23/11/2013

Gedda et l'Abstraction

L' Abstraction Lyrique de Sylvie Gedda

 

Au siècle dernier, dans ses « Entretiens avec David Sylvester », Francis Bacon que l’on ne présente plus, déclarait : « Une des raisons pour lesquelles je n’aime pas la Peinture Abstraite, ou qui font qu’elle ne m’intéresse pas, c’est que je pense que la peinture est une dualité et que la peinture abstraite est une chose entièrement esthétique. Elle opère toujours à un seul niveau. Elle ne s’occupe réellement que de la beauté de ses rythmes et de ses formes ».

Las !

 

Aujourd'hui, les réalisations picturales de Sylvie GEDDA,subtil mariage de rythmes et de formes, s’intègrent sans faux-fuyants dans l'art contemporain.

Après l’invention de l’Abstraction par le grand Kandinsky en 1910, beaucoup d’encre a coulé pour monter aux nues ou vouer aux gémonies la Peinture Abstraite. Tout a été dit, et parfois son contraire.

 

Mais Gedda ce n'est pas que de l'abstraction,c'est avant tout une puissance créatrice indéniable, alliée à un style très personnalisé, fouillé dans ses plus infimes recoins. Ses créations à l' huile sur plexiglas, recto/verso, de belle performance stylistique, entraînent l'oeil curieux dans un cheminement mystérieux où l'onirique prend aisément le pas sur la pensée au sens où on l'entend au quotidien.

 

L'écriture plastique de Gedda se distingue notamment dans le tableau « Echappée », dans lequel le pavillon de la corne d'abondance figurant dans la partie supérieure gauche laisse comprendre l'intitulé de la réalisation.

 

Echappée recto.JPG

Huile/plexiglas 100 x 100 cm

Cette corne d'abondance, ouverte telle une invitation à une croisière dans l'incorporel, en opposition à l'enchevêtrement sous-jacent qui exprime les vicissitudes parfois acérées de la vie terrestre, cette corne d'abondance laisse entendre combien l'homme, dans la grandeur de sa faiblesse d'être fait de chair et de sang, est à même de se régénérer dans les plus difficiles moments de son existence, en s'échappant momentanément du quotidien du commun des mortels, pour s'envoler vers les nues, rêver, et espérer...en un monde meilleur.

ENCHERES et Marché de l'Art

Le 12 novembre 2013 restera dans l'histoire des enchères. Ce jour là, la cession de prestige d'art après-guerre et contemporain de Christie's affichait déjà une ambition hors du commun avant le début des enchères, car l'estimation globale espérée dépassait les 500 m$... des attentes largement au-delà des meilleures cessions passées.

Le résultat final de 609 m$ hors frais (691 m$ frais inclus) a donné raison à Christie's et témoigne une fois encore de la puissance du marché haut de gamme contemporain, secteur qui n'a jamais été aussi compétitif et spéculatif.

Souvenez-vous, la précédente vente record dans le domaine était enregistrée le 15 mai 2013 chez Christie's, à hauteur de 435 m$ hors frais. Avec 609 m$ générés le 12 novembre, Christie's vient de réaliser la plus belle vente aux enchères de tous les temps...

Epicentre du marché haut de gamme, New York est ainsi capable de générer, en une seule soirée et seulement 63 lots, un résultat à mesure du produit des ventes combiné, sur les 10 premiers mois de l'année 2013, de la France, l'Allemagne, la Suisse et l'Italie, pays qui occupent respectivement la 4ème, 5ème, 6ème et 7ème place sur le marché de l'art mondial.

Les enchérisseurs recensés le 12 novembre, issus de 42 pays différents, se sont arrachés 91 % des lots offerts... une véritable boulimie d'achat sur les signatures phares du XXème siècle, y compris pour de petites pièces telles l'étude de 14.6 cm x 14.6 cm de Roy Lichtenstein, Sleeping Girl (Study) (1964), adjugée pas moins de 2 m$ (2,405 m$ frais inclus).

Francis Bacon supplante le Cri de Munch

Le triptyque réalisé en 1969 et intitulé « Three Studies of Lucian Freud » du peintre britannique Francis Bacon était le clou du spectacle des ventes new-yorkaises. Présenté le mardi 12 novembre chez Christie's, il était pressenti pour un record mondial d'enchère qu'il n'a pas tardé à atteindre tant l'importance de cet ensemble a stimulé les plus gros acheteurs de la planète : 60 téléphones mobilisés lors du passage de l'oeuvre avec des premières enchères à 5m$ chacune, puis à 1m$ jusqu'à atteindre 127 m$ cinq minutes plus tard au marteau. L'ensemble enfin réuni des trois études de Lucian Freud a été acheté par la galerie new-yorkaise Acquavella pour le compte d'un client dont Christie's n'a pas dévoilé l'identité, ni la nationalité. Cet acquéreur discret paye 142,405 m$ pour cette œuvre, frais inclus.

Devenue l'oeuvre d'art la plus chère du monde
au marteau, le triptyque ajoute 50 m$ au précédent record de Bacon (décroché en mai 2008 pour un triptyque de 1976, cédé 77 m$ au marteau de Sotheby's) et ajouté 20 m$ au précédent record mondial pour une oeuvre d'art aux enchères, emporté en mai 2012 par l'une des versions du fameux Cri d'Edvard Munch (The Scream, 107 m$ au marteau de Sotheby's New York, soit plus de 119,9 m$ frais inclus).

La réussite historique de cette vacation ne repose pas seulement sur le fameux triptyque de Francis Bacon. Neuf autres records complètent le palmarès de Christie's. Il récompensent Jeff Koons – devenu l'artiste vivant le plus cher au monde – Christopher Wool, Lucio Fontana, Donald Judd, Wade Guyton, Vija Celmins, Ad Reinhardt, Willem de Kooning et Wayne Thiebaud.

Les meilleures enchères du 12 novembre

Outre les 142,4 m$ de Francis Bacon, Christies a cédé deux autres lots à plus de 50 m$ (Jeff Koons et Andy Warhol), 16 à plus de 10 m$ et 56 au-delà du million.

Jeff KOONS signe un nouveau record pour un artiste vivant devant Gerhard Richter avec Balloon Dog (Orange) vendu 52 m$ (58,405 m$ frais inclus). Il enterre ainsi son précédent record, signé un an plus tôt, de... 22 m$ (Tulips, Christie's New York, 14 novembre 2012). Ces 22 m$ représentent peu ou proue le produit de ventes d'art contemporain annuel de Taiwan et de l'Allemagne réunis.

Le Balloon Dog monumental (307,3 x 363,2 x 114,3 cm) décliné en cinq couleurs (bleu, magenta, orange, rouge et jaune) est la création la plus populaire de Jeff Koons. Cette version orange provenant de la collection Peter Brant (connu pour posséder la plus importante collection privée d'oeuvres de Jean-Michel Basquiat et de Andy Warhol) constitue un généreux apport financier pour les projets du Brant Foundation Art Study Center in Greenwich, CT.

Andy WARHOL : Son icône Pop, Coca Cola (1962) vendue 51 m$ a tenu quelques heures seulement la troisième meilleure enchère du Palmarès warholien avant d'être reléguée en quatrième position par un nouveau record mondial de l'artiste signé chez Sotheby's le lendemain.

Mark ROTHKO : Les vibrations orangées de No. 11 (Untitled) (1957) ont poussé les enchères à 41 m$, soit 6 m$ au-dessus de l'estimation haute. Il s'agit désormais de la cinquième meilleure enchère de l'artiste, dont l'indice de prix affiche une hausse de près de 140 % sur la décennie.

Jackson POLLOCK : Le dripping de 1949, Number 16, a décroché 29 m$ (32,645 m$ frais inclus) et devenant la troisième meilleure enchère de l'artiste.

Willem DE KOONING Untitled VIII lui permet d'ajouter 4,3 m$ à son précédent record. La toile de 1977 s'est arrêtée à 28,5m$, plus de 32 m$ frais inclus.

Roy LICHTENSTEIN : Frappée à son estimation haute de 28 m$, Seductive Girl(1996) plante le cinquième meilleure enchère de Lichtenstein, dont le record date de mai 2013, à hauteur de 50 m$ (Woman with Flowered Hat (1963), Christie's New York le 15 mai).

Jean-Michel BASQUIAT poursuit sur sa lancée, ajoutant quelques millions de plus à un résultat annuel qui s'affirme déjà comme le meilleur de son histoire aux enchères. Untitled (1982) est parti pour 26 m$ (29,285 m$ frais inclus), et tient la seconde place de son podium.

Christopher WOOL, dont la cote s'est enflammée de 1 300 % depuis 2003 tient un nouveau record d'enchère avec Apocalypse Now vendue 23,5 m$ (26,485 m$ frais inclus), enterrant de plus de 16 m$ son précédent record ! Cette vente fait de lui le troisième artiste vivant a dépasser le seuil des 20 m$ (après Jeff Koons et Gerhard Richter).

Lucio FONTANA Concetto spaziale, La fine di Dio (1963) signe un nouveau record pour l'artiste à 18,5 m$ (20,885 m$ frais inclus). Les trois précédents records précédents dataient de 2008.

13 novembre : Sotheby's

Le lendemain, Sotheby's vendait pour 380,6 m$ d'oeuvres d'art (hors frais), un record dans le domaine de l'art post seconde Guerre mondiale pour la multinationale américaine et la septième vente de l'histoire dans le secteur (Christie's détient les records des six premières). 

Le clou de la soirée fut le nouveau record mondial enregistré pour Andy Warhol, avec Silver Car Crash (Double Disaster) (1963) adjugé 94 m$ (105,445 m$ frais inclus)... 30 m$ au-delà du précédent record (Green Car Crash (Green Burning Car I) (1963) était adjugé 64 m$ le 16 mai 2007 chez Christie's New York). Il s'agit là de la quatrième meilleure enchère de tous les temps derrière Francis Bacon, Edvard Munch et Pablo Picasso.

Quelques exemples d'aller-retours aux enchères témoignent encore de la puissance sans précédent de ce marché haut de gamme :

Atlantic side de Joan Mitchell, adjugée 4,5 m$ en 2007 s'est revendue 6 m$ ;Genesis de Barnett Newman vendu 17 000 $ en 1977 cote désormais 3,1 m$ ; The Statue of Liberty d'Andy Warhol est passée de 457 000$ en 1999 à 2,7 m$ ;Stretcher Frame de R. Lichtenstein adjugée 1,4 m$ en 2003 s'est vendue 3,7 m$ le 13 novembre, une Abstract Bild de Gerhard Richter achetée 60 000$ en 1992 vaut désormais 2,3 m$ prix marteau...

 Source ARTPRICE

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ALAIN VERMONT

 

11:47 Écrit par L'Art Pluriel | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : abstraction, abstraction lyrique |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

24/05/2012

L'ABSTRACTION et son Devenir

 

Force est de constater qu’aujourd’hui, et après avoir subi, tant au début du siècle dernier, qu’entre les deux guerres mondiales, nombre de jugements dévalorisants, la Peinture Abstraite représente une très grand part dans la création plastique actuelle.

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VASARELY

La renonciation à la représentation reflète la vision imaginaire de l’artiste qui vit avec son époque, en créant des œuvres d’art qui enrichissent la sensibilité artistique, en exposant leurs "impossibles" déterminations.

L'Art Abstrait répond-il aujourd'hui au besoin historique d'approcher le Réel Terrestre par des voies autres que celles du réalisme traditionnel qui a peut-être démontré une certaine incomplétude à rendre compte, au siècle dernier, de la nouvelle existence humaine engendrée par le progrès toujours plus dévorant ?

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HARTUNG

Dans l’éventail important constitué par les nombreuses tendances de l’Art Abstrait, il demeure impératif de citer les artistes internationalement reconnus qui ont contribué à donner ses lettres de noblesse à cette peinture aujourd’hui si représentative de l’Art Moderne et Contemporain. Dans l’Abstraction-Création fondée en 1931, retenons les noms d’Auguste HERBIN (1882-1960), déjà cité précédemment dans le Mouvement Fauve, et de Jean HELION (1904-1987).

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DELAUNAY

En ce qui concerne l’Abstraction Lyrique qui prit aussi l’appellation d’Art Informel ou de Tachisme, selon l’évolution des formes des compositions, il faut citer Jean-Michel ATLAN (1913-1960), Camille BRYEN (1907-1977), Hans HARTUNG (1904-1989) et Jean-Paul RIOPELLE (1923-2002). Dans la tendance de l’Art Non-Figuratif baptisé ainsi par BAZAINE dans les années 40, il faut mettre en avant le nom de Maurice ESTEVE (1900-1969).

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MALEVITCH

L’Art Brut, désigné ainsi en 1945 par Jean DUBUFFET, s’entoure des noms d’artistes au talent reconnu comme Gaston CHAISSAC (1910-1964) ou Robert TATIN (1902-1983). En ce qui concerne l’Art Informel représenté par Jean FAUTRIER (1898-1964), ajoutons les noms de l’allemand Otto WOLS (1913-1951), des français Pierre SOULAGES (1919), Gérard SCHNEIDER (1896-1986) et Olivier DEBRE (1920-1999), de l’espagnol Antoni TAPIES (1923-2012), et des américains Mark TOBEY (1890-1976) et Sam FRANCIS (1923-1994). Achevons cette trop rapide explication par les artistes qui ont rendu célèbre l’Art Minimal, et en particulier les américains Sol LEWIT (1928-2007), Frank STELLA (1936) et Kenneth NOLAND (1924-2010).

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Alain VERMONT

 

 

15/10/2011

HERBIN, un artiste fécond

Auguste HERBIN (1882-1960) : Un maître à redécouvrir.

Aujourd’hui méconnu, l’art de celui qui agita au début du 20ème siècle le carcan de la tradition picturale alors essoufflée, demeure une somme considérable de travail, de recherches et d’abnégation. Car celui qui s’est attaché sa vie durant, et avec force conviction, à la liberté d’expression artistique qui reste le seul garant de la création dans son sens le plus humain, donc fragile, a produit un œuvre personnel, riche et intemporel.

Artiste sincère, Herbin puisa les prémices de son talent futur à la source de sa jeunesse, expression de ses premiers travaux qui en 1900-1902 apparentaient son art à celui de l’Impressionnisme et du Divisionnisme, pour offrir à l’œil des compositions déjà sérieusement construites, dans un coloris chatoyant et expressif comme le révéla « Le paysage nocturne à Lille ».

Rigoureux, et exigeant avec lui-même, Herbin quitta les Beaux-Arts de la capitale du Nord dans sa dix neuvième année, pour s’installer à Paris, afin de mieux assumer les devoirs d’artiste qu’il se reconnaissait à l’égard de la société. Chercheur obstiné, il commença dès lors sa longue démarche artistique dans le sérieux d’un travail influencé par Cézanne, son maître à penser.

 

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Adaptant alors sa touche à la nature de ses compositions, il créa en 1904 « Le Pont Neuf », pour préfigurer le Fauvisme que Matisse et Derain développèrent un an plus tard. Dans cette toile de format moyen qui transmet, malgré ses dimensions restreintes, une réelle impression de surface, tant dans sa perspective que dans son premier plan, Herbin a organisé son tableau en touches distinctes par lesquelles la mosaïque ainsi composée rassemble autour des couleurs primaires, une harmonie de nuances colorées qui traduit toute sa sensibilité d’artiste. Il est d’ailleurs étonnant, pour ne pas dire navrant, de regretter combien aujourd’hui encore le rôle décisif qu’Herbin joua dans la mise en œuvre de ce mouvement pictural important, ne trouve pas le retentissement qu’il mérite, à constater combien son nom reste absent des multiples ouvrages internationaux traitant de cette Peinture Fauve !

Toujours en quête d’une sincérité artistique qui ne s’est jamais démentie, Herbin s’orienta vers le Cubisme en 1908, pour se distinguer de Picasso et de Braque qui sacrifièrent parfois la couleur pour créer leur monochromie personnelle. La révolution Cubiste n’a malheureusement, elle aussi, pas imprimé son nom dans la stèle historique du mouvement, et cependant, Herbin, dans sa différence qui lui valut de ne pas être assimilé sérieusement au Cubisme, n’en demeura pas moins l’un des fondateurs les plus expressifs.

Son exégèse du Cubisme s’entoura de la fragmentation du sujet, certes, mais s’appliqua aussi à sacraliser la couleur qui dépassait souvent la forme, pour mieux la servir, comme dans le tableau « Madame H…au chapeau », qui transcende la vision Cubiste de l’artiste pour nous offrir une composition sans égale, formulée par la réunion d’un langage structuré de l’objet et de la figure, et de la puissance révélatrice de la couleur.

 

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Dans son perpétuel besoin de se renouveler pour mieux renaître de son talent, Herbin abandonna alors le Cubisme primitif, pour s’orienter vers un Cubisme Synthétique qui dura jusqu’aux années vingt, en donnant naissance à des compositions polychromes qui dressèrent les couleurs en formes.

Dans son théâtre pictural, des surfaces dominantes comme des triangles, des cercles ou d’autres polygones, s’appliquèrent alors à faire la cour à des formes secondaires, dans un assemblage élégant, et où la matière picturale se distingue dans ses épaisseurs, selon son périmètre géométrique.

Et c’est là qu’en 1919-1920, les créations d’Herbin s’approchèrent sans conteste de la naissance de l’Abstraction Géométrique première époque qui allait bientôt bouleverser sa carrière, pour engendrer un nouvel isolement artistique imposé par les collectionneurs et la critique de l’époque qui ne reconnaissaient pas sa démarche artistique.

Dans une nouvelle période de créativité intense, ses œuvres alors faites d’Abstraction Figurative reflétèrent une fois de plus le talent pluriel de cet artiste courageux qui, solitaire, se remit en cause à nouveau pour aborder cette nouvelle figuration qui suscita alors certains malentendus sans fondement. Herbin avait besoin de se ressourcer, comme l’avaient fait Matisse ou Picasso avant lui, et comme le fit Léger un peu plus tard, ou bien d’autres encore.

En 1924, ses réflexes premiers d’artiste fécond imprimèrent alors à ses compositions un rythme oublié, et une palette de couleurs enjouées, ainsi qu’une touche sensible comme en témoigne le « Panier de pêches dans les vignes à Vaison la Romaine », qui égala à son époque le talent des peintres traditionnels, en offrant à la pupille alléchée une profusion de feuilles et de fruits qui symbolisent dans l’avant-plan du tableau les premières nourritures du monde.

Herbin n’en n’oublia pas pour autant la projection de son destin hors norme, et réalisa dans le même temps une série de toiles semi abstraites comme « Le petit bonhomme et l’âne », en 1926.

L’année suivante, Herbin courtisa avant de le maîtriser, le langage des courbes pour produire des tableaux où se mariaient l’onirisme et la fluidité des lignes qui donnèrent naissance à des compositionsaux formes sinueuses définies par des courbes qui exaltent la puissance de la couleur.

 

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L’artiste traversa alors la deuxième époque de son abstraction personnelle, avant d’aborder une nouvelle et ultime transition qui enfanta définitivement l’Abstraction Géométrique, digne de son extraordinaire talent.

L’année 1943 lui apporta enfin sa sérénité de créateur singulier, après quarante années d’inlassables recherches tourmentées. Avec la maturité artistique de sa soixantaine, son écriture picturale se dirigea alors vers une infinie richesse de réinvention du dessin issue de son imaginaire qui manipulait avec métier et conviction les vertus psychologiques des formes et des couleurs.

Créatrice d’un art abstrait plastique intangible, l’union d’Herbin et de sa liberté-vérité engendra alors, et ce, jusqu’à sa disparition, un œuvre ultime dans lequel les combinaisons géométriques exprimèrent l’épanouissement de certains tracés face au langage poétique ou divinatoire des couleurs, comme dans le tableau « Fleur-Fruit I » de 1945 qui traduit également l’interdépendance existant entre les formes et les couleurs.

Alors âgé de soixante dix huit ans, l’artiste généreux disparut en 1960, sans avoir connu la réelle consécration qu’il méritait. Et si aujourd’hui certaines de ses œuvres atteignent des prix à 7 chiffres dans les salles des ventes internationales de New York, de Paris ou de Londres, ce n’est que justice.

Sa présence dans les plus grands musées de la planète comme l’Ermitage de St-Petersbourg (3 œuvres), The Museum of Modern Art de New York (6 œuvres), la Fondation Nieuwenhutzen Segaar à La Haye (10 œuvres), et le Rijksmuseum Kröller Müller d’Otterlo (23 œuvres) aux Pays-Bas, le Kunstmuseum de Bâle (9 œuvres), ainsi que dans une trentaine d’autres musées internationaux, témoigne de l’intérêt porté à cet œuvre monumental qui compte plus de mille créations.

Plus près de nous, certains musées français exposent heureusement aujourd’hui un choix judicieux de tableaux du Maître, comme le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (12 œuvres), ou le Centre National Georges Pompidou (8 œuvres), ainsi que le Musée Matisse du Cateau Cambrésis, dans le Nord, qui détient le record avec 30 œuvres proposées au public, dont la palette de ce génie de la peinture qui s’était aventuré jusqu’au sommet de son art.

 

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Alain VERMONT

 

 


 

 

 

 

 

 

 

18/01/2011

L'ABSTRACTION, et l'ABSTRACTION de GEDDA

 

Au siècle dernier, dans ses « Entretiens avec David Sylvester », Francis Bacon que l’on ne présente plus, déclarait : « Une des raisons pour lesquelles je n’aime pas la Peinture Abstraite, ou qui font qu’elle ne m’intéresse pas, c’est que je pense que la peinture est une dualité et que la peinture abstraite est une chose entièrement esthétique. Elle opère toujours à un seul niveau. Elle ne s’occupe réellement que de la beauté de ses rythmes et de ses formes ».

Las !

Les constructions picturales de Sylvie GEDDA, faites de rythmes et de formes, s’intègrent dans la post-modernité de la peinture, pour exprimer une peinture abstraite parsemée de rébus figuratifs. Après l’invention de l’Abstraction par le grand Kandinsky en 1910, beaucoup d’encre a coulé pour monter aux nues ou vouer aux gémonies la Peinture Abstraite. Tout a été dit, et parfois son contraire. Figurative ou Abstraite, la peinture demeure l’un des fondements même de la structuration de la pensée créatrice qui a entretenu nombre de civilisations. Il ne faudrait jamais mettre en opposition l’Art Figuratif et l’Art Abstrait qui sont complémentaires dans ce monde où certains circulent en calèche alors que d’autres utilisent une automobile.

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Chocs, huile/toile, 70 x 60 cm

Il devrait suffire une entente cordiale entre les admirateurs et les détracteurs. Car la grandeur de l’esprit humain peut tout comprendre, et donc s’adapter aux différences des autres. Rien n’est plus navrant que d’entendre nombre de remarques désobligeantes des Figuratifs à l’égard des Abstraits, et inversement. Le malaise de tous ces jugements est parfois très pervers.

En effet, pourquoi le grand Toulouse Lautrec, artiste figuratif, ressentait-il tant de haine à l’égard du paysage, et des peintres paysagistes ? A ses yeux seule la Figure avait droit de cité. Ne déclarait-il pas « Seule la Figure existe, le Paysage n’est et ne doit être qu’accessoire ; le Peintre Paysagiste pur n’est qu’une brute. Le Paysage ne doit servir qu’à mieux faire comprendre le caractère de la Figure ».

Durs propos de la part de ce Grand petit homme ! Dans ma jeunesse parisienne, j’ai fréquenté assidûment Le Louvre, pour apprendre les Maîtres Anciens, car fascinés étaient mes yeux lorsqu’ils admiraient la magnificence de la technique de ces peintures qui ont traversé les siècles. Un peu plus tard, au Musée d’Orsay, j’ai appris et apprécié les Impressionnistes qui avaient tant défrayé la chronique à la fin du 19ème siècle. Mon amour d’alors de la peinture ne respectait que l’Art Figuratif dans toutes ses déclinaisons. Et je dois avouer que je ressentais un malaise indicible à l’égard de la Peinture Abstraite. Mais comme l’esprit humain demeure la plus belle machine à comprendre, je me suis « corrigé » après avoir « creusé » toute la production de l’illustre Kandinsky avant de m’intéresser à Franz Marc, Aschile Gorky, Hans Hartung, Roberto Matta, André Masson, et bien d’autres trop nombreux à citer ici.

 

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Empreintes, huile/toile, 73 x 92 cm

Mon cheminement personnel m’a alors entraîné vers cette vérité qui veut que j’admire autant Renoir que Kandinsky, alors même qu’ils sont diamétralement opposés.

Gedda, j’aime avant tout sa féminité artistique. Je ne dirai jamais assez combien je regrette que les artistes peintre femmes, de par le monde, ne soient pas plus reconnues, au même titre que les milieux de la haute couture, de l’architecture, de la musique classique ou de la gastronomie ne sanctifient que des hommes. Gedda est donc avant tout une femme, une femme qui peint avec le talent qui est le sien. N’en déplaise à certains messieurs.

Sa peinture, faite de sensibilités existentielles s’exprime au travers d’un dessin qui synthétise l’union de la forme avec la couleur. Il me semble qu’elle n’a pas succombé un jour aux démons de la facilité répétitive dans ses questionnements quotidiens concernant son renouvellement créateur. Les titres de ses tableaux peuvent en surprendre plus d’un, ils ne sont que la transposition résumée et écrite de ses compositions faites de son interprétation plastique de ses états d’âme.

Comme nombre d’artistes, Gedda « souffre » d’une sensibilité exacerbée qui sous tend cette perpétuelle envie d’imager ses moments de vie, faits de croyances et de doutes divers.

 

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Huile/toile, 100 x 81 cm

A l’exemple du tableau Talisman dans lequel les oppositions colorimétriques ne peuvent qu’ajouter au titre. Le Talisman, cet objet auquel on attribue des vertus extraordinaires, comme un pouvoir magique, le Talisman de Gedda exprime toute l’ambiguïté de notre condition humaine, sujette à tous les doutes.

L’avant-plan, dans lequel dominent les rouges garance de l’emblématique figurine au repos sur le sol, visage contre terre, figure ce Talisman qui détient la clé fleurie de la porte d’accès, cerbère de cette porte ouverte sur la difficile voie de la vie qui s’échappe au loin par le parcours sinueux de la rivière de l’Eden si lointain, et dont l’accès reste obstrué par des végétaux nourriciers qui parviennent à s’élever vers la Félicité.

Dans ce parcours jonché de difficultés, d’innombrables yeux échappés de leur enveloppe charnelle, observateurs attentifs, attendent le prochain passager de ce chemin salutaire autant qu’ardu. Comme des clins d’œil qui acquiescent le message délivré. Dernier observateur de cette scène comme clandestine, l’oiseau, dans son plumage mauve d’apparat, qui survole ce paysage fantastique, en s’avançant sur la droite de la composition dans un vol délicat qui imprime une sensation de particulière apesanteur, à l’ensemble, pour nous dire, « Terriens vous êtes, mais tous terriens demandeurs du bonheur, donc tous aptes à une élévation spirituelle, avec ou sans ailes ».

Si vos pas vous portent un jour vers le Bassin d’Arcachon, visitez Gedda et son monde d’Artiste. Vous en conserverez certainement un beau souvenir.

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Alain VERMONT

 

 

Voir aussi : http://www.luxe-dream.tv/pages/art-design

14:19 Écrit par L'Art Pluriel dans 4 -- PEINTURE : EVOLUTION DES ARTISTES | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : abstraction, peinture abstraite |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

15/05/2009

L'ABSTRACTION : DEUXIEME GRANDE REVOLUTION

 

L’ART ABSTRAIT : La Deuxième grande Césure après l’Impressionnisme dans l’Histoire de la Peinture Mondiale

 

 

Si l’on veut demeurer honnête, rien n’est plus difficile que de vouloir donner une définition à l’Art Abstrait, et lui trouver une origine précise. En effet, l’Art Abstrait reste un ensemble de tendances regroupées dans l’Art Non Figuratif. Et cette désignation d’Art Non Figuratif, exprime un domaine de la création artistique aux frontières très lâches dans le temps, et aux multiples orientations abordées par les artistes. Les nombreuses tendances qui se sont développées à la suite les unes des autres, ou qui se sont combattues entre elles, nous obligent à un regard en arrière pour constater que l’ « invention » de l’Abstraction ne fut que le résultat final de la dislocation de la couleur et de la forme, issue du radicalisme pictural annoncé par les Fauves, et poursuivi par les Cubistes.

 

Il en résulta alors deux impulsions qui entraînèrent l’Art vers une construction non figurative. Dans une première impulsion, l’Abstraction s’exprima par la simplification et la concentration des éléments d’expression et de rayonnement de l’objet, qui se développèrent jusqu’à l’obtention d’une forme essentielle, mais non figurative.

Ce fut le cas de la peinture de MONDRIAN qui en 1912, parvint à un condensé essentiellement linéaire et anguleux de formes élémentaires abstraites dans lequel il inséra le concentré d’une apparence colorée, réalisé par quelques zones de couleurs.

MONDRIAN renforça ainsi les zones de tension entre les foyers de la composition, et réalisa une certaine harmonie du tableau pour parvenir à un ensemble achevé, sans arrières pensées thématiques.

L’Art Abstrait relégua à l’arrière-plan le contenu anecdotique du tableau, et discrédita ainsi la notion d’imitation qui jusque là avait servi d’ancrage à l’Art Figuratif, dans tous ses styles. En parvenant à ce point de distorsion et d’obscurcissement du réel, la transition de l’Art vers l’Abstraction devint alors inévitable, quand on constate aujourd’hui des traces plus ou moins apparentes de cette volonté de s’exprimer chez des artistes comme PICASSO ou LEGER.

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Sans Titre
Première aquarelle abstraite (1910-1913)
Vassili Kandinsky 1866-1944

 

Il n’en demeure pas moins vrai que toutes les tentatives qui ont conduit à l’Art Abstrait, apparaissent aujourd’hui plus comme une audace de l’époque, que comme une véritable Aventure Abstraite. Car il faut souligner qu’au début du siècle dernier, les diverses tentatives sont souvent restées sans suite immédiate par leurs auteurs qui, avant d’opter finalement pour l’Abstraction, se sont retournés vers l’Art Figuratif pendant une certaine période. C’est pourquoi, il demeure difficile encore aujourd’hui de trancher dans la querelle des dates.

Il faut alors exposer la deuxième impulsion de la volonté d’Abstraire, en soulignant que cette dernière s’appuya sur un refus systématique de la représentation réaliste d’après nature. On estima dès lors que la forme et la couleur devenaient les seules parties intégrantes de la vie mystérieuse de la création artistique, en oubliant l’objet de la nature, pour considérer que l’invention nouvelle devait être préférée à un emprunt à la nature. L’emploi direct des éléments abstraits de la forme et de la couleur se fit alors sans détour, et sans la présence de la nature.

 

Plusieurs interprétations subsistent pour tenter d’expliquer le choix et l’invention des caractères formels aux côtés de la composition des couleurs. Concernant la forme, les interprétations voyagent de la stricte géométrie à la dissolution de toute forme créée consciemment. Pour la couleur, on part de l’harmonie consciemment composée pour aboutir à une pose de la couleur brossée dans l’extase, et guidée par le hasard.

KANDINSKY, chef de file de l’Abstraction Immédiate non influencée par la nature ou par l’objet, composa en 1910 une aquarelle qui exprima alors son sens de l’Art Abstrait : « Taches de couleurs projetant des sensations ». Il s’enfonça alors sans retour dans les terres vierges de cette nouvelle peinture, et devint avec MALEVITCH et MONDRIAN, l’artiste qui inventa véritablement l’Abstraction.

Kandinsky dans le gris.jpg
Dans le Gris (1919)
Huile/toile 129 x 176 cm
Vassili Kandinsky 1866-1944

 

La genèse de l’Art Abstrait est longuement expliquée dans des textes célèbres, écrits par ces trois peintres, pour avouer leurs raisons à vouloir s’aventurer dans cette exaltante mais périlleuse entreprise. Aussi, il ne semble pas opportun d’apporter une nouvelle explication concernant l’origine de cette peinture. Il suffit simplement de rappeler que KANDINSKY, au travers de ses diverses expériences, réalisa à l’époque que les « objets » qui encombraient ses toiles, nuisaient à sa peinture en amoindrissant le rayonnement de celle-ci. Il se résolut alors à remplacer ces objets, mais ne sut pas par quoi les remplacer. En réponse à cette interrogation, il créa cette première aquarelle qui exprime depuis lors toute la nécessité intérieure dont elle a été nourrie.

Dans l’historique de ce mouvement lié à la rupture de la représentation figurative de l’objet ou de la nature, plusieurs époques sont à prendre en considération puisque ce phénomène de l’Art a traversé l’entier 20ème siècle.

 

Entre 1910 et 1920, LARIONOV créa à Moscou le Rayonnisme, aux côtés de sa compagne et peintre Natalia GONTCHAROVA, alors que KANDKINSKY inventait l’Abstraction Lyrique ; à la même époque MONDRIAN s’engagea dans le Néoplasticisme, tandis que MALEVITCH s’adonnait au Suprématisme, et que DELAUNAY créait l’Orphisme. Entre 1920 et 1930, ces nouvelles formes de l’Abstraction parcoururent l'Europe. Les années 30 assistèrent alors à la naissance de plusieurs groupes dans lesquels de nombreux artistes souhaitaient fonder un système pictural s’appuyant sur les recherches de KANDINSKY, MONDRIAN et MALEVITCH qui avaient, au travers de leurs nombreux écrits, fourni une explication cohérente concernant la « fabrication » de l’Art Abstrait.

La fin de la guerre de 1945 entraîna l’Art Abstrait dans un phénomène qui devint mondial, pour laisser émerger de nombreux nouveaux mouvements, comme la Peinture Gestuelle, l’Art Informel, l’Art Cinétique et l’Art Optique, ou l’Art Minimal.

Delaunay Champ de Mars.jpg
Champ de Mars (1911-1913)
Robert Delaunay 1885-1941
Huile/toile

 

La crise de l’Abstraction survint ensuite à la fin des années soixante dix. Aujourd’hui, l’Art Abstrait n’exprime plus une opposition aussi radicale à l’encontre de la Figuration puisque sont nées la Figuration Abstraite, ainsi que l’Abstraction Figurative. Après 1945, Georges MATHIEU et les Artistes de l’Ecole de Paris définirent une distinction dans les expressions, pour inventer l’Abstraction Géométrique qui regroupe généralement le Néoplasticisme, le Suprématisme, le Rayonnisme, l’Art Cinétique et l’Art Optique, ainsi que l’Art Minimal, et pour inventer également l’Abstraction Lyrique qui représente la peinture de KANDINSKY, et plus près de notre époque, celle d’André LANSKOY.

 

Quand on se penche sur les causes qui sont la genèse de la Peinture Abstraite, on constate qu’avant la première guerre mondiale, les artistes slaves ont représenté la grande majorité des peintres non figuratifs. Il devient alors difficile d’expliquer pourquoi la sensibilité et l’imagination slaves ont supplanté la création des autres artistes, pour tendre vers une volonté d’objectiver les éléments du tableau et de la construction. Une réalité a alors été créée dans le tableau, pour amener la conséquence d’une concentration des valeurs élémentaires en une unité supérieure à celle de la réalité tangible de la nature.

En 1907 déjà, le lithuanien CIURLONIS devint au travers de sa profonde connaissance des œuvres musicales, le pionnier de l’Art Abstrait en Russie où, plusieurs groupes qui visaient le même but, se formèrent sous diverses dénominations.

 

Avant 1910, KANDINSKY avait étudié la théorie des couleurs de Goethe, pour comprendre que les couleurs isolées, ou encore des accords différents, possèdent déjà seuls, sans une forme définie, une valeur expressive indépendante qui les rend capables d’avoir une action diverse sur l’âme humaine. Sa conviction se renforça par la particularité du Fauvisme et du Cubisme qui ont préparé la tendance à l’autonomie de la couleur et de la forme.

Il rédigea alors son livre « Du spirituel dans l’art » pour établir une relation entre la théorie des couleurs et les principes de la musique, avant de composer son premier tableau abstrait « Taches de couleurs projetant des sensations ». Il différencia ses œuvres en les baptisant à sa manière : ses tableaux peints comme des esquisses furent appelés « Improvisation » pour signifier que le lyrisme de la couleur restait indépendant de l’objet ; quant à ses œuvres exécutées avec un certain ordonnancement, il les appela « Compositions », pour mettre ainsi en avant le fait que l’élément coloriste devait agir en corrélation avec la musique, et indépendamment de l’objet.

Les divers développements et les multiples combinaisons ou divisions qui ont agité l’existence de l’Art Abstrait sont extraordinairement compliqués, et expriment plusieurs facettes. C’est pourquoi il devient difficile, même en se référant à chaque groupe et à chaque tendance, de rendre justice à tous, selon leur importance.

 

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Supremus N° 58-Jaune et noir (1916)
Kasimir Malevitch 1878-1935

 

En 1910, le peintre Mikhaïl LARIONOV inventa le Rayonnisme qui reste une des premières expressions de l’Art Abstrait. L’artiste russe manifesta ainsi son intention de s’affranchir du temps et de l’espace, dans la composition de ses tableaux. Il proclama une nouvelle manière de peindre pour transmettre l’impression d’une quatrième dimension. Dans ses toiles, des rayons de couleurs parallèles ou contrariés, matérialisent l’énergie lumineuse dégagée par les objets. Le sujet traité éclate en faisceaux de couleurs vives dont les angles aigus s’entrecroisent ou se chevauchent.

En 1912, le peintre tchèque Franz KUPKA exposa à Paris des tableaux abstraits inspirés de thèmes musicaux, et qui portaient des titres comme « La fugue en rouge et bleu », ou encore « Fugue en deux couleurs ».

La première toile citée laisse apparaître une répartition concentrique de rythmes bleus, rouges, verts et noirs, sur un fond blanc, pour représenter optiquement le déroulement rythmique de la fugue. Il reste par sa manière le précurseur des peintres « musicalistes », après que le monde de l’art l’eut découvert seulement en 1946, tant à Paris qu’à New York.

 

En 1912, Robert DELAUNAY qui exposait ses œuvres au « Sturm » de Berlin, inspira Apollinaire qui employa ensuite, dans une conférence, le terme d’ « Orphisme », pour désigner cette peinture qui privilégiait dans la construction du tableau, la couleur sur la forme. Cette tendance retient les disques et les formes circulaires qui résultent de la sensation imprimée sur la rétine, après l’observation soutenue de la lune et du soleil. La composition du tableau est alors rythmée par des surfaces géométriques qui s’interpénètrent. L’emploi de la couleur pure a selon DELAUNAY, valeur de forme et d’objet.

En 1913, naquit le Suprématisme, sous le pinceau de Casimir MALEVITCH. Ce dernier, après avoir peint à la manière des Néo-Impressionnistes, puis des Fauves, avant de devenir le chef de file du Cubisme Russe, se laissa d’abord influencer par les œuvre de LEGER étudiées lors d’un voyage à Paris en 1912, avant de subir l’influence de son compatriote LARIONOV. Il reproduisit dans ses tableaux des droites ou des surfaces géométriques telles que le cercle, la croix ou le triangle, ou encore la forme du zig-zag, ou de l’amande. MALEVITCH joua avec des couleurs vives qui, au travers des surfaces peintes, se touchent, se superposent ou s’ignorent.

 

En 1913 également, le peintre britannique Percy Wydham LEWIS fonda le Vorticisme qui tire son appellation du mot vortex. Il s’agissait pour l’artiste de parvenir à une composition picturale dans laquelle la suggestion du mouvement résultait de l’emploi d’angles et de courbes s’organisant librement autour d’un point déterminé appelé vortex (le tourbillon de l’eau s’écoulant d’une baignoire par exemple). Mais en 1915, le groupe formé par plusieurs artistes dont David BOMBERG, se disloqua avant que le mouvement ne mourût à tout jamais.

Entre 1912 et 1917, le Néoplasticisme vit le jour quand Piet MONDRIAN créa la doctrine de la plastique pure, en partant du Cubisme, pour exploiter dans ses tableaux, l’usage de l’angle droit en position horizontale/verticale, ainsi que les « trois couleurs primaires » auxquelles il ajouta les « non-couleurs » que sont le blanc, le noir et le gris.

L’appellation du mouvement provient de la traduction de « Nieuwe beelding » qui signifie la « nouvelle image du monde ». Ses œuvres sont un jeu de tracés horizontaux et verticaux accompagnés parfois de quelques rares lignes incurvées.

 

L’Art Non Figuratif fut inventé dans les années 40 par le peintre français Jean BAZAINE, qui composa une peinture qu’il ne voulait pas qualifier d’Abstraite.

Les tableaux, de dimension moyenne, traduisent des formes qui proviennent de la nature. Et dans ces œuvres où se mélangent le Cubisme, le Fauvisme, et une certaine forme d’Abstraction, les artistes adoptent le style des vitraux ou des émaux cloisonnés, en employant la peinture à l’huile qui offre des tons plus doux que ceux de la peinture acrylique souvent utilisée par les peintres Abstraits.

BAZAINE recouvrait ses toiles d’un fourmillement de taches informelles qui suggéraient la fusion des éléments et leur palpitation éperdue, en leur donnant des titres comme « L’éclaircie » ou « Vent de mer », qui révèlent des enchevêtrements de lignes épaisses, et des plages colorées de formes géométriques non figuratives.

 

L’alliance des deux termes composant l’Expressionnisme Abstrait implique une notion très imprécise qui se heurte à de nombreuses objections. Pour tenter une « approche » de définition, on peut expliquer cette peinture comme étant un art qui privilégie les valeurs expressives, tant au niveau du matériau, du geste ou de la technique, et leur jaillissement plus ou moins spontané, par opposition à la création géométrique ou constructive qui favorise la composition ou la forme.

A New York, entre 1942 et 1957, l’Expressionnisme Abstrait devint sous les pinceaux d’Ashile GORKY, le premier mouvement d’Art Abstrait authentiquement américain. Les artistes concernés par cette nouvelle peinture rejetèrent alors le Cubisme et le Surréalisme des peintres européens en exil aux Etats-Unis.

Les tableaux de grand format de GORKY sont structurés par une subtile interprétation des formes et des lignes. Et la couleur est toujours disciplinée par la dominante du fond qui laisse à quelques taches éclatantes, le soin de jouer le rôle de la lumière.

 

William De KOONING s’appliqua lui à une représentation mi-abstraite/mi-figurative qui privilégie la femme par l’interpénétration des formes dans lesquelles apparaissent d’importantes traînées de pinceau, ainsi que des éclaboussures de couleurs vives.

La Peinture Gestuelle ou « Action Painting », fut baptisée en 1952 par le critique américain Harold Rosenberg, aux fins de définir la peinture réalisée par POLLOCK, KLINE et de KOONING.

Cette tendance picturale exprime l’indépendance artistique des peintres américains face à leurs homologues européens. Les artistes du nouveau continent subissaient alors l’influence des européens qui avaient émigré à New York durant la deuxième guerre mondiale, tels MONDRIAN ou MASSON.

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Blue Moby Dick (1943)
Jackson Pollock 1912-1956
Gouache et encre
48 x 60 cm

 

Cette définition de la peinture désigne la forme la plus excessive et la plus significative prise par l’Expressionnisme Abstrait New-Yorkais. Les tableaux grands formats de l’illustre Jackson POLLOCK (je vous conseille d’acheter le magistral DVD du même nom), sont recouverts de peinture distribuée sur le support par une boîte percée de trous. L’artiste manipulait également un bâton trempé dans la peinture, pour créer une forme d’écriture qui reproduisait son état psychique ou physique quand il partait à la conquête de sa toile. POLLOCK a produit une œuvre qui résulte de l’action du corps, et dans laquelle la trace gestuelle se substitue à la plage des couleurs. POLLOCK aimait poser ses toiles à terre de manière à pouvoir se déplacer autour d’elles, pour mieux en aborder leurs côtés.

 

De KOONING employa les couleurs primaires rehaussées de noir et de blanc, alors que POLLOCK ou KLINE préféraient des couleurs à dominante noire, blanche ou gris bleu. Les tableaux de POLLOCK expriment des lacis de traits de peinture, mélangés à des fils ou des cordes qui sont parfois remplacés par du sable ou du verre brisé.

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Le Labyrinthe (1938)
André Masson 1896-1987
Huile/toile 120 x 61 cm

L’Art Informel se développa en Allemagne dans les années 50 pour exprimer ensuite différentes formes d’Abstraction, ou de constructions éclatées comme l’Art Brut, le Tachisme ou la Calligraphie. Cette peinture révélait les « Tendances extrêmes de la peinture non figurative » selon le critique Michel TAPIE, en 1951.

La peinture à l’huile était déposée sur le tableau par une spatule, un couteau ou un pinceau, ou par l’écoulement du tube pressé au-dessus du support. L’épaisseur de la matière picturale fut mélangée ainsi à divers enduits dans les œuvres de FAUTRIER, ou à des filets de couleurs dans les œuvres de MATHIEU, pour figurer des comètes de lumière.

 

DUBUFFET inventa l’expression « Art brut » en 1945, pour désigner toutes les productions spontanées et inventives qui ne s’appuyaient pas sur l’Art Traditionnel, et qui émanaient d’artistes étrangers aux milieux artistiques professionnels, sans formation technique. Il voulut produire une peinture qui n’affichait aucune prétention culturelle, et aucune démarche intellectuelle. Il utilisa des supports comme le papier mâché ou froissé, l’isorel, ou des planches de bois, ou encore des toiles traditionnelles.

Son art fit scandale quand il révéla dans ses tableaux des mélanges hétéroclites faits de sable, de morceaux d’éponge, ou de morceaux de murs, mariés à une peinture laque ou à l’huile qui exprimait des dessins parfois figuratifs, ou parfois abstraits.

Il définit lui-même alors son art, en affirmant au critique Michel Ragon « Je suis toujours à la limite du barbouillage le plus immonde et misérable, et du petit miracle ».

 

L’Art Cinétique et l’Art Optique (Op Art pour Optical Art relevant de l’exposition « The Responsive Bye », organisée en 1965 au Musée d’Art Moderne de New York), restent deux tendances similaires de l’Abstraction. La distinction se situe entre les œuvres qui mettent à contribution un mouvement réel produit par des moyens naturels ou non, entraînant la nomination d’Art Cinétique, et les œuvres qui ne proposent qu’une illusion de mouvement fondée sur un jeu optique adapté, et obtenue par la seule configuration des lignes ou des couleurs, ou obtenue encore par le déplacement du spectateur face à l'œuvre.

Néanmoins, la distinction de ces deux tendances demeure difficile car certains des artistes de l’Art Cinétique ont également sacrifié à l’Art Optique. Les origines de ces deux tendances artistiques proviennent vraisemblablement des premières recherches scientifiques concernant les phénomènes de la vision. Il faut pour ce faire se rappeler par exemple les études de Chevreul qui ont d’abord influencé l’Art des Impressionnistes, avant d’influencer l’Orphisme de DELAUNAY.

 

En 1955, VASARELY se plut à définir dans son « Manifeste jaune » une nouvelle représentation artistique qui remplaçait la notion de nature par celle de beauté artificielle. Les artistes utilisèrent des petits ou grands formats, selon la destination de l’œuvre, et le matériau utilisé. Le plexiglas, le métal, les ampoules électriques et les néons entrèrent alors dans la composition des œuvres.

 

L’Art Minimal prit naissance en 1962, dans la bouche du critique américain Richard Walheim, pour contrer l’Expressionnisme Abstrait des années précédentes.

Souvent perçue au sens péjoratif, cette dénomination se rapporte en fait à l’expression « Less is more » qui signifie en français « Le moins est le plus ». Ce courant des années 60 concerne surtout la sculpture, bien que des artistes peintres significatifs comme STELLA ou NEWMAN, se soient impliqués profondément dans cette tendance de l’Abstraction qui rejette le sujet, les formes ou les mouvements, pour privilégier dans les tableaux la couleur sur grand format.

Les compositions expriment des traits, des lignes ou des surfaces géométriques qui s’affirment dans l’emploi de deux ou trois couleurs vives. L’œuvre devient alors impersonnelle pour provoquer l’œil du spectateur au travers de son chromatisme, et les surfaces mates ou brillantes peuvent aisément se passer d’éclairage pour exprimer leur contenu.

Les sculpteurs minimalistes comme JUDD ou BELL réalisèrent des œuvres réduites à des formes géométriques primaires, comme le cube ou le parallélépipède qui révèlèrent alors l’infinie complexité entrant dans la perception des formes les plus simples.

 

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Alain VERMONT

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

20:41 Écrit par L'Art Pluriel dans 3 -- PEINTURE : HISTORIQUE | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : abstraction, pollock, malevitch, kandinsky, delaunay |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

10/05/2009

Sylvie GEDDA ou l'Union Formes - Couleurs

Les créations de Sylvie GEDDA expriment un sentiment de réalisation picturale dont la lecture ne peut laisser indifférent.

En effet, tous les éléments constitutifs de ces œuvres plastiques réalisées à l’huile sous-tendent l’implication exacerbée de l’artiste sincère qui s’aventure avec application dans les cheminements parfois difficiles de l’Expression Abstraite.

La rémanence provoquée par la lecture de cette peinture demeure vive et parlante. Car, même après s’être détaché d’un tableau de l’artiste, l’œil qui a observé, subit une réactivité qui n’oublie pas aisément les sensations perçues.

 

Layons - Sentiers de Vie.jpg
LAYONS, Sentiers de Vie
Huile/toile 80 x 80 cm

 

A l’exemple du tableau « Du ventre de l’Océan », qui exprime le mariage indicible de la démarche intellectuelle et de la réussite optique qui en résulte.

Dans cette œuvre, la palette de couleurs, synthétisée sans erreur, engendre un visuel remarquable en s’alliant à un trait de composition réfléchi et explicite.

 

L’union Formes et Couleurs de ce tableau ne laisse pas le doute s’installer à la lecture de la composition. L’extraction du « Ventre de l’Océan » des faisceaux verticaux s’élevant vers les Nues Célestes imprime au tableau une force irréversible qui côtoie sans ambages les ardeurs garances de ce magma terrestre qui anime, parfois avec violence, le noyau de notre planète.

 

Le résultat visuel de cette composition, dans laquelle l’infinie douceur bleutée de la Galaxie se juxtapose à la tourmente du « Ventre de l’Océan », ne souffre d’aucune faute de composition.

 

Gedda Du Ventre C 500.jpg
Du Ventre de l'Océan
Huile/toile 80 x 80 cm
 
 
 
 
 

Les bleus céruléens et les rouges garances, qui demeurent deux des trois Couleurs Primaires, souvent difficiles à marier, définissent à eux seuls toute l’ambiguïté de notre Univers.

 

Ce bleu qui exprime l’étendue céleste pour mieux nous faire comprendre notre vérité d’homme fragile face à l’Univers, ne souffre pas de la présence de ce rouge intense qui, dans l’histoire humaine, a toujours imagé la douleur d’un Sang qui peut s’échapper d’un corps blessé, à l’exemple de ce Magma en fusion qui bouillonne depuis toujours sous nos pieds.

 

Gaïa.jpg

Gaïa Prince des Sphères

Huile/toile 92 x 73 cm

 

En conclusion, quand on observe, avec toute l’attention que cela mérite, les compositions de Sylvie GEDDA, on ne peut pas rester indifférent, tant le résultat final désiré par l’Artiste, fait montre de sa grande maîtrise technique et de sa démarche intellectuelle accessible au commun des mortels.

 

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Alain VERMONT

13:02 Écrit par L'Art Pluriel dans 4 -- PEINTURE : EVOLUTION DES ARTISTES | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : gedda, abstraction, huile, expression abstraite |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |