19/05/2012

Raoul Dufy ou le cheminement du Fauvisme au Cubisme

Raoul DUFY naquit au Havre le 3 juin 1877, dans une famille nombreuse de neuf enfants. Son père, comptable dans une société importante de la ville, et organiste à ses heures perdues, transmit son amour de la musique à ses enfants, alors que Raoul s’orientait déjà très jeune vers la peinture, pour être bientôt suivi par son frère cadet Jean.

DUFY suivit les cours du soir de l’Ecole des Beaux-Arts du Havre, et à dix neuf ans, après avoir effectué son service militaire et obtenu une bourse de sa ville natale, il s’installa à Paris, pour cohabiter avec son compatriote FRIESZ. Dans la capitale, il entra à l’Ecole des Beaux-Arts pour fréquenter l’Atelier de BONNAT.

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Il admirait la Peinture Impressionniste au travers des tableaux qu’il regardait dans les vitrines des grand marchands de l’époque, en marquant sa préférence pour Van GOGH et GAUGUIN. En 1905, l’influence impressionniste s’amenuisa alors qu’apparaissait le Fauvisme, par le truchement de la toile de MATISSE « Luxe, calme et volupté » qui lui démontra le rôle de l’invention dans la peinture. Sa période fauve se déroula jusqu’en 1909 environ, pour laisser ensuite la place à une influence cubiste qui lui permit de mieux comprendre l’œuvre de CEZANNE.

C’est à cette époque qu’il séjourna quelque mois à Munich pour remettre en cause son art, et dérouter le public qui ne comprenait pas ses changements incessants de style. Mais DUFY, sûr de son talent, et malgré ses difficultés importantes du moment, ne transigea pas sur son approche de la peinture.

 

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Pour survivre, il accepta de s’installer dans un atelier situé Avenue de Clichy, afin de créer des impressions sur tissus qui rapidement séduisirent les élégantes parisiennes. Et durant plusieurs années, l’artiste alors employé à rénover l’esprit de la Maison de Couture Bianchini Atuyer Ferrier, s’investit dans la décoration de vêtements, en poursuivant son œuvre picturale.

Il s’appliqua à répéter un même thème qu’il exploita jusque dans ses derniers retranchements, pour créer de célèbres séries comme il l’avait déjà fait dans le passé. Après les séries de ses « Rues pavoisées » au Havre en 1906, ou de ses « Pêcheurs à la ligne » en 1907-1909, il composa une suite reproduisant ses différents ateliers.

En 1920, il s’installa à Vence et exécuta plusieurs tableaux inspirés par le même sujet, comme il le fit ensuite pour les « Courses » en 1925. Et c’est alors qu’il commença une œuvre importante faite d’aquarelles sur les courses de chevaux. En 1927, à l’orée de sa cinquantaine, il commença à souffrir d’un arthritisme qui alla grandissant jusqu’à sa mort, sans jamais cependant l’empêcher de créer, malgré l’importance des douleurs parfois engendrées par la maladie.

 

Dufy la grande baigneuse.jpg

En 1937, il reçut de l’E.D.F. la commande qui contribua à affirmer le succès mondial qui allait devenir le sien. En effet, il décora le pavillon E.D.F. de l’Exposition Universelle avec une peinture impressionnante de soixante mètres de long et de dix mètres de hauteur, qui retraçait l’histoire de la lumière. Cette « Fée électricité » subjugua le public par la qualité des cent vingt cinq personnages savants reproduits sur le tableau, en grandeur nature, et dans tous les thèmes chers à l’artiste : le champêtre, le mythologique, le musical, le mondain et le scientifique.

Cette œuvre pour laquelle DUFY avait travaillé deux ans, dans le mauvais confort d’un hangar froid mis à sa disposition par les mandataires du projet, contribua au développement dramatique des rhumatismes qui le faisaient souffrir. Il poursuivit néanmoins son travail en s’appliquant à créer des lithographies merveilleuses, ainsi que des gravures pour l’illustration de multiples ouvrages comme « Tartarin de Tarascon » d’Alphonse Daudet . Son art s’exprima dans des lithographies en couleurs dont les tons clairs et purs posés en surface, s’unissaient au dessin fait de lignes de couleurs, pour rendre des effets de construction esthétiques qui rappelaient l’influence de Van GOGH.

 

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En 1950, il rejoignit les Etats-Unis pour essayer un nouveau traitement mis au point à base de Cortisone, et en profita pour travailler à New York et à Tucson, avant de rentrer en France, toujours souffrant. En 1952, il se rendit à Venise pour recevoir le Grand Prix de la Biennale, après qu’une importante rétrospective de ses œuvres ait eu lieu à Genève.

Il s’installa alors à Forcalquier, pour achever sa vie comme RENOIR, cloué dans un fauteuil roulant. Il mourut là-bas, dans les Alpes de Haute Provence, le 23 mars 1953, à l’âge de soixante seize ans.

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ALAIN VERMONT


16/01/2009

LE FAUVISME

LE FAUVISME.

Le groupe des « Fauves » se constitua en 1905, lors du Salon d’Automne de Paris, sans qu’aucun programme précis, et sans qu’aucune théorie d’ensemble n’unissent les artistes de ce nouveau mouvement dont l’appellation fut inventée par le journaliste Louis Vauxcelles, après que celui-ci, ayant découvert ce style novateur qui employait des couleurs pures, eut qualifié ses représentants de « fauves ».

 

Henri MATISSE, le plus âgé d’entre eux, rassembla autour de lui des artistes qui provenaient de trois horizons différents : MARQUET, MANGUIN et CAMOIN, qui après la mort de leur vieux maître Gustave MOREAU (Symboliste) en 1898, rencontrèrent Jean PUY à l’Académie CARRIERE, avant de se regrouper, DERAIN et DE VLAMINCK qui faisaient alors partie du Groupe de Chatou, ainsi que DUFY, OTHON-FRIESZ et BRAQUE, qui appartenaient à celui du Havre. Le hollandais VAN DONGEN qui était un artiste indépendant et sans école, se joignit lui aussi à eux.

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Luxe, Calme et Volupté, 1904.
Henri Matisse (1869-1954).
Huile/toile 98, 5 x 118, 5 cm.

 

Certains de ces peintres s’étaient déjà rencontrés dans le passé, tandis que les autres accédaient au groupe par leur amitié pour MATISSE. Ils ne possédaient entre eux qu’un point commun qui les poussa, dans l’emploi des couleurs pures, à aller aussi loin que l’unité du tableau le permît.

Ils désiraient séparer la couleur de sa référence à l’objet, en libérant sa force d’expression. Leur art ne fut qu’une provocation réalisée à l’encontre des sensations visuelles de l’Impressionnisme, ainsi qu’une réponse violente au développement de la photographie.

 

La peinture des Fauves fut alors qualifiée de « Première Révolution Artistique du 20ème siècle » jusqu’en 1906. Dans leur association au Salon des Indépendants, les artistes concernés se virent alors baptisés par le critique d’art Louis Vauxcelles.

En effet, ce jour-là, le journaliste découvrit au milieu de la salle d’exposition du groupe des Fauves, un petit bronze d’allure florentine réalisé par le sculpteur Marque, avant de déclarer ironiquement « Donatello dans la cage aux fauves ! ». Le qualificatif se répandit aussitôt dans tous les salons parisiens.

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Les Pêcheurs,1908.

Raoul Dufy (1877-1953).

Huile/toile 53,5 x 65 cm.

 

Les Fauves s’efforcèrent de recourir à la couleur pure pour construire l’espace, en simplifiant la transposition hardie des formes, et en exprimant leur joyeuse exaltation de la vie par une touche jaillissante. Le Fauvisme, enrichi par les expériences colorées des Néo-Impressionnistes, se référa à la peinture de GAUGUIN, et à l’expression du trait de TOULOUSE LAUTREC. Les Arts Premiers Africains et Océaniens influencèrent fortement l’esthétique fauve qui prit son essor en même temps que l’avancée Expressionniste qui elle ne traduisait qu’un contenu tragique.

 

Au Salon d’Automne de 1905, MATISSE exposa treize tableaux Pointillistes qu’il avait réalisés à St Tropez durant l’été précédent, aux côtés de SIGNAC et de CROSS dont il avait emprunté le style.

La luminosité et la vigueur nouvelle de ces tableaux invitèrent OTHON-FRIEZ à donner sa définition personnelle du Fauvisme : « On doit donner un équivalent de la lumière du soleil au moyen d’une technique qui se fonde sur une orchestration de couleurs, sur des transposition passionnées, dont la vérité et dont la théorie résultent de recherches audacieuses et enthousiastes. Le point de départ est la sensibilité à l’égard de la nature ». A la vue du tableau de MATISSE « Luxe, calme et volupté », qui représente un groupe coloré de baigneurs reposant dans un paysage méditerranéen, FIESZ et DUFY se détournèrent de l’Impressionnisme pour vénérer l’art de MATISSE qui provoquait alors à Paris de vives discussions.

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Fernande, 1905.
Kees Van Dongen (1877-1968).
Huile/toile 100 x 81 cm.

 

En automne 1906, le groupe des Fauves réalisa une importante exposition qui lui assura alors un certain triomphe. Georges ROUAULT, artiste isolé par ses couleurs sombres et ses difficultés personnelles, fréquenta MARQUET et MATISSE, mais se démarqua de leur style par sa traduction austère de la misère humaine. En 1907, l’unité du groupe commença à s’épuiser lentement sous la poussée du Cubisme naissant qui courtisait MATISSE, DERAIN et BRAQUE surtout.

 

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Alain VERMONT

 

 

 

 

 


11:37 Écrit par L'Art Pluriel dans 3 -- PEINTURE : HISTORIQUE | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : fauvisme, fauve, matisse, derain, van dongen, dufy, vlaminck |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |