27/03/2009

van GOGH le Géant

Vincent Willem van GOGH naquit le 30 mars 1853, à Groot-Zundert, en Hollande, où son père officiait comme pasteur. Après une enfance vécue en famille, il devint commis dans la Galerie d’Art Goupil à la Haye, où pendant deux ans, on l’employa à emballer et déballer des tableaux, et des livres. Il commença alors à entretenir une correspondance durable et précise avec son jeune frère Théo, pour lui raconter ses peines et ses joies, et pour lui donner une description rigoureuse de ses premiers tableaux et dessins.

En mai 1873, on le muta dans la succursale de Londres. Son séjour anglais ne fut qu’une suite de déceptions. Un chagrin d’amour, ainsi qu’une mésentente avec son chef hiérarchique, au sujet de sa méthode commerciale, le plongèrent dans une dépression nerveuse. Ce jeune homme grave de vingt deux ans quitta alors Londres pour découvrir Paris, en qualité d’employé de la même galerie. Son séjour parisien d’une année le vit visiter tous les musées, tandis qu’il dévorait de nombreux livres, pour recevoir les influences qui seraient plus tard décisives dans son art.

Dans sa chambre à Montmartre, il étudia la Bible, pour soulager sa conscience torturée par le sentiment de sa médiocrité. Sa sensibilité religieuse exprima alors une foi brûlante qui tourna au fanatisme.

 

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van GOGH à 19 ans.

 

En 1876, van GOGH quitta la capitale française, et retrouva la Hollande pour étudier durant quelques mois la théologie à Amsterdam. Après quoi, il accepta un emploi d’apprenti dans une librairie. Mais son essai d’embrasser une profession bourgeoise ne fut que de courte durée, puisque son caractère insociable le poussa à quitter son travail.

Il partit alors en Belgique, et développa sa vocation religieuse en entrant à l’Ecole Evangélique Missionnaire de Bruxelles. Trois mois plus tard, il s’installa dans le Borinage où il espérait travailler l’esprit d’un christianisme positif, parmi les familles misérables représentées par les mineurs belges. Il partagea leur vie difficile, s’occupa des malades, prit soin des malheureux, et ne s’accorda aucun jour de repos.

 

van GOGH commença alors ses premiers dessins d’après nature, en s’inspirant de MILLET. Malade, il retrouva sa famille installée à Etten, et se remit à dessiner et à peindre l’existence des mineurs. Jusqu’en 1885, il réalisa une œuvre considérable qui représentait le côté humanitaire et sensible de sa nature. Les humbles demeurèrent durant toute sa courte existence ses modèle préférés.

Il peignit alors des paysans, ou des tisserands, en grand nombre. Ses multiples portraits d’hommes rudes et moroses, comme « Les mangeurs de pommes de terre », exprimèrent alors une tristesse intense qui apparut même dans ses paysages, ou dans ses compositions florales. Ses couleurs sombres et mornes du moment ne laissaient en rien présager la lumière de ses œuvres ultérieures. Son réalisme d’alors représenta la vie rurale comme une existence noire, sans aucune perspective de bonheur à l’horizon.

 

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Le Moulin de la Galette, 1886.
Huile/toile, 61 x 50 cm.

 

En 1885, après la mort de son père, il effectua un séjour de trois mois à Anvers, durant lequel il travailla à l’Académie, ainsi qu’à l’Ecole de Dessin. Son frère Théo, devenu entre-temps directeur de la Galerie Goupil à Paris, lui assura les moyens de subvenir à ses modestes besoins. van GOGH commença alors à éclaircir sa palette, en goûtant à la gaieté de la vie flamande. Ses visites au Musée des Beaux-Arts, et sa découverte des estampes japonaises chez un marchand flamand, provoquèrent en lui un revirement décisif. Il en acheta quelques unes, et les suspendit dans sa chambre. Les coloris clairs de ces gravures sur bois le séduisirent tellement qu’il restait assis pendant des heures pour les admirer.

 

Un monde nouveau s’ouvrit à lui, plus lumineux, et dont l’intimité et la cohésion fascinèrent son esprit. Sa décision prise, il rejoignit rapidement Paris, pour retrouver son frère Théo. Sa découverte des Impressionnistes le frappa vivement. Il décida de parfaire ses connaissances et sa technique, et sur les conseils de son frère, entra à l’Atelier CORMON en juillet 1886. Là, il peignit comme un forcené, des natures mortes de fleurs, des scènes de rue et des portraits. Son coup de pinceau s’allégea, et sa palette s’éclaircit de plus en plus. Et sous la double influence des Impressionnistes et des estampes japonaises, il révolutionna son art personnel.

Il transposa à l’huile le « Pont sous la pluie » d’HIROSHIGE, en partageant les mêmes convictions que TOULOUSE-LAUTREC qu’il venait de rencontrer.

Il créa des paysages ensoleillés par des tons clairs et vibrants, et durant une vingtaine de mois, réalisa plus de deux cents tableaux, selon la technique Impressionniste qu’il expérimenta jusqu’au Pointillisme. Il rencontra alors GAUGUIN, et son vieux malaise le reprit. Fatigué de la vie parisienne, il partit pour Arles en février 1888, sur les conseils de TOULOUSE-LAUTREC qui lui avait assuré qu’il pourrait découvrir là-bas une lumière nouvelle.

 

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Bords de Seine, 1887.
Huile/toile, 32 x 46 cm.

 

van GOGH révéla alors tout son génie devant les frais paysages printaniers de la Provence. Il travailla comme un enragé, peignant même la nuit. La beauté des femmes méridionales, l’insouciance des hommes à l’heure de l’absinthe, et la splendeur de cette lumière ardente qui baignait le paysage, l’enchantèrent. Il découvrit les tournesols qui devinrent ses fleurs préférées, et qu’il déclina en plusieurs tableaux.

Les théories parisiennes de l’Impressionnisme lui apparurent dès lors comme des constructions artificielles, au regard de l’opulence imposante de la nature qui l’environnait. Il désirait fixer la vie dans son mouvement, et dans toute sa fraîcheur, comme il la percevait.

Il s’épuisa au travail, réalisant des centaines de tableaux, et de dessins exécutés à la plume de roseau. La faim le tortura souvent, et il souffrit d’hallucinations. La pensée de la mort le hanta. Il ne parvint pas à vendre ses tableaux, alors qu’à Paris, les Impressionnistes obtenaient maintenant de beaux succès.

van GOGH n’était plus des leurs, il était devenu un inconnu dont la peinture ne correspondait pas aux normes officielles du moment. Dans sa solitude, il invita alors GAUGUIN à venir le rejoindre en Arles. Mais la cohabitation s’avéra désastreuse. Leurs caractères étaient diamétralement opposés, et leurs goûts différents provoquèrent des heurts fréquents.

 

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La Seine et le Pont de Clichy, 1887.
Huile/toile, 50 x 60 cm.

 

La veille de Noël, après une violente dispute, van GOGH lança un verre à la tête de GAUGUIN qui heureusement s’en tira avec une blessure superficielle. Mais le lendemain, van GOGH qui avait suivi secrètement GAUGUIN dans sa promenade, se trancha l’oreille avec un rasoir, lorsque ce dernier se retourna pour lui faire face. van GOGH enveloppa alors son oreille coupée dans un mouchoir, et la déposa durant la nuit dans une maison close. A la suite de cet incident, GAUGUIN décida de quitter Arles.

Le 8 mai 1889, van GOGH fut interné avec son consentement à l’Institut Saint Pol de Mausole, à Saint-Rémy-de-Provence, où on lui attribua une chambre supplémentaire en guise d’atelier. Entouré de fous, il peignit plus de trente cinq tableaux, et produisit des centaines de dessins représentant les oliveraies, le fauchage des blés, ou les Alpilles.

