y méprendre celles d'Andy Warhol ou de Roy Lichtenstein, sont aujourd'hui adjugées plusieurs millions de dollars... Dans le cas de Sturtevant, l'appropriation de chefs-d'oeuvre est absolument flagrante.

Ce que l'on reprocha en revanche au français Valentin CARRON (1977) durant la Fiac 2014, c'est son hommage un peu trop subtil au sculpteur Francesco MARINO DI TEANA (1920-2012), notamment la traduction du titre de l'oeuvre en anglais (The Dawn pour traduire L'Aube de Marino Di Teana). Le procès fut évité de peu... Sur un sujet voisin, mais sous une forme différente, la sculpture L'Aurore de Valentin Carron se vendait 75 000 $ chez Christie's New York, quelques jours après la Fiac. Ainsi, la polémique ne défait pas le marché, elle semblerait au contraire le stimuler...

Durant la même foire, la sculpture gonflable à l'allure de plug anal de Paul MC CARTHYTree, installée sur la prestigieuse place Vendôme, est vandalisée. 150 ans après le scandale de l’Olympia de Manet au Salon de Paris, l'élan phallique de Mc Carthy au coeur de la capitale (la ville regorge par ailleurs de démonstrations architecturales de ce type dépourvues d'ironie) soulève une vague de protestations et une autre de soutiens. Quelques mois plus tard, c'est au tour de l'oeuvre Dirty Corner d'Anish KAPOOR (rapidement rebaptisée le Vagin de la Reine par ses détracteurs) d'être détériorée dans les Jardins de Versailles. Le public français semble particulièrement sensibles aux questions de plagiat et d'indécence, à en perdre son esprit critique, son imagination et son humour...

Autre pays, autre réaction : l'artiste cubaine Tania BRUGUERA (1968) a mobilisé l'écosystème de l'art cette année, suite à son arrestation par les autorités cubaines. En effet, quelques jours après l'annonce de l'assouplissement des relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba (décembre 2014), elle organise une performance à La Havane qui déplaît fortement aux autorités cubaines... Elle est arrêtée et privée d'un passeport qu'elle ne récupérait que le mois dernier (le 10 juillet 2015). Cette polémique a fait réagir le marché : en mai 2015, Phillips vend en effet Destierro pour 81 250 $ frais inclus, au double de l'estimation, bien que Bruguera n'ait jamais fait parler d'elle aux enchères auparavant. Les acteurs du marché ont marqué leur soutien à l'artiste en poussant sa médiatisation jusqu'en salles de ventes.

A chaque pays ses sujets sensibles. On ne s'offusque pas des même choses à Paris, New York, Cuba, Pékin ou Doha, mais les artistes suscitent toujours des réactions qui nous permettent de prendre le pouls de nos sociétés. Aujourd'hui, plus que jamais, le marché de l'art réagit aussi à ce type d'actualité.

 Source ARTPRICE

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Alain VERMONT

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04/12/2012

L'Evolution du Marché Asiatique avec Hong Kong et le Développement des Ports Francs comme Genève

Marathon à Hong Kong [nov. 12]

Le marathon ne se court pas avant février à Hong Kong, mais la semaine de ventes qui vient de s'achever a laissé les collectionneurs et acteurs du marché de l'art épuisés alors qu'une vingtaine de ventes et au moins autant d'expositions étaient au programme ces derniers jours dans l'ancienne colonie anglaise.

Le bal s'ouvrait vendredi matin à Bonhams, qui fait le pari depuis quelques années de diversifier ses lieux de ventes. Avec une salle des ventes à San Francisco ou Dubaï, Bonhams a aussi ouvert depuis 2007 une salles des ventes à Hong Kong.

Ce 23 novembre, Bonhams proposait plus de cent vingt lots, dont à peine la moitié trouvait preneur, pour un produit des ventes hors frais de 22,5 mHK$. Nous sommes bien loin des 88 mHK$ espérés au minimum.
Avec seulement six lots ayant dépassé le million de HK$, Bonhams a récolté les fruits d'une vente beaucoup trop orientée moderne. En alignant les maîtres modernes Li Keran, Zhang Daqian, Wu Guanzhong et Qi Baishi, Bonhams pensait attirer les collectionneurs chinois en masse.

Ceux-ci n'ont cependant pas répondu aux attentes : trois Baishi QI sur cinq n'ont pas trouvé preneur, tout comme la moitié des quatre oeuvres de Keran LI, pourtant auteur d'un nouveau record il y a quelques mois. Quelques beaux résultats cependant pour les deux œuvres de Guanzhong WU : Lion Grove Garden in Suzhou parti pour 3,5 mHK$, dans la fourchette d'estimation, et Lacebark Pine in the Beijing Imperial Palace adjugée 3,2 mHK$.

L'œuvre White Chrysanthemums in Yellow Vase de Yu SAN a elle aussi fait grimper les enchères, puisqu'elle s'est échangée 1,1 mHK$. SAN Yu était à l'honneur cette semaine : treize de ses œuvres ont été présentées entre Bonhams, Christie's et Poly Auction.

Poly justement, menait sa première vente ce samedi 26. A l'occasion de son arrivée à Hong Kong, un grand nombre de collectionneurs en provenance de l'autre côté de la frontière avaient fait le déplacement pour être témoins de sa première vente en dehors de Chine continentale. Le succès fut immédiat, avec un résultat de 520 mHK$ (frais inclus, toutes ventes confondues). En quatre ventes ce wee-kend, Poly réalisait un grand coup pour son arrivée sur le Territoire Hong-Kongais.

La 4ème maison de ventes au monde a frappé d'autant plus fort qu'elle a dépassé le total de 450 mHK$ (avec frais) réalisé le mois dernier, lors des premières ventes hong-kongaises, par sa rivale chinoise et numéro 3 mondial, China Guardian.

Si Bonhams n'a pas eu beaucoup de succès avec les artistes chinois modernes, Poly a eu des résultats bien différents. Dans une salle de ventes à l'accent chinois (la vente ne s'est déroulée ni en anglais, ni en cantonnais, les deux langues officielles de Hong Kong, mais en mandarin), les lots qui ont défilé ont été souvent vendus au-dessus des estimations. 


Ainsi dès les lots numéro 2 et 3, deux oeuvres de SAN Yu, les acheteurs ont joué la surenchère. 
Nude a été frappée à 7,5 mHK$, et la suivante, Horses rambling on the grassland, est partie à 12 mHK$. Le lot numéro 4 a ajouté à la surexcitation d'une salle déjà très bruyante puisque l'œuvre Untitled 248 de Teh-Chun CHU s'arrachait à 35 mHK$, plus de quatre fois son estimation basse. Les œuvres de Chu Teh-Chun ont suscité énormément d'intérêt cette semaine. Chez Poly, les quatre œuvres proposées le samedi après-midi sont parties pour un total de 43,3 mHK$. Bizarrement, son maître Wou-ki ZAO s'en est un peu moins bien tiré : 1.4.82, le lot phare de la vente, partait à 11 mHK$, 1m de moins que son estimation basse, tandis que l'œuvre plus petite et plus vieille 18.3.67 partait dans sa fourchette d'estimation à 5m HK$.

Christie's organisait samedi soir sa vente d'art asiatique moderne et contemporain, avec ici aussi des œuvres de Chu Teh-Chun et Zao Wou-Ki. La salle bondée attendait impatiemment de voir la force du marché asiatique, après les signaux mixtes envoyés par les ventes à New York (échec de l'impressionnisme, et succès du contemporain et après-guerre). Les seuls applaudissements de la soirée furent entendus pour l'œuvre La forêt blanche II (1987), qui, en étant adjugée 53 mHK$, signait un nouveau record pour l'artiste et un des seuls deux records de cette session. L'autre record couronnait d'une manière un peu moins spectaculaire l'œuvre Abstract Triptych de Soo Pieng CHEONG adjugée 3,5 mHK$.


Si son disciple s'octroyait un nouveau record, Zao Wou-Ki n'était pas en reste puisque l'œuvre 
15.5.60 a trouvé preneur pour 30 mHK$ (son sixième plus beau résultat à ce jour) alors que l'oeuvre 23.05.61 réalisée une année après, est partie pour 22 mHK$.
SAN YU et 
Fanzhi ZENG viennent compléter les 5 adjudications les plus importantes de la soirée. Pot de chrysanthèmes roses de SAN Yu a réalisé 29 mHK$, soit le double de son estimation basse. Mask Series N10 de Zeng Fanzhi a été frappé à 19,5 mHK$, juste en dessous de son estimation basse ; c'est une légère déception pour cette œuvre présentée comme le chaînon manquant entre l'art contemporain occidental et asiatique.

Les œuvres de Xiaogang ZHANG ont peiné à atteindre leurs estimations basses chez Christie's, tout comme l'œuvre de Ye LIU, pourtant placardée sur tous les abribus de la ville de Hong Kong, qui réalisait 8 mHK$, contre les 12 mHK$ attendus. Quelques bonnes surprises néanmoins, comme l'œuvre Man, eagle and Eye in the sky: eye-kite flying people de Guoqiang CAI qui réalisait 6 mHK$, un million de plus que l'estimation haute, ou encore la sculpture "Cahaya Bumi (light earth)" de Rudi MANTOFANI qui devient, avec son prix de 950 000 HK$, la sculpture la plus chère de l'artiste. Ceci démontre encore une fois l'appétit du public pour les sculptures de l'artiste, puisqu'aucune de celles présentées en salle des ventes depuis 2007 n'a pas trouvé preneur! 


Ce soir-là, Christie's a récolté au total 360 mHK$ en trente-neuf coups de marteau (87% de lots vendus), soit 130 mHK$ de plus que les 230 mHK$ attendus.


Mais ce n'était pas fini pour Christie's, puisque dimanche la maison de ventes anglaise organisait une vente marathon de cinq cent trente-neuf lots. Malgré un nombre important de lots restés sur le carreau (110), la maison de ventes a conclu sa semaine de ventes hong-kongaises avec un total de 580 mHK$ pour ses ventes fine art uniquement.

Le marathon prenait fin lundi matin chez Seoul Auction qui organise depuis quelques années déjà deux sessions de ventes par an à Hong Kong. La maison de ventes essaye depuis longtemps de vendre des lots d'art contemporains occidental en Asie, à Seoul ou Hong Kong.

En ce lundi matin ce fut encore le cas, avec plus ou moins de succès. L'œuvre Panda Bear de Andy WARHOL est restée invendue mais un collectionneur s'est porté acquéreur d'un Let us pray de Damien HIRST pour 3 mHK$. Le lot phare de la vente était une oeuvre de l'artiste coréen Ufan LEEFrom Point , qui n'a pas déclenché la folie dans une salle quasi vide. La maison de ventes en attendait entre 15 mHK$ et 20 mHK$, mais n'en obtint que 15,2 mHK$. Avec quatorze lots invendus sur cinquante, Seoul Auction pâtit probablement d'être la dernière vente au calendrier hong-kongais. En effet il était possible pendant ce week-end d'aller admirer une batterie et une guitare repeintes par Damien Hirst, vendues 480 000 HK$ chez Ravenel dimanche soir, ou d'assister à une vente très nippone chez United Asian Auctioneers où étaient présentées quatre oeuvres de Kusama, six lots de Yoshimoto Nara, et six œuvres de Murakami, qui, hasard du calendrier, est exposé à Gagossian HK à partir de cette semaine. 

Source Artprice

1 HK $ = 0,10 € 

Les Ports Francs de Genève, incomparable caverne aux trésors

"Nous avons atteint le seuil des 22 millions de francs suisses (18,3 millions d'euros) de chiffre d'affaires en 2011 et nous avons remis quelque 10 millions à titre de contribution annuelle à notre actionnaire principal", le Canton de Genève, qui détient 86% des actions, s'est félicité, lors d'une conférence de presse, Christine Sayegh, présidente du conseil d'administration des Ports Francs genevois. 

Le système du port franc est utilisé notamment par les commerçants ou les transitaires en douane, qui louent des surfaces pour y stocker des biens sans payer des droits de douane ni la TVA, pendant la durée du stockage. 

Cependant, lorsque le bien sort de l'entrepôt, il est soumis à l'impôt dans son pays de destination. Ce système permet de différer le paiement des impôts et taxes et d'améliorer la gestion de trésorerie des locataires. 

La société des Ports Francs de Genève exploite 140.000 mètres carrés de surface locative, proposée aux professionnels et aux particuliers qui peuvent y louer des locaux pour une durée indéterminée et entreposer des biens en tout genre, comme des grands vins, des cigarettes, des objets d'arts, des voitures anciennes, des bijoux ou des diamants. 

Afin de satisfaire à la demande croissante, un nouveau bâtiment a été mis en chantier, représentant 11.000 mètres carrés supplémentaires. 

Quelque 2 millions de bouteilles de vin sont ainsi stockées, et 27% de la surface sont loués pour des oeuvres d'art. Les transitaires en art représentent d'ailleurs un quart de la clientèle. 

Pour rendre le contenu de ces énormes entrepôts aux portes de Genève plus transparents, la loi suisse sur les douanes a été modifiée et oblige depuis 2009 les locataires à fournir un inventaire détaillé du contenu de leurs locaux lorsqu'il s'agit de marchandises "sensibles". 

Les cigarettes, en raison de leurs taxes élevées, les oeuvres d'art, les bijoux et les pierres précieuses font partie de ces catégories de marchandises. 

"Le Port Franc, c'est un peu comme la caverne d'Ali Baba, pleine de trésors dans l'imaginaire des gens", a déclaré un responsable des douanes de Genève. 

De fait, des grands collectionneurs choisissent les Ports Francs pour y entreposer leurs toiles, comme la famille Nahmad, qui gère deux galeries d'art à New York et Londres. Les locataires aménagent parfois luxueusement leurs locaux, afin de d'y recevoir leurs clients pour leur présenter leurs objets dans un show-room, en toute discrétion et dans une sécurité absolue. 

Avec l'introduction de la nouvelle loi prévoyant des inventaires obligatoires, les Ports Francs de Genève craignaient de perdre des clients. Mais cela n'a pas été le cas. 

Le site a même été obligé à plusieurs reprises de refuser des clients cherchant plus de 2.500 mètres carrés de surface, faute de place, car le taux d'occupation avoisine les 100%.

Au cours des derniers mois, un nombre croissant de gens fortunés du monde entier ont placé leur biens dans les dépôts sécurisés des ports francs suisses.

A Genève seulement, selon la NZZ am Sonntag, des biens tels des diamants, des vins très coûteux et des oeuvres d'art pour une valeur de quelque 100 milliards sont déposés dans ce qui est l'un des plus importants ports francs au monde.

Véritable colonne logistique du Marché de l'Art globalisé, les Ports Francs permettent aux œuvres d'être stockées et transportées dans les meilleures conditions en attendant de changer de main.

La Suisse est à la pointe de ce secteur en plein boom.

Avec sa douzaine de ports francs, dont les principaux sont à Chiasso, Zurich, Bâle et Genève, la Suisse a toujours été un acteur majeur de ce marché bien particulier. A elle seule, la zone franche de Genève concentrerait le plus grand stock d’œuvres d’art au monde, d’une valeur quasiment inestimable.

 
«La majorité des œuvres d’art de notre fonds est entreposée à Genève», affirme ainsi Jean-René Saillard, directeur des ventes du British Fine Art Fund Group, un fonds d’investissement créé il y a dix ans et qui connaît un succès phénoménal. A l’heure actuelle, il existe près de 40 fonds spécialisés similaires dans le monde. Près de la moitié est basée en Chine et la plupart d’entre eux n’ont que quelques années d’existence.


 «Cela ne signifie pas pour autant que les œuvres d’art restent tapies dans l’ombre. L’idée que les collections entreposées dans des ports francs ne sont jamais présentées au public relève du mythe, affirme-t-il. Les propriétaires ont toutes les raisons de prêter généreusement leurs objets. Lorsque les œuvres qu’ils possèdent sont exposées dans des institutions prestigieuses, elles prennent naturellement de la valeur». Le Kunsthaus de Zurich a ainsi réalisé récemment une exposition autour de la célèbre collection Nahmad, entreposée elle aussi à Genève.  

 

Les profonds bouleversements qui affectent le monde de l’art sont cependant en train de modifier les raisons d’être des ports francs. Ces derniers avaient au départ été conçus pour ajourner les formalités douanières jusqu’au moment où les œuvres atteignaient leur destination finale. Aujourd’hui, le flou fiscal qui entoure les ports francs représente un formidable atout pour un marché d’investissement qui n’est plus directement lié à la présence physique des marchandises.
 
Selon une étude menée par la Mei Moses All Art Index, le marché de l’art a surpassé constamment celui des actions entre 2000 et 2011, ne connaissant qu’une légère baisse durant la crise économique de 2008. De nombreux particuliers fortunés qui cherchent à diversifier leurs portefeuilles et leurs fonds d’investissement se ruent ainsi sur ce marché, mais pas nécessairement pour posséder un Rembrandt ou un Monnet dans leur villa.

 
Puisque l’art devient un actif financier comme un autre, des transactions peuvent être conclues indépendamment de l’emplacement physique de l’objet. Cette situation a pour conséquence d’accroître considérablement la demande en stockage sécurisé, de préférence hors de la législation fiscale d’un pays donné, ce qui permet aux œuvres d’art de passer de mains en mains au gré des transactions financières, sans bouger d’un iota.

La place manque

Le marché mondial de l’art est évalué à près de 46,1 milliards d’euros. Comme le souligne Anders Petterson, fondateur de la firme d’analyse londonienne ArtTactif, les marchés de l’art sont de plus en plus liés aux marchés financiers. «Partout à travers le monde, des gens achètent de l’art». Il attribue cette croissance exponentielle du marché de l’art non seulement aux fonds d’investissement, mais également à la multiplication des foires, des ventes aux enchères et des nouveaux collectionneurs.

 
Les œuvres d’art sont aujourd’hui si nombreuses que la place dans les entrepôts vient à manquer. «Je connais un certain nombre de collectionneurs dont la passion a depuis longtemps débordé des murs de leur maison, mais qui continuent néanmoins d’acheter. Plus de 80% de leur collection se retrouve dans des entrepôts de ports francs». Les musées connaissent le même phénomène, puisqu’ils ne présentent qu’une toute petite partie de leur collection en même temps.


Bien que les ports francs soient gardés comme Fort Knox, certaines chambres fortes ressemblent à de luxueuses galeries.

 
La préservation de l’art, est exigeante. Les peintures par exemple requièrent un éclairage et des températures optimales. Une grande partie du succès des ports francs, repose sur la qualité des services sur le site, en particulier ceux fournis par les transitaires.

 
Yves Bouvier préside l’un d’entre eux, Natural Le Coultre, le plus important opérateur de stockage et de logistique au monde. «Le marché de l’art a quadruplé ces dernières années», observe-t-il. Le fait que le nombre d’artistes n’ait jamais été aussi important et que l’art contemporain tend à occuper de plus grands espaces a également accru le besoin en logistique et en entreposage.

«L’art est une monnaie»

Le site de Genève est ainsi en pleine expansion. Singapour a inauguré un grand complexe pour répondre à la forte hausse du marché asiatique de l’art. Un port franc devrait également être opérationnel au Luxembourg en 2014.

Avec ses nombreuses collections d’art, ses musées, ses galeries et ses foires, la Suisse a toujours cultivé son profil de centre névralgique de l’art. La nouveauté, c’est que ses ports francs sont devenus des acteurs clés d’un marché international de l’art en plein essor.

«L’art est une monnaie qui circule entre les pays, affirme Andres Petterson. Tout en soulignant toutefois que les rendements espérés ne sont pas toujours la raison principale qui pousse à l’achat. «L’art procure du prestige et de la jouissance», rappelle-t-il.

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ALAIN VERMONT