14/05/2011

ZINGG ou l'observation de la vie

Jules Emile ZINGG (1882-1942) : La poésie colorée de la vie.

D’origine suisse, cet artiste précoce qui préféra, pendant son adolescence Franc-Comtoise à Montbéliard, le jeu créatif de ses crayons courant sur le papier, aux activités habituelles de ses camarades, Zingg débuta sa carrière d’artiste-peintre réaliste en sublimant déjà cette nature qui allait, sa vie durant, demeurer la meilleure source de son inspiration.

L’œil curieux et mémoriel, et transporté par une volonté appliquée, il retira d’une année déjà constructive, l’essentiel de l’enseignement de l’Ecole des Beaux-Arts de Besançon, avant de s’installer à Paris, où il suivit, dans sa vingtième année, les cours de l’Atelier Cormon, pour s’inspirer ensuite des travaux de Millet, car l’Académisme prôné alors par les grands Maîtres du moment, lui paraissait suranné. Se réfugiant aussi souvent qu’il le pouvait dans cette nature qui le courtisait sans cesse, Zingg s’appliqua dès lors à reproduire dans ses dessins, comme dans ses tableaux, la noblesse des travaux agricoles ou forestiers, ainsi que la beauté universelle, mais toujours nouvelle, des paysages parcourus inlassablement par ses pas avides de découverte.

 

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Sa jeunesse, perturbée dès 1908 par des troubles digestifs fonctionnels qui lui firent écrire alors dans son journal : « Pourquoi la nature m’a-t-elle fait si différent des autres ? Je suis un instrument délicat que le moindre souffle fait vibrer douloureusement », poursuivit néanmoins son destin artistique, pour obtenir alors le Prix Bouland, et voir son tableau « Repas de paysans » exposé au Salon des Artistes Français, acheté par le Baron de Rothschild qui prononça alors un éloge éloquent du peintre franc-comtois, avant que ce dernier obtînt un peu plus tard, au Salon de 1910, le Prix Meurand de l’Institut, puis le Prix d’Attainville, ainsi qu’un classement de second au Prix de Rome de 1911.

Mais, nullement grisé par ces récompenses exceptionnelles qui lui avaient été décernées, l’artiste sincère, et entier dans ses convictions picturales, délaissa alors les fastes du « Directoire parisien de la peinture », qui avait tenté un instant de s’approprier son singulier talent en le nommant à la Présidence du Jury du Salon d’Automne, pour s’orienter vers son style personnel et définitif, délicat mélange visuel influencé par l’Art de Vuillard, Monet, Pissarro, Bonnard, Matisse, Seurat, et surtout Cézanne.

 

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Elargissant alors son horizon créatif inspiré par cette nature qui ne cessa jamais de lui faire des avances généreuses, Zingg s’appliqua également à se faire un nom dans la décoration, en dessinant notamment des cartons pour la Manufacture d’Aubusson, et pour celle des Gobelins, ainsi qu’en décorant les piliers de la Coupole à Montparnasse, avant de s’adonner à la xylographie, pour graver des bois qui donnèrent naissance à différentes illustrations de livres.

Au cours de ses nombreux déplacements réalisés alors pour des nécessités d’observation qui engendraient ensuite l’expression rigoureuse de son talent capable de narrer, comme le fit merveilleusement en son temps le grand Bruegel l’Ancien, la majestueuse vie dérisoire des êtres laborieux qui peuplaient son Univers, Zingg composa quelques uns de ses plus beaux tableaux.

 

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Le 4 mai 1942, alors âgé de cinquante neuf ans, et après l’opération de la dernière chance qui échoua, Zingg mourut des suites de ce cancer qui lui mangeait le ventre depuis de nombreuses années, en léguant à la postérité l’œuvre riche et rustique façonnée par sa main de grand paysagiste-populiste qui déclara humblement à la fin de sa vie : « Il y aura sans doute dans mes œuvres quelque chose de caché sous leur aspect simple . Le mystère des choses et des êtres, et aussi celui du peintre, se fera sentir pour ceux qui regarderont avec leur cœur ».

Naguère oubliée dans les années quatre vingt, la peinture de Zingg suscite aujourd’hui un nouvel engouement de la part des collectionneurs avertis, à constater l’altitude de sa cote dans les diverses ventes internationales.

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Alain VERMONT

 

 


11:33 Écrit par L'Art Pluriel dans 4 -- PEINTURE : EVOLUTION DES ARTISTES | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : zingg, jules emile zingg |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

Commentaires

Bravo et merci !
Bel hommage et intéressante rétrospective de Zingg, peintre Comtois et un peu Suisse quand même !...

Mais Zingg est décédé le 4 mai 1942 - pas en 1952.

Cordialement !

Écrit par : Jean d'Hôtaux | 03/06/2011

je recherche un livre sur jules Emile Zingg

Écrit par : nowak | 27/02/2012

Bravo pour cet article instructif sur la vie de ce monsieur.

Écrit par : nail art | 15/03/2012

Les commentaires sont fermés.