07/09/2012

Le Monde de l'Art ignore la Crise Financière...ironie ou provocation ?

Le Top 10 des adjudications 2012 [août 12]

Le vendredi, c'est Top ! Un vendredi sur deux, Artprice vous propose un classement d'adjudications par thème. Cette semaine : les dix plus belles enchères depuis janvier 2012.

Durant la première partie de l'année 2012, le marché très haut de gamme a brillé de 44 enchères supérieures à 10 m$ dans le monde. Au Top de ce classement, Edvard MUNCH, artiste le plus cher du monde depuis l'adjudication à 107 m$ de l'une des versions du Cri, est hors concours. C'est d'ailleurs la seule adjudication de plus de 100 m$ jamais enregistrée dans l'histoire des enchères (lien vers l'AMI de Munch).



Seules les rumeurs sur des transactions privées de haut vol se prévalent de dépasser le sommet de Munch... Souvenez-vous : en 2011, l'une des cinq versions des Joueurs de cartes de Paul CÉZANNE aurait été acquise par la famille royale du Qatar pour la somme de 250 m€, quand l'artiste culmine « seulement » à 55 m€ en salles des ventes depuis plus de dix ans (Rideau, cruchon et compotier, Sotheby's New York, 10 mai 1999).


Ce classement des dix meilleures adjudications récompense six œuvres modernes (artistes nés entre 1860 et 1919), soit Edvard Munch,
Mark ROTHKOKeran LIFrancis BACON à deux reprises et Joan MIRO. Les deux pop artistes Roy LICHTENSTEIN et Andy WARHOLtiennent respectivement la 4ème place (ex aequo avec Francis Bacon à 40 m$) et la 5ème place, tandis que le Français Yves KLEIN fait un coup double avec deux enchères de plus de 32 m$ !



90 % des ses adjudications ont été enregistrées entre les mois de mai et juin et la vente la plus époustouflante fut celle orchestrée par Sotheby's New York le 9 mai, au cours de laquelle Andy Warhol et Roy Lichtentstein, les deux artistes d'après-guerre les plus cotés du marché, généraient, avec Francis Bacon, pas moins de 113 m$ en seulement trois coups de marteau !





Top 10 : adjudications 2012

 

Rang

Artiste

Adjudication

Oeuvre

Vente

1

Edvard MUNCH

107000000$

The scream (1895)

02/05/2012 (Sotheby's NEW YORK NY)

2

Mark ROTHKO

77500000$

Orange, Red, Yellow (1961)

08/05/2012 (Christie's NEW YORK NY)

3

Keran LI

40341000$

Mountains in red (1964)

03/06/2012 (Poly International Auction Co.,Ltd)

4

Francis BACON

40000000$

"Figure Writing Reflected In Mirror" (1976)

09/05/2012 (Sotheby's NEW YORK NY)

5

Roy LICHTENSTEIN

40000000$

Sleeping Girl (1964)

09/05/2012 (Sotheby's NEW YORK NY)

6

Andy WARHOL

33000000$

Double Elvis

09/05/2012 (sotheby's

7

Joan MIRO

32938500$

Peinture (Etoile Bleue) (1927)

19/06/2012 (Sotheby's LONDON)

8

Yves KLEIN

32699100$

"Le Rose du bleu (RE 22)" (1960)

27/06/2012 (Christie's LONDON)

9

Yves KLEIN

32500000$

FC1 (Fire Color 1) (1962)

08/05/2012 (Christie's NEW YORK NY)

10

Francis BACON

29999100$

"Portrait of Henrietta Moraes" (1963)

14/02/2012 (Christie's LONDON)



Les nouveaux records de l'année 2012


Une pluie de nouveaux records a ainsi inondé la première moitié de l'année 2012 : pour Edvard Munch bien sûr, mais aussi pour Marc Rothko dont les champs colorés de 
Orange, Red, Yellow grimpaient à 77,5 m$ contre 35 m$ à 45 m$ de fourchette d'estimation ! Cette toile d'un orange vibrant et éclatant fait de Rothko l'artiste le plus cher de la période après-guerre et Rothko dépasse désormais Francis Bacon, qui culmine à 77 m$ depuis la vente chez Sotheby's de son Triptych (15 mai 2008).

Rothko créait une fois de plus la surprise car déjà, en mai 2007, sa toile White Center plantait un record spectaculaire de 65 m$, enterrant de 45 m$ son précédent score (Homage to Matisse, vendu 20 m$ le 16 mai 2007 chez Christie's) !


Un autre record hisse encore la cote de Li Keran, qui fait partie des 10 artistes chinois les plus performants aux enchères depuis 2010. Li Keran, qui a modernisé la peinture traditionnelle chinoise en lui insufflant des accents occidentaux choisis, culmine désormais à 40,34 m$ avec 
Mountain in red, vendue chez Poly International à Pékin le 8 mai (il s'agit par ailleurs du seul coup de marteau de ce Top frappé en Chine).

Sommet encore pour Roy Lichtenstein avec 40 m$ (hors frais) déboursés pour Sleeping girl, pour le surréaliste espagnol Joan Miró qui enterre de 10 m$ son précédent sommet (Painting Poem se vendait 23,68 m$ le 7 février 2012 chez Christie's Londres) et devance désormais très largement Salvador DALI (dont le record est de 19,3 m$ pour son Portrait de Paul Eluard, vendu le 10 février 2011 chez Sotheby's Londres).



Enfin, le plus métaphysique des Nouveaux Réalistes français, Yves Klein, a enchaîné deux coups de marteaux au-delà de 32 m$, écrasant son précédent record de plus de 11 m$ !

Cette année, les surenchères ont été particulièrement spectaculaires. L'historique des ventes de ces grandes signatures de l'art eut peu de poids contre la détermination à acheter au prix fort des chefs-d'œuvre absolus de l'art du XXème siècle.


Dans ce classement, seuls deux artistes n'affichent pas de nouveaux records... il est vrai qu'Andy Warhol et Francis Bacon affichent déjà des sommets de 64 m$ et 77 m$ ! 

 

 

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Alain VERMONT

31/08/2012

Le Néo-Impressionnisme de SEURAT

Georges-Pierre SEURAT naquit à Paris le 2 décembre 1859. Après avoir fréquenté une école de dessin, il entra au Beaux-Arts, et pendant deux ans, se consacra à l’étude de la peinture. Il effectua ensuite son service militaire, et à son retour de l’armée, commença à étudier les maîtres du passé. 

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VERONESE eut sur lui une première influence au travers de ses compositions pleines de mouvements. La couleur de ses tableaux, et les liens expressifs qui s’établissaient entre la surface et la ligne retinrent l’attention de SEURAT qui ensuite s’intéressa à l’équilibre harmonieux des tableaux d’INGRES, et à la maîtrise de la couleur et de la forme dans les œuvres de DELACROIX.

 

SEURAT étudia les ouvrages scientifiques réalisée par Blanc, Chevreul et Sutter, pour se tourner définitivement vers le Néo-Impressionnisme. Sa vocation à devenir peintre n’ayant jamais été contrariée par l’ouverture d’esprit de la famille aisée dans laquelle il était né, il s’abandonna entièrement à son art.

seurat, néo-impressionnisme, pointillisme, divisionnisme

En 1881, son pinceau créa « L’Invalide » et « Le Clochard ». Et s’il rencontra la nature à Barbizon, ou sur les bords de la Seine pour peindre en plein air, il n’en fut pas moins attiré par l’ambiance des cafés-concerts, et des fêtes foraines où brillait la féerie des lumières. 

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Alain VERMONT

 

 

14/08/2012

Henri MARTIN, artiste à redécouvrir

Henri Jean Guillaume MARTIN, dit Henri MARTIN, naquit à Toulouse (F), le 5 août 1860. Après l’obtention d’une bourse attribuée par sa ville natale, il s’installa à Paris, et entra dans l’atelier de LAURENS, en 1879.

Il parvint ensuite à exposer au Salon l’année suivante alors qu’il n’avait que vingt ans. En 1883, il obtint une Première Médaille avec son tableau « Françoise Rimini ». Deux ans plus tard, il obtint de nouveau une bourse grâce à l’exposition des « Titans escaladant le ciel », avant de partir en Italie où il reçut une influence déterminante.

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Son art jusque là classique, et un peu froid, évolua alors vers une peinture empreinte de sentiments poétiques, traduits sur le tableau par une nouvelle technique, faite de touches courtes et séparées dans un parallélisme qui imprimait à ses compositions allégoriques une note vaporeuse. En 1889, il reçut une Médaille d’Or pour « La fête de la Fédération ». En 1895, l’Hôtel de Ville de Paris lui passa commande de plusieurs décorations murales comme « Apollon et les Muses ».

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Il reçut l’année suivante la Croix de la Légion d’Honneur. Et en 1900, on lui attribua un Grand Prix durant l’Exposition Universelle. Il participa ensuite à la décoration du Capitole de Toulouse, avant de travailler pour la Sorbonne avec « L’Etude », et pour le Palais de Justice de Paris, en 1914, avec « Le Travail ». On lui décerna durant cette même année la Croix de Commandeur de la Légion d’Honneur.

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Alain VERMONT

12/07/2012

OSKAR KOKOSCHKA

Oskar KOKOSCHKA naquit à Poechlarn en Tchécoslovaquie, le 1er mars 1886. Après une enfance passée au bord du Danube, il commença à dix huit ans sa formation artistique à l’Académie des Arts Décoratifs de Vienne. Il entra ensuite aux « Ateliers Viennois » où il réalisa, sous l’autorité de KLIMT, des illustrations et des maquettes pendant cinq ans. En parallèle à son art pictural, il démontra une activité littéraire importante en écrivant des drames sociaux ou satiriques qui se jouèrent au théâtre d’été de Vienne en 1909.

 

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Il se rendit ensuite à Berlin en 1910 pour un contrat de travail. Un an plus tard, il exposa vingt cinq tableaux à Vienne pour rencontrer la même incompréhension qu’auparavant. Entre 1913 et 1914, il exposa pour la seconde fois à Berlin, et devint l’ami d’Alma Mahler, la veuve du compositeur de musique. Sa peinture du moment révéla des portraits de ses amis écrivains ou artistes, et quelques paysages comme « La tempête » exécutée en 1914. KOKOSCHKA réalisa alors les célèbres « Portraits psychologiques » dans lesquels il cherchait à mettre à jour la structure psychologique du modèle, en utilisant la déformation de la forme apparente.

 

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Pendant la guerre, il devint soldat dans un régiment de dragons pour subir une blessure sur le front de l’Est. Tout juste guéri, il fut renvoyé au front en 1916. La guerre imprima alors à son œuvre l’expression d’une violente perturbation d’ordre moral. En 1917, il s’installa à Dresde où il enseigna à l’Académie de 1919 à 1924. Là, il employa la couleur en surface, dans une plus grande intensité des tons, en renonçant largement au dessin. Il s’appliqua néanmoins à exécuter un grand nombre de portraits lithographiques qui exprimaient un trait d’une grande virtuosité.

 

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Alain VERMONT

28/06/2012

Léonard De Vinci

Léonard DE VINCI – Le Maître de tous les secrets

1452 Anchiano (Vinci-Florence-I) – 1519 (Amboise-F)

D'innombrables écrits relatent la vie d'artiste et de visionnaire de DE VINCI. Pour résumer l'existence de ce Maître incomparable, il faut rappeler que ce dernier, bien qu'artiste peintre et dessinateur de talent, ne s'est pas arrêté à la création picturale.

L'une des devises de DE VINCI était : « le plaisir le plus noble est la joie de comprendre »...« Ne pas estimer la vie, toute la vie, c'est ne pas la mériter ».

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En effet, son succès auprès des Cours Italiennes, avant son succès auprès du Roi de France François 1er qui l'hébergea à Amboise, où repose la sépulture de l'artiste, s'appuie d'abord sur le fait que ses recherches novatrices l'on différencié de ses contemporains. DE VINCI ne s'est pas contenté en effet de reprodruire le monde qui l'entourait, en soumettant ce dernier aux règles établies de l'intellect, ou aux premiers principes de la perspective. Il se démarqua en s'appuyant d'abord sur la connaissance et l'étude poussée des processus et des aspects de la nature, sans cesse changeants.

 

Dans sa période florentine, sa formation dans l'atelier de VERROCCHIO, lui permit de cultiver nombre d'intérêts divers comme la sculpture, l'architecture, l'ingéniérie et la mécanique, pour mieux réinventer et développer les dispositifs, extraordinaires pour l'époque, élaborés par Filippo Brunelleschi.

Le Maître s'intéressa à tout, poésie, philosophie, musique, science, botanique, astronomie, géologie, urbanisme, et anatomie (dans un secret le protégeant de l'Inquisition). Les mathématiques et l'optique attisèrent également sa curiosité. C'est d'ailleurs lui qui introduisit le nombre d'or dans l'art, comme il démontra toutes les spécificités de la vraie perspective. C'était un perfectionniste rationnel et ambitieux. Célibataire endurci, qui selon les affirmations de l'époque, aurait vécu toute sa vie dans l'abstinence, DE VINCI aura passé sa vie à chercher...

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Enfant illégitime d'un notaire et d'une jeune paysanne, cet artiste gaucher mais ambidextre avait pour habitude d'écrire ses textes à l'envers (écriture spéculaire lisible face à un miroir). Ecriture faite de rébus et rédigée en dialecte toscan. Durant toute sa vie il rédigea d'innombrables documents, dans son écriture particulière, mystérieuse, et qui en a fait de lui l'homme de tous les secrets...

En 1478, dans sa vingt sixième année, estimant qu'il avait dépassé son maître (VERROCCHIO), il décida de son indépendance. Il n'est qu'à voir son tableau « La Vierge à l'enfant » achevé cette année là.

Devenu alors le grand rival de MICHEL-ANGE, qui était de vingt ans son cadet, mais qui avait la préférence de la famille De Médicis, DE VINCI s'expatria à Milan pour se mettre au service d'un nouveau mécène, Le Duc Sforza, durant dix neuf années. C'est là, qu'à la demande du prieur, DE VINCI peindra entre autre, La Cène, sur les murs du réfectoire du Monastère de Santa Maria delle Grazie à Milan. En parallèle de ses créations picturales, il apporta de nombreuses modifications à la machinerie du théâtre de la ville, ainsi qu'àux canaux et horloges de la cité. Sa vision d'un nouvel urbanisme lui fit même proposer des plans de cité idéale.

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Après l'annexion du Duché de Milan par le Roi de France Louis XII , DE VINCI s'en retourna à Florence en 1503. C'est là qu'il réalisa différentes études pour mettre en œuvre son tableau La Joconde. Le Musée du Louvre, où est exposé le tableau, dans un rapport technique et esthétique, a déclaré : « DE VINCI a apporté un élément essentiel à son modèle : il lui donne la vie . Cette impression de vie est rendue possible par la technique léonardesque qui supprime le trait au profit de subtils passages entre l'ombre et la lumière : le sfumato. C'est la juste répartition des lumières qui donne le volume et suggère la distance, le paysage derrière la figure est baigné dans une vapeur légère et les montagnes de l'arrière-plan sont noyées dans l'enveloppe atmosphérique. »

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En 1508, DE VINCI reçoit un nouveau camouflet quand le Pape Sixte IV, lui prèfère le jeune MICHEL-ANGE, son éternel rival, pour décorer le plafond de la Chapelle Sixtine au Vatican.

Cinq années plus tard, et à la demande du nouveau Pape Léon X, DE VINCI se rend à Rome où il peint divers tableaux dont la série des « Déluges », pour répondre aux créations de MICHEL-ANGE dans la Chapelle Sixtine.

Dans le même temps, assoiffé par ses recherches sur le globe terrestre, DE VINCI étudie les cartes du monde établies alors par Dias, Christophe Colomb, Vespucci, et Vasco de Gama. C'est alors, qu'il réalise une synthèse de tous ces documents existants, pour dessiner la première carte mondiale en Octant (secteurs en huitième de cercle). Sur ses cartes, il fait figurer pour la première fois le terme América, et situe le Brésil ainsi que l'Antarctique.

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En 1516, las des vicissitudes qu'il supporte dans son pays natal, il accepte l'invitation du Roi François 1er, et s'expatrie en France, avec ses documents et tableaux dont La Joconde, en compagnie de son assistant et ami , le peintre Francesco Melzi. Le Roi de France l'installe au Clos Lucé, à quelques longueurs du Château Royal d'Amboise. Il est alors nommé au titre de « Premier peintre, Ingénieur, Architecte du Roi ». Agé de 64 ans, DE VINCI, concevra pour le Roi de France nombres de projets, architecturaux ou hydrauliques, qui ne verront pas le jour du fait de sa maladie et de sa paralysie partielle de la main gauche.

 

Il décèdera le 2 mai 1519 au Clos Lucé, à l'âge de 67 ans, en laissant à la postérité un nombre surréaliste de documents et écrits qu'il ne publia jamais, et qui furent légués par testament à son ami Melzi. A la mort de ce dernier, en 1570, les 2/3 de sa collection furent éparpillés dans toute l'Europe.

Le maître du cryptage laissa ainsi derrière lui des dizaines de milliers de croquis techniques, et autres dessins, ainsi que des dizaines de milliers de documents, ou notes. Aujourd'hui, treize mille documents, dont sept mille notes et croquis, ainsi que vingt deux cahiers, sont archivés au Vatican.

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En 1994, Bill Gates, que l'on ne présente plus, acheta aux enchères le « Coddex Hammer » (ex Coddex Leicester), un manuscrit crypté de 72 pages, en écriture spéculaire, pour la somme de trente et un millions de dollars.

Ce codex (ensemble de feuilles manuscrites cousues) se présente sous une forme détachée, à savoir 18 feuillets double recto et verso.

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Alain VERMONT

23/06/2012

Le grand Ferdinand HODLER

Ferdinand Hodler (1853-1918), un Maître à redécouvrir.

Né dans un contexte familial besogneux et misérable, avant d'être orphelin à l'âge de 14 ans, Hodler adolescent devient alors peintre d'enseignes, avant de débuter une première production de Paysages Suisses vendus aux touristes à Thoune.

A l'âge de 19 ans il s'installe à Genève, pour suivre les cours de Menn qui était un élève d'Ingres. Durant ces cinq années genevoises, Menn transmet son enseignement à Hodler qui affirme aussitôt une belle personnalité dans le portrait et le paysage, puisant son inspiration dans l'existence du peuple, pour manifester un dessin rigoureux qui illustre une « mise en page » équilibrée, faite de tonalités sombres exprimant des clairs-obscurs contrastés.

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Hodler peignant sur le toit de son atelier Rue du Rhône

Après un séjour à Madrid, sa palette s'éclaircit, pour mieux confirmer l'émancipation de ce jeune artiste en devenir.

Au même titre que les Impressionnistes à Paris durant les années 1870/80, Hodler a subi la vindicte des notables genevois. Car malgré certains soutiens, Hodler demeurait toujours aussi pauvre. En 1881, le Jury qui décidait pour l'Exposition Municipale Genevoise, proposa à la Ville d'acheter un tableau de l'Artiste « Une prière dans le canton de Berne ». Les autorités genevoises refusèrent catégoriquement, avant, l'année suivante, de modifier le règlement interne pour interdire en exposition des tableaux de trop grands formats. Une manière déguisée pour évincer Hodler de ces manifestations publiques.

Le peu d'argent qu'il perçoit alors lui permet tout juste de pourvoir à l'achat de ses couleurs et de ses toiles.

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Son quotidien est le plus souvent composé de pain sec trempé dans l'eau. Sa couche du moment est matérialisée par la porte de son armoire qu'il démonte tous les soirs pour en faire sommier, avant de s'endormir avec son manteau militaire comme unique couverture.

Il parvient néanmoins à interpeller la presse locale par la puissance de ses créations, et à former autour de lui un cercle acquis à sa cause, composé de critiques et d'écrivains. A l'opposé, d'autres critiques, dans la Tribune de Genève ou le Journal de Genève, fustigent les œuvres d'Hodler. Et les propos tenus à l'exemple de « C'est un amateur qui ferait mieux de retourner à l'école », ne font qu'augmenter le malaise qui s'installe autour de ce jeune artiste qui ne ressemble à aucun autre.

Ces mots de souffrance rendent Hodler furieux au point qu'il réalise un autoportrait magistral intitulé « Le furieux », voir illustration.

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En fait, le paradoxe établi à Genève par ceux qui adulaient Hodler, et ceux qui le méprisaient, trouve sa source dans l'opposition de l'émergence des courants artistiques internationaux face aux attentes nationales suisses. En 1888, la Commission Fédérale des Beaux-Arts est créée, avec une dotation, exceptionnelle pour l'époque, de 100 000 francs, permettant ainsi la mise en œuvre de commandes publiques, d'organisation de Salons, et d'attribution de bourses. Les Artistes Suisses qui veulent bénéficier de ce soutien sont donc dans « l'obligation » de produire une peinture reflet de l'identité de la Nation Suisse ». Production représentant des paysages de montagne, ou des faits d'histoire helvétique.

 

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A l'opposé, à Paris, au début des années 1880, et sous l'influence du courant littéraire créé par Baudelaire, la Peinture Symboliste de Puvis De Chavannes, Redon ou Moreau, rencontre un vif succès, comme à Vienne ou à Berlin, avec des artistes comme Klimt, Uhde ou l'artiste suisse Böcklin.

Hodler a exposé chaque année à Paris, de 1870 à 1900. Cet Artiste avait fait le choix, ô combien exigeant, de satisfaire la demande artistique de son pays d'origine, malgré toutes les turpitudes qu'on lui infligeait, et dans le même temps, de s'orienter vers une production plus « internationale ».

D'une écriture plastique Naturaliste, il s'achemina vers une écriture plastique Symboliste. C'est alors que son tableau « La Nuit », voir illustration, qu'il considérait comme sa première œuvre réellement achevée, est banni en 1891 par les Autorités Genevoises qui, outre leur étonnement devant les dimensions hors normes de l'oeuvre, décrètent que la toile n'est pas conforme aux bonnes mœurs, pour cause de lubricité et d'immoralité.

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Contrit, dès le lendemain de son exclusion, Hodler loue La Salle de Garde du Bâtiment Electoral de Genève pour y exposer cette œuvre tant décriée. Malgré l'importance du prix du billet d'entrée, à savoir 1 franc de l'époque, une foule considérable se déplace pour cette Exposition, permettant ainsi à Hodler de percevoir une somme importante, avant de se rendre quelques jours plus tard, avec son tableau, à Paris où il sera intronisé comme Membre de la Société Nationale des Artistes Français, pour exposer la Nuit au Salon du Champ-de-Mars, et recevoir tous les honneurs dûs à son rang, et la reconnaissance de Monet, Degas, Puvis de Chavannes et Moreau qui admiraient son talent.

A la suite de cette reconnaissance, Hodler acquiert un statut international qui le transportera jusqu'aux Sécessions Viennoises et Berlinoises.

Aujourd'hui, reconnu enfin comme un grand peintre, Hodler figure aux cimaises des Musées Suisses de Bâle, Genève, Berne et Zurich, qui exposent des œuvres magistrales de cet artiste hors du commun. Avant le Musée d'Orsay à Paris, en 2007/2008, la Fondation Gianadda a organisé en 1991 une très belle rétrospective des œuvres de cet artiste sincère et engagé, et qui a tant défrayé les chroniques suisses de l'époque. Jamais artiste suisse ne fut autant discuté et contesté.

L'historien Philippe Kaenel, de l'Université de Lausanne, a magistralement, dans ses textes, expliqué et relaté avec une grande objectivité, toutes les composantes de la Vie tourmentée et de l'Oeuvre d'Hodler.

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Alain VERMONT

18/06/2012

Moins 40 000 ans et l'Histoire de l'Art, ou quand la technique rejoint l'Histoire de l'Homme

Le 15 juin 2012, une étude publiée dans la Revue Science a remis en cause la datation des Peintures et des Gravures Rupestres d'Europe de l'Ouest, concernant l'Espagne, la France et l'Italie.

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En effet, jusque là, ces oeuvres d'art préhistoriques avaient été datées avec la Datation au Carbone 14. Or, une nouvelle méthode, la Datation à l'Uranium, mise au point dans les années 1970, et constamment développée depuis, permet de dater les éléments minéraux, alors que le carbone 14 ne s'applique qu'à une matière organique comme le charbon de bois utilisé par les "dessinateurs" de l'exceptionnelle Grotte Chauvet découverte en 1994, à Vallon-Pont-d'Arc, Ardèche (F).

 

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Carte de La Grotte CHAUVET

 

C'est une équipe de Chercheurs Espagnols et Anglais, dirigée par Alistair Pike de l'Université de Bristol (UK), qui a ainsi démontré l'efficacité de cette nouvelle datation réalisée dans onze grottes décorées des Asturies et de Cantabrie dans le Nord de l'Espagne.

En effet, à ses débuts, la Datation à l'Uranium nécessitait le prélèvement d'une quantité de 100 grammes de matière pour obtenir des résultats probants, ce qui pouvait altérer la beauté d'un dessin ou d'une peinture préhistorique. Aujourd'hui 1 milligramme seulement de matière prélevée, suffit pour exprimer une analyse. Cette technique, non destructrice, peut donc être utilisée dans la Datation de l'Art Pariétal, car, seul un infime prélèvement de calcite est réalisé. Ensuite, l'Uranium qui est présent dans cette minuscule quantité, est comptabilisé par les chercheurs, en laboratoire, au moyen d'un spectromètre de masse, atome par atome.

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Grotte CHAUVET

Cette Datation à l'Uranium offre un second avantage sur la Datation au Carbone 14, car cette dernière, en raison de certaines contaminations postérieures à l'oeuvre, exprime parfois des résultats très différents pour la même peinture ou le même dessin.

L'Uranium, qui se dégrade avec le temps, est présent dans l'eau des cavités souterraines, et son taux de dégradation en Thorium sert alors d'horloge extrêmement précise, même si l'on n'obtient pas de date exacte, car dans l'état actuel des recherches il n'est pas possible de connaître la date à laquelle le calcaire a débuté son dépôt sur la peinture ou le dessin, après qu'ils eurent été achevés.

Cette théorie exprime donc le fait que le motif réalisé, peinture ou dessin, est évidemment plus ancien que le dépôt de Calcite. Ces chercheurs, étonnés par leur découverte ont donc fait deux constats en découvrant, en premier lieu, que des oeuvres différentes à l'intérieur d'une même grotte, ont pu être réalisées à des époques très éloignées les unes des autres, de moins 41 000 ans à moins 22 000 ans, et en découvrant également que le plus ancien des motifs réalisés, connu à ce jour, à savoir un cercle rouge dans la Grotte d'El Castillo, remonterait à moins 41 000 ans environ.

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Grotte CHAUVET

Tout cela pourrait démontrer que les Hommes Modernes, les Homo sapiens n'étaient pas encore présents sur le Continent Européen. Et le Chercheur Joäo Zilhäo de l'Université de Barcelone de déclarer « C'est antérieur de 4 000 ans à l'oeuvre la plus ancienne connue à ce jour en Europe ».

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Alain VERMONT

19:51 Écrit par L'Art Pluriel dans 3 -- PEINTURE : HISTORIQUE | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

14/06/2012

Maximilien LUCE, un artiste du réel humain

Maximilien LUCE naquit à Paris le 13 mars 1858. A l’âge de quatorze ans il suivit des cours du soir, en achevant son apprentissage de graveur chez Hildebrans. En 1876, il trouva un emploi d’ouvrier qualifié chez Froment qui gravait alors de nombreuses planches pour des illustrés français et étrangers. L’année suivante, LUCE effectua un stage à Londres avec son employeur, avant de revenir en France où il devint militaire d’abord en Bretagne, puis à Paris.

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Il n’en continua pas moins son métier de graveur. Il devint ainsi l’élève de CAROLUS-DURAN, travailla à l'Ecole de Dessin des Gobelins, et poursuivit son apprentissage personnel de la peinture en étudiant la nature. Devenu l’ami de PISSARRO qui appréciait son art, il écouta les conseils que lui prodiguait son aîné. En 1884, il participa à la création du mouvement Néo-Impressionniste. Et en 1887, il s’associa aux membres de la « Société des Indépendants ».

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Sa production révèle un très grand nombre de paysages qui font oublier les remarquables portraits qui figurent aussi dans sa création. Ces portraits sont la composante de son œuvre qui différencie profondément son art de celui des autres peintres Néo-Impressionnistes.

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Son pinceau et son fusain s’attachèrent à reproduire son respect pour le travail de l’homme. Et les maçons ou terrassiers devinrent souvent le théâtre de ses tableaux. Il collabora aux journaux anarchistes du moment, comme le « Père Peinard » fondé en 1889, et dont il dessina la couverture. En 1894, impliqué dans le « Procès des trente », il fut emprisonné. Les attentats anarchistes secouèrent alors la capitale française au travers du déroulement de l’Affaire Dreyfus.

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Alain VERMONT

05/06/2012

DE VLAMINCK un Fauve parmi les Fauves

 

Maurice DE VLAMINCK naquit à Paris le 4 avril 1876, dans une famille de musiciens qui s’installa ensuite au Vésinet en 1879. Livré à lui-même dès sa jeunesse, par des parents qui ne se préoccupaient que de leur métier, il grandit en se forgeant une nature rebelle. En 1895, il fréquenta l’Ile de Chatou pour peindre aux côtés de Henri RIGAL, et exprimer son admiration pour l’Impressionnisme.

V Guillaume Appolinaire en bord de Seine.JPG

De retour du service militaire en 1896, il enseigna la musique durant trois ans, et devint premier violon au Théâtre du Château d’Eau. Aux premiers jours du siècle nouveau, il rencontra MONET, puis DERAIN avec qui il loua un atelier sur l’Ile de Chatou. L’année suivante, les deux amis visitèrent l’exposition Van GOGH, et DE VLAMINCK resta bouleversé par l’œuvre de celui qu’il appela ensuite « Mon père ».

L’artiste devint alors le Fauve qui respectait la loi de la couleur pure. Vivant sans moyens financiers, il réussit cependant à acheter des tubes de couleurs de qualité inférieure, pour composer certaines toiles qui malheureusement vieillirent mal. Son approche particulière de l’art se défendit de fréquenter les musées, et l’empêcha de se soumettre à l’enseignement de l’Académie.

V Ramasseurs de P de T.JPG

Peintre d’instinct, DE VLAMINCK voulut tout ignorer des problèmes de la nature, et le fit savoir, notamment dans ses nombreux écrits. Rebelle il fut, et rebelle il demeura. Il considérait par exemple que l’enseignement de la religion dispensé par les prêtres, n’était qu’une atteinte aux droits de la personne. Il ne respectait pas plus les institutions établies, et s’élevait contre la puissance de l’Etat, en dénonçant le pouvoir de la police. Il accentua même l’acidité de ses jugements en traitant PICASSO de « Laborieux plagiaire », avant de visiter cependant son atelier du « Bateau-Lavoir », quelques années plus tard.

Le colosse au physique impressionnant poursuivit son œuvre en ne respectant que son instinct. Il se joignit malgré tout aux Fauves en 1905, pour accrocher ses tableaux d’abord au Salon des Indépendants, puis au Salon d’Automne, dans la singulière « Cage aux fauves ». En 1906, Vollard lui acheta son fonds d’atelier, et exposa ses tableaux. Dès lors, DE VLAMINCK abandonna l’ambiance des salons pour lui préférer des expositions irrégulières dans diverses galeries. Ce colosse peintre s’appliqua à réaliser des tableaux paysagistes qui exprimaient des ciels de désespoir qui figurent parmi ses plus belles œuvres.

Ses loisirs du dimanche l’entraînèrent à participer à des courses cyclistes, ou à fréquenter les fêtes populaires. Artiste habile, il créa aussi des lithographies et des gravures sur bois, et produisit de magnifiques dessins à l’encre de chine. Sa plume composa plusieurs écrits faits de poèmes et de théories personnelles sur la peinture.

V restaurant de la Machine Bougival.JPG

Dans ses ouvrages, il donna alors son sentiment personnel et singulier : « La période de l’intellectualisme déchaîné des divagations absconses, des spéculations maladives est révolue ; les jeunes peintres aspirent aux disciplines naturelles. Il s’agit de revenir à une peinture lisible, vivante, humaine. Le cubisme fut la négation même de l’art de peindre. Longtemps il exerça sur les esprits de funestes ravages... La peinture c'est comme la cuisine. Cela ne s'explique pas. Ca se goûte ! ».

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Alain VERMONT

31/05/2012

Dessiner avec le matériel approprié

 

Ce dossier, qui s'adresse plus particulièrement aux personnes qui dessinent, dessin d'art ou dessin technique, vous propose un premier choix de Matériels à Dessin. En effet, il n'est pas toujours évident, pour un profane qui débute, de connaître l'étendue des matériels à même de faciliter l'éxécution d'un dessin.

Certaines de vos applications seront donc facilitées par l'emploi d' « outils », ou d'instruments d'un abord technique à la portée de tous.

Chevalet multifonctions Protecna.jpg
calame-2.jpg
Estompes.jpg
Echelle réduction Graphoplex.jpg

 

Gomme électrique Auto Eraser.jpg

 

Règle à rouleaux Protecna.jpg

 

Pantographe Protecna.jpg
Gomme A_IMGZOO_2009072416132317.JPGaquarelle_lavis.jpg

 

 

Appareil à dessin Hebel.jpg

 

Carton à dessin chevalet Kraft (32 x 45 cm).jpg

 

 

Episcope Artograph.jpg

 

règle flexible Cobra.jpg

 

Image1.jpg

 

 

cutter compas.jpg

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Alain VERMONT

 

13:49 Écrit par L'Art Pluriel dans 9 -- DESSINS : TECHNIQUES | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : dessin, matériel à dessin, planche à dessin, crayons, fusain, lavis |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |