25/02/2010

VASARELY ou la Distorsion Picturale

Victor VASARELY naquit le 9 avril 1908 à Pecs, en Hongrie. En 1927, il délaissa ses études de médecine entreprises à la Faculté de Budapest, pour fréquenter l’Académie Podolini Wolkman, avant de devenir élève de l’Académie Mühely l’année suivante. Là, et durant deux ans, il suivit les cours de cette école d’Arts Appliqués fondée par Alexandre Bortnyik sur le modèle du Bauhaus allemand.

Après avoir obtenu quelques succès à Budapest au travers de ses créations publicitaires, VASARELY vint s’installer à Paris en 1930, pour commencer à travailler pour les agences Havas, Greager et Devambez, alors qu’il entreprenait ses premières recherches personnelles dans cette période graphique qui, de 1930 à 1939, exprima un art formé presque exclusivement de dessins en noir et blanc dans lesquels se devinaient déjà les germes de ses réalisations futures qui lui donnèrent plus tard l’existence de son propre alphabet plastique. Dans cette période de créations nouvelles, VASARELY s’intéressa aux déformations axonométriques qu’il appliquait à des formes relevant de la réalité sensible, en obtenant les effets spectaculaires des déviations de lignes ou des déformations de surfaces régulières qui créaient une illusion de formes ou de volumes.

 

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Il étudia à la même époque les œuvres de MONDRIAN, MALEVITCH ou DELAUNAY, et reprit la peinture à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, pour participer à la fondation de la Galerie Denise René à Paris. Cette galerie s’impliqua sérieusement dans la mise en valeur de l’Abstraction à tendance géométrique sous toutes ses formes.

En 1947, VASERELY découvrit les réalités de l’Abstraction, en créant une peinture inspirée par le Néo-Plasticisme de MONDRIAN, et dans laquelle ne figurait pas encore le « géométrisme » qui le rendit célèbre. Il s’affirma alors comme le leader de « l’Abstraction Froide ». Dès 1950, l’artiste travailla ses recherches pour laisser sous-entendre le Cinétisme qui allait suivre, et en 1955 son Art exprima un vocabulaire et une syntaxe de signes et de couleurs qui définirent son esthétisme personnel.

 

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Il exposa cette année-là à la Galerie Denise René au sein du « Mouvement », et publia le Manifeste Jaune qui consacrait la naissance du Cinétisme. Dans le même temps, il exposa son célèbre « Hommage à MALEVITCH », pour faire comprendre au spectateur, qu’en pivotant sur un axe, on pouvait découvrir qu’un carré devenait un losange, ou qu’un cercle ressemblait à une ellipse. Le déplacement du spectateur créait les conditions nécessaires à une telle transformation.

 

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La peinture de VASARELY qui jusque là ne traitait que du noir et du blanc, évolua alors vers ces couleurs magnifiques qui contribuèrent à sa « gloire géométrique ». Partant de quelques figures géométriques élémentaires comme le carré, le cercle, le rectangle ou le triangle qu’il soumit à certaines déformations progressives, il enrichit ses compositions d’une vingtaine de couleurs pures, dont une minorité fut déclinée du plus clair au plus sombre, en parallèle à une gamme de gris étalonnée. Son « Folklore planétaire » achevé en 1964 révéla un éblouissant kaléidoscope. Tout son Art consistait à mettre en perspective des formes géométriques, pour créer une impression de volume concave ou convexe, ou une impression de vague ou de creux.

En 1970, son exposition « Polychromies multidimensionnelles » devint l’aboutissement de ses recherches pour nous faire découvrir « l’hommage à l’hexagone ». Dans ce tableau, les espaces multiples qui se forment dans la vision du spectateur, s’annihilent sous la poussée des espaces voisins. Le plan devient espace, et l’espace se ramène au plan.

 

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L’œuvre « Vega-Zett 04 » crée en 1971, nous exprime tout le talent de l’artiste qui déforma les côtés d’un carré, en lui donnant un aspect de boule qui cherche à se réaliser en offrant à la pupille curieuse d’autres carrés plus petits qui subissent la même pression au centre du motif principal, en exposant dans leur surface respective des cercles blancs, gris ou bleus qui s’harmonisent avec esthétisme avec le fond rouge du carré principal.

Les alentours de cette surface centrale déformée avec une majestueuse symétrie reçoivent eux aussi la même poussée pour poursuivre vers les angles du tableau cette impression « d’arrondi » parfaitement symétrique, en laissant admirer un dégradé bleu du plus bel effet.

 

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On ne cite plus les innombrables expositions de par le monde auxquelles l’artiste a participé. Son succès international lui valut de savoir nombre de ses tableaux dans les plus grands musées, ainsi que dans les meilleures collections. On retiendra les adresses de la Fondation qu’il a créée à Gordes dans les années 70, et de la Fondation inaugurée ensuite à Aix-en-Provence en 1976, pour rassembler les multiples exemples de son éthique picturale et de son amour infini pour cette peinture personnelle qui représenta si bien tout ce talent mis au service de l’Art.

Le 15 mars 1997, le « Musicien des formes colorées » mourut à l’âge de quatre vingt neuf ans, entouré de ses crayons qui ne le quittaient jamais !

 

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Alain VERMONT


 

20/02/2010

MONDRIAN le Rigoureux

Maître théoricien du Néoplasticisme, Pieter Cornelis Mondriaan, dit Piet MONDRIAN, naquit le 7 mars 1872 à Amersfoort, aux Pays-Bas, dans une famille calviniste rigoureuse, encadrée par un père instituteur qui destinait son fils à l’enseignement.

A l’âge de vingt ans, et après avoir obtenu deux diplômes d’enseignement du dessin, MONDRIAN fit son entrée à l’Académie d’Amsterdam, pour devenir un élève appliqué. Il peignit alors des paysages en plein air, et donna des cours de dessin, ou vendit des copies exécutées d’après les peintures des musées, pour gagner sa vie. En 1901, il effectua un voyage en Espagne en compagnie de Simon MARIS. Et jusqu’en 1908, il composa des tableaux paysagistes représentant sa Hollande natale.

 

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A cette date, il rencontra TOOROP à Domburg, et se laissa influencer par la pratique du Divisionnisme, et par l’emploi de couleurs claires. Dans sa recherche d’une technique personnelle, il créa une peinture diverse où se retrouvaient le Divisionnisme et le Pré-Fauvisme. Son intérêt pour la théosophie le fit adhérer en 1909 à la Société de Théosophie dont les principes lui fournirent la base de sa propre doctrine plastique. En effet, s’éloignant de la nature, il rejeta la dominante verte de celle-ci, pour n’exploiter que les trois couleurs primaires représentées par le rouge, le jaune et le bleu.

En décembre 1911, il s’installa à Paris où il demeura jusqu’en 1914. A quarante ans, et au contact du Cubisme qu’il découvrit dans la capitale française en 1912, MONDRIAN se métamorphosa pour créer la série des « Arbres », avant de traiter le thème des « Echafaudages » ou des « Cathédrales ». Indéniablement influencé par le Cubisme qu’il exploita jusque dans ses ultimes conséquences, MONDRIAN entraîna son art vers l’Abstraction Radicale, quand il constata que, malgré leur audace, les Oeuvres Cubistes restaient attachées à des valeurs plastiques du passé, en s’appuyant sur la représentation de l’objet. Il s’orienta alors vers une désintégration de ce dernier, pour aboutir à sa destruction totale en composant une peinture où ne subsistaient plus que des éléments purement plastiques, comme des lignes, des couleurs et des proportions qui oublient la réalité objective.

 

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Dans cette période parisienne, les lignes se réduisirent progressivement à des traits horizontaux et verticaux animés seulement par le rouge, le jaune et le bleu. Il séjourna en Hollande durant les quatre années de la première guerre mondiale. Et dans les thèmes de la « Mer » et des « Façades », il construisit des toiles faites de petits traits horizontaux et verticaux qui devinrent alors la dernière étape avant la mise en œuvre du Néoplasticisme. Il rencontra alors en 1915 le peintre Théo VAN DOESBURG qui, partageant ses théories picturales dans un premier temps, l’invita à fonder le groupe « De Stijl », ainsi que la revue du même nom dont le premier numéro parut en octobre 1917.

Jusqu’en 1924, MONDRIAN rédigea de nombreux essais pour définir les buts du Néoplasticisme. De 1917 à 1919 ses tableaux représentèrent la mise en application de ce qu’il nommait les « Plans de couleurs ». Les compositions « flottaient » alors dans l’espace de la toile, pour s’organiser ensuite en damiers après 1919, répondant ainsi à ses investigations critiques sur le Cubisme, et à ses recherches sur le Néoplasticisme.

Son goût du principe unique, et de l’absolu, peut se comparer à celui de KANDINSKY, mais alors que l’artiste russe établit un parallèle certain entre la naissance d’un tableau et la création du cosmos, MONDRIAN, créa une alchimie moderne dans sa peinture, en soumettant obstinément les formes changeantes de la nature au feu dévorant de l’analyse.

Il reprit sans cesse le même thème, jusqu’à l’obtention de signes originels sur lesquels se fonde toute réalité, après que toutes les contingences en aient été retirées, pour aboutir à une impersonnalité qui certifie la valeur universelle. En réduisant sa palette aux trois couleurs primaires déposées strictement en aplats, MONDRIAN exprima sa rébellion face aux émotions « impures » qui s’attachaient à la couleur en lui conférant un pouvoir de séduction. Il rejeta également l’intérêt de la courbe pour la sentimentalité trouble qu’elle dégageait, et lui préféra le système orthogonal qui engendre tout schéma constructif.

 

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Après un voyage à Paris en 1919, il publia « Le Néoplasticisme » qui représente un exposé doctrinal de l’ensemble de ses théories plastiques et philosophiques. En 1920, la définition de son langage plastique exprima la réalité de ses théories : les plans de couleurs, rectangulaires, se limitaient aux trois couleurs primaires, et à trois non couleurs que sont le blanc, le gris et le noir, pour être reliés entre eux par des lignes noires. A l’exemple du tableau créé en 1921 « Composition avec rouge, jaune et bleu » et dans lequel la construction géométrique fut réalisée par des lignes verticales et horizontale noires et larges qui se coupent à angle droit, en donnant vie à une mise en balance de carrés rouges, jaunes et bleus, et de carrés faits de non-couleur allant du blanc au gris.

Il reproduisit alors la doctrine de la théosophie qui classe au plus bas de l’échelle des valeurs la représentation réelle de la nature. Dans toutes ses compositions, le vert fut exclu. Jamais si peu de moyens furent mis au service d’une cause aussi exigeante.

Les théories de MONDRIAN expriment des impératifs plastiques précis :

« 1°) La surface de la matière sera lisse et brillante, ce qui diminue en outre la lourdeur de la matière. Nous trouvons ici l’Art Néoplastique en accord avec l’hygiène qui exige également des surfaces lisses facilement nettoyables.

2°) La couleur naturelle de la matière doit elle aussi disparaître, et autant que cela sera possible sous une couche de couleur pure, ou de non-couleur.

3°) Non seulement la matière, en tant que moyen plastique, sera dénaturalisée, mais aussi la composition architecturale. Par une opposition neutralisante et annihilante, la structure naturelle sera réduite à rien. Et l’homme ? Rien en lui-même, il ne sera qu’une partie du tout, et c’est alors qu’ayant perdu la vanité de sa mesquine et petite individualité, il sera heureux dans cet Eden qu’il aura créé ! ».

 

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Le « fanatisme » singulier de MONDRIAN lui fit concevoir le Néoplasticisme comme une étape de la négation de l’Art, et de son intégration dans un nouveau mode de vie extrêmement autoritaire. Son éducation calviniste rigoureuse transparut alors dans sa philosophie de l’existence, et il soumit sa propre vie aux mêmes rigueurs. Ses ateliers étaient minutieusement ordonnés, et leur propreté rejoignait l’hygiène d’un hôpital.

Après un second voyage à Paris pour une exposition qui passa inaperçue en 1923, avec le groupe « De Stijl », il influença par sa manière, les principes du Bauhaus en ce qui concerne la fusion de l’Art dans le cadre de vie, et la discipline qui en découle. En 1926, ses œuvres furent exposées aux Etats-Unis dans une exposition itinérante, et en 1930 il apporta sa participation au mouvement « Cercle et Carré », avant de s’intéresser aux activités du groupe « Abstraction Création » en 1931. Après 1925, les lignes noires qui reliaient ou séparaient les surfaces colorées de ses tableaux, exprimèrent des épaisseurs différentes. En 1926, naquirent les premières toiles en forme de losange. Deux ans plus tard, les rectangles de ses tableaux devinrent beaucoup plus grands. Ses compositions ne cessèrent d’évoluer au travers de ses recherches qui créèrent entre 1929 et 1931, une série de toiles comportant de grands rectangles rouges.

 

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L’année 1932 le vit utiliser parfois des lignes doubles, alors qu’en 1936-37, les lignes noires se multiplièrent, et les tableaux, souvent, ne révélèrent plus qu’un seul plan coloré. On qualifia parfois cette époque de « tragique » dans le règne absolu de la seule proportion certainement strictement calculée par MONDRIAN qui revenait aux bandes noires de largeur uniforme. A l’automne 1938, les prémices de la Deuxième Guerre Mondiale l’incitèrent à rejoindre Londres avant qu’il ne s’installât à New York en 1940. Chez les américains, il poursuivit son œuvre en jouissant d’une vie matérielle plus aisée.

L’année 1942 révéla sa première exposition personnelle américaine dans laquelle ses œuvres picturales se différenciaient de celles de sa période parisienne. L’abandon des lignes noires intervint alors au profit de la création de lignes colorées, qui évolua ensuite vers une fragmentation en bandes de plusieurs couleurs, avant d’être constituée d’une succession de petits carrés de couleurs alternées comme à l’exemple du tableau « Broadway Boogie-Woogie », créé en 1942-43.

Son art, alors égayé par l’absence des lignes noires, et par la succession rythmée de la multiplication de petits rectangles ou carrés aux couleurs vives, traduisit le bonheur de sa vie outre-atlantique, et l’accueil nouveau de sa peinture par le public américain. MONDRIAN composa alors des tableaux qui reproduisaient son amour jamais démenti pour la danse, comme « Victory Boogie-Woogie ».

L’Artiste qui avait inventé le Néoplasticisme, cette doctrine d’architecture spirituelle qui trouva son meilleur terrain d’expression dans la construction de l’espace bâti et vécu, admiré et entendu dès les années vingt par

l’architecte Le Corbusier qui reconnaissait alors la poétique de l’angle droit, mourut à New York le 1er février 1944, à l’âge de soixante douze ans, dans cette ville qui l’avait tant fasciné par la construction rectiligne de ses rues.

 

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Alain VERMONT

 

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11/02/2010

Séraphine LOUIS, une rareté féminine dans le Monde Peinture

 

Séraphine LOUIS, dite Séraphine de SENLIS, naquit le 2 septembre 1864 à Assy, dans l’Oise. Enfant, elle garda des moutons, en grandissant dans une famille pauvre, dont le père, horloger de village, mourut très jeune. Elle fréquenta alors irrégulièrement l’école, car elle préférait garder les animaux. A l’âge de treize ans, elle fut placée comme bonne à Paris, puis à Compiègne. Ensuite, et durant vingt ans, elle fut employée comme femme à tout faire dans un couvent de la région. Elle ne put jamais prétendre au mariage car elle ne possédait ni dot, ni lopin de terre.

En 1902, elle quitta le couvent, et se plaça dans plusieurs maisons alentour. Les commérages du moment lui attribuèrent déjà l’esprit d’une « certaine folie » qui transparut ensuite dans ses compositions à la flore fabuleuse, agrémentées de fruits pulpeux, et de chenilles mordorées qui courtisaient des coquillages entrouverts laissant entrevoir le secret satiné de leurs lèvres.

 

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L’exécution de ces bouquets dénote une telle richesse inventive et une telle adresse inexplicable, que beaucoup de ses admirateurs du moment ne purent répondre aux questions posées par certains peintres eux-mêmes. Comment réussissait-elle à mélanger ses couleurs pour obtenir des glacis aussi parfaits ? D’où lui était venue l’idée de peindre, et comment elle, petite femme de ménage, se procurait- elle son matériel ?

En 1912, un allemand installé en France, Wilhelm Uhde, rare et grand amateur d’Art Naïf, et qui consacra plus tard une exposition à Louis VIVIN, découvrit la peinture de Séraphine, après qu’il l’eut engagée comme femme de ménage. Il s’étonna alors en constatant combien son employée refusait les beaux matériaux qu’il lui offrait pour peindre, et qu’elle convoitait bien sûr, sans pour autant les utiliser.

En effet, elle se procurait elle-même ses couleurs auxquelles elle mélangeait de la laque. Et l’excellent résultat ainsi obtenu intrigua nombre de peintres techniciens qui demandèrent alors son secret à Uhde, bien incapable de leur apporter une réponse.

Durant la première guerre mondiale, les envahisseurs confisquèrent la quasi totalité de ses natures mortes. En 1927, la mairie de Senlis organisa une exposition de peintre régionaux, et à cette occasion, le collectionneur allemand s’assura toute la production de Séraphine LOUIS, dont certains tableaux figuraient déjà dans des collections renommées.

 

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Mais cette artiste atypique, accueillant alors le succès comme un élément naturel de sa vie, laissa vaciller sa conscience en commençant alors à vénérer la grandeur de son œuvre. Elle dilapida graduellement la fortune de son employeur en contractant des dettes pour des achats inutiles, ou pour des commandes de cadres grandioses exposant à leurs angles de superbes anges sculptés. Son rêve de gloire mondiale, et d’opulence, la laissant sur sa faim, elle s’en alla faire du porte-à-porte, pour annoncer la fin du monde. Privée de l’accomplissement de sa vision, elle vit son univers imaginaire s’écrouler alors que sa raison se refusait à comprendre.

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Elle acheva alors les dernières années de sa vie à l’asile de Clermont, dans l’Oise, et mourut le 11 décembre 1942, à l’âge de soixante dix huit ans, avant d’être enterrée dans la fosse commune, sans que ses dernières volontés ne fussent réalisées. Elle avait en effet souhaité, dans des courriers antérieurs, un enterrement de première classe, avec des « Messieurs en brassard, de la musique à la messe », et l’inscription de l’épitaphe suivante sur la dalle de sa tombe : « Ici repose Séraphine LOUIS, sans rivale, et attendant la résurrection bienheureuse ».

 

On conviendra que dans le monde des artistes peintres « reconnus », les femmes ne sont malheureusement pas légion. Et cependant, dans le monde des artistes peintres du « commun des mortels », elles sont certainement aussi nombreuses que les hommes ! Et leur talent n’a rien à envier au talent masculin.

 

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Alain VERMONT


 


10/02/2010

SOUTINE Le Talent déraciné

Haïm SOUTINE, dit Chaïm SOUTINE, naquit à Smilovitchi en Lituanie, en 1894. Dixième d’une famille de onze enfants, pour laquelle le père exerçait la profession de tailleur de village, SOUTINE grandit dans un ghetto lituanien, en recevant une éducation rude qui exprimait les rigueurs de l’orthodoxie juive.

Dès son enfance, il refusa un apprentissage de cordonnier ou de tailleur car il préférait peindre. Ignorant alors le désir d’un premier jouet, il subtilisa un crayon rouge et bleu pour « arranger » un portrait de l’église chrétienne. Son père n’apprécia pas le geste et lui administra une correction, avant que les chrétiens résidant à l’autre bout du village n'en fissent de même.

 

Une plainte fut alors déposée par le père de SOUTINE qui revint ensuite sur sa doléance lorsque les « assommeurs » chrétiens lui offrirent vingt cinq roubles pour qu’il se désistât. Le père Soutine donna alors cet argent à son fils, pour lui permettre de s’évader du milieu familial strict, et entrer à l’âge de quatorze ans à l’Ecole des Beaux-Arts de Wilna. Durant un an, il travailla dans le même temps comme aide photographe pour gagner sa vie. Mais à dix sept ans, il quitta son pays pour s’installer à Paris, en 1911, où il entra à l’Atelier CORMON.

Un médecin qui avait remarqué ses dons d’artiste en Lituanie, lui avait offert le voyage. Dans la capitale française, il exerça plusieurs métiers pour ne pas mourir de faim. Sa force physique le transforma même en porteur dans les gares parisiennes. Sa vie solitaire s’entoura de son caractère rude et renfermé. Il ne voulait pas exposer ses tableaux, et la faim qui le harcelait souvent, donna naissance à des ulcères qui plus tard anéantirent sa vie. Cette vie de peintre qu’il eût abandonnée pour devenir boxeur s’il n’avait pas été certain de son talent.

 

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A Paris, dans sa solitude, il prit pension à la Ruche, rue de Vaugirard, où il pouvait également peindre, et rencontra une réunion d’artistes étrangers qui allait devenir l’Ecole de Paris, avec CHAGALL et MODIGLIANI, LEGER et KREMEGNE. C’est d’ailleurs ce dernier qui l’avait invité à venir en France, et qui un peu plus tard le dissuada de se suicider.

MODIGLIANI lui présenta alors le marchand de tableaux ZBOROWSKI qui lui acheta plusieurs toiles, avant de l’envoyer peindre en 1919 à Céret, dans les Pyrénées Orientales, aux côtés d’autres artistes déjà installés là-bas.

La mort brutale de MODIGLIANI en 1920 affecta beaucoup SOUTINE, qui dans les montages pyrénéennes libéra sa nostalgie longtemps contenue, en créant des paysages visionnaires dans lesquels sa fougue sauvage exprima la vie campagnarde primitive, ainsi que des paysages baignés par la claire lumière méridionale.

Il composa là-bas pendant trois ans deux cents tableaux qui témoignèrent d’un dynamisme extatique au travers de leurs couleurs pâteuses. En 1923, le collectionneur américain Barnes acheta une centaine de toiles que SOUTINE avait rapportées de Céret, et installa l’artiste dans la Villa du Parc Montsouris, à Paris, où habitaient déjà BRAQUE, LURCAT, FOUJITA et CHANA ORLOFF.

En 1925, SOUTINE découvrit la Côte d’Azur, et s’appliqua à peindre Cagnes/Mer pour produire l’une des séries les plus connues de son œuvre. Les rues tortueuses qui s’élevaient dans le village, entrecoupées par des escaliers déséquilibrés, et encadrées par des maisons bancales qui côtoyaient parfois un arbre halluciné, furent accordées à la perfection avec sa vision lyrique poussée à son paroxysme.

 

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Les thèmes abordés par SOUTINE restèrent symboliques. Un bœuf abattu, qui exprimait des couleurs blêmes dans sa peau morte, ou des arbres qui, comme ceux de Van GOGH, serpentaient comme des langues de flammes vertes jusqu’au bout de leurs branches les plus fines. Ce bœuf que SOUTINE qui ne mangeait pas de viande par manque de moyens, avait néanmoins acheté pour le faire suspendre dans son atelier, afin de le peindre comme le plus éloquent de ses modèles, ce bœuf qui impliquait une grande patience de l’artiste pour réaliser son chef-d’œuvre à l’image de celui de Rembrandt, ce bœuf se décomposa au fil des jours, avant de pourrir et d’empester la Ruche et ses occupants durant plusieurs semaines de l’année 1926 !

SOUTINE peignit pour peindre, et il ne voulut peindre que le « mieux possible ». En 1929, de passage à Châtel Guyon, il fit la connaissance des époux Castaing qui lui offrirent un hébergement sans limite de temps dans leur château près de Chartres. Il retrouva Paris en hiver, pour oublier de fréquenter Montparnasse.

Malgré sa vie plus équilibrée, il était toujours sujet à de graves dépressions nerveuses au cours desquelles il détruisait bon nombre de ses tableaux qui concernaient des œuvres de jeunesse inégalées. Durant ses dix dernières années de vie, il réduisit la production de ses œuvres. En 1940, et malgré une certaine célébrité, il ne resta qu’un « peintre juif ». Ne voulant pas s’expatrier en Amérique comme d’autres artistes l’avaient déjà fait, il se réfugia en Touraine. Son estomac, alors au bout de sa vie, l’obligea à accepter l’aide d’une compagne qui l’hébergea et le soigna sans succès, avant de le faire transporter à Paris dans des circonstances macabres.

 

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En effet, pour tromper les contrôles routiers de l’envahisseur allemand, on rapatria SOUTINE dans un corbillard, et après un voyage entretenu par des souffrances extrêmes, il retrouva la capitale le 8 août 1943. On l’opéra d’urgence le soir même, un peu avant minuit, mais il succomba à sa maladie vers six heures le lendemain matin.

Il mourut ainsi le 9 août 1943, à Paris, à l’âge de quarante neuf ans, après être resté toute sa vie un artiste déraciné qui ne fut jamais vraiment assimilé par le milieu de l’Art Français à vrai dire peu amateur d’Expressionnisme.

 

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07/02/2010

MODIGLIANI Le PEINTRE des DOULEURS

Amédéo MODIGLIANI naquit à Livourne, en Italie, le 12 juillet 1884. De sa jeunesse italienne, il ne demeura que son inscription à l’Ecole des Beaux-Arts de Florence. Il voyagea ensuite vers Rome où, comme à Florence, il fut attiré par les musées. En 1906, alors dans sa vingt-deuxième année, il se fixa à Paris, en choisissant la Butte Montmartre où travaillaient déjà PICASSO et DERAIN.

 

Dans son misérable atelier où il présentait une peinture qui ne retenait pas l’attention, il acquit cependant une certaine notoriété au travers de son prestige physique, et de la noblesse de ses qualités intellectuelles qui le faisaient assimiler à un poète. Le Tout Montmartre estima ce beau jeune homme italien bien élevé et qui, malgré l’affection qu’on lui portait, ne se complut pas à fréquenter les cénacles du moment où les artistes aimaient à se retrouver.

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On rapporta même qu’il n’a jamais visité au « Bateau-Lavoir », l’atelier que PICASSO occupait à Montmartre, dans le même périmètre. Les observateurs de l’époque s’étonnèrent même de voir naître une complicité étonnante entre MODIGLIANI et UTRILLO. Les deux artistes dont le niveau intellectuel respectif ne présentait aucune similitude, commencèrent alors une vie de débauche, en fréquentant assidûment les cabarets de la Butte. MODIGLIANI partagea les quotidiens moments d’ivresse d’UTRILLO, et s’enfonça dans l’abîme en découvrant la volupté pernicieuse des rêves engendrés par l’usage du haschich.

La conjugaison de l’alcool et de la drogue métamorphosa alors l’artiste qui, sans aucune ressource, oublia sa personnalité bourgeoise pour donner au public l’image d’un homme perturbé, solitaire et mal vêtu dans l’habit de velours qu’il porta jusqu’à sa mort. Il interdit l’accès à son atelier, s’enferma dans une vie hasardeuse, mais commença dans le même temps la réalisation de cette peinture singulière et exceptionnelle qui allait plus tard devenir un des monuments de l’Art Moderne.

 

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Avant de quitter Montmartre pour aller s’installer à Montparnasse, MODIGLIANI peignit le « Violoncelliste » qui, exposé ensuite au Salon des Indépendants en 1908, révéla dans la solidité de sa construction, tout ce talent que personne n’attendait de lui. A Montparnasse, il s’adonna également à la sculpture, sous l’influence du cubisme révélé par PICASSO en 1906.

 

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Ce « peintre des douleurs » devint l’un des grands peintres de la femme du 20ème siècle. Il choisit ses modèles parmi les gens du peuple, dans les cafés de Montparnasse, ou dans les rues de Paris. Sa peinture rechercha un idéal parfois religieux dans les portraits qui firent sa gloire posthume. Sa maîtrise de la couleur lui fut propre, unique, et il l’exprima sans faux-fuyants quand il peignit dans des taudis sordides, où il réalisa aussi d’impressionnants dessins comme le portrait d’André Salmon, en 1918.

Le peintre chilien ORTIZ DE ZARATE le découvrit un jour sur le grabat de son taudis, alors que sa maladie liée à ses excès s’en allait grandissante. Le chilien le fit transporter alors à l’Hôpital de la Charité où il mourut le 24 janvier 1920, à l’âge de trente six ans. La compagne de ses derniers mois de souffrances physiques et morales, alors jeune artiste peintre de vingt ans, Jeanne HEBUTERNE, se suicida ensuite pour rejoindre dans la tombe celui qui avait su exercer son art princier dans des décors sordides.

 

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On retiendra qu’après sa mort, d’aucuns démontèrent les portes d’un logement miséreux, sur lesquelles MODIGLIANI avait peint, alors que d’autres s’accaparèrent ses émouvantes sculptures de la première époque, abandonnées dans des cours d’immeubles d’où il avait été chassé par la conséquence de sa misère quotidienne.

 

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Alain VERMONT


 

 

12:34 Écrit par L'Art Pluriel dans 4 -- PEINTURE : EVOLUTION DES ARTISTES | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : modigliani, picasso, montmartre |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |