22/12/2014

Mondialisation du Marché de l'Art

La fondation Suisse Paul Beyeler réalise un nouveau tour de force avec l’exposition dédiée à Paul GAUGUIN (1848 – 1903), laquelle ouvre le 8 février 2015 pour prendre fin le 28 juin, soit un an après l’exposition Gauguin au MoMA de New York (8 mars – 8 juin 2014). Cette exposition s’annonce comme l’une des plus exaltantes de l’année 2015, tant Gauguin et son œuvre sont incontournables pour les amateurs, et tant l’artiste fascine le grand public.

La Fondation a réuni une cinquantaine de chefs-d’oeuvre de Gauguin provenant des musées et des collections particulières les plus renommés du monde. Des œuvres qui reviennent sur les voyages initiatiques de l’artiste, depuis la Bretagne jusqu’au « paradis terrestre » qu’il découvrit à Tahiti, ce monde exotique peuplé de femmes sensuelles, dans des paysages idylliques.


Gauguin fut véritablement un artiste d’avant garde, un chef de file qui influença notamment Bonnard et Maurice Denis, les Nabis. Il fut aussi un acheteur d’art inspiré, investissant dès les années 1870 dans des œuvres de Pissarro, Manet, Cézanne, Renoir et Monet. Le succès rencontré auprès des meilleurs artistes de l’époque, et le soutien de la galerie Durand-Ruel ne furent pourtant pas suffisants pour le faire vire correctement de son art.

Ses expositions et ses ventes aux enchères de son vivant, n'aboutirent quà des fiascos. D'ailleurs, sa compagne Annah, qui pilla son appartenant parisien, ne laissa que ses tableaux sur place… Ces mêmes œuvres peuvent valoir plus de 40 m$ aujourd’hui. 

 

 

Henry J. DARGER est l’un des grands artistes dits « bruts » ou « outsider » et dont la cote explose. Né à Chicago, aux Etats-Unis, en 1892, il est d’abord placé dans un foyer après le décès de sa mère, puis dans une institution pour handicapés mentaux à Lincoln, dont il s’enfuit à l’âge de dix-sept ans. Il loue alors une chambre à Chicago et travaille comme plongeur et nettoyeur dans des hôpitaux de la ville jusqu’en 1963. A sa mort dix ans plus tard, son logeur découvre une autobiographie de deux mille pages, et une œuvre littéraire de plus de quinze mille pages, intitulée In the Realms of the Unreal (Dans les royaumes de l’irréel).

Un trésor accompagné de plusieurs centaines d’aquarelles de grands formats, mettant en scène des héroïnes au sexe masculin, les Vivian Girls. Ce monde tout à la fois naïf (Darger décalquait les figures poupons des enfants dans des magazines) et terrifiant, emprunte à la bande dessinée et à la littérature enfantine du début du XXème siècle. Il raconte une Fantaisie obsessionnelle versant d’un raffinement de conte de fée vers la cruauté la plus sanglante.

 

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Seuls 15 dessins de Darger ont été proposés en salle de ventes. Ces œuvres, qui valaient moins de 10 000 $ à la fin des années 80’, passent le seuil des 100 000 $ depuis 2013, et la hausse continue, scandée par un nouveau record enregistré chez Christie’s Paris le 2 décembre 2014. Ce nouveau record récompense l’un des dessins les plus imposants de l’artiste, une composition recto-verso sans titre de 3,3 mètres de long. L’œuvre s’est vendue au triple de l’estimation pour un résultat final de 500 000 €, soit 623 100 $ au marteau, et près de 750 000 $ frais inclus. Paris détient désormais trois records mondiaux de Darger, dont le meilleur coup de marteau américain s’arrête à 75 000 $ (pour un dessin recto-verso «While inside they await developments they are cleverly Outwitted» vendu chez Christie’s New York le 27 janvier 2003).

 

L’artiste brésilienne la plus plébiscitée et la plus chère du moment, Beatriz MILHAZES, prépare activement sa première collaboration avec la White Cube, pour une exposition de nouveaux collages, qui sera ouverte à Hong Kong entre mars et mai 2015. Célébrée en Occident et en Amérique latine, l’artiste bénéficie d’une bonne diffusion institutionnelle et se trouve représentée par les prestigieuses galeries que sont Fortes Vilaça (Sao Paulo), James Cohan (New York), Stephen Friedman (Londres) et Max Hetzler (Berlin). Beatriz Milhazes est encore confidentielle en Asie, malgré sa participation à la Biennale de Shanghai en 2006.

 

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Aucune de ses œuvre n’a encore été soumise dans une salle de ventes asiatiques, bien que quatre aient déjà dépassé le million de dollars aux enchères à Londres et à New York (entre 2012 et 2014). L’exposition de la White Cube permettra donc de réparer le terrain à un élargissement du marché, d’autant que son univers éclatant de couleurs devrait séduire les collectionneurs sur place.

 

Joyeuses fêtes à tous les « blogueurs/blogueuses » et autres lecteurs/lectrices.

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ALAIN VERMONT

14:13 Écrit par L'Art Pluriel dans 4 -- PEINTURE : EVOLUTION DES ARTISTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : beatriz milhazes, darger, gauguin, fondation beyeler |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

26/03/2013

Market d'Artistes Contemporains Pluriethniques

Après Hong Kong, Sao Paulo 


La foire internationale d'Art de Sao Paulo, SP-Arte, débute le 3 avril 2013, le jour même de l’ouverture sur place de l’exposition de la galerie White Cube, The Gesture and the Sign (3 avril - 8 juin 2013). 
La londonienne White Cube est sur tous les fronts. Elle cumule à la fois un stand sur la SP-Arte et une seconde exposition dans son nouvel espace de Sao Paulo, inauguré en décembre 2012 avec l’artiste britannique Tracey Emin (2 décembre 2012 - 23 février 2013).

 

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Tracey Emin

Après s'être installées à Hong Kong pour certaines, les plus illustres galeries occidentales ont en effet cessé de lorgner sur le Brésil et prennent maintenant position sur place. Seront d’ailleurs présentes sur la SP-Arte des galeries aussi prestigieuses que Continua (San Gimignano, Pékin, Le Moulin), Art Concept (Paris), Yvon Lambert (Paris), David Zwirner (Zurich, Londres, New York), Thaddaeus Ropac (Vienne, Paris), Lisson (Londres) et Larry Gagosian (12 galeries dans le monde). Depuis son succès inattendu lors de la précédente foire Art Rio (septembre 2012), ce dernier pense très sérieusement à l’ouverture d’une treizième galerie à Sao Paulo.


La percée des galeries occidentales les plus puissantes à Sao Paulo est aussi un atout pour les artistes de la scène contemporaine brésilienne : Jay Joplin, directeur de la White Cube, envisage d’ailleurs d’en exposer certains à Londres. Une ouverture à l’Occident qui accentuera sans doute la vitalité de ce marché, où certains artistes contemporains commencent à atteindre des enchères millionnaires en salles de ventes, à l’instar de Beatriz Milhazes (record d’enchère en novembre 2012 avec Meu Limäo, 1,8 m$ soit 1,4 m€ chez Sotheby’s).

 

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 Beatriz Milhazes

Art Dubaï


Le petit monde de l’art s'est recomposé à Dubaï le temps de la septième édition du salon d’art contemporain Art Dubaï (du 20 au 23 mars 2013) où étaient présentes des galeries venues de Turquie, Londres, New York, Madrid, Singapour, Milan, Berlin, Paris, Bruxelles, Jakarta, New Delhi, Hong Kong… La diversité fut le crédo de cette foire qui annoncait 75 galeries en provenance de 32 pays, venues présenter quelque 500 artistes.


Art Dubaï veut s’imposer comme la principale foire de la région MENASA (Moyen-Orient / Afrique du nord / Asie Sud Pacifique) mais elle souhaite ne pas être une simple foire commerciale. C’est à cette fin qu’elle développe de nombreux projets annexes dont une nuit de performances, une galerie mobile, une résidence pour artistes (projet AiR), divers expositions et projets spéciaux visant à stimuler la fibre artistique de Dubaï durant la « Art week ».


Certes, Art Dubaï attire des galeries puissantes et présente donc des signatures incontournables de l’art contemporain (dont Hiroshi Sugimoto, Mona Hatoum, Bertrand Lavier, Yayoi Kusama, etc.), mais elle est aussi là pour ouvrir le champ des possibles et des connaissances, d’où un pavillon dédié cette année à l’art contemporain africain. Le pari d’une sélection d’artistes africains, continent si vaste et diversifié, n’est pas simple à prendre : des artistes camerounais, nigérians, maliens, sénégalais et autres ont été sélectionné pour leur force, à défaut de l'avoir été pour leur notoriété (sauf exceptions), le marché africain étant quasi inexistant faute d’infrastructures adéquates sur place.


Ainsi des artistes comme Karo Akpokiere ou Charles Okereke, méconnus en Occident et étrangés au marché des enchères, sont à découvrir et à suivre dans les prochaines années. Les artistes africains sont particulièrement abordables à l’heure actuelle et même un vétéran de l’art comme Ablade Glover (78 ans) n’a pas passé le seuil des 10 000 $ aux enchères tant ce marché est balbutiant.

 

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Ablade Glover


Qui était Ganesh Pyne ?


Né à Calcutta en 1937 et décédé le 12 mars 2013, Ganesh Pyne était un grand artiste en Inde, connu pour son surréalisme poétique emprunt de folklore bengali et de mythologie locale. Son univers fantaisiste, sombre et mystique, son passage par les dessins animés pour Walt Disney (un exercice libérateur), son influence sur les artistes contemporains indiens, ont été loué par de nombreuses récompenses et expositions dans le monde, en passant par la France, l’Angleterre, l’Allemagne et les Etats-Unis.


Préférant la solitude aux bains de foule, la confidentialité aux feux de la rampe, Ganesh Pyne n’appréciait pas le jeu des enchères et refusait que ses œuvres passent en salles de ventes. Ses collectionneurs étant disséminés dans le monde entier, on trouve néanmoins des pièces mises à l’encan à Dubaï, New York , Londres, Hong Kong, et bien sûr a Calcutta et New Delhi.

 

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Ganesh Pyne

Son enchère record culmine à 170 000 $ avec The Wings, une toile cédée à Dubaï en 2006 (Christie’s, 24 mai 2006) et, malgré sa longue carrière, l’artiste affiche seulement trois autres enchères supérieures à 100 000 $. Sa volonté d’indépendance face au monde des enchères aura permis à sa cote de rester saine face à la spéculation qui fit rage sur le marché de l’art contemporain indien au début du millénaire. Ainsi, on trouve quelques œuvres en salles pour moins de 10 000 $, à l’instar de cette étrange femme à tête de mort, guidant une petite fille à travers l’obscurité, qui partait pour 6 000 $ le 12 décembre 2012 chez Christie’s New York (Untitled, 1961).

Source Artprice

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ALAIN VERMONT

12:35 Écrit par L'Art Pluriel | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : tracey emin, beatriz milhazes, hiroshi sugimoto, ablade glover, ganesh pyne |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |