28/07/2011

CHAISSAC : Un artiste hors normes

 

Gaston CHAISSAC (1910-1964) : L’ artiste-peintre rustique moderne

Inclassable pour certains, naïf pour d’autres, ou encore co-fondateur de l’Art Brut aux côtés de Dubuffet, Chaissac peut fasciner ou excéder, selon les dispositions du moment de l’œil qui regarde, découvre, ou ausculte cette peinture hors normes.

Incomparable expérimentateur, ce créateur marginal et surprenant qui avouait avoir subi les influences d’Herbin, de Dubuffet et de Picasso, ne peut laisser indifférent aujourd’hui. Pour banale qu’elle ait été dans son mode de vie, sa courte existence n’en demeura pas moins une interminable et abondante recherche sur l’ identité même de sa propre force créatrice.

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A contempler l’œuvre parfois vacillante ou énigmatique de celui qui fut longtemps le spécialiste des petits boulots sans lendemain, d’aucuns se demanderont à quelle source ce créateur insolite puisait son inspiration.

A la source de la vie, de sa vie, tout simplement. D’une enfance miséreuse rappelant certains romans de Zola, Chaissac hérita d’une santé précaire ainsi que d’une tuberculose engendrant une perpétuelle quête de sécurité pouvant lui offrir l’indépendance que sa soif de créer réclamait. Ce « besogneux » des techniques les plus diverses puisa dans son quotidien prolétaire toute sa délirante inspiration pour utiliser, et surtout réutiliser des objets et autres détritus ménagers qui devinrent alors les supports sur lesquels sa main habile et curieuse façonna l’originalité de son œuvre.

En autodidacte averti, Chaissac dessina sa carrière d’inventeur du nouvel art d’après-guerre, en se démarquant des modes et des courants artistiques du moment. Authentique dans sa démarche, sa sincérité d’artiste n’eut d’égale que sa naïveté à exister pour elle-même.

 

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Exploitant aussi bien un bidon d’huile, qu’un vieux journal ou un carton, ou encore un balai usé, des coquilles d’huîtres, des bouteilles, des planches de bois, des ardoises ou une cafetière, pour ne citer que quelques uns de ses innombrables matériaux de travail, Chaissac demeura toujours un créateur véritable.

En transcendant l’objet de tous les jours pour l’élever avec sincérité au rang d’œuvre d’art, Chaissac bouscula certes les conventions picturales établies, mais sans cependant s’éloigner vraiment des bases intemporelles qui ont entretenu la pérennité de la peinture. On constate ce fait quand on contemple ses nombreux personnages, figures de couleurs faites d’aplats et de cernes noires isolant les surfaces colorées. Les regards grands ouverts de ses personnages sur l’infini du devenir de l’homme rappellent combien sa vie fut chargée d’incertitudes.

De planches de bois récupérées ça et là, il tira une puissance créatrice originale pour fabriquer des totems hauts en couleurs, et qui conservent encore aujourd’hui toute la fraîcheur insouciante de celui qui fut avec son adresse personnelle et singulière un grand utilisateur des peintures Ripolin de l’époque.

 

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Et comme si sa vie durant il s’était imposé des pensums pour mieux progresser dans sa constante recherche, l’artiste s’appliqua à tout tenter, à tout remettre en question pour mieux affirmer son authenticité. Et que ce soit en découpant des images qu’il réintroduisait dans ses compositions, ou en décorant des tôles ondulées, ou même en rédigeant des centaines de lettres adressées à des personnalités du moment, ou à d’illustres inconnus découverts dans les pages de l’annuaire téléphonique, celui qui avait d’abord rêvé de devenir écrivain ne peut laisser indifférent tant son inextinguible fureur à créer impose un certain respect pour cet homme-artiste qui fut incapable de gagner ni argent, ni considération, car ses croyances se suffisaient à elles-mêmes.

En 2000, à Paris, la galerie du Jeu de Paume a rendu un vibrant hommage à ce doux contestataire encore méconnu, et dont les œuvres se dispersent aujourd’hui dans le monde entier, en proposant au public un choix magistral de 350 œuvres.

Plusieurs ouvrages sérieux relatent le demi-siècle d’existence de ce peintre-sculpteur-écrivain attachant, et notamment : Chaissac par Johannes Gachnang et Françoise Brutsch, aux éditions Ides et Calendes, 1988, Neuchâtel (Suisse).

En outre, en collaboration, le Musée des Beaux-Arts de Nantes, en 1998, le Pavillon du Musée Fabre de Montpellier la même année, ainsi que le Palais des Beaux-Arts de Charleroi en Belgique, ont organisé une rétrospective regroupant 231 œuvres de l’artiste, en publiant un ouvrage commun et exhaustif, aux Editions de la Réunion des Musées Nationaux à Paris.

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Alain VERMONT

 

 


12:47 Écrit par L'Art Pluriel dans 4 -- PEINTURE : EVOLUTION DES ARTISTES | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : chaissac, art brut, dubuffet |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |