02/10/2008

Marché de l'Art - COTATIONS Vérités

 

La Cote d’un artiste professionnel, ou semi professionnel s’établit en fonction de deux critères très différents, et parfois complémentaires, à savoir :

La fréquence de ses expositions publiques "réussies", révèlant le résultat des ventes réalisées auprès du public, c’est la Cote Galeries.

Les résultats obtenus dans les Ventes aux Enchères Publiques, c’est la Cote Enchères, celle qui reste pour beaucoup la plus parlante, car tous les résultats obtenus sont archivés depuis plus d’un siècle, et l’authenticité des adjudications réelles annoncées, hormis un petit nombre de « rachats » pour faire « monter une cote », identifiables pour un professionnel, donne la « température » du marché des signatures reconnues.

A l’échelle internationale, il n’existe réellement que ces deux Cotes.

La Cote des Ventes aux Enchères Publiques est dictée par l’activité des Hôtels des Ventes aux Enchères Publiques qui sont présents dans chaque pays, comme l’Hôtel Drouot à Paris, et par l’activité des Maisons de Ventes aux Enchères comme Sotheby’s, Christie’s, ou d' autres.

La Cote des Ventes Galeries est établie par les Galeries d’art, et par extension, par les Artistes auprès de leurs collectionneurs, ce sont les Ventes de Gré à Gré.

Les ventes de Gré à Gré représentent environ 50 % du marché de l’art mondial. Cette cote des ventes de gré à gré (particuliers entre particuliers, galeries et particuliers, artistes et particuliers), étant souvent le fait de collectionneurs avertis et autres amateurs d’art qui s’appliquent à acquérir des œuvres issues des ateliers d’artistes, ou issues de collections qui se revendent au gré des héritages, des successions, etc…

Les œuvres vendues de Gré à Gré sont souvent des œuvres de qualité, que le grand public n’a jamais vues, ou très rarement, et qui n’ont pas subi un « tournus » parfois dévalorisant, d’une Vente aux Enchères à l’autre, faute d’enchère.

Certaines signatures empruntent un jour le canal des Ventes aux Enchères à la suite de la revente d’une œuvre par son propriétaire, par envie de changement, ou par nécessité financière, alors que d’autres signatures évoluent toute leur existence sans jamais connaître le circuit des Ventes aux Enchères Publiques, tout en parvenant à vivre très bien de leur talent.

Il y a, le plus souvent, « un différentiel important » entre la Cote des Ventes aux Enchères, et la Cote des Ventes de Gré à Gré. Et le paradoxe existant n’est pas moindre. En effet, nombre de signatures se négocient à des prix élevés en Galeries, alors que ces mêmes signatures (surtout dans l’Art Contemporain), proposées en Ventes aux Enchères Publiques, n’atteindraient jamais le même montant. Le rapport peut être de 2 à 10, parfois plus.

C’est l’exemple même d’un artiste contemporain qui expose régulièrement en Galeries, sans être Coté aux Enchères, et qui trouve acquéreur auprès de Collectionneurs qui apprécient son art, et déboursent parfois une somme importante concernant l’acquisition d’une ou plusieurs de ses œuvres, en faisant fi de l’inexistence de sa Cote Enchères. C’est le marché de l’offre et de la demande. L’acheteur est prêt à payer le prix affiché, sans autres considérations.

Dans les Ventes aux Enchères Publiques, comme leur nom l’indique, une œuvre proposée au grand public subit les particularités des Enchères, et de l’historique archivée concernant la signature. Ce qui implique que l’évaluation d’une œuvre d’un Artiste non répertorié, et qui passe pour la première fois aux Enchères (l’Encan), mais qui cependant est vendu en Galeries à des prix déjà élevés, depuis parfois très longtemps d’ailleurs, reste souvent sujette à caution.

L’estimation qui est faite ne prend en compte que l’existence, ou non, de la signature dans les archives, et donc des résultats d’adjudication obtenus dans le passé, ou inexistants. C’est pourquoi le rapport des prix Enchères/Galeries peut décevoir beaucoup. En effet, une œuvre, sauf exceptions rarissimes (le pléonasme s’impose), qui se négocie en Galeries à des montants de 5 ou 6 zéros, voir beaucoup plus, et qui passerait pour la première fois aux Enchères, aurait une estimation très inférieure.

 

La base en vigueur d’estimation de ces signatures non répertoriées Enchères se situe en général dans une fourchette de quelques centaines d’euros à quelques milliers d’euros au maximum. Il faut « lancer » la signature dans ce circuit très particulier.

L’estimation « basse » qui est faite prend en compte des critères purement commerciaux. Il faut imposer cette nouvelle signature, et pour ce faire, la proposer à un prix vendeur, donc attractif, sans tenir compte de son parcours Galeries déjà existant.

Cette estimation « basse », purement subjective, peut alors être réalisée sur la base d’éléments commerciaux quantitatifs, pour déterminer le coût total de « fabrication » de l’œuvre, à savoir, le prix du support (toile, bois, papier, etc), le prix des couleurs utilisées, le prix des produits annexes (pinceaux, solvants, etc), le temps passé par l’artiste pour réaliser l’œuvre, tout cela se cumule pour parvenir à un montant très facile à définir. Voilà pourquoi ces estimations expriment un « prix minimaliste » de mise en vente. En règle générale, aucune valeur ajoutée n’est prise en considération.

Lorsqu’une œuvre d’art est vendue aux enchères, le Commissaire Priseur qui officie en qualité d’intermédiaire de la transaction, prélève une commission d’environ 10 à 20 %, voir plus pour certains Auctioneers étrangers, sur le prix atteint, ainsi qu’une commission d’environ 10%, payée par l’acheteur, et qui vient se greffer sur le montant adjugé au marteau .

Ce même Commissaire Priseur n’est donc rétribué que sur les commissions de ses ventes. Il a intérêt à réaliser le meilleur pourcentage de résultats de ventes sur les lots proposés lors de sa vacation. On sait par expérience que la moyenne des résultats de vente des lots présentés s’établit entre 70 et 80 %.

C’est pourquoi on constate souvent que les estimations faites en vue de Ventes aux Enchères sont des estimations basses. Chaque vente doit être une réussite car il y va de la survie financière de l’étude qui réalise la vacation, et de sa crédibilité à l’égard des vendeurs. Dès lors, beaucoup regrettent de voir déprécier parfois la valeur de certaines œuvres lorsque la conjoncture économique raréfie les acheteurs dans les salles de Ventes aux Enchères.

Gedda Du Ventre de l'océan.jpg
 
Du Ventre de l'Océan, 2008.
Par Sylvie Gedda née en 1955.
Huile/toile, 80 x 80 cm.

Le Marché de l’Art a toujours été un marché cyclique, qui subit de temps à autre les avatars du Monde de la Bourse, pour s’infléchir, avant de reprendre une courbe ascendante.

 

Depuis quelques années, en ce qui concerne certaines signatures, Outre-Atlantique le plus souvent, durant les Grandes Ventes très médiatisées qui ont lieu à New York, ou à Londres, des chiffres d’adjudication hallucinants ont été réalisés, pour dépasser les sommets atteints dans les années 1989-1991.

Pour citer quelques exemples concrets de ces cinq dernières années, voici un certain nombre de signatures, d’altitude financière déjà très élevée auparavant, et qui ont explosé, pour atteindre des sommets jamais vus auparavant :

- Gustave KLIMT (1862-1918) « Portrait d’Odile Bloch-Bauer II », de 1912, adjugé 61 500 000 euros.

- Pablo PICASSO (1881-1973) « Garçon à la pipe », de 1905, adjugé 86 751 000 euros.

- Mark ROTKO (1903-1970), « White Center », de 1950, adjugé 73 000 000 d’euros.

- Lucian FREUD, né en 1922, « Benefit supervisor sleeping », de 1955, adjugé 22 000 000 d’euros.

- Jeff KOONS, né en 1955, “Hanging Heart”, de 1994/2006 adjugé 16 000 000 d’euros.

- Claude Monet, (1840-1926), “Le Pont du Chemin de fer à Argenteuil”, de 1873, adjugé 27 000 000 d’euros.

- Claude Monet, (1840-1926), « Le Bassin aux Nymphéas », de 1919, adjugé 51 800 000 euros.

- Edouard MUNCH (1863-1944), « Girls on the bridge », de 1902, adjugé 20 000 000 d’euros.

- Paul GAUGUIN (1848-1903), “L’Homme à la hache”, de 1891, adjugé 31 500 000 euros.

- Francisco de GOYA (1746-1828), « Le Taureau Papillon », 1825, dessin au crayon noir, 19 x 15 cm, adjugé 2 000 000 d’euros.

Etc, etc...

Les grands collectionneurs richissimes, et planétaires, sont de retour, et les prix flambent dans les Ventes aux Enchères.

Il suffit que deux ou trois acheteurs focalisent toute leur attention sur une œuvre, pour que cette dernière soit l’objet d’une « bataille d’enchères », que ce soit sur une signature de Grand Maître, ou Petit Maître, ou Artiste en devenir.

En parallèle, certaines ventes de gré à gré, peuvent elles aussi atteindre des sommets. Il est plus difficile de citer beaucoup de chiffres, car ce marché entre particuliers reste très discret, ne souffrant d’aucune médiatisation. Le dernier exemple concerne un tableau du peintre américain Jackson POLLOCK (1912-1956), au destin final tragique, et dont un tableau, aurait été revendu par le producteur américain de cinéma, David Greffen, à un particulier, pour la somme de 140 000 000 de dollars, il y a deux ans.

Tout cela prouve que rien n’est vraiment défini par avance dans ce milieu de l’art si particulier !

Beaucoup s’étonnent de voir un tableau se vendre plusieurs dizaines de millions d’euros, alors que pour le même montant, il serait possible d’acheter l’entier d’un immeuble dans les beaux quartiers de Londres, Genève, Paris ou New York !

L’Art est un « produit » irrationnel, qui ne peut être comparé à aucun autre, et qui parfois subit les "délires" de certains acheteurs. La valeur commerciale d’un tableau qui bénéficie de la Cote Enchères, quelle que soit sa signature, s’établit en fonction de plusieurs critères précis, à savoir :

- La période de création de l’œuvre, chez la plupart des artistes, certaines périodes sont beaucoup plus recherchées que d’autres, en fonction des thèmes et des techniques, ou en fonction de la naissance d’un nouveau Mouvement de peinture par exemple.

- La Facture de l’œuvre, c’est-à-dire ses qualités intrinsèques de composition et de réalisation, le résultat visuel et technique.

- Le format de l’œuvre, car plus un tableau est grand, et plus il représente une valeur importante. Un petit format de Picasso par exemple peut se négocier à 1 000 000 d’euros, alors qu’un grand format du même Picasso, et dans la même technique (huile, aquarelle, etc…) peut valoir plusieurs dizaines de millions d’euros. Donc, achetez toujours des tableaux de grands formats, (pensez à la revente éventuelle).

Même s’il est vrai, à l’opposé, qu’un grand format « raté », toujours dans la même technique, peut valoir beaucoup moins cher sur le marché, qu’un petit format « réussi, et abouti pleinement ».

Les Artistes sont des êtres humains à part entière, et qui subissent, comme tout un chacun, les vicissitudes de l’existence, problèmes personnels, maladie, ou autres, et leurs créations s’en ressentent parfois car elles dénotent toujours leurs états d’âme.

Pour être honnête, on peut considérer que la production d’un Artiste, dans la grande majorité des cas, se divise en trois tiers, à savoir :

Un tiers d’œuvres de grande qualité.

Un tiers d’œuvres de qualité moyenne.

Un tiers d’œuvres de qualité médiocre.

- L’historique du parcours de l’œuvre depuis sa création, c’est-à-dire les grandes collections dans lesquelles l’œuvre a pu figurer.

- Le fait enfin, que l’œuvre n’ait pas souffert d’un « tournus dévalorisant » dans les Ventes aux Enchères Publiques. Plus un tableau sera resté longtemps « au repos » dans la même collection, à l’abri des regards, et plus sa valeur commerciale sera "démultipliée".

 

Investissement Art :

En regard des bouleversements économiques, et géo-politiques qui vont sans doute perturber la planète, dans ses valeurs de croissance les plus traditionnelles, et pour une durée indéterminée, les exemples ne manquent pas ces dernières années, Faillites d’importantes Banques Américaines, Européennes, Perte de Valeur de 40% de la Bourse de Wall Street en un An, Alitalia, Swissair, Enron, la faillite Argentine, etc, l’époque actuelle peut se prêter à la réalisation d’excellentes affaires en matière d’investissements d’art. Quels que soient les moyens dont on dispose.

Car il n’est pas obligatoire d’ « être riche » pour se créer un patrimoine culturel. En effet, il existe nombre de signatures contemporaines, accessibles financièrement, et de qualité, comme il existe nombre de signatures plus anciennes, 18ème, 19ème et 20ème siècles, également accessibles financièrement pour le public le plus large, et qui sont à même de satisfaire toutes vos envies.

Il n’est nul besoin d’investir une fortune pour créer « sa collection ». Des œuvres originales d’Artistes très divers, Anciens, Modernes, Contemporains, restent accessibles financièrement dans une fourchette de prix s’étendant de 1 000 à 5/10 000 Euros.

Car même dans la Peinture Ancienne, on trouve aisément des signatures de qualité dont la valeur d’Achat n’excède pas 2 à 3 000 Euros.

Créer un patrimoine d’œuvres d’Art, que l’on peut léguer plus tard à sa descendance, c’est d’abord « se faire plaisir », et ensuite constater l’évolution de la valeur marchande de sa collection.

Il existe nombre  d’Artistes, Contemporains par exemple, non cotés pendant une certaine période, et qui ont vu un jour l’envol de leur valeur marchande.

 

Deux règles s’imposent pour créer une collection, quant on dispose de « moyens financiers limités » :

1 -Acheter dans le temps un nombre d’œuvres le plus large possible, car, plus vous possèderez d’œuvres, plus vous aurez de chances de constater que certaines oeuvres s'élèvent en cotation.

2 -Acheter des œuvres de qualité, quel que soit leur style, Figuratif, Abstrait, etc, en vous appuyant d’abord sur votre envie, et sur votre analyse (même si vous êtes un profane), sur votre flair éventuel, et sur les conseils, si cela est nécessaire, d’une personne compétente en la matière.

Quand on peut réunir deux critères, à savoir, se faire plaisir en constituant une collection, plus ou mois importante, et constater que certaines œuvres « dorment » chez soi, tout en étant exposées aux regards, et en prenant une certaine plus value, on ne peut qu’être satisfait d’avoir effectué la bonne démarche.

 

Je citerai un seul exemple, parmi une multitude, pour étayer mon discours, car même si cet exemple n’est pas l’exemple s’appliquant à nous tous, il n’en reste pas moins parlant.

Le résultat de la vente de la collection Ganz, marchand de bijoux fantaisie aux USA, (Christie’s New York) en novembre 1997, et dont certaines œuvres étaient signées Picasso, a atteint un produit de vente de plus de 206 millions de dollars. Cette collection réalisée entre 1942 et 1990, et composée de 58 lots, avait coûté à l’achat 2,5 millions de dollars. Le tableau vedette de la vente, Le Rêve, de Picasso et de 1932, avait été acheté 7 000 dollars en 1942, pour être revendu 48 millions de dollars en 1997.

 

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Alain VERMONT

 


20:12 Écrit par L'Art Pluriel dans 2 -- COTATIONS Marché de l'ART | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook |

Commentaires

Puis-je savoir combien vaut un Claude Monet de 1875, huile sur bois "Le bassin d'Argenteuil, format 19 sur 15 cm, avec une plaquette dorée signée C.MONET

Merci de me répondre.

Écrit par : kayna | 02/01/2011

ouf!!!! les prix de ventes de ces tableaux ......quel investissement appétissant!!!.
pourrais-je savoir combien vaut une toile des menines Diego Valesquez(de la petite marguerite fille de la reine ?

Écrit par : saad | 17/05/2012

Les commentaires sont fermés.