 

Les troubles de son esprit devinrent plus fréquents, mais sa puissance créatrice demeura intacte. Sa peinture évolua alors vers le Néo-Impressionnisme, en ne reflétant plus l’éclat du soleil, et les couleurs de sa palette s’assombrirent. Son coup de pinceau moins équilibré devint plus large, et d’une audace inouïe. Il copia même les grands maîtres comme MILLET, REMBRANDT ou DELACROIX.

Son esprit demeurait altéré par sa folie étrange, et le 17 mai 1890, son frère Théo qui ne l’avait jamais abandonné, le fit transférer, sur les conseils de PISSARRO, dans la clinique du Docteur Gachet à Auvers-sur-Oise, afin que ce dernier « l’examine et l’observe à fond ». Là, l’atmosphère conviviale agit sur lui d’une manière bienfaisante. Il recommença à peindre avec enthousiasme dans les paysages alentour.

Ainsi naquirent les « Grands champs ondulés », ou des portraits comme celui du Docteur Gachet, ou de sa fille. Sa dernière composition fut un « Champ de blé aux corbeaux », ces corbeaux qui lui donnèrent l’idée d’emprunter un revolver, car il voulait, mentit-il, en abattre quelques uns. Alors, dans un moment de liberté au cours duquel on ne le surveillait pas, il se rendit dans le champ indiqué, et s’appuya contre un arbre, pour se tirer une balle dans la poitrine.

 

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Le Canal de Vigueirat au Pont de Gleize, 1888.
Huile/toile, 46 x 49 cm.

 

van GOGH rentra ensanglanté à l’auberge où il prenait maintenant pension depuis qu’il avait quitté le Docteur Gachet pour mésentente, pour agoniser durant deux jours, dans les bras de Théo arrivé rapidement sur les lieux.

Et c’est ainsi que, celui qui fut le précurseur des Fauves et des Expressionnistes, mourut le 29 juillet 1890, à l’âge de trente sept ans, après cette longue misère morale durant laquelle il ne vendit qu’un seul tableau, les Vignes Rouges.

Il demeure l’un des trois grands maîtres qui, malgré les plus dures privations, et au travers de nombreuses années de désespoir, opposa à l’Académisme figé du 19ème siècle, et avec une énergie et une opiniâtreté surhumaines, un art nouveau issu de la vie véritable, et puisé dans sa beauté profonde. Sa disparition n'entraîna pas la naissance d’artistes à même de peindre dans son esprit, et selon ses préceptes. Mais son art exerça ensuite une influence déterminante sur les Mouvements qui suivirent.

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Alain VERMONT

 

 


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20/03/2009

CEZANNE : L'Artiste torturé

 

 

Paul CEZANNE naquit le 19 janvier 1839 à Aix-en-Provence. Son père, qui était chapelier, racheta une banque aixoise en faillite, et fonda avec un associé, en 1848, la banque Cézanne et Cabassol. Au collège Bourbon, le fils Cézanne devint l’ami d’Emile Zola. Parallèlement à ses études, il prit des cours de dessin pour obtenir un deuxième prix en 1858, alors qu’il réussissait son baccalauréat avec mention.

 

Zola quitta Aix-en-Provence pour aller s’installer à Paris. CEZANNE s’inscrivit alors à la Faculté de Droit pour poursuivre ses études, bien que l’appel du pinceau fût déjà omniprésent. Et le « Jas de Bouffan » que son père acheta en 1859 dans la campagne aixoise, devint le premier atelier de l’artiste qui fréquenta par ailleurs le sculpteur SOLARI, et le peintre Achille EMPERAIRE.

Cezanne négligea alors ses études juridiques, et ne rêva que de s’installer à Paris, après les invitations lancées par Zola. Marquant son désaccord, mais contraint par sa femme de se rendre à l’évidence, le banquier consentit enfin à installer son fils dans la capitale, en 1861. CEZANNE logea alors dans une chambre de la rue des Feuillantines, pour suivre les cours de l’Académie Suisse où il rencontra GUILLAUMIN et PISSARRO dont la peinture le ravit.

 

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La Montagne Sainte Victoire au Grand Pin, 1886/88.
Huile/toile 66 x 90 cm.
 
 
 
 

On lui refusa l’entrée à l’Ecole des Beaux-Arts parce que ses travaux n’étaient pas assez dominés, bien qu’ils révélassent un réel talent de coloriste. Il ajouta à cette déconvenue des embarras financiers qui le poussèrent à retourner à Aix où il accepta un emploi dans la banque familiale. Il continua cependant de peindre et de dessiner, en décorant les murs du « Jas de Bouffan », avec les « Quatre saisons ».

 

En novembre 1862, il séjourna de nouveau à Paris, pour retrouver l’Académie Suisse où il se lia avec BAZILLE, MONET, SISLEY et RENOIR. Il admira alors les tableaux de COURBET et de DELACROIX, et reçut d’eux une telle influence, qu’il resta à jamais imprégné par cet art qui l’empêcha toujours de se diriger dans la démarche de l’Impressionnisme de ses amis.

Il peignit des portraits, puis des compositions d’inspiration romantique qui frôlent la caricature, très sombres, et dans lesquels ne figurent pas ses chefs-d’œuvre.

 

Son auto-critique presque maladive le tourmenta sans cesse. Il changea très souvent de logement, et n’éprouva pas dans son travail un sentiment de satisfaction. Même la compagnie de ses amis ZOLA, MONET ou RENOIR qu’il retrouvait parfois au Café Guerbois, ne lui apporta pas l’apaisement souhaité. Ces derniers, trop préoccupés eux-mêmes par leurs problèmes, ne l’encouragèrent pas assez à persévérer dans le chemin où il s’était engagé. Ses tableaux furent régulièrement refusés au Salon.

 

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Les Joueurs de cartes, 1890/92.
Huile/toile, 47,5 x 57 cm.

 

Découragé, il revint à Aix en 1864, et jusqu’en 1870, se partagea ainsi entre la capitale et sa ville natale. En 1867 son tableau « Grog au vin » fut de nouveau refusé par le Salon. Lorsque la guerre franco-allemande éclata, il se réfugia à l’Estaque, près de Marseille, avec un jeune modèle, Marie-Hortense Fiquet, qui devint plus tard sa femme.

Sa peinture, plus ou moins inspirée par le TINTORET, GOYA ou DAUMIER, se signale par la force de l’expression, comme « L’autopsie » ou « La moderne Olympia ».

Après la chute de la Commune, il revint à Paris en 1871. L’année suivante, alors que naissait son fils Paul, il rejoignit PISSARRO à Pontoise. Puis, avec son aîné qu’il admirait tant, il s’installa à Auvers-sur-Oise en 1873, pour rencontrer alors le mécène des Impressionnistes, le Docteur Gachet. Dans cette période de deux années, il peignit de nombreux paysages, parmi lesquels la « Maison du docteur Gachet », en éclaircissant sensiblement sa palette.

En 1874, PISSARRO l’imposa à la première exposition des Impressionnistes chez NADAR. Il accrocha là quelques toiles comme la « Maison du pendu » ou « Paysage à Auvers ».

 

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Nature Morte au rideau, 1896/99.
Huile/toile, 53 x 72 cm.

 

Sa peinture devint ce jour-là l’objet de la plus grande risée du public qui cria au scandale. Il reçut néanmoins le soutien du Docteur Gachet qui lui fit vendre quelques tableaux dans son entourage. Il commença alors une intense période de travail qui le fit s’éloigner de ses influences Impressionnistes. Il abandonna peu à peu la peinture par touches de couleurs distinctes, et la division des tons, pour s’orienter vers de larges surfaces grâce auxquelles il parvint à une unité de construction plus structurée.

En 1876, il renonça à l’exposition des Impressionnistes qu’il retrouva l’année suivante pour y accrocher seize tableaux. Le résultat fut catastrophique, et son père qui n’admettait ni sa vocation, ni sa liaison avec Hortense, lui retira ses subsides mensuels. Zola l’aida alors matériellement, mais CEZANNE s’enferma dans une misanthropie qui entraîna peu à peu la fuite de ses amis Impressionnistes.

 

Le peintre GUILLEMET qui appréciait sa peinture, parvint à l’imposer au Salon de 1882. Durant la même année, CEZANNE quitta Paris pour s’installer définitivement en Provence où le visitèrent parfois RENOIR et MONET. En 1883, il fit la connaissance de MONTICELLI, et peignit en sa compagnie dans la région de Gardanne. Il retrouva parfois la capitale pour de brefs séjours, et épousa Hortense en 1886, lorsque son père mourut en lui léguant une fortune de deux millions de l’époque.

Il se fâcha alors avec Zola qui venait de publier « L’œuvre », en s’inspirant de lui pour décrire dans son livre le personnage du « peintre raté ». En 1888, CEZANNE s’installa à Paris pour deux ans, et fréquenta VAN GOGH, GAUGUIN et Emile BERNARD, le Nabi. Mais en 1891, sa misanthropie s’accrût sous les fortes poussées du diabète qui le rongeait. A l’automne 1894, il séjourna chez MONET à Giverny et rencontra alors RODIN. Dans un accès de colère, et sans raison particulière, il se brouilla avec MONET. En 1895, le marchand Ambroise Vollard lui offrit une première exposition qui regroupait ses dix dernières années de création. Ses meilleurs chefs-d’œuvre furent exposés là, comme « Le vase bleu », « La commode », ou les « Joueurs de carte ».

 

En 1899, Vollard organisa une nouvelle exposition de CEZANNE, rue Laffitte, et dans laquelle se côtoyaient cent soixante œuvres de l’artiste. La presse et le public exprimèrent alors une vive réaction, mais les amateurs d’art apprécièrent la cohésion de l’ensemble en achetant sept tableaux. Plusieurs expositions, comme celle de Bruxelles en 1901, le rendirent finalement célèbre.

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Grandes Baigneuses II, 1894/1905.
Huile/toile, 130 x 193 cm.

 

Malgré leur brouille, il resta très affecté par la mort de Zola en 1902. Il apprécia ensuite sa victoire définitive sur les « Officiels », lorsque le Salon d’Automne lui consacra une salle entière en 1904. L’année suivante, le même Salon honora de nouveau sa peinture, et Cézanne acheva les « Grandes baigneuses » sur lesquelles il travaillait depuis sept ans. Séparé de sa femme et de son fils depuis la mort de sa mère en 1898, il habita un appartement d’Aix, en poursuivant son œuvre puisqu’il s’était juré de « mourir en peignant ».

Le 15 octobre 1906, alors qu’il composait un « Cabanon dans la campagne aixoise », il fut surpris par un orage, et attrapa une pneumonie dont il mourut le 22 octobre 1906, chez lui, à l’âge de soixante cinq ans, après avoir reçu les derniers sacrements.

 

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Alain VERMONT

 

 


 


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14/03/2009

CAILLEBOTTE l'Artiste Mécène

Gustave CAILLEBOTTE naquit à Paris le 19 août 1848. Il demeure encore aujourd’hui le parent oublié de cette époque qui donna naissance à la Peinture Moderne, par le truchement de l’Impressionnisme.

 

En 1873, il fut reçu à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts, et devint l’élève de BONNAT qui enseignait à l’Académie, et dans son atelier personnel. Une année plus tard, après avoir abandonné l’Institution Académique, et s’être retiré à Argenteuil pour exploiter une construction navale, il rencontra MONET qui devint son ami.

Le jeune artiste s’engagea alors dans le Groupe des Impressionnistes. Il participa à plusieurs de leurs expositions, et accrocha ses tableaux aux côtés des leurs.

De sa fortune personnelle, il se servit pour aider ses amis, MONET, RENOIR, SISLEY et PISSARRO, en leur achetant régulièrement des tableaux. Pour sa part, il peignit le réalisme de la vie des travailleurs, ainsi que de nombreuses vues de Paris, comme le « Pont de l’Europe ». Très longtemps, il ne fut connu du grand public que pour une seule composition intitulée « Les raboteurs de parquet ».

 

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Le Pont de l'Europe.
Huile/toile.

 

CAILLEBOTTE s’appliqua à composer des vues plongeantes des Grands Boulevards, prises des fenêtres de son appartement, en exprimant une construction géométrique précise. Sa mise en page rappelle DEGAS ou PISSARRO, et sa lumière n’est pas éloignée de cette de RENOIR ou SISLEY.

Il refusa de participer à la sixième exposition des Impressionnistes, principalement dominée par DEGAS qui déjà ne partageait plus les mêmes idées que MONET et RENOIR.

 

CAILLEBOTTE s’établit sur les bords de Seine, et devint maire-adjoint de Gennevilliers. Il partagea alors son temps entre sa peinture qui révéla d’excellentes toiles représentant les paysages du fleuve, et l’administration de sa commune où il était très apprécié. Hormis  l’activité de ses pinceaux, le yachting représenta pour lui un loisir constant.

 

En 1876, célibataire incorrigible, il rédigea son testament en faveur de l’état, en précisant que sa collection de tableaux Impressionnistes devait rester indivisible, pour être accueillie au Luxembourg, puis au Louvre.

Le 21 février 1894, il mourut à Gennevilliers, victime d’une congestion cérébrale, à l’âge de quarante six ans, sans se douter que ses dernières volontés ne seraient que partiellement respectées.

 

En effet, des soixante cinq toiles Impressionnistes de sa collection, quarante seulement furent admises par l'Académie, pour ensuite figurer au Musée du Jeu de Paume, avant de connaître le Louvre plus tard, puis le Musée d’Orsay.

 

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Les Raboteurs de parquet.
Huile/toile.

 

Le peintre officiel de l’époque, Gérôme, ainsi que les professeurs des Beaux-Arts s’étaient ligués pour interdire l’entrée des Impressionnistes au Louvre, en menaçant de démissionner. Le Comité Consultatif des Musées fut alors, sous la pression énergique de Clemenceau, et sous la pression de la fidèle reconnaissance de RENOIR qui était l’exécuteur testamentaire, dans l’obligation de respecter, mais seulement en partie, la mémoire de l’artiste, en n’acceptant que la moitié des MONET et des CEZANNE de cette majestueuse collection !

En fait, il faudra attendre la rétrospective parisienne honorant le centenaire de sa disparition, pour que le grand public rencontre enfin celui qui jadis, avait su en dehors de son talent personnel, apprécier dans son entier, l’art de ses contemporains Impressionnistes.

 

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Alain VERMONT

 

 


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05/03/2009

L'ACRYLIQUE, peinture pour tous.

LA PEINTURE ACRYLIQUE.

 

Les Résines Acryliques sont apparues au début du 19ème siècle, mais en fait, ce n’est que dans les années 1950 que les premières couleurs à l’Acrylique ont réellement vu le jour aux USA.

On peut considérer que la Peinture Acrylique reste aujourd’hui la matière picturale à peindre la plus récente. Elle demeure le fruit d’une recherche sur les liants.

 

Plusieurs particularités définissent la Peinture Acrylique, à savoir : l’Opacité, la Spécificité de la matière à peindre, l’Alchimie de la couleur et les Effets obtenus.

L’Acrylique se compose de pigments qui déterminent sa couleur, sa résistance à la lumière, son intensité, sa transparence, et son opacité, et de liants qui permettent l’amalgame de l’ensemble en conférant aux couleurs leurs propriétés techniques ainsi que leur texture.

La nature même du liant est une dispersion d’eau et de Résine Acrylique. Les couleurs Acryliques ont donc les mêmes propriétés que la Résine Acrylique.

 

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Nature Morte avec citrons, 1975.
Roy Lichtenstein, 1923-1997.
Acrylique/toile, 229 x 153 cm.

 

Le séchage est rapide car l’eau contenue dans le liant s’évapore d’une manière uniforme, ce qui permet à l’artiste de réaliser rapidement des couches successives. La Résine Acrylique qui enrobe chaque molécule de pigment créée une pellicule satinée et souple. De plus, l’usage d’un solvant est inutile car l’Acrylique est avant tout soluble dans l’eau.

Néanmoins, on peut utiliser des médiums pour modifier sa consistance et son temps de séchage.

 

Chaque couleur Acrylique possède sa propre alchimie. Les ingrédients utilisés sont incorporés dans l’ensemble dans un ordre très précis, en étant dosés d’une manière savante afin que le mélange des pigments et du liant se réalise dans des conditions optimales. La couleur traverse ensuite un laminoir fait de trois rouleaux qui élimine les agrégats pigmentaires résiduels, et les bulles d’air qui se sont formées. Selon la couleur fabriquée, l’espacement entre les rouleaux du laminoir, et leur vitesse de rotation diffèrent.

 

L’Acrylique est le plus souvent utilisée par les artistes pour réaliser des empâtements, et des applications soutenues, mais il est possible d’obtenir des transparences remarquables si l’on maîtrise la dilution. La luminosité alors obtenue est resplendissante, en offrant des couleurs diaphanes qui se rapprochent de la technique Aquarelle. Les artistes débutants pourront donc se familiariser avec la maîtrise du glacis, sachant que le principe sera alors de conférer à la peinture une consistance particulière qui laissera apparaître la couche précédente. Tout l’art demeure dans la dilution de la couleur qui doit être ni trop, ni trop peu diluée. Une trop grande dilution impliquera une transparence excessive, et à peine perceptible, alors qu’une couleur trop peu diluée demeurera opaque, en recouvrant les autres couleurs.

 

Il est impératif d’attendre que la première couche soit parfaitement sèche avant d’appliquer la seconde couche, comme il est impératif d’utiliser une eau très propre pour réaliser la dilution, ainsi qu’un pinceau plat ou une brosse en poils synthétiques pour réaliser l’application. Le pinceau rond devant être utilisé pour exécuter tous les détails.

 

Au même titre que la Peinture à l’Huile, l’Acrylique vendue dans le commerce est proposée dans deux qualités : l’Acrylique Extra-Fine et l’Acrylique Etude.

 

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Elaine Strurtevant, 1968.
Martial Raysse, né en 1936.
Acrylique/toile et tube néon.
160 x 96 cm.

L’Acrylique Extra-Fine dispose d’une concentration pigmentaire beaucoup plus élevée, et la plupart des nuances sont réalisées à base d’un seul pigment qui assure une parfaite stabilité ainsi qu’un pouvoir colorant très élevé.

 

L’Acrylique Etude est destinée aux débutants, et aux artistes amateurs. Pour cette dernière, le rapport qualité-prix est très bon, et les conditionnements proposés en quantité, en pot notamment, seront appréciés par les artistes voulant réaliser des fresques ou des grandes compositions sur des œuvres aux formats importants.

 

Les meilleures marques de l’Acrylique Extra-Fine :

 

LASCAUX ARTIST est considérée comme le très haut de gamme, car les pigments purs utilisés, ainsi que les liants acrylates donnent à cette matière à peindre des qualités exceptionnelles. Il existe 54 nuances qui sont miscibles entre elles. Grande résistance à la lumière, et possibilité de travailler en glacis, ou en empâtements.

De plus, une fois sèche, la matière exprime une surface picturale dure, mais toujours souple, et qui permet des couches ultérieures à volonté. Avec l’ajout d’un médium, l’artiste pourra ainsi modifier l’effet de brillance, ainsi que la viscosité de la pâte et le temps de séchage. Cette peinture peut également être recouverte d’un vernis de protection. Conditionnements en 45, 200 et 750 ml.

 

LUKASCRYL PASTOS est une Acrylique Extra-Fine épaisse qui sèche rapidement. Cette peinture est soluble dans l’eau, et résiste d’une manière remarquable à l’humidité après séchage. Cette matière à peindre qui exprime une forte teneur en corps solides, ainsi qu’une consistance crémeuse, vous permettra une grande souplesse d’utilisation. Les pigments purs qui la composent, offrent une résistance exceptionnelle à la lumière. Le plus souvent quatre **** sont inscrites sur le nuancier du fabriquant. Cette marque vous propose un choix de soixante dix nuances qui sont disponibles en tubes de 37 et 200 ml, alors que douze couleurs sont disponibles en pots de 500 ml. L’utilisation de cette peinture peut se faire avec une dilution à l’eau, ou pure, de manière à obtenir une pâte beaucoup plus épaisse, et de belle apparence.

 

LIQUITEX HEAVY BODY, a été la marque pionnière qui a commercialisé l’Acrylique en 1955 aux Etats-Unis. Cette matière à peindre jouit d’une très forte concentration pigmentaire qui reste un gage d’intensité et d’excellente résistance à la lumière, en exprimant une consistance agréable et souple qui laissera la trace de votre couteau à peindre, ou de votre pinceau, dans les applications en épaisseur. La viscosité exceptionnelle de ces couleurs, vous offrira une brillance très pure, et une onctuosité qui vous permettra de travailler sans Medium, en offrant un temps de séchage plus lent que les Acryliques traditionnelles. Les couleurs de cette marque ne jaunissent pas, et n’exposent jamais de craquelures au fil du temps. Il existe cent nuances de couleurs en tubes de 59 ml, alors que trente six couleurs sont disponibles en tubes de 138 ml.

 

D’autres marques de grande qualité existent également comme CRYLA de DALER et ROWNEY qui fut en 1963 le premier fabriquant à commercialiser les couleurs Acryliques Extra-Fines. Soixante couleurs sont disponibles au nuancier.

 

LUCAS CRYL, d’une consistance semi-liquide, est une peinture qui permet des effets de transparence. Quarante nuances sont disponibles en flacons de 250 et 500 ml, disposant d’ un embout qui facilite l’application.

 

Enfin, AMSTERDAM de ROYAL TALENS, qui demeure l’Acrylique Extra-fine de qualité la moins chère du marché. Soixante dix couleurs sont disponibles en tubes de 75 ou 200 ml. Cette marque garantit une stabilité des couleurs de cent ans.

 

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Dans la Mangrove, 2008.
Guy Ulmer né en 1950.
Acrylique/papier, 65 x 50 cm.

 

 

LES ACRYLIQUES ETUDE.

 

L’Acrylique Etude la plus opaque, FLASHE de LEFRANC & BOURGEOIS, développée à l’époque avec Raoul DUFY, propose une excellente qualité de matière picturale, dans un nuancier de soixante dix sept couleurs au sein desquelles existent huit teintes fluorescentes. Sa particularité reste son opacité. Elle s’adapte à tous les supports comme le carton, le verre, le rodhoïd, le papier, le tissu, le bois ou la terre cuite.

 

GALERIA de WINSOR & NEWTON, demeure une matière à peindre idéale pour les artistes qui consomment beaucoup de matière. Les couleurs sont intenses, lumineuses, onctueuses, et solubles dans l’eau, en exprimant une application facile. Ces couleurs peuvent être utilisées en glacis comme en effet de volume. Leur adhérence ne rencontre aucun problème sur la toile, le papier, le bois, le contre-plaqué, le plâtre, le verre, le métal et le béton. Pour les surfaces très lisses comme le métal ou le verre, il faudra cependant préparer le support avec un apprêt. Le fabriquant propose soixante nuances en pots ou en tubes de 60, 120, 250, et 500 ml.

 

D’autres marques d’excellente qualité existent également comme STUDIO de LASCAUX, AKADEMIE CRYL COLOR de SCHMINCKE, AQUATEC, BASICS MATT de LIQUITEX, ou SYSTEM 3 de DALER & ROWNEY, ou encore, LOUVRE de LEFRANC & BOURGEOIS.

 

A suivre : Les Liants, les Mediums, les Gels de texture, les Pâtes de modelage, les Retardateurs de séchage, les Vernis et les Fixatifs pour la Peinture Acrylique.

 

 

 

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Alain VERMONT

 


 



 


 


 


 

 

 

19:03 Écrit par L'Art Pluriel dans 5 bis--TECHNIQUES Acryliques | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : acrylique, peinture acrylique, peinture contemporaine |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |