17/04/2009

TOULOUSE LAUTREC le Grand petit homme

 

Henri Marie Raymond de TOULOUSE LAUTREC MONFA, dit TOULOUSE LAUTREC, naquit à Albi le 24 novembre 1864, dans la riche famille des Comtes de Toulouse. Enfant, il partagea avec son père la passion des chevaux et des faucons, en se destinant à l’existence dorée que lui procurait son rang social. Mais en 1878, en raison de la fragilité osseuse de son squelette, une chute lui cassa une jambe, et l’année suivante, pour son plus grand malheur sa seconde jambe subit le même sort. Malgré nombre de soins attentifs, sa guérison évolua d’une mauvaise manière, et il demeura chétif, alors que ses deux membres inférieurs refusaient dès lors une croissance normale. Sa taille ne dépassa jamais 1, 50 m.

 

 

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TOULOUSE LAUTREC et un de ses modèles.
Dans son atelier, vers 1894.

 

Contraint de rester immobile durant des heures, il se mit au dessin et à la peinture, pour s’exercer à reproduire les animaux domestiques qui l’entouraient. Son adolescence se déroula ainsi, aux côtés de sa mère qui lui servit de précepteur. Il se présenta à la première partie du Bac, mais abandonna ensuite ses études pour fréquenter l’atelier de PRINCETEAU, puis celui de BONNAT en 1882. Après quoi, il devint l’élève de CORMON qu’il quitta rapidement. Son esprit indépendant avait besoin de s’affirmer seul, sans la contrainte d’un « directeur ».

A l’âge de vingt ans, il aménagea un atelier rue de Tourlaque, à Montmartre. Là, il rencontra Aristide Bruant, et travailla pour le cabaret « Le Mirliton », et pour le journal du même nom.

Ses affiches demeurent encore aujourd’hui dans toutes les mémoires pour la qualité de leur trait. En 1887, il résida chez le Dr Bourges et exposa pour la première fois, à Bruxelles.

 

LAUTREC fréquenta assidûment les cabarets parisiens comme le Moulin Rouge, ou le Moulin de la Galette, ainsi que les music-halls, pour s’appliquer à reproduire d’une manière inégalée des artistes comme La GOULUE, Jane AVRIL, ou Yvette GUILBERT qui devint l’un de ses modèles préférés. A côté de ses nombreux dessins et tableaux, et à l’instigation de BONNARD, il commença à pratiquer la technique de la lithographie qui représenta une part considérable de son œuvre. Et LAUTREC, révolutionnaire qui refusait toute soumission à un programme artistique, devint l’ami des Nabis qui avaient pour noms BONNARD, VUILLARD et VALLOTTON.

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Affiche d'Aristide BRUANT.

 

LAUTREC refusa cependant d’appartenir pleinement à leur groupe, pour nous rappeler que GAUGUIN et van GOGH en firent de même avec les Impressionnistes. Il se sentait profondément lié à son époque, mais ne voulait pas qu’une forme quelconque d’école naquît de son amitié avec les autres artistes. Il fixa le monde qui l’entourait dans des dessins, des affiches ou des lithographies extraordinairement vivantes. Il s’intéressa à tout ce qui l’entourait, en s’appliquant à représenter des scènes qu’il visionnait à plusieurs reprises pour affiner son travail. Il fréquenta les hôpitaux et les tribunaux qui lui servirent de modèles pour ses lithographies merveilleusement composées.

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Au bal du Moulin de la Galette, 1889.
Huile/toile, 88, 5 x 101, 3 cm.

 

En 1893, il collabora à la « Revue Blanche », puis à « L’escarmouche ». Désabusé par les modèles professionnels qui exprimaient toujours des poses étudiées et conventionnelles, il commença à fréquenter les maisons closes parisiennes dans lesquelles il prit parfois pension, pour peindre et dessiner les mouvements naturels des prostituées. Ces filles de joie retinrent toute son attention, et devinrent autant de sujets à peindre, quand elles faisaient leur toilette, ou lorsqu’elles se coiffaient. Et au travers d’un trait ou d’un accent, LAUTREC réalisa les chefs-d’œuvre qui le portèrent un peu plus tard vers les sommets de l’Art Mondial.

En 1897, alors installé dans un atelier Rue Frochot, il commença à ressentir les séquelles de son alcoolisme qui durant les années précédentes l’avait aidé à supporter sa disgrâce physique, ainsi que l’ironie des femmes pour qui il n’était resté qu’un « nain ». Ses amis peintres l’entraînèrent alors dans quelques voyages, pour lui faire oublier ses malheurs, mais rien n’y fit, et en février 1899, on l’interna dans une maison de santé à Neuilly, pour une cure de désintoxication.

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Au Salon de la Rue des Moulins, 1894.
Pastel/papier, 111 x 132 cm.
 

Son talent ne resta pas inactif, et avec la production de la série des dessins sur le cirque, il prouva alors aux médecins qu’il n’était pas atteint par la folie. On lui rendit sa liberté le 20 mai, et il s’installa à Bordeaux, pour composer des tableaux et dessins inspirés par l’Opéra de Messaline. Ses séjours parisiens se firent alors rares et brefs.

Dans le déclin de sa santé, il retrouva sa mère au Château de Malromé, et mourut à trente sept ans, le 9 septembre 1901.

L’ampleur de sa production exécutée en quelques années seulement, ne peut s’expliquer que par son génie. Il laissa derrière lui une œuvre représentant plus de mille peintures, environ cinq mille dessins et trois cent soixante dix lithographies et affiches qui ont participé à l’avènement de son succès.

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Poudre de riz,1887.
Carton 65 x 58 cm.

 

Après sa disparition, l’influence de son talent, sur la jeune génération d’artistes du début du 20ème siècle, fut telle, que même le grand PICASSO laissa exprimer dans ses premières œuvres l’importance de sa rencontre avec l’Art de LAUTREC. Pour mieux démontrer qu’une forte personnalité artistique peut en attirer une autre, tout aussi indépendante.

 

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Alain VERMONT

 



 


Commentaires

Un destin dur, mais genial.

Écrit par : African ; phone calling cards | 03/11/2009

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