09/10/2008

PEINTURE - TOUS LES SUPPORTS à peindre ou à dessiner

RUBRIQUE LES SUPPORTS – LES ENDUITS – LES FONDS.

LES SUPPORTS A PEINDRE (Rigides).

A l’image de l’aspect physique d’un être humain, un tableau est constitué de trois éléments déterminants qui expriment ses qualités ou ses défauts, à savoir :

· Son « squelette », représenté par le support.

· Sa « chair », représentée par la peinture.

· Sa « peau », représentée par le vernis de finition.

Jusqu’au 15ème siècle, les supports utilisés par les artistes étaient des panneaux de bois de différentes Essences, selon les régions. Dans le Nord, on utilisait des bois durs comme le chêne ou le noyer, alors que dans le Sud, le tilleul, le peuplier, le saule, et parfois des bois résineux comme le pin ou le cèdre servaient à fabriquer les supports. Les Artistes Anciens s’appliquaient à choisir le bois avec un soin particulier.

De nos jours les Contre-plaqués et Agglomérés, surtout ceux faits d’Acajou, ou d’Okoumé, ont une qualité de texture excellente permettant de « fabriquer » un support à peindre. Il faut remarquer que les bois tendres, sous l’action de l’humidité, se déforment beaucoup moins que les bois durs.

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Paris, les Grands Boulevards.
Par Paul Flaubert (1928-1994).
Huile/bois, 33 x 41 cm.

Pour obtenir une peinture de qualité sur un panneau de bois, ce dernier devrait normalement toujours être marouflé d’une toile. Le marouflage, du nom d’une ancienne colle, la maroufle, donne les meilleurs résultats avec une colle à l’eau, à base de gélatine ou de caséine. Il est fortement conseillé « d’enduire » le verso du panneau avec un marouflage de toile, ou même avec une peinture vinyle par exemple (blanc basique), pour éviter la déformation concave de ce dernier sous l’action de la rétractation de la colle au séchage. Les tensions des deux faces s’équilibreront.

Pour bien maroufler une toile, il faut d’abord passer une première couche de colle chaude sur le panneau. Après séchage de cette dernière, une seconde couche sera appliquée, chaude également. Avant sa pose, la toile (de préférence fine), doit être trempée dans la même colle chaude. Après un essorage léger, l’application de la toile sur le panneau se fera avec la paume de la main, ou à l’aide d’une brosse à tapisser, en chassant les bulles d’air vers l’extérieur.

Les colles à base de caséine ont un avantage sur les colles à base de gélatine, car elles permettent des manipulations plus lentes ; en effet elles se passent à froid, et mettent beaucoup plus de temps à prendre. Ces dernières sont donc conseillées pour maroufler sur un panneau un dessin sur papier, ou une peinture déjà réalisée sur toile.

Strauss Elegantes à Bagatelle.jpg
Les Elegantes au Parc de Bagatelle.
Par Jacques Strauss né en 1922.
Huile/bois, 40 x 84 cm.
Diptyque, 2 x 40 x 42 cm.

Les cartons entoilés d’aujourd’hui sont des supports à peindre convenables, permettant beaucoup de réalisations picturales à moindre frais. Ce sont pour la plupart des cartons recouverts d’une toile de coton apprêtée d’une enduction universelle peu absorbante, pour peindre à l’huile, à l’acrylique ou à la tempéra. Il faut malgré tout privilégier les cartons entoilés dont le « Cœur » est en bois, car ces derniers conservent une excellente planéité.

LES SUPPORTS A PEINDRE (Toiles).

Il est important de noter que la qualité d’une toile, influence toujours l’aspect final de la peinture. En effet, le Lin demeure la meilleure toile à peindre devant le chanvre, le coton ou le polyester. Le tissage de la toile détermine son grain. Le grain fin et régulier permet de travailler en nuances et demi-tons et favorise la réalisation des détails, alors que le grain plus marqué favorise une technique plus vigoureuse, en évitant l’apparition d’éventuelles craquelures.

Sur une toile à grain moyen ou gros grain, les craquelures seront très limitées car elles iront mourir contre les fils de la trame et de la chaîne, alors que sur une toile à grain fin ou extra-fin, ces mêmes craquelures « fileront ».

On peut à cet effet, remarquer qu’une toile qui doit être roulée pour un quelconque transport, devrait être roulée partie peinte vers l’extérieur, pour que les fines craquelures qui se produiraient se referment d’une manière acceptable lorsque la toile sera de nouveau déroulée.

La « tenue » dans le temps, d’une toile de Lin, est incomparable, détail important pour les grands formats. Une toile de Lin convient aussi bien à la Peinture à l’Huile qu’à la Peinture Acrylique.

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Little JADE, 2002.
Par MICHEL né en 1950.
Acrylique/toile, 91 x 91 cm.

L’enduction de la toile demeure un facteur également déterminant dans le rendu visuel de l’œuvre. Sur une toile vierge, l’enduction doit être réalisée au moyen d’une colle d’os, de peau de lapin ou de caséine, car un tel encollage évitera ainsi à la toile les bactéries et autres agressions atmosphériques. Cette même enduction va également « boucher » les interstices des grains, et donc aplanir la surface à peindre. Les meilleures enductions se réalisent au « sabre », qui est une longue lame servant à étaler le produit sur la toile. Sur cette  enduction, on peut recommander de passer une à deux couches d’un produit comme le Gesso (Blanc d’un prix de revient correct, et aisé à acheter dans tous les magasins de fournitures pour Beaux-Arts), qui est un liant à l’apprêt qui modifie le pouvoir absorbant de la toile et isole la couleur du support enduit. Pour ce faire il faut attendre que l’enduction soit bien sèche.

Ce qui distingue les Enduits des Encollages (gélatine ou caséine), c’est que les enduits sont faits de colle et d’une certaine dose de Blanc, alors que les encollages ne contiennent que de la colle. Pour être réputé « performant », l’enduit se doit d’être lumineux (blanc ou clair), car une préparation d’enduit sombre aurait toutes les chances de transparaître sous les couches de peinture qui lui sont superposées. On dit alors, que la peinture « repousse ». Il existe nombre d’exemples dans l’Histoire de la Peinture confirmant le fait que les « dessous » foncés ont altéré la qualité de l’œuvre.

Il existe deux grands types d’Enduits, à base d’huile, ou à base de colle. La logique voudrait que les enduits à la Céruse (à l’huile), soient les meilleurs pour la préparation de toiles ou de panneaux destinés à être peints à l’huile car, ils sont beaucoup plus souples, moins sensibles aux variations hygrométriques, et plus résistants aux chocs. Cependant, cette logique est une logique discuttable d’un point de vue esthétique. En effet, la qualité finale d’un tableau réside dans son rendu visuel. Il n’est qu’à se reporter dans les siècles passés pour constater combien les fonds qui ont été préparés avec des enduits faits de colle et de blanc de craie, ont donné de bien meilleurs résultats chez les Grands Maîtres, que les fonds faits de préparations huileuses à la Céruse.

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Le Giffre au Fer à Cheval, 2008.
Par Pascal Robin né en 1968.
Huile/toile, 73 x 92 cm.
 

Différences existant entre les fonds à la Colle et les fonds à la Céruse :

Une peinture à l’huile réalisée sur un fond légèrement absorbant « à base de colle de peaux et de craie », se déleste d’une partie de son huile, et l’on constate, avec le temps, que la peinture jaunit beaucoup moins. En outre, du fait que cette peinture « s’infiltre » dans ce fond poreux, cette dernière aura beaucoup moins tendance à s’écailler.

Une peinture à l’huile réalisée sur un fond huileux « à base de Céruse », donc imperméable et lisse, présentera une adhérence beaucoup plus médiocre. Et l’huile des couches supérieures de la peinture, emprisonnée à la surface, jaunira beaucoup plus, et beaucoup plus vite.

Si l’on souhaite utiliser des fonds à la Céruse, il est conseillé d’acheter les produits les plus « maigres », c’est-à-dire les moins chargés en huile, qui auront l’avantage de moins rancir pour éviter un jaunissement toujours désagréable à l’oeil.

Les châssis entoilés du commerce sont des supports « prêts à peindre » sur lesquels on peut réaliser toutes sortes de compositions. Les toiles de lin ou de coton sont à grain fin ou grain moyen, et leurs enductions, 2 à 3 couches d’encollage universel (colles de peaux), généralement faites au sabre, permettent de travailler à l’huile, à l’acrylique, à la tempéra, à la gouache ou au pastel à l’huile.

Il est cependant recommandé de les enduire de Gesso (1 à 2 couches) avec un spalter par exemple, de manière à sublimer les qualités de réception du support à peindre. Ces châssis, à clés, permettent également de retendre les toiles de coton qui peuvent, dans le temps, varier dans leur tension initiale en fonction de l’hygrométrie ambiante.

LES SUPPORTS A PEINDRE (Papiers).

Le papier pour la Peinture à l’Huile.

Il faut savoir que la Peinture à l’Huile, ainsi que tous les produits utilisés pour ce faire (dissolvants, essences, etc), occasionnent moins de tensions à la surface du papier que ne le font les peintures à l’eau comme l’Aquarelle.

Mais il faut utiliser un papier spécialement apprêté, de manière à éviter l’apparition d’auréoles autour des couleurs, couleurs qui après un certain temps transparaîtraient au travers du papier. Ce papier apprêté pour la peinture à l’huile est recouvert d’un enduit spécial conçu pour favoriser l’ « accrochage » des couleurs sur le support, tout en réduisant l’absorption de l’huile.

Une règle s’impose néanmoins dans la technique de pose des couches picturales. En effet, il faut respecter scrupuleusement la technique du « Gras sur maigre ». La première couche doit être légèrement diluée à l’Essence (térébenthine), c’est la couche maigre. La seconde couche sera moins diluée à l’Essence, et la couche finale ne sera mélangée qu’à des corps gras (Huile).

Si cette technique n’est pas respectée, il existe un risque certain de voir apparaître des craquelures après quelques mois.

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Alain VERMONT

 


10:55 Écrit par L'Art Pluriel dans 5 -- TECHNIQUES Huiles | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

Commentaires

Merci pour toute cette richesse, enfin un expert qui connait le métier. Continuez, votre sérieux nous défend.
Aline

Écrit par : aline rohrbach | 09/10/2008

J'ai eu la chance de voir de bonnes informations sur votre article.

Écrit par : Raymond | 05/07/2013

Les commentaires sont fermés.