07/09/2012

Le Monde de l'Art ignore la Crise Financière...ironie ou provocation ?

Le Top 10 des adjudications 2012 [août 12]

Le vendredi, c'est Top ! Un vendredi sur deux, Artprice vous propose un classement d'adjudications par thème. Cette semaine : les dix plus belles enchères depuis janvier 2012.

Durant la première partie de l'année 2012, le marché très haut de gamme a brillé de 44 enchères supérieures à 10 m$ dans le monde. Au Top de ce classement, Edvard MUNCH, artiste le plus cher du monde depuis l'adjudication à 107 m$ de l'une des versions du Cri, est hors concours. C'est d'ailleurs la seule adjudication de plus de 100 m$ jamais enregistrée dans l'histoire des enchères (lien vers l'AMI de Munch).



Seules les rumeurs sur des transactions privées de haut vol se prévalent de dépasser le sommet de Munch... Souvenez-vous : en 2011, l'une des cinq versions des Joueurs de cartes de Paul CÉZANNE aurait été acquise par la famille royale du Qatar pour la somme de 250 m€, quand l'artiste culmine « seulement » à 55 m€ en salles des ventes depuis plus de dix ans (Rideau, cruchon et compotier, Sotheby's New York, 10 mai 1999).


Ce classement des dix meilleures adjudications récompense six œuvres modernes (artistes nés entre 1860 et 1919), soit Edvard Munch,
Mark ROTHKOKeran LIFrancis BACON à deux reprises et Joan MIRO. Les deux pop artistes Roy LICHTENSTEIN et Andy WARHOLtiennent respectivement la 4ème place (ex aequo avec Francis Bacon à 40 m$) et la 5ème place, tandis que le Français Yves KLEIN fait un coup double avec deux enchères de plus de 32 m$ !



90 % des ses adjudications ont été enregistrées entre les mois de mai et juin et la vente la plus époustouflante fut celle orchestrée par Sotheby's New York le 9 mai, au cours de laquelle Andy Warhol et Roy Lichtentstein, les deux artistes d'après-guerre les plus cotés du marché, généraient, avec Francis Bacon, pas moins de 113 m$ en seulement trois coups de marteau !





Top 10 : adjudications 2012

 

Rang

Artiste

Adjudication

Oeuvre

Vente

1

Edvard MUNCH

107000000$

The scream (1895)

02/05/2012 (Sotheby's NEW YORK NY)

2

Mark ROTHKO

77500000$

Orange, Red, Yellow (1961)

08/05/2012 (Christie's NEW YORK NY)

3

Keran LI

40341000$

Mountains in red (1964)

03/06/2012 (Poly International Auction Co.,Ltd)

4

Francis BACON

40000000$

"Figure Writing Reflected In Mirror" (1976)

09/05/2012 (Sotheby's NEW YORK NY)

5

Roy LICHTENSTEIN

40000000$

Sleeping Girl (1964)

09/05/2012 (Sotheby's NEW YORK NY)

6

Andy WARHOL

33000000$

Double Elvis

09/05/2012 (sotheby's

7

Joan MIRO

32938500$

Peinture (Etoile Bleue) (1927)

19/06/2012 (Sotheby's LONDON)

8

Yves KLEIN

32699100$

"Le Rose du bleu (RE 22)" (1960)

27/06/2012 (Christie's LONDON)

9

Yves KLEIN

32500000$

FC1 (Fire Color 1) (1962)

08/05/2012 (Christie's NEW YORK NY)

10

Francis BACON

29999100$

"Portrait of Henrietta Moraes" (1963)

14/02/2012 (Christie's LONDON)



Les nouveaux records de l'année 2012


Une pluie de nouveaux records a ainsi inondé la première moitié de l'année 2012 : pour Edvard Munch bien sûr, mais aussi pour Marc Rothko dont les champs colorés de 
Orange, Red, Yellow grimpaient à 77,5 m$ contre 35 m$ à 45 m$ de fourchette d'estimation ! Cette toile d'un orange vibrant et éclatant fait de Rothko l'artiste le plus cher de la période après-guerre et Rothko dépasse désormais Francis Bacon, qui culmine à 77 m$ depuis la vente chez Sotheby's de son Triptych (15 mai 2008).

Rothko créait une fois de plus la surprise car déjà, en mai 2007, sa toile White Center plantait un record spectaculaire de 65 m$, enterrant de 45 m$ son précédent score (Homage to Matisse, vendu 20 m$ le 16 mai 2007 chez Christie's) !


Un autre record hisse encore la cote de Li Keran, qui fait partie des 10 artistes chinois les plus performants aux enchères depuis 2010. Li Keran, qui a modernisé la peinture traditionnelle chinoise en lui insufflant des accents occidentaux choisis, culmine désormais à 40,34 m$ avec 
Mountain in red, vendue chez Poly International à Pékin le 8 mai (il s'agit par ailleurs du seul coup de marteau de ce Top frappé en Chine).

Sommet encore pour Roy Lichtenstein avec 40 m$ (hors frais) déboursés pour Sleeping girl, pour le surréaliste espagnol Joan Miró qui enterre de 10 m$ son précédent sommet (Painting Poem se vendait 23,68 m$ le 7 février 2012 chez Christie's Londres) et devance désormais très largement Salvador DALI (dont le record est de 19,3 m$ pour son Portrait de Paul Eluard, vendu le 10 février 2011 chez Sotheby's Londres).



Enfin, le plus métaphysique des Nouveaux Réalistes français, Yves Klein, a enchaîné deux coups de marteaux au-delà de 32 m$, écrasant son précédent record de plus de 11 m$ !

Cette année, les surenchères ont été particulièrement spectaculaires. L'historique des ventes de ces grandes signatures de l'art eut peu de poids contre la détermination à acheter au prix fort des chefs-d'œuvre absolus de l'art du XXème siècle.


Dans ce classement, seuls deux artistes n'affichent pas de nouveaux records... il est vrai qu'Andy Warhol et Francis Bacon affichent déjà des sommets de 64 m$ et 77 m$ ! 

 

 

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Alain VERMONT

21/11/2010

Marché de l'Art avez-vous dit ?

 

Les Réalités déconcertantes du Marché de l'Art.

Les dernières ventes aux enchères qui ont eu lieu début novembre à New York prouvent une fois de plus que les Arts Plastiques demeurent pour certains un « produit commercial » qui ne ressemble à aucun autre, dans ce Monde où l'Argent-Roi dicte sa loi, souvent inique.

Les chiffres colossaux atteints par nombre de résultats de ventes durant ces dix dernières années, doivent donner le vertige à une multitude d'artistes plasticiens contemporains dont le talent de créateur peine à se vendre à « des prix socialement corrects », pour ne pas dire à des prix de vente « qui peuvent simplement subvenir au gîte et au couvert de l'artiste ».

Prenons un premier exemple concernant Picasso (1881-1973). Cet artiste que beaucoup reconnaissent comme le plus grand artiste du 20ème siècle, représente une signature incontournable dans le grand microcosme mondial de l'Art - Business. Son tableau, « Femme couchée.... » de 1932, réalisé en une journée de travail artistique, a été adjugé pour la modique somme de 107 millions de dollars, frais inclus.

picasso record.jpg


En 2006, le « Garçon à la pipe » du même Picasso avait été adjugé 104 millions de dollars.

 

garcon-a-la-pipe.jpg


Entre ces deux dates, le « Portrait d'Adèle.... » de Gustav Klimt (1862-1918) a été adjugé 135 millions de dollars, alors qu'un tableau de Jackson Pollock (1912-1956), peinture d'émail/toile brute  a été vendu, de gré à gré, avec l'intervention personnelle de Sotheby's, pour 140 millions de dollars (environ 102 millions d'euros).

Sans vouloir faire un mauvais calcul - jeu de mots, je dirai que le prix au cm2 de cette peinture de Pollock (244 x 122 cm) est de l'ordre de 4 703 $ / cm2, soit 3 433 € au cm2 ! Ce qui transposé dans la surface d'un appartement de 100 m2, quand bien même celui-ci serait situé dans le centre de l'une des plus belles métropoles du monde,  représenterait un prix de vente 3 433 000 000 d'euros !!!

 

klimt.jpg

 

Pollock.jpg

Début novembre, la « Belle Romaine » d'Amédéo Modigliani (1884-1920) a été adjugée 70 millions de dollars. De ses terres lointaines, que doit penser cet artiste mort à 36 ans dans la misère la plus sordide ?

De même, que doit penser Vincent Van Gogh (1853-1890) des 82 millions de dollars payés pour son « Portrait du Docteur Gachet » lors de sa vente en 1990, lui qui connut également la misère morale et financière que l'on sait. Nombre d'exemples de ce type pourraient être cités ici.

 

Modigliani-la belle romaine-nu-assis-sur-un-divan-1917.jpg
 
 
_Dr._Gachet.jpg

Une plus value étonnante, réalisée dans un très court « laps de temps d'investissement art » de ces dernières années s'applique à un tableau de Kees Van Dongen (1877-1968), « Jeune Arabe » vendu il y a un an 14 millions de dollars alors qu'il avait été acheté 3 millions d'euros en 2002, à la Biennale des Antiquaires. Soit plus de 7 millions d'euros de plus value réalisée en 7 ans ! Selon certaines sources bien informées cette opération aurait profité à l'homme d'affaires néerlandais, Louis Reijtenbagh, apparemment alors en grandes difficultés financières.

 

van dongen.jpg


Les œuvres en bronze de l'artiste Alberto Giacometti (1901-1966) ne sont pas en reste dans ces « explosions artistiques », à constater le montant de 104 millions de dollars payé en février dernier pour sa sculpture " L'Homme qui marche-I".

 

giacometti.jpg


Comme ne sont pas en reste les œuvres du « King of Pop Art New Yorkais », Andy Warhol (1928-1987), dont l'œuvre « Eight Elvises » qui représente  des sérigraphies de 8 portraits d'Elvis  aurait été vendue, en 2009, de gré à gré, selon The Economist, pour plus de 100 millions de dollars. D'après l'enquête menée par Sarah Thomton pour son  journal The Economist, Philippe Ségualot, l'un des plus proches conseillers de François Pinault, le magnat français possédant PPR, aurait été à l'origine de cette transaction.

Encore plus près de nous, et plus « détonnant » dans ce « Market of Art », puisqu'il n'a que 44 ans, Damien Hirst et ses œuvres ont pulvérisé tous les records ces deux dernières années. Son « Veau d'Or » s'est vendu 20 millions de dollars, alors que dans le même temps, le total cumulé des 223 œuvres réalisées en 2008, et mises en vente à Londres l'an dernier, a représenté un chiffre de ventes de 140 millions d'euros, chiffre qui a ironiquement ignoré la crise mondiale, et tous ses laissés pour compte. Qu'en penser ? Du jamais vu chez Sotheby's en 264 années d'existence. Hirst a justifié sa démarche de ventes volontaires aux enchères de ses œuvres en « regettant » les 40 à 50% retenus par ses galeristes précédents lors de ventes de ses œuvres, alors que Sotheby's ne lui  « retient » sur les ventes que 25 % !

Il est de notoriété que lors de cette vente à Londres, les grands marchands new yorkais tel Larry Gagosian étaient présents pour faire « monter les enchères »  d'une manière peu orthodoxe, dans le seul but de maintenir le haut niveau de la bulle spéculative qui « emprisonne » les créations de Hirst, étant donné que ces mêmes marchands détiennent un stock important d'œuvres de l'artiste.

Hirst demeure certainement le meilleur exemple de ces réalités déconcertantes qui « démultiplient ou tentent de démultiplier » aujourd'hui les chiffres du Marché de l'Art.

Pour l'exemple, sa création « For the Love of God », représentant une réplique en platine d'un crâne d'homme du 18ème siècle, incrustée de 8601 diamants pesant 1 106 carats, financée en intégralité par Hirst, 20 millions de dollars dit-il, et mise en vente pour la somme de 100 millions de dollars, n'a pas trouvé preneur. Les « cupido-sots intervenants du Marché de l'art » deviendraient-ils plus respectueux du vrai talent ? Pas sûr.

 

Hirst.jpg


Ne pouvant vendre sa « tête », et en fin stratège de la guerre commerciale qui régit le marketing artistique aujourd'hui, Hirst  aurait vendu sa « tête » à un groupe d'investisseurs dont il fait partie, pour mieux maintenir sa cote internationale. On n'est jamais si bien servi que par soi-même !!

A vrai dire, que dire de tous ces records, et pour aller encore plus loin dans l'analyse de ces transactions hors normes, peut-on accorder toute la crédibilité que l'on est en droit d'attendre, à certains de ces résultats de vente réalisés en priorité par les grandes Maisons de Ventes aux Enchères ?

Rappelons nous les condamnations en 2000 de Sotheby's et Christie's, par la Cour Suprême de New York, pour un montant de 512 millions de dollars, ainsi que par la Cour Européenne en 2002, pour un montant de 25 millions d'euros, qui ont donné suite à des mesures de « clémence » puisque ces deux grandes maisons « avaient bien coopéré avec la justice», en reconnaissant tous les faits reprochés.

Parlons des faits dans leurs grandes lignes : De 1993 à 2000, les deux géants des ventes aux enchères ont entretenu une collusion qui consistait, entre autre, à une entente anticoncurrentielle qui avait pour but une augmentation bi-latérale des frais de commissions payés par les vendeurs d'œuvres, les avances consenties aux vendeurs d'œuvres, toutes leurs « particulières » garanties accordées aux vendeurs, concernant les résultats à obtenir impérativement dans les enchères, selon leurs « estimations professionnelles », les conditions de paiement ( leurs délais de paiement aux vendeurs pouvaient être, pour le moins, de 3 à 12 mois), etc............................

 

Quand on se penche sur cet obscur Monde des Ventes aux Enchères, et que l'on étudie de près ces astronomiques chiffres affichés, on ne peut que constater un mode de fonctionnement particulier, et poser nombre de questions.

Je ne citerai que trois exemples qui m'ont interpellé dernièrement, concernant un même artiste, durant la même vente à New York. Mais je pourrais fournir nombre d'exemples du même type, pour d'autres signatures, et ce, durant les dernières années.

En effet, le 10 novembre dernier, plusieurs œuvres d'Andy Warhol ont été vendues dans la même vente aux enchères, dont les trois qui suivent :

1-Self portrait (102 x 102 cm)

2-Guns (142 x 203 cm)

3- Marilyn (35 x 27 cm)

Ces trois oeuvres de Warhol, de formats et sujets fort différents, ont été vendues pour le même montant, au centime près, à savoir 2 809 170 Euros chacune.

Les habitués des Ventes aux Enchères savent que tous les Commissaires-Priseurs font monter parfois des enchères fictives, pour maintenir une cote par exemple, aux yeux du grand public, ou pour entretenir dans la salle une « ambiance d'achat » (La surchauffe), de manière à appâter un peu plus certains acheteurs potentiels.

De là à douter d'un certain nombre de résultats affichés à grand renfort de tambours et trompettes médiatiques, il n'y a qu'un pas.

Malheureusement, force est de constater combien l'Argent-Roi a désacralisé l'Art, pour imposer son diktat purement spéculatif, repoussant aux Calendes Grecques l'avènement d'un nouveau respect du talent de tous ces vrais créateurs qui font montre de sincérité dans leur démarche artistique.

Alain VERMONT

 

A suivre en alternance :

1-Techniques Peintures à l'Huile : les Siccatifs, les Essences, les Gommes et Résines, les Vernis et Nettoyants (Catégorie 5).

2-Picasso et Le Cubisme Analytique (Catégorie 4).

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Alain VERMONT

19:31 Écrit par L'Art Pluriel dans 2 -- COTATIONS Marché de l'ART | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : ventes aux enchères art |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

02/10/2008

Marché de l'Art - COTATIONS Vérités

 

La Cote d’un artiste professionnel, ou semi professionnel s’établit en fonction de deux critères très différents, et parfois complémentaires, à savoir :

La fréquence de ses expositions publiques "réussies", révèlant le résultat des ventes réalisées auprès du public, c’est la Cote Galeries.

Les résultats obtenus dans les Ventes aux Enchères Publiques, c’est la Cote Enchères, celle qui reste pour beaucoup la plus parlante, car tous les résultats obtenus sont archivés depuis plus d’un siècle, et l’authenticité des adjudications réelles annoncées, hormis un petit nombre de « rachats » pour faire « monter une cote », identifiables pour un professionnel, donne la « température » du marché des signatures reconnues.

A l’échelle internationale, il n’existe réellement que ces deux Cotes.

La Cote des Ventes aux Enchères Publiques est dictée par l’activité des Hôtels des Ventes aux Enchères Publiques qui sont présents dans chaque pays, comme l’Hôtel Drouot à Paris, et par l’activité des Maisons de Ventes aux Enchères comme Sotheby’s, Christie’s, ou d' autres.

La Cote des Ventes Galeries est établie par les Galeries d’art, et par extension, par les Artistes auprès de leurs collectionneurs, ce sont les Ventes de Gré à Gré.

Les ventes de Gré à Gré représentent environ 50 % du marché de l’art mondial. Cette cote des ventes de gré à gré (particuliers entre particuliers, galeries et particuliers, artistes et particuliers), étant souvent le fait de collectionneurs avertis et autres amateurs d’art qui s’appliquent à acquérir des œuvres issues des ateliers d’artistes, ou issues de collections qui se revendent au gré des héritages, des successions, etc…

Les œuvres vendues de Gré à Gré sont souvent des œuvres de qualité, que le grand public n’a jamais vues, ou très rarement, et qui n’ont pas subi un « tournus » parfois dévalorisant, d’une Vente aux Enchères à l’autre, faute d’enchère.

Certaines signatures empruntent un jour le canal des Ventes aux Enchères à la suite de la revente d’une œuvre par son propriétaire, par envie de changement, ou par nécessité financière, alors que d’autres signatures évoluent toute leur existence sans jamais connaître le circuit des Ventes aux Enchères Publiques, tout en parvenant à vivre très bien de leur talent.

Il y a, le plus souvent, « un différentiel important » entre la Cote des Ventes aux Enchères, et la Cote des Ventes de Gré à Gré. Et le paradoxe existant n’est pas moindre. En effet, nombre de signatures se négocient à des prix élevés en Galeries, alors que ces mêmes signatures (surtout dans l’Art Contemporain), proposées en Ventes aux Enchères Publiques, n’atteindraient jamais le même montant. Le rapport peut être de 2 à 10, parfois plus.

C’est l’exemple même d’un artiste contemporain qui expose régulièrement en Galeries, sans être Coté aux Enchères, et qui trouve acquéreur auprès de Collectionneurs qui apprécient son art, et déboursent parfois une somme importante concernant l’acquisition d’une ou plusieurs de ses œuvres, en faisant fi de l’inexistence de sa Cote Enchères. C’est le marché de l’offre et de la demande. L’acheteur est prêt à payer le prix affiché, sans autres considérations.

Dans les Ventes aux Enchères Publiques, comme leur nom l’indique, une œuvre proposée au grand public subit les particularités des Enchères, et de l’historique archivée concernant la signature. Ce qui implique que l’évaluation d’une œuvre d’un Artiste non répertorié, et qui passe pour la première fois aux Enchères (l’Encan), mais qui cependant est vendu en Galeries à des prix déjà élevés, depuis parfois très longtemps d’ailleurs, reste souvent sujette à caution.

L’estimation qui est faite ne prend en compte que l’existence, ou non, de la signature dans les archives, et donc des résultats d’adjudication obtenus dans le passé, ou inexistants. C’est pourquoi le rapport des prix Enchères/Galeries peut décevoir beaucoup. En effet, une œuvre, sauf exceptions rarissimes (le pléonasme s’impose), qui se négocie en Galeries à des montants de 5 ou 6 zéros, voir beaucoup plus, et qui passerait pour la première fois aux Enchères, aurait une estimation très inférieure.

 

La base en vigueur d’estimation de ces signatures non répertoriées Enchères se situe en général dans une fourchette de quelques centaines d’euros à quelques milliers d’euros au maximum. Il faut « lancer » la signature dans ce circuit très particulier.

L’estimation « basse » qui est faite prend en compte des critères purement commerciaux. Il faut imposer cette nouvelle signature, et pour ce faire, la proposer à un prix vendeur, donc attractif, sans tenir compte de son parcours Galeries déjà existant.

Cette estimation « basse », purement subjective, peut alors être réalisée sur la base d’éléments commerciaux quantitatifs, pour déterminer le coût total de « fabrication » de l’œuvre, à savoir, le prix du support (toile, bois, papier, etc), le prix des couleurs utilisées, le prix des produits annexes (pinceaux, solvants, etc), le temps passé par l’artiste pour réaliser l’œuvre, tout cela se cumule pour parvenir à un montant très facile à définir. Voilà pourquoi ces estimations expriment un « prix minimaliste » de mise en vente. En règle générale, aucune valeur ajoutée n’est prise en considération.

Lorsqu’une œuvre d’art est vendue aux enchères, le Commissaire Priseur qui officie en qualité d’intermédiaire de la transaction, prélève une commission d’environ 10 à 20 %, voir plus pour certains Auctioneers étrangers, sur le prix atteint, ainsi qu’une commission d’environ 10%, payée par l’acheteur, et qui vient se greffer sur le montant adjugé au marteau .

Ce même Commissaire Priseur n’est donc rétribué que sur les commissions de ses ventes. Il a intérêt à réaliser le meilleur pourcentage de résultats de ventes sur les lots proposés lors de sa vacation. On sait par expérience que la moyenne des résultats de vente des lots présentés s’établit entre 70 et 80 %.

C’est pourquoi on constate souvent que les estimations faites en vue de Ventes aux Enchères sont des estimations basses. Chaque vente doit être une réussite car il y va de la survie financière de l’étude qui réalise la vacation, et de sa crédibilité à l’égard des vendeurs. Dès lors, beaucoup regrettent de voir déprécier parfois la valeur de certaines œuvres lorsque la conjoncture économique raréfie les acheteurs dans les salles de Ventes aux Enchères.

Gedda Du Ventre de l'océan.jpg
 
Du Ventre de l'Océan, 2008.
Par Sylvie Gedda née en 1955.
Huile/toile, 80 x 80 cm.

Le Marché de l’Art a toujours été un marché cyclique, qui subit de temps à autre les avatars du Monde de la Bourse, pour s’infléchir, avant de reprendre une courbe ascendante.

 

Depuis quelques années, en ce qui concerne certaines signatures, Outre-Atlantique le plus souvent, durant les Grandes Ventes très médiatisées qui ont lieu à New York, ou à Londres, des chiffres d’adjudication hallucinants ont été réalisés, pour dépasser les sommets atteints dans les années 1989-1991.

Pour citer quelques exemples concrets de ces cinq dernières années, voici un certain nombre de signatures, d’altitude financière déjà très élevée auparavant, et qui ont explosé, pour atteindre des sommets jamais vus auparavant :

- Gustave KLIMT (1862-1918) « Portrait d’Odile Bloch-Bauer II », de 1912, adjugé 61 500 000 euros.

- Pablo PICASSO (1881-1973) « Garçon à la pipe », de 1905, adjugé 86 751 000 euros.

- Mark ROTKO (1903-1970), « White Center », de 1950, adjugé 73 000 000 d’euros.

- Lucian FREUD, né en 1922, « Benefit supervisor sleeping », de 1955, adjugé 22 000 000 d’euros.

- Jeff KOONS, né en 1955, “Hanging Heart”, de 1994/2006 adjugé 16 000 000 d’euros.

- Claude Monet, (1840-1926), “Le Pont du Chemin de fer à Argenteuil”, de 1873, adjugé 27 000 000 d’euros.

- Claude Monet, (1840-1926), « Le Bassin aux Nymphéas », de 1919, adjugé 51 800 000 euros.

- Edouard MUNCH (1863-1944), « Girls on the bridge », de 1902, adjugé 20 000 000 d’euros.

- Paul GAUGUIN (1848-1903), “L’Homme à la hache”, de 1891, adjugé 31 500 000 euros.

- Francisco de GOYA (1746-1828), « Le Taureau Papillon », 1825, dessin au crayon noir, 19 x 15 cm, adjugé 2 000 000 d’euros.

Etc, etc...

Les grands collectionneurs richissimes, et planétaires, sont de retour, et les prix flambent dans les Ventes aux Enchères.

Il suffit que deux ou trois acheteurs focalisent toute leur attention sur une œuvre, pour que cette dernière soit l’objet d’une « bataille d’enchères », que ce soit sur une signature de Grand Maître, ou Petit Maître, ou Artiste en devenir.

En parallèle, certaines ventes de gré à gré, peuvent elles aussi atteindre des sommets. Il est plus difficile de citer beaucoup de chiffres, car ce marché entre particuliers reste très discret, ne souffrant d’aucune médiatisation. Le dernier exemple concerne un tableau du peintre américain Jackson POLLOCK (1912-1956), au destin final tragique, et dont un tableau, aurait été revendu par le producteur américain de cinéma, David Greffen, à un particulier, pour la somme de 140 000 000 de dollars, il y a deux ans.

Tout cela prouve que rien n’est vraiment défini par avance dans ce milieu de l’art si particulier !

Beaucoup s’étonnent de voir un tableau se vendre plusieurs dizaines de millions d’euros, alors que pour le même montant, il serait possible d’acheter l’entier d’un immeuble dans les beaux quartiers de Londres, Genève, Paris ou New York !

L’Art est un « produit » irrationnel, qui ne peut être comparé à aucun autre, et qui parfois subit les "délires" de certains acheteurs. La valeur commerciale d’un tableau qui bénéficie de la Cote Enchères, quelle que soit sa signature, s’établit en fonction de plusieurs critères précis, à savoir :

- La période de création de l’œuvre, chez la plupart des artistes, certaines périodes sont beaucoup plus recherchées que d’autres, en fonction des thèmes et des techniques, ou en fonction de la naissance d’un nouveau Mouvement de peinture par exemple.

- La Facture de l’œuvre, c’est-à-dire ses qualités intrinsèques de composition et de réalisation, le résultat visuel et technique.

- Le format de l’œuvre, car plus un tableau est grand, et plus il représente une valeur importante. Un petit format de Picasso par exemple peut se négocier à 1 000 000 d’euros, alors qu’un grand format du même Picasso, et dans la même technique (huile, aquarelle, etc…) peut valoir plusieurs dizaines de millions d’euros. Donc, achetez toujours des tableaux de grands formats, (pensez à la revente éventuelle).

Même s’il est vrai, à l’opposé, qu’un grand format « raté », toujours dans la même technique, peut valoir beaucoup moins cher sur le marché, qu’un petit format « réussi, et abouti pleinement ».

Les Artistes sont des êtres humains à part entière, et qui subissent, comme tout un chacun, les vicissitudes de l’existence, problèmes personnels, maladie, ou autres, et leurs créations s’en ressentent parfois car elles dénotent toujours leurs états d’âme.

Pour être honnête, on peut considérer que la production d’un Artiste, dans la grande majorité des cas, se divise en trois tiers, à savoir :

Un tiers d’œuvres de grande qualité.

Un tiers d’œuvres de qualité moyenne.

Un tiers d’œuvres de qualité médiocre.

- L’historique du parcours de l’œuvre depuis sa création, c’est-à-dire les grandes collections dans lesquelles l’œuvre a pu figurer.

- Le fait enfin, que l’œuvre n’ait pas souffert d’un « tournus dévalorisant » dans les Ventes aux Enchères Publiques. Plus un tableau sera resté longtemps « au repos » dans la même collection, à l’abri des regards, et plus sa valeur commerciale sera "démultipliée".

 

Investissement Art :

En regard des bouleversements économiques, et géo-politiques qui vont sans doute perturber la planète, dans ses valeurs de croissance les plus traditionnelles, et pour une durée indéterminée, les exemples ne manquent pas ces dernières années, Faillites d’importantes Banques Américaines, Européennes, Perte de Valeur de 40% de la Bourse de Wall Street en un An, Alitalia, Swissair, Enron, la faillite Argentine, etc, l’époque actuelle peut se prêter à la réalisation d’excellentes affaires en matière d’investissements d’art. Quels que soient les moyens dont on dispose.

Car il n’est pas obligatoire d’ « être riche » pour se créer un patrimoine culturel. En effet, il existe nombre de signatures contemporaines, accessibles financièrement, et de qualité, comme il existe nombre de signatures plus anciennes, 18ème, 19ème et 20ème siècles, également accessibles financièrement pour le public le plus large, et qui sont à même de satisfaire toutes vos envies.

Il n’est nul besoin d’investir une fortune pour créer « sa collection ». Des œuvres originales d’Artistes très divers, Anciens, Modernes, Contemporains, restent accessibles financièrement dans une fourchette de prix s’étendant de 1 000 à 5/10 000 Euros.

Car même dans la Peinture Ancienne, on trouve aisément des signatures de qualité dont la valeur d’Achat n’excède pas 2 à 3 000 Euros.

Créer un patrimoine d’œuvres d’Art, que l’on peut léguer plus tard à sa descendance, c’est d’abord « se faire plaisir », et ensuite constater l’évolution de la valeur marchande de sa collection.

Il existe nombre  d’Artistes, Contemporains par exemple, non cotés pendant une certaine période, et qui ont vu un jour l’envol de leur valeur marchande.

 

Deux règles s’imposent pour créer une collection, quant on dispose de « moyens financiers limités » :

1 -Acheter dans le temps un nombre d’œuvres le plus large possible, car, plus vous possèderez d’œuvres, plus vous aurez de chances de constater que certaines oeuvres s'élèvent en cotation.

2 -Acheter des œuvres de qualité, quel que soit leur style, Figuratif, Abstrait, etc, en vous appuyant d’abord sur votre envie, et sur votre analyse (même si vous êtes un profane), sur votre flair éventuel, et sur les conseils, si cela est nécessaire, d’une personne compétente en la matière.

Quand on peut réunir deux critères, à savoir, se faire plaisir en constituant une collection, plus ou mois importante, et constater que certaines œuvres « dorment » chez soi, tout en étant exposées aux regards, et en prenant une certaine plus value, on ne peut qu’être satisfait d’avoir effectué la bonne démarche.

 

Je citerai un seul exemple, parmi une multitude, pour étayer mon discours, car même si cet exemple n’est pas l’exemple s’appliquant à nous tous, il n’en reste pas moins parlant.

Le résultat de la vente de la collection Ganz, marchand de bijoux fantaisie aux USA, (Christie’s New York) en novembre 1997, et dont certaines œuvres étaient signées Picasso, a atteint un produit de vente de plus de 206 millions de dollars. Cette collection réalisée entre 1942 et 1990, et composée de 58 lots, avait coûté à l’achat 2,5 millions de dollars. Le tableau vedette de la vente, Le Rêve, de Picasso et de 1932, avait été acheté 7 000 dollars en 1942, pour être revendu 48 millions de dollars en 1997.

 

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Alain VERMONT

 


20:12 Écrit par L'Art Pluriel dans 2 -- COTATIONS Marché de l'ART | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |