05/06/2012

DE VLAMINCK un Fauve parmi les Fauves

 

Maurice DE VLAMINCK naquit à Paris le 4 avril 1876, dans une famille de musiciens qui s’installa ensuite au Vésinet en 1879. Livré à lui-même dès sa jeunesse, par des parents qui ne se préoccupaient que de leur métier, il grandit en se forgeant une nature rebelle. En 1895, il fréquenta l’Ile de Chatou pour peindre aux côtés de Henri RIGAL, et exprimer son admiration pour l’Impressionnisme.

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De retour du service militaire en 1896, il enseigna la musique durant trois ans, et devint premier violon au Théâtre du Château d’Eau. Aux premiers jours du siècle nouveau, il rencontra MONET, puis DERAIN avec qui il loua un atelier sur l’Ile de Chatou. L’année suivante, les deux amis visitèrent l’exposition Van GOGH, et DE VLAMINCK resta bouleversé par l’œuvre de celui qu’il appela ensuite « Mon père ».

L’artiste devint alors le Fauve qui respectait la loi de la couleur pure. Vivant sans moyens financiers, il réussit cependant à acheter des tubes de couleurs de qualité inférieure, pour composer certaines toiles qui malheureusement vieillirent mal. Son approche particulière de l’art se défendit de fréquenter les musées, et l’empêcha de se soumettre à l’enseignement de l’Académie.

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Peintre d’instinct, DE VLAMINCK voulut tout ignorer des problèmes de la nature, et le fit savoir, notamment dans ses nombreux écrits. Rebelle il fut, et rebelle il demeura. Il considérait par exemple que l’enseignement de la religion dispensé par les prêtres, n’était qu’une atteinte aux droits de la personne. Il ne respectait pas plus les institutions établies, et s’élevait contre la puissance de l’Etat, en dénonçant le pouvoir de la police. Il accentua même l’acidité de ses jugements en traitant PICASSO de « Laborieux plagiaire », avant de visiter cependant son atelier du « Bateau-Lavoir », quelques années plus tard.

Le colosse au physique impressionnant poursuivit son œuvre en ne respectant que son instinct. Il se joignit malgré tout aux Fauves en 1905, pour accrocher ses tableaux d’abord au Salon des Indépendants, puis au Salon d’Automne, dans la singulière « Cage aux fauves ». En 1906, Vollard lui acheta son fonds d’atelier, et exposa ses tableaux. Dès lors, DE VLAMINCK abandonna l’ambiance des salons pour lui préférer des expositions irrégulières dans diverses galeries. Ce colosse peintre s’appliqua à réaliser des tableaux paysagistes qui exprimaient des ciels de désespoir qui figurent parmi ses plus belles œuvres.

Ses loisirs du dimanche l’entraînèrent à participer à des courses cyclistes, ou à fréquenter les fêtes populaires. Artiste habile, il créa aussi des lithographies et des gravures sur bois, et produisit de magnifiques dessins à l’encre de chine. Sa plume composa plusieurs écrits faits de poèmes et de théories personnelles sur la peinture.

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Dans ses ouvrages, il donna alors son sentiment personnel et singulier : « La période de l’intellectualisme déchaîné des divagations absconses, des spéculations maladives est révolue ; les jeunes peintres aspirent aux disciplines naturelles. Il s’agit de revenir à une peinture lisible, vivante, humaine. Le cubisme fut la négation même de l’art de peindre. Longtemps il exerça sur les esprits de funestes ravages... La peinture c'est comme la cuisine. Cela ne s'explique pas. Ca se goûte ! ».

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Alain VERMONT

12/04/2012

MATISSE, un Maître peu commun

 

Henri MATISSE naquit au Cateau-Cambrésis, dans le Nord de la France, le 31 décembre 1869. Après ses études secondaires, il devint clerc dans une étude d’avoué à St Quentin, alors qu’il suivait des cours de droit en occupant ses loisirs par la peinture, pour composer en 1890 sa « Nature morte aux livres ». Il s’installa ensuite à Paris pour achever ses études de droit, et s’inscrire en 1893 à l’Ecole des Beaux-Arts, où il fréquenta l’Atelier de BOUGUEREAU, avant de poursuivre son apprentissage de la peinture dans l’atelier de Gustave MOREAU où travaillaient déjà MARQUET, ROUAULT, CAMOIN et MANGUIN. Sous la direction du Maître, il dessina beaucoup d’après nature, et se rendit souvent au Louvre pour exécuter des copies de POUSSIN, CHARDIN et Philippe de CHAMPAIGNE qui l’influencèrent considérablement.

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Luxe, calme et volupté

En 1896, la sagesse de ses premières œuvres lui permit d’exposer onze tableaux au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts, et d’être reçu comme sociétaire de cette respectable assemblée, avant qu’un de ses tableaux ne fût acheté par la sévère Commission d’Etat. Il ne s’émut pas de la belle carrière de peintre officiel qui se présentait à lui, et poursuivit son travail, en découvrant l’Art Musulman et les estampes japonaises, pour rester frappé par la puissance expressive de leurs arabesques.

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Odalisque, harmonie en rouge

Il séjourna alors en Bretagne pour mieux appréhender ensuite la transcription luministe des Impressionnistes. En 1898, il découvrit la Corse et la Côte d’Azur, pour se convaincre un peu plus de l’intérêt de la peinture aux accords colorés intenses. Après son retour à Paris, il fréquenta plusieurs académies dans lesquelles il rencontra DERAIN et Jean PUY. Aux côtés de MARQUET, et pour nourrir sa femme et ses trois enfants, il exécuta les nombreuses guirlandes de stuc qui encadraient les fresques du Palais des Beaux-Arts de l’Exposition Universelle de 1900.

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Nature Morte en bleu

Sa peinture était encore réalisée selon les préceptes du Néo-Impressionnisme, bien que l’influence de CEZANNE se fît déjà sentir pour l’engager à maintenir les contours, et marquer les formes d’une manière simplifiée, tout en conservant des couleurs lumineuses.

En 1904, il composa à Collioure des paysages traités par l’arabesque enserrant des aplats de couleurs pures, et qu’il exposa au Salon d’Automne de 1905 durant lequel naquit le nom des Fauves dans la bouche de Louis Vauxcelles.

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Le Bonheur de vivre

A partir de 1905, Matisse, imité par son ami DERAIN, produisit les premiers tableaux véritablement Fauves, mais à l’inverse de ses amis, n’attribua pas de fonction dynamique à la couleur ou à la forme. Il tendait à une expression dans laquelle couleurs, formes, corps, espaces et proportions exprimaient les idées du peintre assemblées en une composition décorative  « Sans objectivité inquiétante ».

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La Croyante nue

En 1908, ayant déjà dépassé le Fauvisme originel, et sous l’influence manifeste de CEZANNE, il s’approcha de la tendance cubiste et fonda un premier atelier dans le Couvent des Oiseaux, rue de Sèvres, aux côtés de FRIESZ, pour recevoir des adeptes venus du monde entier. La même année, il transporta son atelier public dans le Couvent du Sacré-Cœur qui venait d’être rendu à une utilisation laïque.

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Intérieur et phonographe

Par son école, MATISSE exerça une grande influence sur la peinture, et sur la peinture allemande en particulier. Les sujets traités représentaient des fleurs, des femmes, des meubles et d’autres éléments décoratifs. La peinture de MATISSE ne connut rien de gratuit. Elle se concentra sur ce que le peintre voulait exprimer par la couleur et la forme, sans jamais tomber dans le maniérisme.

 

En 1912, il visita le Maroc, et à son retour en France, commença une longue évolution dans sa peinture, en se fixant à Nice où il avait décidé de résider, pour poursuivre son œuvre dans le développement logique de ses intuitions d’origine. Il produisit en parallèle à sa peinture ses premières sculptures sérieuses comme « Les têtes de Jeannette ». Son succès entraîna sa peinture à New York en 1915, à Paris en 1919, à Pittsburgh en 1927, et à Berlin en 1930.

 

Ce génie de l’art se transporta beaucoup en Europe, et en Polynésie où il résida durant trois mois à Tahiti, dans le souvenir de GAUGUIN. Dans son voyage de retour, il s’arrêta aux Etats-Unis pour décorer la plus grande salle du Musée de la Fondation du Docteur Barnes. Il devint alors l’un des sculpteurs les plus importants, et ses découpages au ciseau dans lesquels la couleur et l’arabesque atteignaient leur plus haute expression, formèrent dans le volume « Jazz », comme un aboutissement symbolique pour ce théoricien remarquable, mais malade.

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Le Jardin du Luxembourg

En effet, en 1943, après une grave opération, il devint impotent au point de ne plus pouvoir quitter la chambre qui était la sienne dans l’ancien Hôtel Regina de Nice, sur la commune de Cimiez. Incapable de se mouvoir avec facilité, il fit articuler son lit, et dessina sur des tables mobiles qui l’entouraient.

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Entrée d'une villa

Et comme son ami RENOIR l’avait fait quelques années auparavant, MATISSE utilisa un subterfuge pour tromper la maladie, en fixant ses crayons à dessin au bout de cannes à pêche. Il parvint à créer ainsi les décorations de la Chapelle de Vence, sans quitter son lit dans lequel il découpa aussi les papiers de couleur qui furent ensuite assemblés selon ses indications.

Laissant alors derrière lui une œuvre gigantesque de par sa qualité et son originalité, il mourut au soir du 3 novembre 1954, à Nice, à l’âge de quatre vingt cinq ans, deux mois après la disparition de son ami DERAIN.

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ALAIN VERMONT


 

16/01/2009

LE FAUVISME

LE FAUVISME.

Le groupe des « Fauves » se constitua en 1905, lors du Salon d’Automne de Paris, sans qu’aucun programme précis, et sans qu’aucune théorie d’ensemble n’unissent les artistes de ce nouveau mouvement dont l’appellation fut inventée par le journaliste Louis Vauxcelles, après que celui-ci, ayant découvert ce style novateur qui employait des couleurs pures, eut qualifié ses représentants de « fauves ».

 

Henri MATISSE, le plus âgé d’entre eux, rassembla autour de lui des artistes qui provenaient de trois horizons différents : MARQUET, MANGUIN et CAMOIN, qui après la mort de leur vieux maître Gustave MOREAU (Symboliste) en 1898, rencontrèrent Jean PUY à l’Académie CARRIERE, avant de se regrouper, DERAIN et DE VLAMINCK qui faisaient alors partie du Groupe de Chatou, ainsi que DUFY, OTHON-FRIESZ et BRAQUE, qui appartenaient à celui du Havre. Le hollandais VAN DONGEN qui était un artiste indépendant et sans école, se joignit lui aussi à eux.

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Luxe, Calme et Volupté, 1904.
Henri Matisse (1869-1954).
Huile/toile 98, 5 x 118, 5 cm.

 

Certains de ces peintres s’étaient déjà rencontrés dans le passé, tandis que les autres accédaient au groupe par leur amitié pour MATISSE. Ils ne possédaient entre eux qu’un point commun qui les poussa, dans l’emploi des couleurs pures, à aller aussi loin que l’unité du tableau le permît.

Ils désiraient séparer la couleur de sa référence à l’objet, en libérant sa force d’expression. Leur art ne fut qu’une provocation réalisée à l’encontre des sensations visuelles de l’Impressionnisme, ainsi qu’une réponse violente au développement de la photographie.

 

La peinture des Fauves fut alors qualifiée de « Première Révolution Artistique du 20ème siècle » jusqu’en 1906. Dans leur association au Salon des Indépendants, les artistes concernés se virent alors baptisés par le critique d’art Louis Vauxcelles.

En effet, ce jour-là, le journaliste découvrit au milieu de la salle d’exposition du groupe des Fauves, un petit bronze d’allure florentine réalisé par le sculpteur Marque, avant de déclarer ironiquement « Donatello dans la cage aux fauves ! ». Le qualificatif se répandit aussitôt dans tous les salons parisiens.

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Les Pêcheurs,1908.

Raoul Dufy (1877-1953).

Huile/toile 53,5 x 65 cm.

 

Les Fauves s’efforcèrent de recourir à la couleur pure pour construire l’espace, en simplifiant la transposition hardie des formes, et en exprimant leur joyeuse exaltation de la vie par une touche jaillissante. Le Fauvisme, enrichi par les expériences colorées des Néo-Impressionnistes, se référa à la peinture de GAUGUIN, et à l’expression du trait de TOULOUSE LAUTREC. Les Arts Premiers Africains et Océaniens influencèrent fortement l’esthétique fauve qui prit son essor en même temps que l’avancée Expressionniste qui elle ne traduisait qu’un contenu tragique.

 

Au Salon d’Automne de 1905, MATISSE exposa treize tableaux Pointillistes qu’il avait réalisés à St Tropez durant l’été précédent, aux côtés de SIGNAC et de CROSS dont il avait emprunté le style.

La luminosité et la vigueur nouvelle de ces tableaux invitèrent OTHON-FRIEZ à donner sa définition personnelle du Fauvisme : « On doit donner un équivalent de la lumière du soleil au moyen d’une technique qui se fonde sur une orchestration de couleurs, sur des transposition passionnées, dont la vérité et dont la théorie résultent de recherches audacieuses et enthousiastes. Le point de départ est la sensibilité à l’égard de la nature ». A la vue du tableau de MATISSE « Luxe, calme et volupté », qui représente un groupe coloré de baigneurs reposant dans un paysage méditerranéen, FIESZ et DUFY se détournèrent de l’Impressionnisme pour vénérer l’art de MATISSE qui provoquait alors à Paris de vives discussions.

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Fernande, 1905.
Kees Van Dongen (1877-1968).
Huile/toile 100 x 81 cm.

 

En automne 1906, le groupe des Fauves réalisa une importante exposition qui lui assura alors un certain triomphe. Georges ROUAULT, artiste isolé par ses couleurs sombres et ses difficultés personnelles, fréquenta MARQUET et MATISSE, mais se démarqua de leur style par sa traduction austère de la misère humaine. En 1907, l’unité du groupe commença à s’épuiser lentement sous la poussée du Cubisme naissant qui courtisait MATISSE, DERAIN et BRAQUE surtout.

 

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Alain VERMONT

 

 

 

 

 


11:37 Écrit par L'Art Pluriel dans 3 -- PEINTURE : HISTORIQUE | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : fauvisme, fauve, matisse, derain, van dongen, dufy, vlaminck |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |