27/07/2014

La Parité et le Monde des Arts Plastiques

Les Millions et les Femmes-Artistes...

Nombreux sont les critiques, historiens, spécialistes du marché, curateurs, voire directeurs de foires ayant relevé de fortes disparités entre la valorisation des femmes et celle des hommes. Si certains considèrent ce débat comme ancré dans des préconçus culturels d'arrière-garde, il faut avouer que les dits préconcus et les vieilles habitudes ont la vie dure.

Les écarts de prix sont en fait considérables, de l'ordre de plusieurs dizaines de millions de dollars entre les hommes et les femmes les plus cotés du marché. Les femmes les plus performantes en salles n'atteignent pas encore le seuil des 10 m$ au marteau, alors que d'autres artistes, hommes, passent désormais le seuil des 100 m$.

Comment les plus cotées, dont Nathalie GONTCHAROVA et Louise BOURGEOIS (record de Gontcharova avec Les Fleurs, adjugée 9,6 m$, soit 10,8 m$ frais inclus et de Louise Bourgeois avec Spider, adjugée 9,5 m$, soit 10,7 m$ frais inclus), peuvent faire face aux 127 m$ de Francis BACON (Three studies of Lucian Freud, plus de 142 m$ frais inclus), aux 107 m$ d'Edvard MUNCH (The scream, près de 120 m$ frais inclus), aux 95 m$ de Pablo PICASSO (Nude, Green Leaves and Bust, plus de 106 m$ frais inclus) ou aux 77,5 m$ de Mark ROTHKO (Orange, Red, Yellow, près de 87 m$ frais inclus) ?

La figure féminine de l'Impressionnisme Berthe MORISOT affiche certes un record à 9,7 m$, soit près de 11 m$ frais inclus (Après le Déjeûner, Christie's Londres le 6 février 2013) mais ses homologues impressionistes masculins cuminent à 71 m$ au marteau ( Claude MONET à 71,8 m$, soit 80,5 m$ frais inclus, avec Le Bassin aux Nymphéas, vendue chez Christie's le 24 juin 2008 et Pierre-Auguste RENOIR à 71 m$, soit 78,1 m$ frais inclus, avec le fameux Au Moulin de la Galette, vendue par Sotheby's le 17 mai 1990).

Il existe bien sûr quelques exceptions à la règle : le record de  Sonia DELAUNAY-TERK négocié à 1m$ avec celui de son compagnon Robert Delaunay, et celui de Frida KAHLO, enterrent de plus de 2 m$ la meilleure enchère de Diego Rivera (Sonia Delaunay flirte avec les 4 m$ avec Le marché au Minho chez Calmels-Chambre-Cohen en 2002 et Robert DELAUNAY à 5,2 m$, avec la Tour Eiffel vendue chez Christie's en février 2012. Le record de Diego RIVERA reste inchangé à 2,8 m$ depuis 1995 pour Baile en Tehuanpec, celui de Kahlo affiche 5 m$ depuis la vente de Roots en 2006). Néanmoins, chez les artistes historiques comme chez les artistes vivants, la tendance est à la sous-évaluation des femmes.

Si l'on considère par exemple les artistes vivants – hommes et femmes – de toute la planète, récompensés par au moins une enchère millionnaire, seules 16 femmes parviennent à ce niveau de prix, contre 195 hommes rétribués de la sorte. Les artistes vivants masculins tiennent ainsi 93 % des meilleures enchères à l'échelle mondiale.

Ces 16 femmes les mieux classées sont, dans l'ordre, Yayoi Kusama (34ème meilleure enchère), Marlène Dumas (40ème), Rosemarie Trockel (51ème), Julie Mehretu (52ème), Bridget Riley (54ème), Cindy Sherman (73ème), Jenny Saville (79ème), Vija Celmins (117ème), Beatriz Milhazes (119ème), Lee Bontecou (134ème), Adriana Varejao (147ème), Tauba Auerbach (155ème), Elizabeth Peyton (165ème), Cecily Brown (169ème), Lisa Yuskavage (183ème) et Paula Rego (202ème).

Bien que les artistes soient plus nombreuses aujourd'hui, et que quelques grands marchands tentent de corriger les disparités de prix, la sous-évaluation féminine fait de la résistance sur la scène contemporaine. Yayoi KUSAMA, la plus chère de la gente féminine est classée pour la 34ème meilleure enchère après 33 records masculins. Par ailleurs, force est de constater que cette meilleure enchère féminine est dix fois moindre que la meilleure enchère au masculin et qu'un gap de près de 47 millions de dollars sépare le record de Koons de celui de Kusama ! 

Jeff KOONS est bien sûr le leader du marché contemporain, le gagnant d'une adjudication de 52 m$ emportée en novembre 2013 pour sa sculpture géante Balloon Dog (Orange) chez Christie's, lorsque le sommet de Kusama se hisse à 5,1 m$ pour une huile sur toile « historique » de 1959, (No.2), vendue chez Christie's New York le 18 novembre 2008.La dernière du classement, Paula Rego, se hisse au niveau des meilleurs prix d'artistes phares tels que Subodh Gupta, Matthew Barney ou Julian Schnabel, mais il lui aura fallu travailler 20 à 30 ans de plus pour bénéficier d'une telle cotation. Elle est née, rappelons-le, en 1935.

 Source ARTPRICE

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 ALAIN VERMONT

23/02/2009

BERTHE MORISOT, une rareté féminine dans le Monde de l'Art

 

Berthe Marie-Pauline MORISOT naquit à Bourges le 14 janvier 1841, dans une famille aisée puisque son père exerçait les fonctions de Préfet de la Haute-Vienne. Seule femme du groupe des Impressionnistes, elle exprima dès l’enfance son attirance pour le crayon, en prenant des cours chez un peintre modeste qui s’appelait CHOCARNE. Un peu plus tard, un autre artiste, GUICHARD, plus talentueux que son précédent professeur, après lui avoir enseigné quelques rudiments du métier, la poussa vers le Louvre où, en compagnie de sa sœur, elle copia les grands maîtres du passé. Son rêve de devenir l’élève de COROT se concrétisa à sa majorité. Et de 1862 à 1868, elle travailla avec lui à Ville-d’Avray, et reçut son influence, particulièrement dans ses premiers paysages.

 

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Jour d'été, 1879.
Huile/toile, 46 x 75 cm.

 

Avec sa sœur, elle rencontra ensuite FANTIN-LATOUR, puis MANET de qui elle épousa le frère, Eugène. En 1865, elle exposa deux toiles au Salon, « Etude » et « Nature morte ». La critique remarqua alors sa personnalité de femme-artiste. En 1867, son art reproduisit Paris, et l’entraîna de nouveau au Salon où elle exposa une « Vue de Paris prise des hauteurs du Trocadéro ». Le public la découvrit enfin.

Elle posa alors pour MANET qui réalisa le « Balcon ». En 1874, elle participa à la première exposition des Impressionnistes chez NADAR. Sa peinture délaissa alors les portraits intimistes pour s’orienter vers des créations en plein air, telles les « Roses trémières » ou les « Paysages de Bougival ». Elle parvint à concilier facilement sa vie de famille et son activité d’artiste-peintre, en organisant fréquemment chez elle des réunions qui recevaient RENOIR, DEGAS, MONET et le poète Stéphane Mallarmé.

 

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Jeunes filles en bateau, avec oies, vers 1889.
Huile/toile, 65 x 54 cm.
 
 
 
 
 
 

En 1881, elle visita l’Italie pour transcrire dans ses toiles des tons orangés qui la rattachèrent un peu plus à l’Impressionnisme. Puis, de 1885 à 1895, elle tomba amoureuse de la région niçoise pour peindre alors beaucoup de tableaux divers. La division des couleurs par petites taches lui parut moins importante que certaines colorations claires dans les jeux de lumière. Elle exprima une spiritualité tendant vers une unité plus marquée dans la construction. Elle se transporta également en Touraine pour poursuivre son cheminement vers une luminosité plastique des couleurs. Pendant l’été 1894, elle peignit des marines et des aquarelles à Pontrieux. La disparition de son mari entraîna une tristesse secrète qu’elle exprima par une touche moins coloriste.

 

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Dans la salle à manger, 1888.
Huile/toile, 61 x 50 cm.
 
 

Elle mourut le 2 mars 1895 à Paris, à l’âge de cinquante quatre ans, en laissant derrière elle un œuvre important, et le souvenir d’une femme-artiste aimable et raffinée, cultivée et authentique. On se souvient même de l’influence qu’elle eut sur MANET lorsque celui-ci se mit à peindre d’après nature, en éclaircissant une palette restée longtemps sombre.

 

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Alain VERMONT