21/04/2012

KHALDI, un Surréaliste Contemporain

Messaoud Khaldi, rarissime artiste peintre surréaliste dans ce millénaire hyperréaliste.

Au début du 20ème siècle, les Surréalistes se distinguèrent de leurs prédécesseurs, par la confiance qu’ils accordaient aux rêves, à l’hallucination, ainsi qu’aux faits du hasard, en s’appuyant surtout sur les théories de l’inconscient élaborées par Freud. Avant eux, les Dadaïstes tentèrent de représenter les formes et les rythmes du subconscient, pour parvenir à la destruction de la croyance aux formes du monde des choses de la représentation rationnelle, qui avait cours jusque-là.

Le rêve et l’imaginaire, qui sont des sources mystérieuses autant qu’inépuisables, devinrent l’objet de la peinture surréaliste qui exprima aussi bien le sordide, que l’insolite ou le cocasse, aux côtés d’une symbolique sexuelle parfois violente ou étrange.

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Roberto MATTA - Les désastres du Mysticisme

Les objets subirent des métamorphoses qui les transformèrent en corps animés, et inversement. Les fantasmes des artistes surréalistes voyagèrent dans des paysages lunaires, ou dans des étendues vides et minérales. Ainsi naquirent de nouveaux effets picturaux qui suscitèrent des associations d’idées parfois étranges chez le spectateur curieux.

Dans son langage plastique, et à l'instar du grand Tanguy, Khaldi fouille toutes les résonnances du psychisme sur le physique.

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Océane 130 x 195 cm

Les réalisations picturales de cet artiste hors normes, notamment dans sa technique exceptionnelle mariant des aplats et de nombreux glacis successifs qui, cependant, impriment un relief extraordinaire à ses œuvres, expriment un monde de silence paradoxalement très bruyant dans ses hymnes à la beauté de la Vie.

Comme l'a dit jadis André Breton au sujet des œuvres de Tanguy, la peinture de Khaldi représente elle aussi « des Expéditions au Long Cours ».

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Cocoon 162 x 130 cm

Les compositions de Khaldi peuvent apparaître comme des assemblages polymorphes pour un œil profane, mais il n'en n'est rien, car chaque tableau est empli des significations précises que l'artiste souhaite transmettre à l'observateur attentif.

L'onirisme de Khaldi imprime à ses œuvres le transport de ses pensées les plus éthérées, à l'image du tableau «  Osmose », réalisé en diptyque.

 

Dans cette composition de grand format, comme le sont d'ailleurs le plus souvent ses tableaux réalisés à l'huile sur toile de lin, le geste de Khaldi a transformé l'irréel psychique en réel physique.

En effet, dans la partie supérieure gauche de l'oeuvre, un entonnoir figure la porte donnant accès à d'autres galaxies que la nôtre, porte qui demeure la seule entrée de ces mondes lointains séparés du nôtre par la muraille infranchissable qui s'évade vers la droite du tableau, dans un cheminement irrégulier, source d'incertitudes de cet au-delà que nul ne maîtrise.

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Osmose  130 x 162 cm

Sous-jacente à cet entonnoir, une Main Divine pointe son index sur l'Astre Soleil dont la chaleur garance s'échappe sur la droite, dans un ruisseau de vie, pour rejoindre le second tableau du diptyque, et alimenter de ses ardeurs vivifiantes le Grand Livre de l'Existence dont les pages ouvertes symbolisent Les Ecrits du Monde, à même d'enseigner aux humains que nous sommes la rémanence de la Divination Absolue.

Ce livre ouvert de la vie s'avance pour nous dans l'espace-temps, sous la protection du Toit du Monde dont l'antenne qui perfore sa calotte, tente d'établir un dialogue avec les autres galaxies.

Dans l'unité de l'horizon cyan qui anime la surface centrale inférieure des deux tableaux, d'autres pages de la vie, en suspension céleste, attendent d'être décryptées, alors que des êtres informes vagabondent, parés de leurs atours immaculés, à la recherche de la Source Originelle de la Vie.

Osmose demeure une œuvre surréaliste parlante, car elle explique au commun des mortels combien l'immanence peut prendre forme de réalité.

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ALAIN VERMONT

12/04/2012

MATISSE, un Maître peu commun

 

Henri MATISSE naquit au Cateau-Cambrésis, dans le Nord de la France, le 31 décembre 1869. Après ses études secondaires, il devint clerc dans une étude d’avoué à St Quentin, alors qu’il suivait des cours de droit en occupant ses loisirs par la peinture, pour composer en 1890 sa « Nature morte aux livres ». Il s’installa ensuite à Paris pour achever ses études de droit, et s’inscrire en 1893 à l’Ecole des Beaux-Arts, où il fréquenta l’Atelier de BOUGUEREAU, avant de poursuivre son apprentissage de la peinture dans l’atelier de Gustave MOREAU où travaillaient déjà MARQUET, ROUAULT, CAMOIN et MANGUIN. Sous la direction du Maître, il dessina beaucoup d’après nature, et se rendit souvent au Louvre pour exécuter des copies de POUSSIN, CHARDIN et Philippe de CHAMPAIGNE qui l’influencèrent considérablement.

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Luxe, calme et volupté

En 1896, la sagesse de ses premières œuvres lui permit d’exposer onze tableaux au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts, et d’être reçu comme sociétaire de cette respectable assemblée, avant qu’un de ses tableaux ne fût acheté par la sévère Commission d’Etat. Il ne s’émut pas de la belle carrière de peintre officiel qui se présentait à lui, et poursuivit son travail, en découvrant l’Art Musulman et les estampes japonaises, pour rester frappé par la puissance expressive de leurs arabesques.

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Odalisque, harmonie en rouge

Il séjourna alors en Bretagne pour mieux appréhender ensuite la transcription luministe des Impressionnistes. En 1898, il découvrit la Corse et la Côte d’Azur, pour se convaincre un peu plus de l’intérêt de la peinture aux accords colorés intenses. Après son retour à Paris, il fréquenta plusieurs académies dans lesquelles il rencontra DERAIN et Jean PUY. Aux côtés de MARQUET, et pour nourrir sa femme et ses trois enfants, il exécuta les nombreuses guirlandes de stuc qui encadraient les fresques du Palais des Beaux-Arts de l’Exposition Universelle de 1900.

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Nature Morte en bleu

Sa peinture était encore réalisée selon les préceptes du Néo-Impressionnisme, bien que l’influence de CEZANNE se fît déjà sentir pour l’engager à maintenir les contours, et marquer les formes d’une manière simplifiée, tout en conservant des couleurs lumineuses.

En 1904, il composa à Collioure des paysages traités par l’arabesque enserrant des aplats de couleurs pures, et qu’il exposa au Salon d’Automne de 1905 durant lequel naquit le nom des Fauves dans la bouche de Louis Vauxcelles.

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Le Bonheur de vivre

A partir de 1905, Matisse, imité par son ami DERAIN, produisit les premiers tableaux véritablement Fauves, mais à l’inverse de ses amis, n’attribua pas de fonction dynamique à la couleur ou à la forme. Il tendait à une expression dans laquelle couleurs, formes, corps, espaces et proportions exprimaient les idées du peintre assemblées en une composition décorative  « Sans objectivité inquiétante ».

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La Croyante nue

En 1908, ayant déjà dépassé le Fauvisme originel, et sous l’influence manifeste de CEZANNE, il s’approcha de la tendance cubiste et fonda un premier atelier dans le Couvent des Oiseaux, rue de Sèvres, aux côtés de FRIESZ, pour recevoir des adeptes venus du monde entier. La même année, il transporta son atelier public dans le Couvent du Sacré-Cœur qui venait d’être rendu à une utilisation laïque.

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Intérieur et phonographe

Par son école, MATISSE exerça une grande influence sur la peinture, et sur la peinture allemande en particulier. Les sujets traités représentaient des fleurs, des femmes, des meubles et d’autres éléments décoratifs. La peinture de MATISSE ne connut rien de gratuit. Elle se concentra sur ce que le peintre voulait exprimer par la couleur et la forme, sans jamais tomber dans le maniérisme.

 

En 1912, il visita le Maroc, et à son retour en France, commença une longue évolution dans sa peinture, en se fixant à Nice où il avait décidé de résider, pour poursuivre son œuvre dans le développement logique de ses intuitions d’origine. Il produisit en parallèle à sa peinture ses premières sculptures sérieuses comme « Les têtes de Jeannette ». Son succès entraîna sa peinture à New York en 1915, à Paris en 1919, à Pittsburgh en 1927, et à Berlin en 1930.

 

Ce génie de l’art se transporta beaucoup en Europe, et en Polynésie où il résida durant trois mois à Tahiti, dans le souvenir de GAUGUIN. Dans son voyage de retour, il s’arrêta aux Etats-Unis pour décorer la plus grande salle du Musée de la Fondation du Docteur Barnes. Il devint alors l’un des sculpteurs les plus importants, et ses découpages au ciseau dans lesquels la couleur et l’arabesque atteignaient leur plus haute expression, formèrent dans le volume « Jazz », comme un aboutissement symbolique pour ce théoricien remarquable, mais malade.

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Le Jardin du Luxembourg

En effet, en 1943, après une grave opération, il devint impotent au point de ne plus pouvoir quitter la chambre qui était la sienne dans l’ancien Hôtel Regina de Nice, sur la commune de Cimiez. Incapable de se mouvoir avec facilité, il fit articuler son lit, et dessina sur des tables mobiles qui l’entouraient.

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Entrée d'une villa

Et comme son ami RENOIR l’avait fait quelques années auparavant, MATISSE utilisa un subterfuge pour tromper la maladie, en fixant ses crayons à dessin au bout de cannes à pêche. Il parvint à créer ainsi les décorations de la Chapelle de Vence, sans quitter son lit dans lequel il découpa aussi les papiers de couleur qui furent ensuite assemblés selon ses indications.

Laissant alors derrière lui une œuvre gigantesque de par sa qualité et son originalité, il mourut au soir du 3 novembre 1954, à Nice, à l’âge de quatre vingt cinq ans, deux mois après la disparition de son ami DERAIN.

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ALAIN VERMONT


 

02/04/2012

Maurice DENIS le NABI

 

Maurice DENIS naquit à Granville, dans la Manche, le 25 novembre 1870. Aux côtés de SERUSIER, il figure comme le plus important théoricien du Mouvement des Nabis. Avant de rencontrer la doctrine de GAUGUIN que lui enseigna SERUSIER à l’Académie Julian, DENIS avait déjà mis en pratique la théorie des Impressionnistes, pour s’orienter ensuite vers celle des Néo-Impressionnistes. En effet, il restait fasciné par la division des couleurs telle que l’avait imaginée SEURAT.

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Mais son esprit déjà inventif ne put se contenter de fixer sur la toile les formes extérieures d’un paysage recevant le jeu de la lumière. Il désirait exprimer quelque chose sur ses tableaux, en donnant forme à une idée pour aboutir à une synthèse. En 1888, il entra à l’Académie Julian où il rencontra les futurs Nabis. Deux ans plus tard il devint élève de l’Ecole Nationale des Beaux-Arts, et réussit à exposer un pastel au Salon, « L’enfant de chœur », alors qu’il n’avait que vingt ans. Cette composition révéla déjà son intention spirituelle, et son envie de rénover l’art catholique.

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En Italie, il étudia les Primitifs avec SERUSIER, puis de retour en France, se passionna pour la peinture d’INGRES, et pour celle de POUSSIN. Mais l’esthétique de GAUGUIN devint pour lui une révélation, et il prit dès lors une participation importante dans la tendance symboliste en vogue, en créant des personnages aux singulières tonalités, comme dans le tableau « Composition pour les Fioretti ».

Déjà jeune, cet artiste exprimait un talent lucide et une intelligence précoce que l’on constata dans sa définition forgée à l’âge de vingt ans, et dont l’histoire de l’art s’est souvent souvenue : « se rappeler qu’un tableau avant d’être un cheval de bataille… ».

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DENIS s’appliqua à réaliser une peinture dans laquelle le motif devenait un symbole, et dans laquelle figurait, au-dessus du sujet matériel qui n’était qu’un prétexte, un monde spirituel et intellectuel qui révélait sa synthèse personnelle de l’art. Et dès sa première participation au Salon, son style se fit remarquer par son choix de thèmes religieux, ou par sa manière d’interpréter les poèmes de Verlaine.

Il effectua encore plusieurs voyages en Italie, et commença avec le début du siècle une période de grande production. Il réalisa alors un « Hommage à CEZANNE », et illustra le « Voyage d’Urien » d’André Gide. Il rédigea des carnets de voyages en Italie, en les décorant de son art très personnel. Il devint l’un des fondateurs du Salon d’Automne où il fit ouvrir une section d’Art Religieux.

Grand décorateur, il peignit le plafond du Théâtre des Champ Elysées, et poursuivit son amour de l’écriture en publiant « Les Elèves d’INGRES » ou « Histoire de l’art religieux ». En 1906, en créant son tableau « La famille de l’artiste », il rendit hommage au Divisionnisme, et amorça alors une évolution vers une peinture qui allait devenir sienne, pour manifester de limpides harmonies nacrées. Pendant l’occupation, un soir de 1943, DENIS, qui marchait dans les rues de Paris sous la pluie, se fit renverser par un camion allemand qui n’avait pas vu le vieil homme.

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Il mourut le 13 novembre de la même année, à St Germain en Laye, à l’âge de soixante treize ans, pour se faire inhumer selon son vœu, dans sa blanche robe de tertiaire de l’Ordre de Saint Dominique.

 

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Alain VERMONT

 

 

14:50 Écrit par L'Art Pluriel dans 4 -- PEINTURE : EVOLUTION DES ARTISTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : denis, maurice denis, nabis, peintres nabis, bonnard, vuillard |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |